» Ma nourriture c’est ta nourriture, juste tu te sers. Mais pour les coinceurs faut demander, hein »
Les grimpeurs sont des êtres particuliers. Leurs valeurs ne sont pas les même que dans le monde habituel. La notion du temps diffère. Les priorités aussi. Le sens même de l’existence.
Ne pas se prendre trop au sérieux. Ne pas oublier les cacahouetes. Un petit chien dans le sac, l’élégance crocs chaussettes, oufti oui hein.
Passions ou obsessions, est ce la même chose ? A quoi ça sert tout ça ? Pourquoi pourquoi pourquoi. Et pourquoi pas. Moi j’aime ça, c’est tout. Et j’aime les gens que j’y trouve. C’est tout. Pas besoin d’explications, pas besoin toujours de raison.
Lettre d’un ami » moi aussi j’ai pensé à toi aujourd’hui en voyant le temps merveilleux qu’il faisait, et cette odeur de l’aventure quand on sort, et en partant courir la nature elle offre des images puissantes qui remplissent le corps: le sommet lointain qui dépasse des arbres, un ciel blanc ouvert, un repas qui ré-équilibre nos maux. Ca me rappelle un poème japonais où une des lignes c’était un truc genre « les oiseaux au loin emportent mes problèmes sur leurs ailes ». Bref, ça c’est des choses que tu connais bien, tu sais tellement bien partir à l’aventure et les apprécier. Ce qui m’anime maintenant c’est la rencontre avec ce qui est là devant moi comme étant la chose la plus importante. Si je passe la moitié de ma vie à me comparer avec d’autres chemins que le mien et optimiser mon approche, c’est ok au début, pour être sûr de partir dans la bonne direction. Mais maintenant, je veux marcher. Genre on y va quoi, ça a déjà commencé, chuis en retard. »
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Last letter from a friend » I thought of you today seeing the wonderful weather, and this smell of adventure when you go out, when you go for a run in nature, it offers powerful images that fill the body: the distant summit protruding from the trees, an open white sky, a meal that re-balances our ills. It reminds me of a Japanese poem which one of the lines was something like « the birds in the distance take my problems on their wings far away ». In short, these are things that you know well, you know so well how to set off on an adventure and appreciate them. What drives me now is the encounter with what is there in front of me like being the most important thing. If I spend half my life comparing myself with other paths than my own and optimizing my approach, it’s ok at first, to make sure I’m going in the right direction. But now , I want to walk. Like let’s go, it already started, I’m late. »
L’éléphant S’emmêle les pattes Longue les pattes Douce la marche Du géant Tranquille Il ne s’effraie pas Du monde d’en bas Il avance tranquillement Peu importe le vacarme et la hâte Il ne fait pas De cas De tout ça Il trouve sa route La route le trouve Peu importe où tu vas Elle te trouvera La belle Longue et tranquille Elle est là Crois-moi
Le monde d’en bas. Le bas qui permet le haut, lui également qui permet à l’ancre de se déposer, aux vikings de s’amarrer, se déposer, se reposer. Et projeter les prochains mondes à découvrir.
This world down there. The down allowing the up, the down allowing to anchor to hook, to hang, to the vikings to dock, to land, to rest. And to project the next worlds to discover.
Les marées engendrées par mes pensée ne savent pas ce qu’elles demandent s’effraient entre elles de leurs lumières de leurs colères il y a de ces présences qui apaisent de ces regards qui rassurent dans ces yeux-la calme océan gris et blanc douceur nonchalante te ramène ici et là forces tranquilles entre les errances et les vents souffle le temps un bref instant pas besoin de ponctuation ni d’après ni d’avant reste le charme d’antan son instant latent décadent ou haletant j’attends et je sens que le jeu reprend que je choisisse ou non inlassablement la vague fait fi de mes errances le monde s’enroule et se déroule sans cesse le temps
The more places you see, the more things you see that appeal to you, but no one place has them all. In fact, with the more things you see, each place has a smaller and smaller percentage of the things you love. It drives you, even subconsciously, to keep looking, for a place not that’s perfect (we all know there’s no Shangri-La), but just for a place that’s « just right for you. » But the curse is that the odds of finding « just right » get smaller, not larger, the more you experience. So you keep looking even more, but it always gets worse the more you see. This is Part A of the Curse.
Part B is relationships. The more you travel, the more numerous and profoundly varied the relationships you will have. But the more people you meet, the more diffused your time is with any of them. Since all these people can’t travel with you, it becomes more and more difficult to cultivate long term relationships the more you travel. Yet you keep traveling, and keep meeting amazing people, so it feels fulfilling, but eventually, you miss them all, and many have all but forgotten who you are. And then you make up for it by staying put somewhere long enough to develop roots and cultivate stronger relationships, but these people will never know what you know or see what you’ve seen, and you will always feel a tinge of loneliness, and you will want to tell your stories just a little bit more than they will want to hear them. The reason this is part of the Curse is that it gets worse the more you travel, yet travel seems to be a cure for a while.
None of this is to suggest that one should ever reduce travel. It’s just a warning to young Travelers, to expect, as part of the price, a rich life tinged with a bit of sadness and loneliness, and angst that’s like the same nostalgia everyone feels for special parts of their past, except multiplied by a thousand.
Unknown author
La malédiction du voyageur
Plus vous découvrirez d’endroits, de lieux et de mondes différents, plus vous verrez de belles choses, et certaines vous plairont. Aucun endroit cependant ne les contient toutes. En fait, plus vous découvrirez, plus vous aimerez, plus le pourcentage de ce que vous aimez diminue à chaque endroit que vous explorez. Cela vous poussera, même inconsciemment, à continuer à chercher, pour un endroit non pas parfait, car nous savons tous qu’il n’y a pas de Shangri-La, mais juste pour un endroit qui vous conviendra. Mais la malédiction veut que les chances de trouver « juste ce qu’il faut » deviennent plus petites, pas plus grandes, au fur et a mesure que vous chercherez. Vous continuerez à chercher encore toujours, mais le fait même de chercher contribuera à amenuiser l’essence même de ce que vous cherchez. C’est la partie A de la malédiction.
La partie B concerne les relations. Plus vous voyagerez, plus les relations que vous entretiendrez seront nombreuses et profondément variées. Mais alors, sur l’échelle d’une vie, plus vous rencontrerez de personnes, plus votre temps sera diffus avec chacune d’entre elle. Étant donné que toutes ces personnes ne peuvent pas voyager avec vous, il deviendra de plus en plus difficile de cultiver des relations à long terme à mesure que vous voyagerez. Pourtant, vous continuerez à voyager et à rencontrer des gens incroyables, et cela vous plaira, mais finalement, ils vous manqueront tous, et beaucoup auront presque oublié qui vous êtes. Et puis, un jour, vous compenserez cela en restant assez longtemps quelque part pour développer des racines et cultiver des relations plus fortes, mais ces personnes ne sauront jamais ce que vous savez ou ne verront jamais ce que vous avez vu, et vous ressentirez toujours une teinte de solitude, et vous chercherez à raconter vos histoires juste une fois de plus qu’ils ne voudront les entendre. La raison pour laquelle cela fait partie de la malédiction est que la situation empire à mesure que vous voyagez, mais voyager semble être un remède pendant un certain temps.
Rien de tout cela ne signifie que l’on devrait jamais réduire les déplacements, les voyages, les explorations. C’est juste un avertissement aux jeunes Voyageurs, de s’attendre à une vie riche de rencontres et d’expériences, riche de vécu, de vie, mais également teintée d’un peu de tristesse et de solitude, d’angoisse parfois, en quelque sorte la même nostalgie que tout le monde ressent pour des parties spéciales de leur passé, sauf multipliée par mille. Telle est la malédiction du voyageur.
Fugacité Une tasse de thé Une rencontre Un lieu un chat un homme Impressions de déjà vu Inconnu ou juste vécu Un ressenti Peut être reconnu Car il y a de ces visages Qu’on ne saurait graver Il y a de ces présences Qui apaiseraient Le regard Toujours le regard Ce regard qui apaise Parce qu’il renvoie Un miroir Douceur déjà connue Transferts en transparence Elle est là en fait Au fond de moi C’est pas lui C’est moi Grace à lui Peu importe comment L’arbre des possibles Ce lieu là J’y suis J’attends J’ai tout mon temps Cet espace là ce lieu cet instant Il est là Ce moment Pour toujours Mais jamais il ne se reproduit L’instant Et cet endroit là et moi là Assise en haut de l’escalier Et dans mes mains cette tasse de thé Eh ben peut être plus jamais Et peut être des milliers de fois Et ça je ne sais pas Et j’aime ça Tous ces possibles Le hasard des rencontres Si hasard il y a Et ca c’est une autre question Qu’on ne posera pas Tant que la douceur est là Le champ lexical Les mots Les mots sur le frigo Les mots qui se noient Et les mots qui revivent Qui renvoient Comme l’arbre L’arbre qui revient Et le champ lexical il permet Les idées Les associations Et autres mélanges Ne pas précipiter Ça je sais pas faire Un baiser volé Ça je sais faire Quant au reste On verra bien Il était pas volé De toute façon Ce baiser Il s’est échappé De la pensée Qui voulait Inavouée la pensée Mais les yeux l’ont trahie Tu penses que tu décides Mais en fait tu décides pas vraiment Fugacité de l’instant Qui appelle à d’autres instants Entêtée dit-elle Elle ne sait pas Mais elle aime bien Ce qu’elle ressent Se sentir vivant A découvert A découvrir Vouloir savoir Mais pas trop vite Mais pas trop lent non plus J’aime quand ça galope Quand ça ne suit pas les règles Car il n’y en a pas Tant que le coeur bat Et rappelle toi Tu crois que tu choisis Mais tu ne choisis pas vraiment Libre arbitre dit-il Foutaise répond-elle Tout ça tout ça Pour une tasse de thé Laissée en haut d’un escalier.
Pour ne pas oublier De se reposer Le soleil sous mes pieds Brûle mes ailes effarouchées Elles ont oublié de sécher Après la dernière pluie Ouverte aux vents Tel le cormoran
Réveil morose Sale ambiance Dans ma tête gris Ambivalences Détourner le regard Cultiver l’ignorance S’occuper jusqu’au soir Oublier la souffrance Des hirondelles Belles ou cruelles Elles m’appellent Remplir le vide De passions tristes De performances Tout ça semble irréel Un jeu d’autant de vies Inexistence De cohérence J’ai pas envie De prétendre C’est ça ta vie Tu jouis et le montre Ta réussite Bien être Paix Intérieure Bullshit Juste une excuse de plus Pour mieux Faire pousser l’oubli De ce monde Extérieur La jungle l’enfer Qui hurle en silence Pour ne pas se frapper la tête Dans les murs humides De nos occupations A faire semblant de vivre Sans préoccupations Détourne le regard Et cultive l’ignorance S’occuper jusqu’au soir Oublier la souffrance Des hirondelles Belles ou cruelles Elles m’appellent Y a pas tellement de sens A ce semblant d’existence Quelconque Valorise l’inutile L’incessant L’inexistant Bienveillant Charmant C’est pas si marrant Ca me fait flipper vaguement Remplir le vide de nos insistances Sous le masque du développement Soi-disant personnel Nouvelle tendance Pour cacher l’ignorance De sa propre souffrance Existentielle elle Elle a du potentiel Y a rien de personnel à ça Sérieux les gars Même combat Le prôner hey ouais Nouvelle la réussite suprême De la simplicité qu’il dit mon cul ouais C’est un enrobage caché si c’est pas gâché Gardez les moutons bien parqués Bien rangés dans leur conforts Demandez-leur de se concentrer De méditer Pour oublier Qu’ils ne sont que des masques Que rien au final ils ne changeront Les laisser s’embourber Dans leur propre vacuité Ne rien mériter d’autre Que le chaos Précédemment cité Ceci n’est pas un Phoenix Des roses et des épines Du miel d’aubépine Oublier la honte D’être vivant Alors que d’autres crèvent Sans qu’on leur parle De développement Puisqu’ils n’ont pas de personne Puisque des numéros ils sont Des chiffres des statistiques Allons poser des pansements Sur une hémorragie Mais jolis hein les pansements De la couleur de ton âme Tu les peins de lumière Tu essaies Tu te noies Dans la peinture Qui n’existe pas Comme l’illusion De soi De eux De toi De moi Inutile absence De possibles Enfermés en soi-même Tels des zombies Sans savoir où aller Ni pourquoi ni comment On fait semblant Encore et toujours Faire semblant mais Ne rien mériter d’autre Que le chaos Précédemment cité Et même l’amour Cette merde qui te permet de t’oublier En se déversant dans une présence Apaisante enivrante comme un semblant d’errance En offrant son sens à l’autre, c’est pas moi c’est lui C’est plus mieux toléré, accepté, joué, joui A cette absurde contrée Et qui se fane Encore Car le vide Est trop grand La pluie ne saurait Laver les cœurs Noirs Rongés de peurs Grisés enfumés Perdus en mer Naufragés Petits bateaux effrayés Va te faire voir La colère Remballe Tes théories de merde Accepter la souffrance Personne a dit que ça serait facile Ben oui vieillir ça fait mal Tu croyais quoi Que t’allais t’assagir Sur ta montagne d’or Mendiant T’es toujours aussi con Juste un peu plus frustré Tu chies sur les autres générations Vous les jeunes vous avez pas de chance quand même Ok juste tu la fermes Et tu avances Arrêter de chialer sur le sens De cette comédie absente On fait tous semblant Occuper le temps Qui ne passe pas Le sens Laisse tomber Y en pas Et le temps Juste il se déroule sans fin Jusqu’à ce que Ben Ce soit la fin Voila Y a un jour on meurt Désolé si j’ai spoilé ton histoire Tu peux faire semblant que non Mais j’t’assure on s’y retrouve tous A la fin c’est normal ca Poussière Oubli de tous Car tu meurs seul Avec ton ignorance et tes doutes En attendant Tu cherches ta voie Ok voilà c’est ça Allez maintenant dis-moi Qu’est-ce que tu attendais Que j’te dise où aller Je sais même pas quoi faire de moi J’vais pas te sortir les clichés Que t’attendais Parce qu’en vrai Une solution miracle y en a pas Faut juste continuer à ramer Tu cherches un maître Un idéal pourquoi ? Parce que t’as plus de dieu Alors tu t’attaches à un coach A des slogans qui tiennent pas debout Tu crois qu’on lui a appris ce qui est bon pour toi Hey oui Si c’était si simple Tu veux savoir quelque chose C’est que personne sait vraiment Mais y en a Ils font juste mieux semblant Ceci n’est pas un Phoenix Y a que les contes qui renaissent De leurs putains de cendres Pas les gens Brisés Écorchés Eux rien ne les ramènera jamais A leur innocence Si y a un truc mort en toi Ben juste laisse-le crever C’est p’têtre ça qu’il lui fallait Pour que tu continues à avancer Au final T’as pas le choix Faut avancer Manifester Penser avoir un rôle à jouer Ca te donne un semblant d’importance Les grecs je crois le savaient Donner des jeux et du pain au peuple Laisser-le croire à la démocratie C’est bien joli en théorie Maintenez-le dans ce mouvement immobile Pour apaiser son âme Oublier la honte De ceux qu’on laisse derrière Vivre encore un peu C’est pas sérieux ce jeu A quel moment y a un mec Qui s’est dit que c’était une bonne idée Laisse tomber tes idéaux Laisse sortir les mots Dehors parfois il fait beau Laisse le soleil Réchauffer ta peau Imprégner ton âme Vieille et sale C’est pas grave Peu importe ce que pensent Les gens trop bien pensant Si ton âme est vieille Et salie Par la vie Laissez-moi cracher Cette haine Que je ne saurais cacher Trop longtemps Avant de se gâcher Et perdre son temps Laissez ma peau s’écorcher Les jeux passer laisser-moi m’accrocher Mon coeur cicatriser sans arrêter de saigner Voilà, Capitale de la douleur qu’il écrivait L’autre J’aime bien Ca parle au coeur Écorché Et ça Ca me semble vrai
Ceci n’est pas un Phoenix. Et pourtant dieu sait qu’à chaque journée à lieu sa transformation. Mourir et renaître à chaque instant. Quand je rentrerai, rien n’aura changé mais tout sera différent.
This is not a phoenix. Even if you and me knows that every single day bring such a transformation. Die and born at every momentum. When I will be back nothing will have change and everything will be different
Picture: Raraou Cafe, Exarchia, Athens. My headquarter for one week in november
Humans. You, me, their, we. Same, exactly the same. Same heart, same wish, same desires. We all are humans, just deserve and ask for some hapiness during the time we are around for that life. That time, which sometime flies, and sometime never seen to pass, unending slowness. Tragic slowness and loneliness of waiting and suffering. Hopelessness. Daily indecency. Keeping faith, trying not to fall into madness. Hope for another tomorrow, hope for a less painful one, a quiet one. Why? No answer. Whatever you were born in Cameroun, Kaboul, or Switzerland, we are the same. Simple. But not. War, politics, laws, borders, rules. Rules that doesn’t make sens. Life is unfair, use to say one of my friend. I wish it would not be the case, but is it. What do to with that? either forget it and live your quiet life, or fight for something that you feel is right and good. For me, once I open the eyes on some things around, it’s to difficult to pretend not to see. It’s too difficult. I can close the eyes, for sure. But it won’t make the picture disappear. The picture, not so unreal, this mirage in the desert of hope. The picture is still here. So are the people. All those people we let outside, like dogs. To their own fate. On the shore of their solitude. Some will grow stronger; some will break. Broken humans all around. Because of war, borders, laws. So let’s keep trying, for one more day, some more weeks, with those humans. You, me, their, we. There are things to do.
Vous, moi, eux, nous. Pareil au même. Aujourd’hui ou demain, même coeur, mêmes envies. Tous. Des êtres humains. Qui aspirent à un peu de vie. Un peu de quiétude aussi. Un peu de bonheur dans le temps qui leur est imparti. Ce temps qui passe, parfois si vite, parfois d’une éternelle lenteur. Tragique lenteur de l’attente et de la souffrance. De l’impuissance. De l’indécence. Juste ça. A travers ces méandres, juste attendre. Encore. Ligne, file indienne, galériens modernes. Injustice quotidiennes. Serrer les dents et espérer ne pas sombrer dans la folie. Tendre vers un peu de quiétude. Espoirs de renouveau. Espoirs d’un ailleurs moins douloureux. Pourquoi? pas de réponses. Que l’on soit né à Kaboul, au Cameroun ou en Suisse, quelle différence, dites-moi. Ah, oui, c’est vrai. Les guerres, les frontières, les règles, les lois. Des règles qui n’ont pas de sens. La vie n’est pas juste, disait un ami. J’aimerais tant que ce ne soit pas le cas. Mais ça l’est. Que faire à partir de ce constat. Ignorer cela, retourner à ma propre tranquilité. Je ne saurais. Une fois les yeux ouverts, on ne peut les fermer, les yeux. Certes, on peu, en vrai. Mais ça n’efface pas l’image. Elle est là l’image. Mauvais rêve, mirage. Ils sont là tous ces gens qu’on laisse dehors. Tels des chiens. A leur propre sort. Sur les rivages de leur solitude. Certains en tirent une force, se construisent; certains sombrent, se brisent. Chaque jour j’en vois, des humains brisés. Brisé dans leur humanité, leur dignité. Il y en aura qui se reconstruiront, d’autres pas. Mauvais rêve. Continuer, pour eux. Ne pas fermer les yeux.
Plumes déliées, anachronies et anarchies. Du café et de la poésie. Printemps pour rien; printemps pour tout. Avec tout ça, dites moi, on va où? Jsais pas bien, printempis. Les oiseaux de nos désespoirs s’oublient en pépillant. Les papillons s’en battent les ailes. Mélancolie du temps qui semble ne pas passer. Et pourtant, doux spleen de mes journées, me fait écrire, me fait rêver à un demain plus coloré. Printemps du printemps, je t’attendrai. Puisqu’on ne peut pas toujours se battre il parait.
Untied feather, anachrony and anarchy, coffee and poetry, spring of nothing, spring of everything. With all that tell me where we go. I don’t know, spring anyway. The birds of our despair forget each other; he butterflies wings flap. Melancholy of time which doesn’t seem to pass. Nevertheless, sweet spleen of my days makes me write makes me dream to a more colorful tomorrow. Spring of spring I will wait for you
Le monde est une longue nuit peuplée de peurs. Nous sommes des petits navires errant à sa surface, cherchant dans le silence et fuyant celui-ci. Nous créons des sons pour masquer le vide derrière. Nous créons des sons pour y entendre des langages. Les petits navires se rencontrent parfois et sonnent. Ils s’effraient les uns les autres et souvent s’abîment. Les vies sont de petites lumières voguant vers la fin et l’oubli.
Entre ciel et terre
Entre les lignes infinies
Guillaume Chenier
Retrouvez ses poèmes dans le recueil « Astre du matin » que vous pouvez commander en ligne
Seamen
The world is a long night full of fears. We are small ships wandering on its surface. Seeking in silence and fleeing this one. We create sounds to hide the void behind. We create sounds to hear languages. Small ships meet sometimes and ring. They scare each other and often become damaged. Lives are small lights sailing towards the end and forgetting about it.
Between heaven and earth. Between the infinite lines.
Guillaume Chenier
More poems and text in his book « Morning Star » that you can find and order on the internet.
To escape from reality, just on moment, enjoying the present time, forget, pretend. A step backwards for step forward. Getting some momentum, let’s say. To slow down to look for, to search. And then you just don’t get it. Because, maybe there is nothing to find out. Insolence of the one who is searching, thinking he already knows. Unendless dance of everyday, hollow wave and other hope. Here and there. It goes away. Ever and ever, it goes away. As certain as the setting sun. After the night, daylight. Always. Ancient celestial body. Until the day where. No obvious sens, charming, heady everyday looking for and not finding. As a child game. Just let the time passes. He knows, him, I think.
S’échapper de la réalité, l’espace d’un instant, profiter du moment, oublier, faire semblant. Reculer pour avancer. Prendre de l’élan, en vrai. Ralentir pour regarder, chercher. Ne pas trouver. Insolence de celui qui cherche, il cherche et il croit savoir. Eternelle danse du quotidien, creux des vagues et autres espoirs. Mirages. Lumières du matin. Renouveau. Il vient de où l’espoir. Ici et là bas. Il s’en va. Toujours il s’en va. Aussi sûr que le soleil se couche. Après la nuit, le jour. Toujours. Astre ancient. Jusqu’au jour où. Pas de sens apparent, charmant, enivrant quotidien à chercher et ne pas trouver. Jeux d’enfants. Laisser le temps. Il sait, lui, je crois.
Voilà peut être un des sens de ce voyage, se réapproprier les distances, les rôles, les forces et les peurs, déconstruire, creuser, arracher, pour mieux comprendre, et un jour, voilà, j’ai perdu la fin de ma phrase, c’est comme ça. Un jour voilà. Je trouverai bien une fin et un sens à tout ça.
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One day, that’s it
Here is maye one of the meaning of this journey, to reapropriate the distances, the roles, strengths and fears, to unbuilt, to dig, to extract, for a better understanding and, one day, that’s it, I lost the end of my sentence, that’s it. One day, that’s it. I will find a sens and an end to that story.
La belle Athena a pris soin de moi. Disons plutôt sa petite sœur Exarchia. Petite sœur insolente, courageuse, vaillante; quand la nuit tombe parfois elle gronde. Vertes et colorées ses rues, joyeux et animés ses bars ses cafés. Et tant de livres, de librairies. Revendications à la liberté, à une auto-gestion, à une éducation. Espoirs d’une vie meilleure, qui croit en l’humain, en son bon sens. Exarchia rit, pleure, chante, abonde. Pas besoin de boussole pour la trouver. Pôle magnétique elle t’appelle. Sirène sur son rocher. Là où les navires s’échouent et d’où les marins ne reviennent jamais. Exarchia vit. Son coeur pulse. Jusqu’au jour où, comme toute utopie, elle sera nettoyée, vidée de sa substance. Mais pour l’instant il y a encore un peu de résistance.
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All utopias
The beautiful Athena did took care of I. Let’s say her little sister Exarchia. Insolent little one, brave, worthy, when the nights does arrive, sometimes she even roar. Green and colorful are its streets, happy and full of life its bars and coffee. And so many books, so many libraries. Claim to liberty, to self-management, to education. Hope for a better life, believing in human, in its common sense. Exarchia do laugh, cries, its heart is beating. Until the day when, like every utopia, it will be cleaned, empited of its substance. But until now, there is still some resistance.
Dormir à même le sol, Capucine à mes côtés. Apaisants grillons. Du noir et blanc flottant doucement chantonnant. Ici-bas la visite du mille-pattes. Là-haut mythologiques étoiles apparaissent et disparaissent, inlassablement dans leur danse avec les nuages, elles jouent.
Pleine lune dans le ciel. Ça faisait longtemps, amie de mes illusions, alliée de mes aventures. Tu marques le temps, annonces les ères, de tes tranquilles révolutions. La dernière fois que je t’ai vue, je roulais de nuit, sur une montagne au-dessus d’un lac. La fois d’avant, je ne te regardais même pas. Un lac encore et des montagnes aussi.
D’autres montagnes et un autre lac. La maison, à vrai dire. Je ne te regardais même pas, jolie lune ce jour-là. Et pourtant, pourtant une petite louve prenait vie, petite louve rencontrée avant mon départ. Posée endormie sur moi par sa mère confiante. Tendre sieste après une nuit de peu de sommeil. Petite louve, mes pensées te rejoignent. Tu verras elle est belle la vie.
A des milliers de pas de chez toi je dors sous cette même lune. Elle n’a pas bougé la belle, malgré les aventures. Ou si peu. Elle te murmure la lune qu’il y a des choses qui ne changent pas. Et il y a des milles-pattes qui font mille pas à la fois. C’est fort pratique il faut le dire, toutes ces pattes.
Cette nuit pas de hyènes, ça grillonne, c’est bon c’est doux. Large colline délaissée des troupeaux, apaisant bivouac d’automne comme on les aime. Histoire de bien se réconcilier avec le voyage. La solitude est belle et douce, parfois.On y revient, le miel. Bonne nuit petite louve, et merci pour le repère temporel.
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Little she-wolf
Sleeping directly on the ground, Capucine close to me. Soothing cricket. Black and withe gently floating, singing. Here down, the centipede with its 1000 small little feet. Up there, mythological stars appears and disappears, endlessly in their danse with the clouds, playing.
Full moon in the sky. It has been a long time, friend of my illusions, ally of my adventures. You mark the time, announce the eras, of your quiet revolution. Last time I saw you, I was cycling in the night, on a pass on a mountain, above a lake. The time before, I didn’t even look at you. A lake and mountains as well.
Other mountains and another lake it was. Home, to be clear. I didn’t even look at you that day, lovely moon. However, a tiny she-wolf was coming alive, little she-wolf I met just before I left. Quietly sleeping, his confident mother placed her on my chest. Tender nap after a night of not enough sleep. Little she-wolf, my thaught goes to you. You will see, life is good.
Thousands of feet from your home I sleep under the same moon. She didn’t move, the beautiful, despite of the adventures. Or few. She is whispering, the moon, whispering that some things never change. Some centipedes walk thousand of step at the same time. So convenient, all those feets.
This night, no hyenas, just crickets singing, it’s sweet, it’s good. Wide hill that the herds let, soothing autumn bivouac like we do like it. Juste to be in good terms with the travel. Solitude can be soft and beautiful sometimes. We are back on honey. Good night little she-wolf, and thank you for the temporal marker
« Cesse de ne penser qu’à toi, veux-tu, contente-toi de flotter avec le monde ». Cette phrase de Kerouak habille les errances de mon mental.
Car le mental, quand il n’a rien à se mettre sous la dent, aime tant à s’inventer des os à ronger. Il est ainsi, le mental. Merveilleux outil ou merveilleux chiant errant. Qui aboie au premier vélo qui passe. Il aboie et il court après et il ne sait même pas pourquoi. Il ne sait même pas pourquoi.
Voyager seule c’est de long monologues avec soi-même, tantôt brillants, tantôt fort ennuyants. Plus souvent le second je dirais, et pas par devoir de modestie. Le tour du sujet est assez vite fait, si passionnant soit-il. On s’y embourbe dans le sujet, comme Capucine dans la gadoue.
Dialogue avec un motard rencontré dans les montagnes grecques « Tu voyages seule, à vélo, depuis la Croatie?! Dans ces montagnes pleines d’ours et de chiens? Tu n’as pas peur?! », « Si, très souvent » , « Et tu ne te sens pas seule? » « Oui, aussi », que je lui réponds avec un grand sourire. « Woao, juste woao, je sais pas comment dire mieux en anglais, bravo. Que le ciel te protège. »
Il y a aussi les neurones miroirs, sur les routes. Braves neurones miroirs qui activent notre mimétisme, si je me rappelle bien mes cours de neurosciences. J’ai pris l’habitude en croisant des gens, de proche ou de loin, de sourire et saluer de la main, par réflexe, presque systématiquement, on répond à mon geste, parfois à mon sourire. Ça rend les chauffeurs de camion et les grands-mères soudain plus sympathiques.
Kerouak, encore: « Qu’allons-nous faire de notre vie? Oh, dit-il, j’sais pas; simplement l’observer, je crois. »
Prendre exemple sur le chat, maître zen. Il s’en fout, le chat. Il est là.
Ça se fait avec le temps, c’est un truc sur lequel on n’a pas d’emprise.
« Stop to think only about you, will you? Satisfy you from floating with the world. » This sentences from Kerouak sometimes dress the wandering of my mental.
Because the mental, when he does have nothing better to do, really loves to invent struggle. Our brain is made for that, working on problems, try to solve them. Wonderful tool or wonderful stray dog. Barking at every bicycle he sees. Barking and running after and he don’t even know why. He don’t even know why.
Traveling alone means long monologues with myself, sometimes brilliant, sometimes very boring. Most of the time very boring should I say, and not only from duty of modesty. You pretty fast go around all the subjects once, then again, and one more time, and well, we already talked about that, no? You will bog down in the subject as Capucine did in the mood last day.
Dialogue with a biker, I mean, motorcyclist, I met in the greek mountains « You travel alone, with your bicycle, from Croatia? In those mountains full of bears and shepherd dogs? Aren’t you afraid? » « Yes I do. » « And don’t you feel lonely? » « Yes, often, too. » did I answer to him with a big smile, and feeling pretty happy, in all my complexity. « Woao, just woao, I don’t know how to say in English but, bravo. May the sky protect you. »
I did think about the mirror neurons as well, traveling, those neurons activating the imitation of behavior of people we see, if I do remember well my neuroscience lessons. I took the habits, when I do cross the road of someone, to smile to that person and greet with a wave. Thanks to the little mirror neurons, most of the time, once do answer to my move, and sometime to the smile. It make the truck drivers and grandmothers more friendly.
Kerouak, again: « What are we going to do with our lives? Oh, did he says, I don’t know; simply observe it, I think.’
Taking exemple on the cat, zen master. He doesn’t care, the cat. He is here.
It will be made as the time passes, it’s something on what we don’t have a influence on.