Climbing buddies

 » Ma nourriture c’est ta nourriture, juste tu te sers. Mais pour les coinceurs faut demander, hein »

Les grimpeurs sont des êtres particuliers. Leurs valeurs ne sont pas les même que dans le monde habituel. La notion du temps diffère. Les priorités aussi. Le sens même de l’existence.

Ne pas se prendre trop au sérieux. Ne pas oublier les cacahouetes. Un petit chien dans le sac, l’élégance crocs chaussettes, oufti oui hein.

Les codes sont autres. L’authenticité reste.

Les oiseaux au loin / The birds far away

Lettre d’un ami  » moi aussi j’ai pensé à toi aujourd’hui en voyant le temps merveilleux qu’il faisait, et cette odeur de l’aventure quand on sort, et en partant courir la nature elle offre des images puissantes qui remplissent le corps: le sommet lointain qui dépasse des arbres, un ciel blanc ouvert, un repas qui ré-équilibre nos maux. Ca me rappelle un poème japonais où une des lignes c’était un truc genre « les oiseaux au loin emportent mes problèmes sur leurs ailes ». Bref, ça c’est des choses que tu connais bien, tu sais tellement bien partir à l’aventure et les apprécier. Ce qui m’anime maintenant c’est la rencontre avec ce qui est là devant moi comme étant la chose la plus importante. Si je passe la moitié de ma vie à me comparer avec d’autres chemins que le mien et optimiser mon approche, c’est ok au début, pour être sûr de partir dans la bonne direction. Mais maintenant, je veux marcher. Genre on y va quoi, ça a déjà commencé, chuis en retard.  »

——-

Last letter from a friend  » I thought of you today seeing the wonderful weather, and this smell of adventure when you go out, when you go for a run in nature, it offers powerful images that fill the body: the distant summit protruding from the trees, an open white sky, a meal that re-balances our ills. It reminds me of a Japanese poem which one of the lines was something like « the birds in the distance take my problems on their wings far away ». In short, these are things that you know well, you know so well how to set off on an adventure and appreciate them. What drives me now is the encounter with what is there in front of me like being the most important thing. If I spend half my life comparing myself with other paths than my own and optimizing my approach, it’s ok at first, to make sure I’m going in the right direction. But now , I want to walk. Like let’s go, it already started, I’m late. »





Le monde d’en bas / This world down there

Le monde d’en bas. Le bas qui permet le haut, lui également qui permet à l’ancre de se déposer, aux vikings de s’amarrer, se déposer, se reposer. Et projeter les prochains mondes à découvrir.

This world down there. The down allowing the up, the down allowing to anchor to hook, to hang, to the vikings to dock, to land, to rest. And to project the next worlds to discover.

De ces présences

Les marées engendrées par mes pensée ne savent pas ce qu’elles demandent s’effraient entre elles de leurs lumières de leurs colères il y a de ces présences qui apaisent de ces regards qui rassurent dans ces yeux-la calme océan gris et blanc douceur nonchalante te ramène ici et là forces tranquilles entre les errances et les vents souffle le temps un bref instant pas besoin de ponctuation ni d’après ni d’avant reste le charme d’antan son instant latent décadent ou haletant j’attends et je sens que le jeu reprend que je choisisse ou non inlassablement la vague fait fi de mes errances le monde s’enroule et se déroule sans cesse le temps

The Curse of the traveler / La malediction du voyageur

(en français plus bas)

The more places you see, the more things you see that appeal to you, but no one place has them all. In fact, with the more things you see, each place has a smaller and smaller percentage of the things you love. It drives you, even subconsciously, to keep looking, for a place not that’s perfect (we all know there’s no Shangri-La), but just for a place that’s « just right for you. » But the curse is that the odds of finding « just right » get smaller, not larger, the more you experience. So you keep looking even more, but it always gets worse the more you see. This is Part A of the Curse.

Part B is relationships. The more you travel, the more numerous and profoundly varied the relationships you will have. But the more people you meet, the more diffused your time is with any of them. Since all these people can’t travel with you, it becomes more and more difficult to cultivate long term relationships the more you travel. Yet you keep traveling, and keep meeting amazing people, so it feels fulfilling, but eventually, you miss them all, and many have all but forgotten who you are. And then you make up for it by staying put somewhere long enough to develop roots and cultivate stronger relationships, but these people will never know what you know or see what you’ve seen, and you will always feel a tinge of loneliness, and you will want to tell your stories just a little bit more than they will want to hear them. The reason this is part of the Curse is that it gets worse the more you travel, yet travel seems to be a cure for a while.

None of this is to suggest that one should ever reduce travel. It’s just a warning to young Travelers, to expect, as part of the price, a rich life tinged with a bit of sadness and loneliness, and angst that’s like the same nostalgia everyone feels for special parts of their past, except multiplied by a thousand.

Unknown author

La malédiction du voyageur

Plus vous découvrirez d’endroits, de lieux et de mondes différents, plus vous verrez de belles choses, et certaines vous plairont. Aucun endroit cependant ne les contient toutes.  En fait, plus vous découvrirez, plus vous aimerez, plus le pourcentage de ce que vous aimez diminue à chaque endroit que vous explorez. Cela vous poussera, même inconsciemment, à continuer à chercher, pour un endroit non pas parfait, car nous savons tous qu’il n’y a pas de Shangri-La, mais juste pour un endroit qui vous conviendra.  Mais la malédiction veut que les chances de trouver « juste ce qu’il faut » deviennent plus petites, pas plus grandes, au fur et a mesure que vous chercherez.  Vous continuerez à chercher encore toujours, mais le fait même de chercher contribuera à amenuiser l’essence même de ce que vous cherchez.  C’est la partie A de la malédiction.

La partie B concerne les relations.  Plus vous voyagerez, plus les relations que vous entretiendrez seront nombreuses et profondément variées.  Mais alors, sur l’échelle d’une vie, plus vous rencontrerez de personnes, plus votre temps sera diffus avec chacune d’entre elle.  Étant donné que toutes ces personnes ne peuvent pas voyager avec vous, il deviendra de plus en plus difficile de cultiver des relations à long terme à mesure que vous voyagerez.  Pourtant, vous continuerez à voyager et à rencontrer des gens incroyables, et cela vous plaira, mais finalement, ils vous manqueront tous, et beaucoup auront presque oublié qui vous êtes.  Et puis, un jour, vous compenserez cela en restant assez longtemps quelque part pour développer des racines et cultiver des relations plus fortes, mais ces personnes ne sauront jamais ce que vous savez ou ne verront jamais ce que vous avez vu, et vous ressentirez toujours une teinte de solitude, et vous chercherez à raconter vos histoires juste une fois de plus qu’ils ne voudront les entendre.  La raison pour laquelle cela fait partie de la malédiction est que la situation empire à mesure que vous voyagez, mais voyager semble être un remède pendant un certain temps.

Rien de tout cela ne signifie que l’on devrait jamais réduire les déplacements, les voyages, les explorations.  C’est juste un avertissement aux jeunes Voyageurs, de s’attendre à une vie riche de rencontres et d’expériences, riche de vécu, de vie, mais également teintée d’un peu de tristesse et de solitude, d’angoisse parfois, en quelque sorte la même nostalgie que tout le monde ressent pour des parties spéciales de leur passé, sauf multipliée par mille. Telle est la malédiction du voyageur.

Auteur inconnu, traduit librement par moi



Fugacité

(french only, sorry)

Fugacité
Une tasse de thé
Une rencontre
Un lieu un chat un homme
Impressions de déjà vu
Inconnu ou juste vécu
Un ressenti
Peut être reconnu
Car il y a de ces visages
Qu’on ne saurait graver
Il y a de ces présences
Qui apaiseraient
Le regard
Toujours le regard
Ce regard qui apaise
Parce qu’il renvoie
Un miroir
Douceur déjà connue
Transferts en transparence
Elle est là en fait
Au fond de moi
C’est pas lui
C’est moi
Grace à lui
Peu importe comment
L’arbre des possibles
Ce lieu là
J’y suis
J’attends
J’ai tout mon temps
Cet espace là ce lieu cet instant
Il est là
Ce moment
Pour toujours
Mais jamais il ne se reproduit
L’instant
Et cet endroit là et moi là
Assise en haut de l’escalier
Et dans mes mains cette tasse de thé
Eh ben peut être plus jamais
Et peut être des milliers de fois
Et ça je ne sais pas
Et j’aime ça
Tous ces possibles
Le hasard des rencontres
Si hasard il y a
Et ca c’est une autre question
Qu’on ne posera pas
Tant que la douceur est là
Le champ lexical
Les mots
Les mots sur le frigo
Les mots qui se noient
Et les mots qui revivent
Qui renvoient
Comme l’arbre
L’arbre qui revient
Et le champ lexical il permet
Les idées
Les associations
Et autres mélanges
Ne pas précipiter
Ça je sais pas faire
Un baiser volé
Ça je sais faire
Quant au reste
On verra bien
Il était pas volé
De toute façon
Ce baiser
Il s’est échappé
De la pensée
Qui voulait
Inavouée la pensée
Mais les yeux l’ont trahie
Tu penses que tu décides
Mais en fait tu décides pas vraiment
Fugacité de l’instant
Qui appelle à d’autres instants
Entêtée dit-elle
Elle ne sait pas
Mais elle aime bien
Ce qu’elle ressent
Se sentir vivant
A découvert
A découvrir
Vouloir savoir
Mais pas trop vite
Mais pas trop lent non plus
J’aime quand ça galope
Quand ça ne suit pas les règles
Car il n’y en a pas
Tant que le coeur bat
Et rappelle toi
Tu crois que tu choisis
Mais tu ne choisis pas vraiment
Libre arbitre dit-il
Foutaise répond-elle
Tout ça tout ça
Pour une tasse de thé
Laissée en haut d’un escalier.














Écorchés

Réveil morose
Sale ambiance
Dans ma tête gris
Ambivalences
Détourner le regard
Cultiver l’ignorance
S’occuper jusqu’au soir
Oublier la souffrance
Des hirondelles
Belles ou cruelles
Elles m’appellent
Remplir le vide
De passions tristes
De performances
Tout ça semble irréel
Un jeu d’autant de vies
Inexistence
De cohérence
J’ai pas envie
De prétendre
C’est ça ta vie
Tu jouis et le montre
Ta réussite
Bien être
Paix Intérieure
Bullshit
Juste une excuse de plus
Pour mieux
Faire pousser l’oubli
De ce monde
Extérieur
La jungle l’enfer
Qui hurle en silence
Pour ne pas se frapper la tête
Dans les murs humides
De nos occupations
A faire semblant de vivre
Sans préoccupations
Détourne le regard
Et cultive l’ignorance
S’occuper jusqu’au soir
Oublier la souffrance
Des hirondelles
Belles ou cruelles
Elles m’appellent
Y a pas tellement de sens
A ce semblant d’existence
Quelconque
Valorise l’inutile
L’incessant
L’inexistant
Bienveillant
Charmant
C’est pas si marrant
Ca me fait flipper vaguement
Remplir le vide de nos insistances
Sous le masque du développement
Soi-disant personnel
Nouvelle tendance
Pour cacher l’ignorance
De sa propre souffrance
Existentielle elle
Elle a du potentiel
Y a rien de personnel à ça
Sérieux les gars
Même combat
Le prôner hey ouais
Nouvelle la réussite suprême
De la simplicité qu’il dit mon cul ouais
C’est un enrobage caché si c’est pas gâché
Gardez les moutons bien parqués
Bien rangés dans leur conforts
Demandez-leur de se concentrer
De méditer
Pour oublier
Qu’ils ne sont que des masques
Que rien au final ils ne changeront
Les laisser s’embourber
Dans leur propre vacuité
Ne rien mériter d’autre
Que le chaos
Précédemment cité
Ceci n’est pas un Phoenix
Des roses et des épines
Du miel d’aubépine
Oublier la honte
D’être vivant
Alors que d’autres crèvent
Sans qu’on leur parle
De développement
Puisqu’ils n’ont pas de personne
Puisque des numéros ils sont
Des chiffres des statistiques
Allons poser des pansements
Sur une hémorragie
Mais jolis hein les pansements
De la couleur de ton âme
Tu les peins de lumière
Tu essaies
Tu te noies
Dans la peinture
Qui n’existe pas
Comme l’illusion
De soi
De eux
De toi
De moi
Inutile absence
De possibles
Enfermés en soi-même
Tels des zombies
Sans savoir où aller
Ni pourquoi ni comment
On fait semblant
Encore et toujours
Faire semblant mais
Ne rien mériter d’autre
Que le chaos
Précédemment cité
Et même l’amour
Cette merde qui te permet de t’oublier
En se déversant dans une présence
Apaisante enivrante comme un semblant d’errance
En offrant son sens à l’autre, c’est pas moi c’est lui
C’est plus mieux toléré, accepté, joué, joui
A cette absurde contrée
Et qui se fane
Encore
Car le vide
Est trop grand
La pluie ne saurait
Laver les cœurs
Noirs
Rongés de peurs
Grisés enfumés
Perdus en mer
Naufragés
Petits bateaux effrayés
Va te faire voir
La colère
Remballe
Tes théories de merde
Accepter la souffrance
Personne a dit que ça serait facile
Ben oui vieillir ça fait mal
Tu croyais quoi
Que t’allais t’assagir
Sur ta montagne d’or
Mendiant
T’es toujours aussi con
Juste un peu plus frustré
Tu chies sur les autres générations
Vous les jeunes vous avez pas de chance quand même
Ok juste tu la fermes
Et tu avances
Arrêter de chialer sur le sens
De cette comédie absente
On fait tous semblant
Occuper le temps
Qui ne passe pas
Le sens
Laisse tomber
Y en pas
Et le temps
Juste il se déroule sans fin
Jusqu’à ce que
Ben
Ce soit la fin
Voila
Y a un jour on meurt
Désolé si j’ai spoilé ton histoire
Tu peux faire semblant que non
Mais j’t’assure on s’y retrouve tous
A la fin c’est normal ca
Poussière
Oubli de tous
Car tu meurs seul
Avec ton ignorance et tes doutes
En attendant
Tu cherches ta voie
Ok voilà c’est ça
Allez maintenant dis-moi
Qu’est-ce que tu attendais
Que j’te dise où aller
Je sais même pas quoi faire de moi
J’vais pas te sortir les clichés
Que t’attendais
Parce qu’en vrai
Une solution miracle y en a pas
Faut juste continuer à ramer
Tu cherches un maître
Un idéal pourquoi ?
Parce que t’as plus de dieu
Alors tu t’attaches à un coach
A des slogans qui tiennent pas debout
Tu crois qu’on lui a appris ce qui est bon pour toi
Hey oui
Si c’était si simple
Tu veux savoir quelque chose
C’est que personne sait vraiment
Mais y en a
Ils font juste mieux semblant
Ceci n’est pas un Phoenix
Y a que les contes qui renaissent
De leurs putains de cendres
Pas les gens
Brisés
Écorchés
Eux rien ne les ramènera jamais
A leur innocence
Si y a un truc mort en toi
Ben juste laisse-le crever
C’est p’têtre ça qu’il lui fallait
Pour que tu continues à avancer
Au final
T’as pas le choix
Faut avancer
Manifester
Penser avoir un rôle à jouer
Ca te donne un semblant d’importance
Les grecs je crois le savaient
Donner des jeux et du pain au peuple
Laisser-le croire à la démocratie
C’est bien joli en théorie
Maintenez-le dans ce mouvement immobile
Pour apaiser son âme
Oublier la honte
De ceux qu’on laisse derrière
Vivre encore un peu
C’est pas sérieux ce jeu
A quel moment y a un mec
Qui s’est dit que c’était une bonne idée
Laisse tomber tes idéaux
Laisse sortir les mots
Dehors parfois il fait beau
Laisse le soleil
Réchauffer ta peau
Imprégner ton âme
Vieille et sale
C’est pas grave
Peu importe ce que pensent
Les gens trop bien pensant
Si ton âme est vieille
Et salie
Par la vie
Laissez-moi cracher
Cette haine
Que je ne saurais cacher
Trop longtemps
Avant de se gâcher
Et perdre son temps
Laissez ma peau s’écorcher
Les jeux passer laisser-moi m’accrocher
Mon coeur cicatriser sans arrêter de saigner
Voilà, Capitale de la douleur qu’il écrivait
L’autre
J’aime bien
Ca parle au coeur
Écorché
Et ça
Ca me semble vrai

Ceci n’est pas un phoenix / This is not a phoenix

Ceci n’est pas un Phoenix. Et pourtant dieu sait qu’à chaque journée à lieu sa transformation. Mourir et renaître à chaque instant. Quand je rentrerai, rien n’aura changé mais tout sera différent.

This is not a phoenix. Even if you and me knows that every single day bring such a transformation. Die and born at every momentum. When I will be back nothing will have change and everything will be different

Picture: Raraou Cafe, Exarchia, Athens. My headquarter for one week in november

 

Elle est la l’image. Mauvais rêve, mirage / The picture is there. Bad dream, mirage

(texte en français plus bas)

Humans. You, me, their, we. Same, exactly the same. Same heart, same wish, same desires. We all are humans, just deserve and ask for some hapiness during the time we are around for that life. That time, which sometime flies, and sometime never seen to pass, unending slowness. Tragic slowness and loneliness of waiting and suffering. Hopelessness. Daily indecency. Keeping faith, trying not to fall into madness. Hope for another tomorrow, hope for a less painful one, a quiet one. Why? No answer. Whatever you were born in Cameroun, Kaboul, or Switzerland, we are the same. Simple. But not. War, politics, laws, borders, rules. Rules that doesn’t make sens. Life is unfair, use to say one of my friend. I wish it would not be the case, but is it. What do to with that? either forget it and live your quiet life, or fight for something that you feel is right and good. For me, once I open the eyes on some things around, it’s to difficult to pretend not to see. It’s too difficult. I can close the eyes, for sure. But it won’t make the picture disappear. The picture, not so unreal, this mirage in the desert of hope. The picture is still here. So are the people. All those people we let outside, like dogs. To their own fate. On the shore of their solitude. Some will grow stronger; some will break. Broken humans all around. Because of war, borders, laws. So let’s keep trying, for one more day, some more weeks, with those humans. You, me, their, we. There are things to do.


Vous, moi, eux, nous. Pareil au même. Aujourd’hui ou demain, même coeur, mêmes envies. Tous. Des êtres humains. Qui aspirent à un peu de vie. Un peu de quiétude aussi. Un peu de bonheur dans le temps qui leur est imparti. Ce temps qui passe, parfois si vite, parfois d’une éternelle lenteur. Tragique lenteur de l’attente et de la souffrance. De l’impuissance. De l’indécence. Juste ça. A travers ces méandres, juste attendre. Encore. Ligne, file indienne, galériens modernes. Injustice quotidiennes. Serrer les dents et espérer ne pas sombrer dans la folie.  Tendre vers un peu de quiétude. Espoirs de renouveau. Espoirs d’un ailleurs moins douloureux. Pourquoi? pas de réponses. Que l’on soit né à Kaboul, au Cameroun ou en Suisse, quelle différence, dites-moi. Ah, oui, c’est vrai. Les guerres, les frontières, les règles, les lois. Des règles qui n’ont pas de sens. La vie n’est pas juste, disait un ami. J’aimerais tant que ce ne soit pas le cas. Mais ça l’est. Que faire à partir de ce constat. Ignorer cela, retourner à ma propre tranquilité. Je ne saurais. Une fois les yeux ouverts, on ne peut les fermer, les yeux. Certes, on peu, en vrai. Mais ça n’efface pas l’image. Elle est là l’image. Mauvais rêve, mirage. Ils sont là tous ces gens qu’on laisse dehors. Tels des chiens. A leur propre sort. Sur les rivages de leur solitude. Certains en tirent une force, se construisent; certains sombrent, se brisent. Chaque jour j’en vois, des humains brisés. Brisé dans leur humanité, leur dignité. Il y en aura qui se reconstruiront, d’autres pas. Mauvais rêve. Continuer, pour eux. Ne pas fermer les yeux.

Du café et de la poésie / coffee and poetry


Plumes déliées, anachronies et anarchies. Du café et de la poésie. Printemps pour rien; printemps pour tout. Avec tout ça, dites moi, on va où? Jsais pas bien, printempis. Les oiseaux de nos désespoirs s’oublient en pépillant. Les papillons s’en battent les ailes. Mélancolie du temps qui semble ne pas passer. Et pourtant, doux spleen de mes journées, me fait écrire, me fait rêver à un demain plus coloré. Printemps du printemps, je t’attendrai. Puisqu’on ne peut pas toujours se battre il parait.

Untied feather, anachrony and anarchy, coffee and poetry, spring of nothing, spring of everything. With all that tell me where we go. I don’t know, spring anyway. The birds of our despair forget each other; he butterflies wings flap. Melancholy of time which doesn’t seem to pass. Nevertheless, sweet spleen of my days makes me write makes me dream to a more colorful tomorrow. Spring of spring I will wait for you

Because we cannot fight all the time

Les marins / Seamen

(english below)

Le monde est une longue nuit peuplée de peurs. Nous sommes des petits navires errant à sa surface, cherchant dans le silence et fuyant celui-ci. Nous créons des sons pour masquer le vide derrière. Nous créons des sons pour y entendre des langages. Les petits navires se rencontrent parfois et sonnent. Ils s’effraient les uns les autres et souvent s’abîment. Les vies sont de petites lumières voguant vers la fin et l’oubli.

Entre ciel et terre

Entre les lignes infinies

Guillaume Chenier

Retrouvez ses poèmes dans le recueil « Astre du matin » que vous pouvez commander en ligne

Seamen

The world is a long night full of fears.
We are small ships wandering on its surface.
Seeking in silence and fleeing this one.
We create sounds to hide the void behind.
We create sounds to hear languages.
Small ships meet sometimes and ring.
They scare each other and often become damaged. Lives are small lights sailing towards the end and forgetting about it.


Between heaven and earth.
Between the infinite lines.

Guillaume Chenier

More poems and text in his book « Morning Star » that you can find and order on the internet.

Reculer pour avancer / A step backward for step forward

( texte en francais plus bas)

Illustration from Omario2d: https://www.facebook.com/OmarioTwoD/

To escape from reality, just on moment, enjoying the present time, forget, pretend. A step backwards for step forward. Getting some momentum, let’s say. To slow down to look for, to search. And then you just don’t get it. Because, maybe there is nothing to find out. Insolence of the one who is searching, thinking he already knows. Unendless dance of everyday, hollow wave and other hope.  Here and there. It goes away. Ever and ever, it goes away. As certain as the setting sun. After the night, daylight. Always. Ancient celestial body. Until the day where. No obvious sens, charming, heady everyday looking for and not finding. As a child game. Just let the time passes. He knows, him, I think.


S’échapper de la réalité, l’espace d’un instant, profiter du moment, oublier, faire semblant. Reculer pour avancer. Prendre de l’élan, en vrai. Ralentir pour regarder, chercher. Ne pas trouver. Insolence de celui qui cherche, il cherche et il croit savoir. Eternelle danse du quotidien, creux des vagues et autres espoirs. Mirages. Lumières du matin. Renouveau. Il vient de où l’espoir. Ici et là bas. Il s’en va. Toujours il s’en va. Aussi sûr que le soleil se couche. Après la nuit, le jour. Toujours. Astre ancient. Jusqu’au jour où. Pas de sens apparent, charmant, enivrant quotidien à chercher et ne pas trouver. Jeux d’enfants. Laisser le temps. Il sait, lui, je crois.

20.02.2020

Samos street art

En grec, sur les murs de Samos « Inutile de parler de passion aux gens sans profondeur »

Samos walls: « Useless to talk about passion to people with no deepness »

Littéralement: « Avec des oiseaux voyageurs n’attrape pas l’amour » libre cours aux interprétations

Litteraly: « With traveller birds love is not catch » up to you to interprete it and give your own meaning to that saying

Un jour, voilà / one day, that’s it

(english below)

Voilà peut être un des sens de ce voyage, se réapproprier les distances, les rôles, les forces et les peurs, déconstruire, creuser, arracher, pour mieux comprendre, et un jour, voilà, j’ai perdu la fin de ma phrase, c’est comme ça. Un jour voilà. Je trouverai bien une fin et un sens à tout ça.

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One day, that’s it

Here is maye one of the meaning of this journey, to reapropriate the distances, the roles, strengths and fears,  to unbuilt, to dig, to extract, for a better understanding and, one day, that’s it, I lost the end of my sentence, that’s it. One day, that’s it. I will find a sens and an end to that story.

 

Toute utopie / all utopia

(english below)

La belle Athena a pris soin de moi. Disons plutôt sa petite sœur Exarchia. Petite sœur insolente, courageuse, vaillante; quand la nuit tombe parfois elle gronde. Vertes et colorées ses rues, joyeux et animés ses bars ses cafés. Et tant de livres, de librairies. Revendications à la liberté, à une auto-gestion, à une éducation. Espoirs d’une vie meilleure, qui croit en l’humain, en son bon sens. Exarchia rit, pleure, chante, abonde. Pas besoin de boussole pour la trouver. Pôle magnétique elle t’appelle. Sirène sur son rocher. Là où les navires s’échouent et d’où les marins ne reviennent jamais. Exarchia vit. Son coeur pulse. Jusqu’au jour où, comme toute utopie, elle sera nettoyée, vidée de sa substance. Mais pour l’instant il y a encore un peu de résistance.

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All utopias

The beautiful Athena did took care of I. Let’s say her little sister Exarchia. Insolent little one, brave, worthy, when the nights does arrive, sometimes she even roar. Green and colorful are its streets, happy and full of life its bars and coffee. And so many books, so many libraries. Claim to liberty, to self-management, to education. Hope for a better life, believing in human, in its common sense. Exarchia do laugh, cries, its heart is beating. Until the day when, like every utopia, it will be cleaned, empited of its substance. But until now, there is still some resistance.

Petite louve / Little she-wolf

(English below)

Dormir à même le sol, Capucine à mes côtés. Apaisants grillons. Du noir et blanc flottant doucement chantonnant. Ici-bas la visite du mille-pattes. Là-haut mythologiques étoiles apparaissent et disparaissent, inlassablement dans leur danse avec les nuages, elles jouent.

Pleine lune dans le ciel. Ça faisait longtemps, amie de mes illusions, alliée de mes aventures. Tu marques le temps, annonces les ères, de tes tranquilles révolutions. La dernière fois que je t’ai vue, je roulais de nuit, sur une montagne au-dessus d’un lac. La fois d’avant, je ne te regardais même pas. Un lac encore et des montagnes aussi.

D’autres montagnes et un autre lac. La maison, à vrai dire. Je ne te regardais même pas, jolie lune ce jour-là. Et pourtant, pourtant une petite louve prenait vie, petite louve rencontrée avant mon départ. Posée endormie sur moi par sa mère confiante. Tendre sieste après une nuit de peu de sommeil. Petite louve, mes pensées te rejoignent. Tu verras elle est belle la vie.

A des milliers de pas de chez toi je dors sous cette même lune. Elle n’a pas bougé la belle, malgré les aventures. Ou si peu. Elle te murmure la lune qu’il y a des choses qui ne changent pas. Et il y a des milles-pattes qui font mille pas à la fois. C’est fort pratique il faut le dire, toutes ces pattes.

Cette nuit pas de hyènes, ça grillonne, c’est bon c’est doux. Large colline délaissée des troupeaux, apaisant bivouac d’automne comme on les aime. Histoire de bien se réconcilier avec le voyage. La solitude est belle et douce, parfois.On y revient, le miel. Bonne nuit petite louve, et merci pour le repère temporel. 

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Little she-wolf

Sleeping directly on the ground, Capucine close to me. Soothing cricket. Black and withe gently floating, singing. Here down, the centipede with its 1000 small little feet. Up there, mythological stars appears and disappears, endlessly in their danse with the clouds, playing.

Full moon in the sky. It has been a long time, friend of my illusions, ally of my adventures. You mark the time, announce the eras, of your quiet revolution. Last time I saw you, I was cycling in the night, on a pass on a mountain, above a lake. The time before, I didn’t even look at you. A lake and mountains as well.

Other mountains and another lake it was. Home, to be clear. I didn’t even look at you that day, lovely moon. However, a tiny she-wolf was coming alive, little she-wolf I met just before I left. Quietly sleeping, his confident mother placed her on my chest. Tender nap after a night of not enough sleep. Little she-wolf, my thaught goes to you. You will see, life is good. 

Thousands of feet from your home I sleep under the same moon. She didn’t move, the beautiful, despite of the adventures. Or few. She is whispering, the moon, whispering that some things never change. Some centipedes walk thousand of step at the same time. So convenient, all those feets.

This night, no hyenas, just crickets singing, it’s sweet, it’s good. Wide hill that the herds let, soothing autumn bivouac like we do like it. Juste to be in good terms with the travel. Solitude can be soft and beautiful sometimes. We are back on honey. Good night little she-wolf, and thank you for the temporal marker 

Contente-toi de flotter avec le monde / Floating with the world

flow

(english below)

« Cesse de ne penser qu’à toi, veux-tu, contente-toi de flotter avec le monde ». Cette phrase de Kerouak habille les errances de mon mental.

Car le mental, quand il n’a rien à se mettre sous la dent, aime tant à s’inventer des os à ronger. Il est ainsi, le mental. Merveilleux outil ou merveilleux chiant errant. Qui aboie au premier vélo qui passe. Il aboie et il court après et il ne sait même pas pourquoi. Il ne sait même pas pourquoi.

Voyager seule c’est de long monologues avec soi-même, tantôt brillants, tantôt fort ennuyants. Plus souvent le second je dirais, et pas par devoir de modestie. Le tour du sujet est assez vite fait, si passionnant soit-il. On s’y embourbe dans le sujet, comme Capucine dans la gadoue.

Dialogue avec un motard rencontré dans les montagnes grecques « Tu voyages seule, à vélo, depuis la Croatie?! Dans ces montagnes pleines d’ours et de chiens? Tu n’as pas peur?! », « Si, très souvent » , « Et tu ne te sens pas seule? » « Oui, aussi », que je lui réponds avec un grand sourire. « Woao, juste woao, je sais pas comment dire mieux en anglais, bravo. Que le ciel te protège. » 

Il y a aussi les neurones miroirs, sur les routes. Braves neurones miroirs qui activent notre mimétisme, si je me rappelle bien mes cours de neurosciences. J’ai pris l’habitude en croisant des gens, de proche ou de loin, de sourire et saluer de la main, par réflexe, presque systématiquement, on répond à mon geste, parfois à mon sourire. Ça rend les chauffeurs de camion et les grands-mères soudain plus sympathiques.

Kerouak, encore: « Qu’allons-nous faire de notre vie? Oh, dit-il, j’sais pas; simplement l’observer, je crois. »

Prendre exemple sur le chat, maître zen. Il s’en fout, le chat. Il est là.

Ça se fait avec le temps, c’est un truc sur lequel on n’a pas d’emprise.

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Floating with the world

« Stop to think only about you, will you? Satisfy you from floating with the world. » This sentences from Kerouak sometimes dress the wandering of my mental. 

Because the mental, when he does have nothing better to do, really loves to invent struggle. Our brain is made for that, working on problems, try to solve them. Wonderful tool or wonderful stray dog. Barking at every bicycle he sees. Barking and running after and he don’t even know why. He don’t even know why.

Traveling alone means long monologues with myself, sometimes brilliant, sometimes very boring. Most of the time very boring should I say, and not only from duty of modesty.  You pretty fast go around all the subjects once, then again, and one more time, and well, we already talked about that, no? You will bog down in the subject as Capucine did in the mood last day.

Dialogue with a biker, I mean, motorcyclist, I met in the greek mountains « You travel alone, with your bicycle, from Croatia? In those mountains full of bears and shepherd dogs? Aren’t you afraid? »  « Yes I do. » « And don’t you feel lonely?  » « Yes, often, too. » did I answer to him with a big smile, and feeling pretty happy, in all my complexity. « Woao, just woao, I don’t know how to say in English but, bravo. May the sky protect you. »

I did think about the mirror neurons as well, traveling, those neurons activating the imitation of behavior of people we see, if I do remember well my neuroscience lessons. I took the habits, when I do cross the road of someone, to smile to that person and greet with a wave. Thanks to the little mirror neurons, most of the time, once do answer to my move, and sometime to the smile. It make the truck drivers and grandmothers more friendly. 

Kerouak, again: « What are we going to do with our lives? Oh, did he says, I don’t know; simply observe it, I think.’

Taking exemple on the cat, zen master. He doesn’t care, the cat. He is here.

It will be made as the time passes, it’s something on what we don’t have a influence on.