Tempête de sable – Sandstorm

Voici un texte que je voulais partager depuis un moment déjà, de l’auteur japonais Haruki Murakami dont les métaphores et images m’inspirent et me parlent. Celui-ci, j’y reviens souvent, il m’accompagne, me guide. Pour moi, cet extrait donne un sens aux difficultés, à la souffrance, aux douleurs. Et paradoxalement, il illustre cette souffrance avec poésie et douceur également. Quand je la lis, je ressens chaque lame de rasoir, et ça fait mal, mais en même temps à chaque fois je ressens de la force, une note de courage, d’espoir.

« Parfois, le destin ressemble à une tempête de sable qui se déplace sans cesse. Tu modifies ton allure pour lui échapper. Mais la tempête modifie aussi la sienne. Tu changes à nouveau le rythme de ta marche, et la tempête change son rythme elle aussi. C’est sans fin, cela se répète un nombre incalculable de fois, comme une danse macabre avec le dieu de la Mort, juste avant laube. Pourquoi ? Pace que cette tempête n’est pas un phénomène venu d’ailleurs, sans aucun lien avec toi. Elle est toi-même, et rien d’autre. Elle vient de l’intérieur de toi. Alors, la seule chose que tu puisses faire, c’est pénétrer délibérément dedans, fermer les yeux et te boucher les oreilles afin d’empêcher le sable d’y entrer, et la traverser pas à pas. Au cœur de cette tempête, il n’y a pas de soleil, il n’y a pas de lune, pas de repères dans l’espace ; par moments, même le temps n’existe plus. Il n’y a que du sable blanc et fin comme des os broyés qui tourbillonne haut dans le ciel. Voilà la tempête de sable que tu dois imaginer.

C’est un fait, tu vas réellement devoir traverser cette violente tempête. Cette tempête métaphysique et symbolique. Mais, si symbolique, si métaphysique qu’elle soit, ne te méprends pas : elle tranchera dans ta chair comme mille lames de rasoir affûtées. Des gens saigneront, et toi aussi tu saigneras. Un sang chaud et rouge coulera. Tu recueilleras ce sang dans tes mains : ce sera ton sang, et le sang des autres.
Une fois la tempête passée, tu te demanderas comment tu as fait pour la traverser, comment tu as fait pour survivre. Tu ne seras pas très sûr, en fait, qu’elle soit vraiment achevée. Mais sois certain d’une chose : une fois que tu auras essuyé cette tempête, tu ne seras plus le même. Tel est le sens de cette tempête.  »

Haruka Murakami – Kafka sur le rivage


Here is a text I wanted to share since a while already, from japanese autor Haruki Murakami. This autor has beautiful metaphores that inspire me a lot. This extract, I read it again, often, it guides me, support me. For me, this one give a sens to difficulties, suffering, pain. And paradoxally,  it illustrate this suffering with poetry and tenderness. When I read it, I feel every blade, and it hurts, but in the same time I can feel strenght, courage, hope.

« Sometimes fate is like a small sandstorm that keeps changing directions. You change direction but the sandstorm chases you. You turn again, but the storm adjusts. Over and over you play this out, like some ominous dance with death just before dawn. Why? Because this storm isn’t something that blew in from far away, something that has nothing to do with you. This storm is you. Something inside of you. So all you can do is give in to it, step right inside the storm, closing your eyes and plugging up your ears so the sand doesn’t get in, and walk through it, step by step. There’s no sun there, no moon, no direction, no sense of time. Just fine white sand swirling up into the sky like pulverized bones. That’s the kind of sandstorm you need to imagine.

An you really will have to make it through that violent, metaphysical, symbolic storm. No matter how metaphysical or symbolic it might be, make no mistake about it: it will cut through flesh like a thousand razor blades. People will bleed there, and you will bleed too. Hot, red blood. You’ll catch that blood in your hands, your own blood and the blood of others.

And once the storm is over you won’t remember how you made it through, how you managed to survive. You won’t even be sure, in fact, whether the storm is really over. But one thing is certain. When you come out of the storm you won’t be the same person who walked in. That’s what this storm’s all about. »

Haruki Murakami – Kafka on the Shore

Girls who climb / grimpeuses

To be back home means as well to find back my family and friends. Friends from a long time ago, new friends from travelling, friends from climbing. Girls who climb, this year, had a strong influence on me. I have to say that I’m impress by the strenght of some of those ladies, inspired, even seduced.  I feel about them the same as man that I met told me about how he perceived my personality. Probably one of the best compliment I had the chance to listen to. He said that he was really happy to meet a woman who is able to be adventurous and couragious, silly and passionate about things, and at the same time very sweet and loving and generous and kind. And in some women, those two different ways of being go together and those things come together, and work in a really real way. He told that he was pleased to meet a woman who is able to be really really free and take that responsability for that freedom, and want to do well, and to do right.  It’s how I feel as well about some of the girls I met again that summer. I feel so grateful that I met that people and I am convince that every person that cross your road will influence you and in a way change you. Some of those people will cross your road for a really short time and change you for ever. So I hope, I really hope, that I will keep meeting great people and that when I will cross again the route of my friends I will be every time a better person. 


Etre de retour signifie également retrouver ma famille et mes amis. Mes amis d’il y a fort fort longtmpes, mes amis de voyage, les amis de la grimpe aussi. Les femmes qui grimpent, je dois avouer, cette année ont eu une forte influence sur moi. Je suis impressionnée par la force de certain de ces bouts de femmes, inspirée, séduite même. Je ressens à ce sujet ce qu’un ami m’a dit un jour, un magnifique compliment en l’occurence. Il m’a dit qu’il était reconnaissant d’avoir rencontré une femme capable d’être aventureuse et courageuse, folle et passionnée, et en même temps douce, généreuse, aimante. Qu’en certaines femmes, ces deux aspects très différents peuvent coexister et même fonctionner d’une manière très vraie. Il m’a dit qu’il était heureux d’avoir rencontré quelqu’un à la fois très libre et à la fois qui prends la responsabilité de cette liberté et souhaite en faire quelque chose de bien. Quelqu’un qui le fait et le fait dans le juste. C’est également ce que je ressens au sujet de ces amies, de ces femmes que j’ai rencontrées, ou trouvées. J’ai tant de gratitude pour ceci, et suis convaincue que chaque personne qui croise ma route, à sa manière, m’influencera et me changera. J’espère, jespère tant, que je continuerai a rencontrer de belles personnes, et que la prochaine fois que je recroiserai la route de mes amis, je serai un peu meilleure.

Souvenir d’été – Summertime memories

Tant de belles choses, un tel arc-en-ciel,

Emotions, souvenirs, les couleurs, elles furent si belles,

Ce été-là m’a fait vibrer, m’a fait rêver,

Douter aussi, j’en ai perdu ma prose,

Mais pour de bonnes causes, de magnifiques causes,

Cette présence fut belle, j’ai espéré, aimé,

Et parfois soupiré, un soupir triste et doux,

Triste, oui, aussi, mais beau, fougueux, plein d’espoirs fous

Et cela donc devais, ne pas continuer,

Je garderai en moi, un souvenir d’été,

Une trace en quelque sorte, de ce qui a été,

De ces destins croisés, et même entremêlés.


Many beautiful things, like many rainbows,

Emotions, souvenirs, colors, so beautiful colors,

This summertime made me feel, brought me into a dream,

It made me doubt as well, I even lost my prose,

But this for good reasons, for a cause, a noble one.

This presence was beauty, I hoped, I loved,

Sometimes I sighed as well,  a sad and soft sigh,

Sad yes, but beautiful, adventurous, full of foolish hopes,

And this, this should not have continue in time.

But I will keep with me, a summertime memory,

A trace, in a way, of what did happen, what did exist,

A trace of those crossed destinies, interlaced souls.

De l’importance des rituels – About importance of rituals

J’ai eu un jour un professeur, un docteur en neurosciences, qui nous enseignait le système nerveux, moteur et sensoriel, un personnage brillant et passionné, autant sur les neurosciences pures et dures que sur le plan humain. Un jour, il nous parlait du toucher, qui se fait grâce aux récepteurs situés dans la peau, recepteurs qui transmetteront l’information aux nerfs, qui ensuite ira jusqu’au cerveau ou elle sera alors interprétée. Cette interprétation se fera selon le signal reçu, mais également selon notre champ d’expériences et de connaissances, selon notre perception, notre ressenti.  Bref, ce jour-là il est parti d’une explication très mécanique pour ensuite passer sur l’impact émotionnel du toucher, et du fait qu’en tant que physiothérapeute, qui touchons nos patients toute la journée, il fallait qu’on garde en tête que les gens viennent chez nous pour déposer leurs souffrances, comme ils déposeraient leurs poubelles. A nous alors de trouver comment accueillir ces souffrances, les accueuillir puis trouver comment les laisser partir, ne pas les emporter avec nous. Ce professeur nous parlait alors du fait de se laver les mains après un traitement. Un acte qui a la base est simplement hygiéniques. Lui y voyait également un geste symbolique. Une sorte de rituel en quelque sorte.

Et puis, chacun peut trouver le sien, que ce soit se laver les mains, ou prendre un moment pour respirer et s’arrêter de courir dans la journée, ces petites choses de tous les jours qui nous recentrent. Parfois également j’aime y prendre plus de temps, savoir prendre une journée pour hiberner, juste ne rien faire, lire, dormir, me reposer, ou alors au contraire me défouler au travers d’un sport, à travers l’art, la musique, la danse, ou encore changer d’air, sortir. Parfois aussi c’est pour moi changer de coupe de cheveux, me faire une cure de thé gingembre et citron, il y a autant de moyens différents que de personnes différentes, à chacun de trouver son astuce. L’esprit humain est passionnant, le corps également. Les deux sont absolument liés, et ce qui est génial, c’est de pouvoir prendre soin de l’un grâce à l’autre, comprendre ses mécanismes, savoir se faire du bien. Et anticiper, prendre soin de soi avant d’être malade, avant d’être trop épuisé. Le début d’hiver, aves ses journées qui raccourcissent et le froid qui arrive, s’y prête bien. Les ours ont tout compris, à hiberner.

Gratitude 

« Nous recevons à la mesure de ce que nous donnons. Nous donnons à la mesure de ce que nous nous permettons de recevoir aussi. Donne sans compter. Reçois avec gratitude. Laisse l’éternelle danse de la vie te traverser avec force et avec joie. » S.Fellay


 » One receive at the mesure of he give. One give at the mesure of he permit itself to receive as well. Give without counting. Receive with gratitude. Let the eternal dance of life cross you through with strenght and joy. « 

Reprise de la plume / writing

Apres mon départ d’Australie, me sentant sur le retour, en zone de transition, je ne me sentais pas l’âme ni le cœur à rédiger, à laisser les mots courir sur le papier. J’ai eu besoin d’un temps d’adaptation, de lâcher prise, de me déconnecter et parfois aussi perdre pied. Ne plus savoir vraiment où je vais. Pour retrouver mes marques, retrouver mes racines. J’avais besoin de prendre ce temps. Aujourd’hui, jai envie et même besoin de partager à nouveau. J’ai retrouvé l’envie de le faire sous cette forme-ci. Mes racines, je le sais aujourd’hui, ne sont pas physiques. Il y a des lieu certes ou je me sens bien, il y a des gens qui me font me sentir à la maison, des gens que j’aime et que je retrouverai toujours, mais mes racines, mes vraies racines, elles suivent le vent. Ces racines sont en moi, elles sont la quand je me reconnecte à mon souffle, quand je suis présente.Les périodes de transitions sont intéressantes. Elles sont l’arbre des possibles. Milles possibilités s’ouvrent à moi, milles possibles également accompagnés de milles doutes. Les transitions sont ainsi. Je sais ce que je quitte, mais je ne sais ce que je vais trouver. À force, je connais cette inquiétude la et sais, par expérience, qu’à chaque transition la vie m’a apporté de belles choses, alors petit à petit je quittes mes inquiétudes et plonge avec plaisir dans l’excitation de la découverte. C’est plaisant et grisant. Je me lance, je m’envole, je suis mon instinct, les signes. Un papillon ouvre ses ailes et un petit bonhomme qui court s’arrête un instant. L’un contemple l’autre. L’un est l’autre et l’autre est un. La douceur les relie, l’univers les charrie, je souris et je vis, je rêve et je soupire. Une tendance. J’ai repris mon envol et je vole vers soleil. Je sens que tout es juste. Je retrouve mes racines dans les choses sans age. Le bruit de l’eau, la lune pleine, et les étoiles. Les étoiles. Respirer. Aimer. On m’a dit qu’il suffit d’avancer pour vivre, d’avancer tout droit vers la lumière. Celle d’automne, saison de transition par excellence, est particulièrement belle, douce et orangée, fraîche et ondulée. Je m’y abandonne. Je m’y conforte. Je fais confiance et je danse. Ne pas oublier de ne pas se soucier. Mais surtout, ne pas oublier de tomber amoureux. Être heureux. Puisque tout est déjà la.


After that I left Australia, I didn’t had my heart turned into writing, I couldn’t let the words flow on the paper. I needed I time to adapt, to let it go, to disconnect and sometime even loose control and sink. I needed for a while not to know where I wanted to go. I needed to find my marks again, to find my roots, to take that time. For me. Today, I want again and even I can say that I need to share again. My roots, I know it today, are not physical. For sure in some places I feel at home,  and for sure with some poeples that I love I feel at home as wehere, anywhere, and those people, I will find them again later, again and again, it doesn’t matter when, because time doesn’t matter in friendship and in love, but my roots, my real roots, I understood that they just follow the wind. Those roots, my roots are in me, they are there when I connect myself to my breath, when I am present.  Transition are interesting. They are the tree of possibles. Thousand of possibilites open to me, thousand of doubts as well. Transitions are like this. I know what I am leaving, I don’t know what I will find. With time and experience, I know those doubts better and I know that in every transitions I already had, life brought me beautiful things, so slowly and slowly I learn to quit my fears and throw myself in the joy and excitement of discovery. It is higlhy enjoyable. I go for it, take off, learn to fly, follow my instinct, follow the signs. A butterfly open his wings and a little boy stop running for a little bit. One contemplate the other one. One is the other and the other is one. Softness link them, universe play with them, I smile and I live, I dream and I sigh. A tendancy. I took off my flight, I fly in direction of the sun. I feel that everything is right. I found my roots in ageless things. Sound of water, full moon, stars. Stars. Breath. Love. One told me that you just need to go forward to live, to go straight away, direction of the light. Light of fall, transition season, is particularly beautiful, soft and orangish, fresch and wavy. I surrender. And most of all, don’t forget to fall in love. Be happy, because everything is already here.

 

Voyager en tant que femme – Travelling as a woman 

J’ai rencontré ici en Australie une amie de Suisse que je n’avais pas revue depuis bien 10 ans, et découvert qu’elle avait vécu des expériences similaires aux miennes ces dernières années, en tant que femme qui voyage seule, à suivre ses passions et ses intuitions, à être parfois stupide et folle, mais jamais jamais imprudente et toujours pleine de vie. Et toujours, toujours le sourire. Pareil pour une amie rencontrée dans les Montagnes Bleues. Elle voyage seule depuis des mois, et est restée crochée ici. Oui, ça arrive parfois. Il suffit de tomber  amoureux. Oh, et une autre femme que j’ai rencontrée, une femme libre et sauvage, celle-là est à la fois une tornade et un océan de calme. Elle m’a fait rire lorsqu’on parlait du paradoxe des personnes qui évoquent le retour à la réalité pour parler du fait de rentrer chez soi apres un voyage pour recommencer à  travailler, car cette femme la, elle annonce que peut être que la vraie réalité, c’est justement le voyage. Alors à chaque fois qu’elle repart et retrouve sa liberté, la voilà sa vraie réalité.

J’aime à penser au fait que dans l’esprit des européen non voyageurs, voyager seule, pour une femme, c’est dangereux, alors qu’après avoir rencontré tant de voyageuse je vois que beaucoup d’entre nous au contraire ont le sentiment d’être protégées. Protégées par les gens que nous rencontrons sur la route. Ces gens qui vont prendre soin de toi pour un petit moment, et dont tu prendras soin également, ces gens qui entrent dans ta vie, puis ensuite qui en ressortiront, dans un tournus qui semble parfois sans fin, mais pourtant tu sais que voyager seule me signifie pas être seule. Voyager seule te fais rencontrer si rapidement les gens que tu as l’opportunité de découvrir le pays de l’intérieur. J’ai vraiment aimé vivre ici avec et parfois chez ces personnes,  ça m’aura donné un vrai aperçu de ce qu’est de vivre dans ce pays. Vivre avec eux, passer du temps avec avec eux, faire et être plutôt que juste voir des endroits, c’est ça que j’aime vraiment dans le voyage.

Meeting here in Australia one of my Swiss friend that I didn’t see for at least 10 years, I discovered that she had so many similar experiments as I had  those last years, being a woman who travel alone, following her passions and intuition and being sometime stupid and crazy but full of life. Same for a friend from US that I met in the Blues Mountains. She was travelling for months, but get stucked up there. Yeah, that happens sometimes. Oh, and another one too. A wild and free spirit who are both at the same time a hurricane and an ocean of peace. This one made me laugh and think about the paradox of people talking about coming back home to work as coming back to reality… to who she answer that maybe the reality isn’t working but travelling. So she goes back to her reality everytime she get her freedom again. 

 

I enjoy the fact too that in European general mind travelling on your own as a woman seems dangerous, but that actually, talking with heaps of women who travel alone, lot of us had the feeling to be protected. Protected by people that you will meet on your way. Those people will enter into your life and take care about you for a time, such as you will take care about them, and then one day they will leave, or you will leave, as an never ending turn over, but you know with confidence that travelling alone doesn’t mean being alone. Travelling alone get you so fast in touch with people that you have the opportunity to discover the country from inside. I really loved to live with people from those different regions I travelled because it make me really feel what is it to be in this place. To live with them, to do things, to be, and not only see places or things, this is for me the way I love to travel

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Planche à repasser / ironing boards

« Ironing boards are surf boards that gave up their dreams and got a boring job. Don’t be an ironing board »



My friend Marie who make me discover surf told me about that saying. I enjoyed it a lot. Because in a way, we all are an ironing board. We all some day had to abandon a dream. Being an astronaut, being a dancer, conquer the world, fly, talk with animal, read people’s mind, teleportation, being a shepherd, whatever. But we all have some dreams that we fighted for as well. Just find which dreams you want to fight for. Some life dreams and immense life projects who could seem far away, as much as tiny little things that make your everyday beautiful. A cup of tea in the morning light. A chat with a friend all the night long. Being rolled in a blanket when it’s cold outside. Being understood. Or not being and enjoying it. All sometime is in the details that make yourself feel at home or not.

« Les planches à repasser sont des planches de surf qui ont abandonné leur rêves pour un travail ennuyeux. Ne soit pas une planche à repasser. »

Mon amie Marie qui m’a fait découvrir le surf m’a parlé de cette citation. Je l’apprécie énormément. Je me dis qu’en un sens, nous sommes tous des planches à repasser. Nous avons tous un jour ou l’autre abandonné un rêve. Etre un astronaute, être un danseur, parcourir le monde, voler, parler avec les animaux, lire l’esprit des gens, se téléporter, être un berger, peu importe. Mais nous avons aussi tous des rêves pour lesquels nous nous sommes battus. Il suffit de déterminer, de choisir quels rêves valent la peine d’être vécus, que ce soit des rêves immenses et des longs projets de vie, qui semblent si lointains parfois, tout comme des petites choses de la vie de tous les jours qui rendent le quotidien magnifique. Une tasse de thé dans la lumière du matin. Une discussion avec un ami qui durera toute la nuit. Etre enroulé dans une couverture quand il fait froid dehors. Etre compris. Ou ne pas l’être, et l’apprécier. Tout parfois réside dans les détails qui te font te sentir chez toi.

Comme un chant d’espérance 

Instants volés, douceur, rêve ou réalité

Permets-moi d’en douter, permets-moi d’espérer

L’incertitude est, rien n’est plus sur

Maya, illusion, tout change m’a-t-on dit

Tout est en mouvement, alors, rien ne perdure?

Mais si l’illusion est, et moi je suis, je vis

Et bien moi je choisi, l’espérance en la vie

Sa continuité, son unité, sa folie

Je vis, je suis la vie, elle m’aime et me protège

Je me laisse emporter dans son doux manège

(Écrit en 2016, lorsque mon coeur chantait et virevoltant)

Et pour vous les extraits d’un de mes livres préfères, Jean D’Ormesson, Comme un chant d’espérance:

Réalité / reality

Quand je voyage, j’ai la capacité à me sentir chez moi plus ou moins partout assez rapidement. Je suis ce genre de personne qui tombe amoureuse des lieux et des  gens très rapidement; je trouve alors ma place facilement dans un nouvel univers. Lorsque j’étais à Goa avec des jongleurs et artistes, je m’imaginais dans des spectacles de rues; lorsque j’étais à Tonsai, je me sentais comme une grimpeuse, j’avais des projets de routes d’escalade, des rêves de rochers; quand j’étais au Népal et vivais avec des amis népalais, je me sentais népalaise, jusqu’à un point ou un jour en me voyant dans un miroir (à savoir qu’il y a globalement beaucoup moins de miroirs au Népal que ce que l’on à l’habitude d’avoir en Europe, on oublie peu à peu son reflet pour ma défense, ndlr) je me suis surprise à être étonnée de la blancheur de ma peau et le bleu de mes yeux. Lors des voyages, tout est en quelque sorte plus intense. Un ami à Goa m’a dit que pour lui, 1 jour à Arambol équivaut au niveau de l’intensité à 10 jours en France. Étant quelqu’un de passionné, j’ai la tendance à me lancer à 100% dans mes projets et idées. Ce qui est plutôt agréable et intéressant et m’aura amené parfois loin; cependant, à d’autres moments, cela peut également être épuisant. Mon enthousiasme, un jour, me perdra. Pas littéralement, rassurez-vous, je le dis surtout pour la beauté de l’aspect théâtral et dramatique de cette phrase. Quoi qu’il en soit, je trouve que ça en vaut la peine. Se perdre. Mourir métaphoriquement. Mourir et renaître en chaque instant, tel le phoenix. Je repense à l’un de mes stages en tant que physiothérapeute, où ma responsable travaillait avec l’hypnose. Pour les enfants souffrant de stress et d’anxiété, elle utilisait un talisman pour les aider à surpasser leurs difficultés et à se sentir protégé dans les situations inconfortables. Elle utilisait comme intermédiaire un objet qui ferait office de talisman. Cet objet protège celui qui le porte, lui donne de la force. L’idée est de sentir la protection émanant dudit objet, puis petit à petit de se délaisser de l’outil, de la béquille, et être capable de sentir la protection de ce talisman même lorsqu’il n’est plus là physiquement. Au final, l’objet fait juste office de transition, de catalyseur, car la force est la confiance est déjà en la personne. Nous avons ceci en nous, mais parfois une aide extérieur nous aide à nous en rappeler. L’idée me plait, et parfois je l’utilise lorsque mon enfant intérieur est effrayé. Ce talisman peut être un objet, mais aussi un ami, un maître, ou encore une chanson. Qu’importe. Cela peut aussi être le fait de revenir au souffle et aux sensations. Quelque chose qui occupera mon esprit pour un moment le temps qu’il retrouve sa paix intérieure. A chaque fois dans ce voyage ou j’aurais du quitter un pays que j’aurai aimé pour un nouveau aura été une expérience intéressante. A chaque fois j’avais l’impression de quitter Poudlard pour retourner dans un monde de moldus. Je ne peux plus voir la magie. Tout semble gris et pastel. A force, j’ai passé pas mal de temps à réfléchir à comment entrer dans la magie sans perdre contact avec la réalité, et au contraire également, à comment revenir de ce monde magique vers ma réalité du moment en emportant un peu de cette magie là avec moi. Si réalité il y a. Pour moi, en quelque sorte, chaque réalité n’est pas plus ou moins réelle qu’une autre. Juste différente. Selon comment je décide de la voir, selon comment les autres également décident de la voir. Selon ce que j’en fais aussi. Très probablement que chacun aura une perception différente de cette réalité; même en vivant au même endroit avec les mêmes personnes, différentes personnes vivront des expériences totalement différentes. Ma nature humaine me fait penser que ma réalité dépend de facteurs extérieurs, que ce soit les endroits ou je suis, les personnes que je rencontre ou avec qui je vis, la musique que j’écoute, le temps, les choses que je possède ou que je ne possède pas, et bien d’autres encore. Ces facteurs extérieur auront évidemment une influence sur moi, physiquement ou émotionnellement. Mais pas tant que ça; ce qui compte à la fin, c’est ce que j’en fais, comment je me sens, à quel point je décide de me laisser toucher ou pas par ces facteurs extérieurs. Ce qui signifie que si je veux garder contact avec une réalité lorsque je me rend dans un « endroit magique », je peux simplement garder un talisman avec moi,  rester connectée au corps, au souffle, aux sensations. Les sensations physiques, agréables, désagréables, neutres, restent toujours réelles. Je peux leur faire confiance. Toutes ces petites choses me permettent au final de me rappeler qui je suis. Et alors, lorsque je devrai quitter un endroit qui me semble magique pour revenir dans un monde de moldu, c’est pareil. Je peux garder un peu de la magie avec moi, car la magie ne viens pas des facteurs extérieur. Ces choses-là sont déjà en moi. La magie, la beauté, le bonheur, l’amour, ou même le sentiment de Dieu, appelez- le comme vous voudrez, dans ma perception, ils sont tous connectés et ont en quelque sorte la même essence, sous différentes expressions. Quelque chose de puissant et de plus grand que vous et moi.


When I travel, I have the ability to feel at home pretty much everywhere. I am this kind of stupid person who fall in love with places and people so fast that I feel home and find my place pretty easily in a new world. When I was in Goa with juggler and artists, I was dreaming to perform in the street with them; when I was in Tonsai I felt like a climber, had routes for projects, dream of rocks; and the when I was in Nepal living with nepali friends, I felt as I was nepali, until the point that on day when I saw me in a mirror (in Nepal there is really less mirror than in Europe ndlr) I felt surprised how withe I am and how blue my eyes are. When traveling everything can sometime feel more intense, a friend in Goa told me that for him 1 day in Goa feel the intensity of 10 days in France.  I am a passionate person, I have the tendency, when I do something, to do it 100%. What is lovely and sometimes bring me far away; sometime, however, it could make me pretty tired as well. My enthusiasm one day will kill me. Not literately for sure, I say it more for the beauty of dramatic and  theatral aspect of this saying. Anyway, it’s worth it. To die and reborn again, everyday, like a phoenix.  Life hurts sometime. And I am able to protect me from that. I think sometimes about one of my internship as a physical therapist where on of my teacher was working with hypnose. She used to give to some childrens dealing with stress or anxiety some ways to make for themself a talisman to feel protected in a situation who could be stressfull or incomfortable. First it could be a small object, for exemple a nice round stone, that you will take as a Talisman. You can imagine that this object protect you.  Then the purpose is to be able to feel the protection of this object even if the object is not in you hand anymore. Maybe you can even imagine the form and weight of the stone, and finally you don’t need it anymore because you know that it was just a catalysor. The strenght and confidence come from you. You already have everything. But sometime you need an extern help to remember it. I really found this idea lovely, and sometimes I still use it when my inner child is afraid. The Talisman could be an object or a friend or a song. Whatever. It could even to come back to your breath and sensations. Just something to make you mind busy for a moment and then to bring it back to his own peace again. So, most of time during this travelling, leaving a country I loved to go to a new one was everytime pretty interesting. It make me feel like that I was in Hoggward and had to come back to a muggle world again. I couln’t see the magic anymore. Felt grey and pastel. So I spent some time thinking about how to go inside the magic without loosing contact with the reality, and then how to come back to the reality taking with me a part of the magic. If reality exist. For me in a way, every different reality is not more real or less than another. Just different. Just a matter of how you decide to see it. Probably everybody would have seen it differently too. You can live in the same place with the same people but still live a total different experience. My human being make me think that I depend so much of external factors: place where I am, people that I meet or hang out with, music I listen to,  weather, things that I own or not. External factor for sure will influence me, physically. But at the end, what matters is what I do from that, how I feel, how  I decide to be influenced or not by that. What mean that if I want to keep contact with reality even when I go to a magic place I just have to keep my talsman with me, to remember my roots, stay connected with my breath and sensations. Sensations are always true. Their interpretation though can differe. Pure physical sensation, pleasant, unplesant, neutral, are true. Always. Listen to them and trust them. All those small things make me remember who I am. Then, when I have to leave this magic place, it’s the same. I can keep the magic inside of me, because I know that even if I saw it because the external factors helped me to see it, those things are inside me; but those things dont disappear, the magic is still here inside me.  Magic, Happiness, Beauty, Love, even feeling of God, call it how you want, in my percepetion they are connected and have kind of the same essence, with different expressions. Something strong and powerful and bigger than you and me. 

Some people you know they just won’t understand 

When you live in Switzerland and are going into adult life, what people will ask you about is « When are you gonna work? ». If you are Nepali, people will ask you « when will you get married and have babies? » And if you are a backpacker, other backpacker will ask you « Why do you come back home? You could continue to travel. What? You need to work? Aaaah. Weird. » It’s just a matter of perspective. Of perception. Some people maybe will just not understand. But that doesn’t matter. They will still love you even if they doesn’t undersand, especially if you see that what you are doing make you happy. At the end of the day, so just try to be content with your day, with yourself, with what you did and what you are. Not everybody have the same needs and dreams and perspectives. And it’s ok. Thik cha say nepalis. 

« People are going to think what they want to think. I let them; You can’t control perception. It’s a loosing game so I don’t play; I let them loose; Lose themself in their own fantasies of what they want me to be. A rebel, an angel, a romantic, a heart breaker, a child, a man. Perhaps I’m all of theses things, Perhaps I’m none. But what I am is for me to find out, Not to be dictated to me. It’s for me to know.  » Sergei Polumni – http://youtu.be/wdgTuBug0JI 
« Some people you know they just won’t understand », messages, Xavier Rudd: https://youtu.be/6FsAw8HeSvU

Lorsque tu as grandi et vis en Suisse et que arrive à l’âge d’avoir une vie d’adulte, les gens te demanderont « Quand est-ce que tu vas commencer à travailler? ». Si tu es népalais, on te demandera « Quand vas-tu enfin te marier et avoir des enfants? ». En tant que voyageur, dans les auberges de jeunesse, les autres « backpacker » te demanderont « Pourquoi tu rentres, tu pourrais continuer à voyager. Tu dois travailler? Aaaah, curieux. » Juste une question de perspective. De perception. Certaines personnes ne vont juste pas comprendre. Mais ce n’est pas grave, rien n’empêche de s’aimer et s’apprécier même si on ne comprend pas vraiment l’autre, tant qu’on voit que ce qu’il fait le rend heureux. A la fin de la journée, ce qui compte vraiment c’est d’être satisfait de sa journée mais surtout de soi même, ce que l’on aura fait mais également de ce que l’on est. Nous n’avons pas tous les mêmes besoins, les mêmes envies, les mêmes rêves. Et c’est ok. Thick cha disent les népalais.

« Les gens vont penser ce qu’ils veulent penser. Je les laisse faire. On ne peut pas contrôler la perception. C’est un jeu perdant alors je ne joue pas. Je les laisse perdre. Se perdre dans leurs propres fantaisies de ce qu’ils veulent que je soi. Un rebel, un ange, un romantique, un briseur de cœur, un enfant, un homme. Peut être que je suis toutes ces choses-là. Peut être que je n’en suis aucune. Mais ce que je suis, c’est à moi de le découvrir, à moi de le savoir. »  » Sergei Polumni – Lien Youtube vers ce reportage

« Some people you know they just won’t understand », messages, Xavier Rudd: Lien YouTube vers la chanson

Time to leave / Le moment de partir

C’est le moment. Le moment de quitter un pays pour un autre. Encore. Je me rappelle les mots d’un ami qui me disait courageuse de voyager seule. Je ne le suis pas. J’ai peur, souvent, comme tout le monde. Et je suis triste, aussi, au moment de quitter un lieu et des gens que j’ai aimés. J’ai peur et je n’ai pas peur en même temps, car je sais que bientôt j’aurais à nouveau 1000 occasions de sourire, d’aimer à nouveau, et de rire, et de vivre. N’empêche que sur le moment le sentiment de tristesse reste le même. Ca fait mal. Mais c’est une belle tristesse. La plus belle, en vrai. Le reflet des instants heureux vécus précédemment. C’est une des choses ce que j’expérimente en voyageant seule; sortie de ma zone de confort, ou mieux, chercher à trouver le confort dans l’inconfort. Tout change et passe dans la vie, autant s’y habituer. Parfois, j’avoue, je suis fatiguée de rencontrer de nouvelles personnes, m’attacher, les aimer et finalement les quitter. C’est si dur. Alors parfois je prends du temps juste pour moi. J’en profite pour passer du temps seule, un temps pour l’introspection, la réflexion, le calme et la douceur de la solitude. Un temps pour tout.

Time to leave a country and time to to go for a new one. Again. I remember a friend who told me that I am brave to travel on my own. I am not. I am afraid. Like everybody is. So many times. I am sad every time I have to leave people or places that I used to love. I am afraid and not afraid, because at the same time I also now that after a while – soon! – I will find again reason to smile and be happy. I will again meet new people and fall in love again, with places, as with people. But still, on the moment, it hurts, and I am sad. But such a beautiful sadness. The best one. The reflect of a happiness you just went throught. The shadow of beauty of life you just experiment. Sadness, I try to learn to surrender to it, to appreciate it. It’s part of the process. It’s what you learn when you travel alone; to go out of your comfort zone, or even better, to find comfort in the discomfort. Everything changes and goes and passes. So is life; you have better to get used to it. At some time I get tired to meet new people, to love them, and to let them go, again. Those moments are time for introspection. Time to spend time alone is healthy and needed. A time for everything. Then get ready to go back to circle of life

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Sens et non sens 


«  »What would you do if you never came here? » But, I spent all my life coming here. I thought about one of my favorite Soufi poem, which say that god, a long time ago, draw a circle in the sand, exactly around the place we are, here and now. It was impossible I didn’t came here.  » After 3 monthes in India I just feel that everywhere I spent some times I can find people with who I feel like at home and with who I am happy to live. For sure I miss friends and family from Switzerland, but at the same time, everything is connected. I am with you, I am here, one day I will come back but until this day I will just keep living where I am. Next destination, Thailand. A new place to explore, new people to discover. I leave India  for new adventures. 

Après 3 mois en Inde j’ai l’impression que partout où je suis je peux trouver des gens avec qui je me sens à la maison, avec qui je suis heureuse de vivre. Bien sur mes amis et ma famille en Suisse me manquent, mais en un sens, tout est connecté. Je suis avec vous, je suis ici, un jour je rentrerai mais en attendant je continue de vivre la ou je suis. Prochaine destination, la thailande. Un nouvel endroit à explorera de nouvelles rencontres. Je quitte l’Inde pour de nouvelles aventures.

We are only moments 



Futur doesn’t exist. Past is only a memory. Live in the present moment. It what yoga teaches but it’s also what I feel stronger here in the tumult, chaos, and creativity of Arambol than in my last ashram where the practice was not in connection with those yogi principles.  Sometimes, being present is not about sitting hours in a silent room, but also to be completely involved in what you are doing; to do it with all your heart and all your being.

Le futur n’existe pas encore et le passé n’est qu’un souvenir. Vis dans le présent. C’est ce qu’enseigne le yoga, mais aujourd’hui je le ressens plus ici dans le tumulte, le chaos et la créativité d’Arambol que dans mon dernier ashram silencieux ou la pratique ne collait pas à ces ideaux. Parfois être dans le présent ne nécessite pas de s’enfermer des heures assis en tailleurs dans une salle silencieuse mais peut parfois juste être le fait d’être entièrement plongé dans ce que tu fais, le faire avec tout ton cœur et tout ton être.

Lost and found 

Voyager, le meilleur moyen de se perdre et se trouver » oui oui parce que je fais la maligne avec mes belles photos de la plage et tout; les anecdotes, les rencontres, les découvertes, la liberté, bla-bla-bla, c’est bien joli tout ça!

Mais il faut aussi avouer que parfois, voyager seule, c’est aussi … être seule. Dire bonjour à la solitude et se demander « Mais qu’est ce que je fous la quand tous mes amis et ma famille sont à l’autre bout du monde? ». Voyager seule c’est bien beau, mais pas toujours facile non plus. Mais personne n’a dit que ca serait facile. Sortir de sa zone de confort, apprendre, grandir. Se perdre et se trouver.