Le terminal – The Terminal

Mes compagnons de voyage et moi nous sommes retrouvés coincés en Amazonie par le carnaval. Le bateau que nous devions prendre étant annulé, le suivant dans plusieurs jours, et nos premières impressions carnavalesque amazoniennes nous ayant donné envie de fuir celui-ci plutôt que nous y attarder, nous avons décidé de prendre un vol. Arrivés à l’aéroport, nous avons pu négocier un aller simple pour la Colombie à prix correct pour le lendemain. Il nous restait donc 24h à tuer, plus vraiment de réals, la monnaie locale, mais des vivres et des fruits prévus pour plusieurs jours de bateau. Nous avons donc campé dans l’aéroport, avec une grosse pensée pour le film « le terminal ». La vie de gitans, on pose le camp dans le terminal, une séances d’acroyoga interrompue par le personnel de l’aéroport, non pas pour nous chasser mais pour nous demander de nous photographier, nos premiers 7 reals gagnés ainsi pour cette prestation publique (plus ou moins 2 chf), un footing sur le parking de l’aéroport qui m’aura rappelé les échauffements en competition de judo, du stretching, une nuit dans un coin tranquille sur nos nattes de sol, un guacamole de compétition avec un avocat gros comme ça, encore des jus d’Acaï – nos derniers ! – , puis enfin passer la sécurité et embarquer pour la Colombie ou la suite des aventures nous attendent.

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My travel companions and me get blocked in Amazonia for the Carnaval. The boat we were supposed to get was canceled, and our first carnavalian impression make us want to go away more than to stay for it. We went to the Manaus airport – yes, even Amazonian cities are huge, modern, and have an airport – and found a flight for Colombia with a correct price for the next day. So we were in that airport for 24 hours, with no Brazilian money anymore, but food and fruices that we bought earlier planning a couple of days of the boat. We began to camp in that airport with a though for the movie « The Terminal ». Modern gypsie life, an acroyoga session in the terminal, interrupted by airport employees, not to ask us to stop it and go somewhere else but to ask for taking pictures, our first 7 reals (around 2 usd) won with street performance with it, a run in the car parc outside that remembered me the warm up of judo competitions, stretching, a night sleeping on our yoga mats, a huge guacamole, a last Acaï juice before we went through the security check, direction Colombia for new adventures.

 

Presidente Figuereiro, le pays des cascades – Presidente Figuereiro, land of waterfalls

Presidente Figuereiro, petit village au milieu de l’amazone, m’aura donné la joie de me baigner dans des rivières – rio en portugais – d’une couleur ocre et or, de m’y laisser flotter et descendre entre les arbres au son des insectes et oiseaux, maîtres en ces lieux. Aras et autres volants colorés, colibris, papillons, nous auront enchantés à la vue de leurs plumes et de leurs parades aériennes. Quelques belles rencontres, un bain d’argile nous transformant en Golems, un bébé chat qui tète une chienne qui l’a adoptée, des randonnées sous le soleil et dans la jungle, et encore des tonnes de jus d’Acaï.

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Presidente Figuereiro, small village in the middle of the Amazonia, teached me the happiness of taking a bath in a red and yellowish river – rio in Portuguese – and to let me float and go down in the sound of insects and birds, masters of that place. Aras and other little flying wonders such as colibris or butterfly showed their colors and aerial dances. Some beautiful human souls, a clay bath, a baby cat adopted by a dog,  walks in the jungle and under the sun, and again a ton of Acaï juices.

Cigale et fourmi – let me sing

La Rue Ketanou chante:

« Je ne sais pas où je vais, Et ça je l’ai jamais bien su, Mais si jamais je le savais, Je crois bien que je n’irais plus, Aujourd’hui je t’aime, Oui mais demain, On ne peut jamais être sur de rien, On va toujours seul sur la route, Je continue coûte que que coûte, Et puis une route en croise une autre, Et puis une autre et encore une autre , Pourvu que la tienne oh mon amour, croise la mienne tous les jours. Je ne sais pas où je vais, Et ça je l’ai jamais bien su, Mais si jamais je le savais, Je crois bien que je n’irais plus, Et je suis une cigale, T’inquiète fourmi je crève pas la dalle, La musique c’est un bon gagne pain, Ou que je sois je ne manque de rien, Je chante toujours de quoi grailler, De quoi trinquer de quoi causer, Je m’endors ou il fait sommeil, Et je passe l’été au Soleil . « 

Après 1 an de voyage, travaillé 4 mois avant de repartir à l’aventure sans billet de retour, j’avoue que l’autre jour, marchant sous la lune et les étoiles le long d’une plage de sable blanc au bord de l’amazone, je me suis demandée si j’avais vraiment droit à ces joies là, si je ne devrais pas un peu réviser ma poésie de la cigale et de la fourmi. Retour de la pensée Suisse « mais il faut travailler! ». Je ne sais même pas vraiment où je vais.  Dialogues interne. J’ai un métier, que j’aime vraiment en plus, j’ai de l’argent de côté, alors fourmi, cesse de m’ennuyer et laisse-moi chanter. Et ma fois si à l’hiver je n’ai pas engrangé assez de provisions, j’irai voir de l’autre côté de l’océan là où c’est encore l’été. J’irai voir ou me mène mes rêves. Pour l’instant j’applique tout en douceur le simple et beau « l’important c’est d’être avec des gens qu’on aime. » Pour la suite, j’ai des projets d’acroyoga, des rêves de bateau stop transatlantique, d’escalade et de cirque. Le reste suivra. C’est ça aussi le voyage, s’abandonner avec confiance en la route. Inch’alla qu’il disait.

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After 1 year of travels, working as a physical therapist for 4 month before I went on the road again, without a return ticket, I have to say that last night, walking under the star on à with sand beach among the amazone river, I asked myself if all this happiness was real. I asked myself if I should study again the stories of the ant and the cricket of « La Fontaine » where the cricket dog all the summer and the ant work hard. When winter arrive, the ant have food and the cricket cry. Back on the Swiss thought « you have to work! » I don’t even really know where I go. Intern dialog. I have a profession, that I love, I have money on the side, so please little working ant, let me sing. If in winter I don’t have enough food I will have a look at the other side of the ocean if ’tis summer there. I will see where my dreams bring me. Right now I just experience the saying « the important is to be with people you love ». Later, I have dreams of acroyoga, transatlantic sailing, climbing and circus. That’s a part of the travelling process, acceptance, letting go, surrender with faith and truth to the road. Inch’alla he used to say.

Attempt to translate a french song named « Where I go » – « Où je vais » from « La Rue Ketanou »:

« I don’t know where I go, And I have never really known that, But if I would have known, I think that I will not go anymore, Today I love you, Yes, but tomorrow, One can never now, One are always alone on the road, So I keep going and going, And then a road cross another one, And another one and another again, I hope than yours, my love, will cross mine again everyday.

I don’t know where I go, And I have never really known that, But if I would have known, I think that I will not go anymore, I am a cricket, But don’t be worried ant I’am not hungry, Music is a good way to eat, Wherever I go I’m not in need, I sing enough to eat, Enough to drink enough to talk, I fall asleep where I am sleepy, And spent summertime in the sun. »

 

 

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Everyone is struggling between two needs. The need of Pirogue, what means need of travelling, to go outside of yourself, and the need of the Tree, needs of roots and identity. People use to wander between both, one day more close to one and one day more close to the other, until they understand that it’s with the tree that you build the pirogue.

Apprendre une nouvelle langue – learn a new language

En route en terres brésiliennes avec deux compagnons qui maîtrisent le portugais, n’en parlant que quelques mots bien mal prononcés, je découvre que les brésiliens et l’anglais, ça fait 3, et renoue avec délice à une des joie du voyage qui est de ne rien comprendre de la langue, et de n’être pas comprise. Joie ou peine, c’est selon. N’ayant pas à lutter pour ma survie en ayant mes guides bilingues, je prends cet isolement social et ce silence avec joie. Place à la communication non verbale. Changement des rôles. Je ne suis plus la personne qui dialogue ou la professionnelle qui conseille sur le mouvement et la rééducation, je suis pour le moment incapable de communiquer vraiment. J’apprends tout de même, petit à petit, « mais o menos », même si mon vocabulaire ne me permet que des interactions sommaires, fonctionnelles. Pas de place aux grands discours. Il y a des jours où ça me pèse; d’autres ou ca me fait du bien. J’ai beaucoup de temps pour lire, me plonge avec délice dans « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » de Harper Lee et me plonge dans l’univers d’une petite fille en Alabama.  Avec les enfants, c’est parfois plus facile de communiquer. Ils n’ont pas peur de répéter et gesticuler pour se faire comprendre, et si ça ne marche pas, tant pis. Sur le bateau entre Alter do Chao et Manaus, où nous étions les seuls voyageurs non brésiliens, à faire de l’acroyoga sur le pont, nous nous sommes faits repérer, et j’ai eu collé à mes baskets pour la journée deux fillettes qui ont essayé de m’apprivoiser. Elles ont passé en revue différentes techniques, tantôt en me faisant des signes, tantôt en me souriant, puis en me suivant, et finalement en me tendant un biscuit avec curiosité, comme on tendrait un biscuit à un oiseau exotique, avec excitation et grande prudence, en ayant un peu peur de l’effrayer. J’avoue que le coup du biscuit, au chocolat qui plus est, ça a bien marché. Il y a des codes universels.

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On the Brasilian roads with two companions who are fluent in Portuguese, and me, talking just a couple of mispronounced words, I discover that Brazilian people, most of the time, doesn’t speak English at all. I came back to one of the joy of travelling that consist in not understanding any words, and not being understand more than 3-4 words and sentences. Joy or difficulty, it depends. Being accompanied, I don’t really need to fight to survive, so I go through that social isolement and silence with joy. Non verbal communication. Inversion of roles. I am not the professional or teacher who give explanations anymore, but just someone who doesn’t really speak or understand. Slowly and slowly, still, I’m learning, but my poor vocabulary doesn’t allow me deep talks. Some days I enjoy it, some days it’s more difficult. I have a lot of time to read and went with delectation through « Don’t shout on the mocking bird » from Harper Lee. A drop in the universe of a little girl in Alabama. With children, actually, it’s more easy to communicate, they are not afraid so repeat, gesticulate to be understood, and if it doesn’t work, it doesn’t really matter, they still try and enjoy the try. On the boat between Alter do Chao and Manaus, we were the only tourists and doing acroyoga, 2 little girls began to follow me and tried to tame me. They went through different techniques, making signs, smiling, following me, and finally, with curiosity, excited and maybe a little bit afraid, then gave me a biscuit from a correct distance, like they would have down with an exotic bird, afraid to frighten it. I have to say that the attempt with the chocolat biscuit did work. Some codes are universal.

Premieres impressions brésiliennes – first Brazilian impressions

Arriver au Brésil. Marcher dans les rues de Belem. Les odeurs. Tout d’abord, les odeurs qui me viennent. Frappantes. Nouvelles mais connues. Presque rassurantes. Un mélange de soleil , ou plutôt d’asphalte chauffé, de viandes qui grillent, de poussière et de déchets, plein de petites maisons pas vraiment finies, des trottoirs approximatifs, ça me rappelle Madagascar, l’Asie, l’Inde. Odeur des pays chauds et peu développés où la vie est dans la rue. Un parfum de liberté. Liberté pour les uns; cages pour les autres. De ces endroits la où beaucoup ont peu mais où la vie grouille.

Le lendemain, embarquée sur un bateau pour remonter l’amazone, je découvre une grande maison flottante remplie de hamacs, et les hamacs remplis de gens. Des gens qui rentrent chez eux, d’autres qui s’en vont, certains qui ne font que passer. Vieillards comme enfants passeront leurs nuits et une bonne partie de la journée également suspendus dans ces cocons. Nous sommes entassés les un contre les autres mais la proximité n’est pas gênante, chacun à sa bulle. Les moteurs vrombissent, les paysages amazoniens défilent. Couchers et levers de soleil délicieux. En mode économie d’énergie, dormir, lire, s’exercer un peu sur le pont quand la chaleur le permet, admirer la vue, à perte, la vue, plaisirs des pays plats que de voir au loin de tous côtés, manger à peine. Et les étoiles, la nuit, innombrables. Les mêmes qu’à la maison pourtant. Orion et Sirius n’ont rien perdu de leurs alignements.

Arriver à Alter do Chao, camper dans le jardin d’une famille brésilienne qui fait office d’auberge. Journées au rythme de nos envies, plage, slackline, hangars à éléphants abandonné et bien sûr sans éléphants, un tour guidé dans la forêt amazonienne. Un paresseux, ça ne bouge pas beaucoup. Même si carrément vigousse comparé à un koala. Footings sur la plage, des dauphins qui font de tranquilles apparitions au coucher du soleil, des poissons qui sautent hors de l’eau comme des acrobates maladroits, un peu d’acroyoga, et beaucoup, beaucoup de jus de fruits. Telle a été notre vie à Alter do Chao pendant plus de deux semaines. Découverte et abus du jus d’Acaï, presque glacé et mixé avec de la mange, ou de la pastèque ou de la coco fraîche. Des tapiocas aux crudités, de la goyabada. Rencontrer des musiciens et jongleurs au soir sur la place du village. Des messages sur les murs. Jouer avec un chat aux yeux bleus. E foffinho. Tudo bem.


 

Just arrived in Brazil, walking in Belem streets, my first impression was about smells. Smells. Strong. New but known at the same time. Kind of familiar. Like a sun smell, a mix of smells of warm asphalt, grilled meat, dust and waste. There are heaps of tiny and unfinished houses, street dogs. All of that remind me a mix of my souvenir of Madagascar, Asia, India. Smell of warm and few developed countries, where life is in the streets. A smell of freedom. Freedom for some; cages for others. Those kind of places where people have few but where life is everywhere.

The next day I am on a boat to go up the Amazon river, a huge flotting house full of hammocks, and hammocks full of people. Some people who come back home, some who are leaving, and other who are just on the way. Old persons as well as children or even babies will spend a couple of nights and a big part of their day suspended in those cocoons. Loud engines sounds on an Amazonian landscape. Delicious sunrises and sunset. On a lazy and mellow wave, days are made to sleep, read, write, exercice a little bit on the roof when then sun is not to strong, enjoy the view, a view that you can enjoy on 360 degrees – pleasure of flat countries. And the stars at night, far away from cities and villages. Countless. In a way, still the same that at home. Sirius and Orion didn’t lost any of their alignment.

Then my companions and me arrived at Alter do Chao, and found a Brazilian family that offer their garden as a camping. Days are made of bathes in the amazon river, withe sand beaches, acroyoga and slackline, an abandoned elephant house without elephant, walk in the Amazonian forest with a guide. A sloth doesn’t move a lot; even if he was really active compared to the koala I’ve seen in Australia. Joggings on the beach at the sunset, dolphins dancing elegantly in the water, fishes jumping out of it like clumsy acrobats, and most of all, a lot, a lot of fruit juices. Discovery and even abuse of Acaï juice, mixed with mango or watermelon or coconut. Delicious tapioca with vegetables, and goyabada paste. We meet some musician and juggler in the village streets. Read some messages on the walls. Play with a blue eyed cat. E foffinho. Tudo Bem.