Si je recharge mon natel sur un arbre, est-ce que c’est de l’énergie verte?
Mois : octobre 2016
Arambol, Goa
Goa, après Mysore, c’est vraiment un autre monde. La nature déjà. Une chambre juste sur l’océan, pour y plonger le matin et écouter le bruit des vagues la nuit en s’endormant. La mer, mais aussi un lac, et la forêt. Le Banyan Tree et le baba qui veille sur lui. La « savane », le soleil, haut et fort.
Des changements de programme aussi, Reshy étant au final trop occupée pour pouvoir passer du temps avec nous, Patric et moi nous sommes fait notre propre programme entre yoga, balades, repos et sorties. La dolce vita. Le temps de réparer mes débuts de blessures, apprécier la vie et travailler mon handstand aussi 🙂 ca me plait.
Anjuna, Goa
À Anjuna pour une journée, je rencontre Sufi et son « Sufi’s peace ashram » où il recueille et soigne les chiens des rues mais accueille aussi et soigne tout un chacun. Il a dans l’idée que chacun a quelque chose à enseigner, que chaque rencontre apporte un message. Il aimerait créer un lieu d’échange ou l’on puisse selon ses compétences soit enseigner ou aider et travailler. Ou juste se reposer. Une belle énergie. Simple. Sans arrière pensée.
Plus tard dans la journée quand je l’ai croisé il m’a demandé « Are you happy? » comme il m’aurait dit « How are you today? ». Et ça m’a interpellée. On demande toujours à nos amis « Comment ca va? » et bien sûr des jours ça va et des jours ça ne va pas, selon les évènements et les humeurs – des facteurs extérieurs – mais on demande rarement « Es-tu heureux? ». Intérieurement, es-tu heureux? Derrière les nuages, la pluie, ou après la nuit, le ciel est-il toujours bleu? Alors quand il m’a posé cette question « are you happy? » Je me suis dit tient oui bonne question est ce que je suis heureuse? Et j’ai répondu oui. Et je me suis sentie heureuse. Quelques minutes auparavant, je me sentais juste fatiguée du voyage, j’avais trop chaud, je me posais des questions sur la suite des événements…. et j’oubliais la base. Il faut parfois se rappeler; et parfois il faut que quelqu’un nous le rappelle. Le pouvoir des mots, des rencontres.
Anjuna est aussi le lieu où j’aurais appris à jouer au backgamon avec Yogesh alias Yogi dans son Shiva’s cafe. Un jeu intéressant, qui allie stratégie, réflexion et chance.
Alter ego
J’ai lu un jour « A friends is another me ». Je crois avoir rencontré cette semaine une autre moi indienne.
Lorsque j’ai vu au programme des cours d’anatomie, et après 3 semaines d’école à l’ancienne, enseignement quasi militaire, « do that » « don’t do that », où l’on apprend sa à répéter mais sans jamais chercher à comprendre ou à réfléchir, j’avoue avoir appréhendé la chose.
Je dois dire qu’après 3 semaines d’ashtanga yoga avec Vijay, j’ai plus appris à me protéger qu’à lâcher prise. À force de forcer, j’ai réussi à faire ressortir mes vieilles blessures. Épaule gauche, genoux. Les corrections de posture à l’ancienne, ou l’enseignant vient tirer sur les épaules ou pousser sur ton dos, pareil pour tous bien sûr, sans tenir compte des individualités et du contexte .. vont à l’encontre de ma religion. Mes profs en physio se retourneraient dans leur tombe. Mes profs de yoga en Suisse egalement. J’ai essayé d’en parler à Vijay, mais pour lui les douleurs viennent du fait que l’étudiant n’est pas encore suffisamment fort ou prêt pour la pratique ashtanga qui n’est pas une pratique de débutant. Selon lui.
Mais, bonne surprise, l’approche du yoga de Reshy, venue cette semaine enseigner l’anatomie, est moderne, « challenging » et douce en même temps. Les corrections qu’elle apporte aux postures sont fines, précises, raisonnées, expliquées bio-mécaniquement, appliquées en finesse. Lorsque je la vois travailler, je me demande si elle ne sort pas de la même école de physio que moi. Et en même temps, elle ajoute bien sûr à l’aspect corporel l’approche yogi, le lien au souffle, au mental, l’intention, l’énergie. Avec force et douceur. En discutant avec elle, j’apprends qu’elle fait également de la thérapie et à suivi des cours de massage ayurvedique. Il n’en a pas fallu beaucoup plus pour que Patric – mon colloc Suisse allemand – et moi décidions d’interrompre notre teacher training avec Vijay pour la suivre à Goa ce week-end. J’ai alors deux semaines à disposition à Goa avant de commencer mon prochain teacher training en yoga thérapie. Je suis contente d’avoir croisé la route de Reshy qui aura modifié ma trajectoire. Heureux hasard. Drôle d’oiseau celui-la. Un jour, un maitre m’a dit que le hasard est en fait un oiseau si libre qu’il se pose toujours où il veut ; mais c’est toujours là où il doit.
Envers du décors
Pour ne pas montrer uniquement les belles choses et oublier de donner une image réelle du pays, voici quelques images de l’envers du décors. L’Inde, cest aussi une gestion de déchets catastrophique. Du plastique partout dans les rues. Des vaches qui se nourrissent des déchets. Et les gens ensuite qui boivent le lait de ces mêmes vaches. Les odeurs également sont omniprésentes, entre les différents déchets, le traffic, la pollution. L’encens me suffit pas toujours à les couvrir.
Plaisirs simples
Auberge espagnole
Je ne peux m’empêcher de penser au film l’auberge espagnole en vivant avec des Indiens, des Iraniennes et un Suisse allemand. C’est une belle expérience que de partager nos quotidiens, nos expériences, nos points de vue, et juste passer de bons moments ensemble que ce soit en cours, lors des repas pu des visites sur nos moments de temps libre.
Voyager en Asie, c’est aussi réapprendre à faire sa lessive à la main ou à se doucher avec un seau d’eau. La vaisselle à la main, ça j’avais déjà l’habitude. Et bien sûr la patience, dans les rues ou dans les endroits touristiques, à se faire sans cesse harponner par des marchands, à devoir éviter les scooters et les voitures qui roulent selon un code de la route plutôt anarchique.



La-haut comme ici bas
Ashtanga yoga
J’ai découvert cette semaine l’ashtanga yoga de Vijay, mon enseignant pour ce mois. Les asanas, ou postures, de la séance ashtanga du matin, s’enchaînent et se suivent avec entre elles des séries de salutations au soleils sautées. Vijay passe même en appui sur les mains à chaque enchaînement. Je n’y suis pas encore; mais j’y travaille. Un enseignement à l’ancienne, une pratique sans blocs, coussins ou autres aides, juste toi et ton corps sur ton tapis. Les premiers jours, j’avais plus l’impression de me battre avec moi-même que de pratiquer du yoga, pas vraiment le temps pour ajuster souffle, posture et esprit. Petit à petit, jour après jour, je me sens cependant plus à l’aise dans ce style et dans certaines de ces postures qui sont nouvelles pour moi, et commence à pouvoir apprécier l’effort et restant dans l’effort juste, en respirant, en ayant le temps de m’ajuster. Le lâcher-prise viendra.
On approfondit également tout ça l’après midi dans nos cours de méthodologie, ou l’on apprend comment aider dans les postures.
Keep your balance, breathe, touch your toes, …
Ça y est, nous sommes déjà à notre troisième jour de yoga. Nous, c’est à dire trois yogi iraniennes et un suisse allemand, avec lesquels je suis en collocation. Les cours sont soutenus, entre pratique, asana, pranayama, mantra chanting, méthodologie et philosophie. Tout ceci dans un englais stylisé à l’indienne. Pas toujours facile à se comprendre avec nos accents respectifs. Mais chacun y met du sien. Pour l’instant, on galère pas mal, mais on s’accroche. Nos journées se résument ainsi : faire du yoga, manger, dormir, faire du yoga, manger, dormir. Et boire du thé sur le toit. 🙂





Premier selfie indien
Pour les quelques récalcitrants à la technologie, il faudra vous y habituer: tout change. C’est en tout cas une des bases de la philosophie boudhistes. Donc à l’heure actuelle, la rencontre avec un yogi de 20 ans se soldera probablement par un selfie. Bien ou pas bien, je me garde de juger ou de commenter et me contente d’apprécier le moment. Mon premier selfie, en Inde, avec une vache sacrée et mon nouvel ami Shiva, ça sonne quand-même tout à fait exotique. Au final, la vie ici, c’est pas si différent de la vie chez nous. We are human.
























