Le monde d’Ariel / Ariel’s world

(english below)

La pensée qui s’échappe, le corps qui danse, les doigts qui serrent des prises, toutes petites, les prises, acéré, le rocher, jusqu’à élimer la peau, les sentiments qui s’emmêlent, un son, lointain, de flûte, s’y mêle. De la douceur aussi, de la force, de la ténacité, pour conquérir le monde d’Ariel. Roche et lumières, je te souhaite un doux voyage, mon ami, sous les océans, tu danses et tu rêves

———–

The thought is escaping, the body dancing, the fingers squeezing tiny little crimps, so small, the crimps, so sharp, the rock, until it erodes your skin, feeling are tangling up, a sound distant, a flute, playing. Softness an strength, tenacity, you do need all for that if you wanna conquer Ariel’s world. Rocks and lights, I wish you a nice journey my friend, under the oceans, keep dancing and dreaming.

Demain on grimpe ! / tomorrow we are climbing !

(english below)

Dialogue avec un ami, peu avant le sommeil, les bras de Morphée ne sont pas loin, couchés et heureux, après deux journées sur le caillou:

– «Hey, tu sais quoi ?»
– «Quoi ?»
– «Demain on grimpe! Je suis trop contente»
– «Ben oui on grimpe demain. Comme tous les jours.»
– «C’est vrai, mais je suis contente quand-même»
– «D’ailleurs, tu voudrais faire quoi d’autre ? Tu voudrais aller au cinéma?! »
– «Non !»
– «Hey ben moi non plus. Tu voudrais aller te baigner ?»
– «Ah ben, peut-être après la grimpe, pour se laver.»
– «Oui peut être après la grimpe. Mais d’abord, on grimpe.»

Ce genre de dialogue, qui font tout leur sens, dans l’absurdité de nos existences ou la passion est. En ce moment, je veux grimper. Je ne pense qu’à ça. Les journées de repos sont à planifier, mais elles nous ennuient. C’est un peu un jeu aussi, se rendre fous pour se sentir en vie.

——–

Dialogue with a friend, shortly before sleep, Morpheus’ arms are not far away, lying down and happy, after two days on the rock:

– “Hey, you know what?”
– « What ? »
– “Tomorrow we are climbing! I am happy »
– “Yes, we are climbing tomorrow. Like every single day.”
– « It’s true, but still, I’m happy all the same »
–  » But honestly, what else would you like to do? Would you like to go to the cinema?!»
– « No ! I want to climb. »
– “Hey, me neither. Would you like to go swimming?”
– « No, I want to climb. Well, maybe after the climb, to clean ourselves. »
– “Yes, maybe after climbing. But first, we climb.”

This kind of dialogue, which make all their sense, in the absurdity of our existence or passion is. Right now I want to climb. I only think about this. The rest days are to be planned, but they bore us. It’s a bit of a game too, driving yourself crazy to feel alive.


Life on Tiki

Life on Tiki

Tiki, c’est un ketch, c’est-à-dire un voilier avec deux mats. Il a une coque en acier, d’une longueur de 10,5m pour 10 tonnes, le gros moineau. Il a été construit à la main par un passionné qui voulait faire le tour du monde avec lui. Tiki est fait pour affronter le gros temps, sa coque isolée sur 8cm garde la chaleur à l’intérieur, et ses 11 différentes voiles permettent de s’adapter à tous les vents, ou presque. Pourquoi Tiki? Un dieu protecteur néo-zélandais, un totem qui veille sur nous.

Il aura passé presque un an à Paimpol en Bretagne avant que Nino arrive et prépare ce petit bateau pour un grand voyage. Le projet: l’amener jusqu’en Norvège. La Norvège pour hiverner, et explorer ses fjords au printemps, faire une étude de projet de ski/speedriding/escalade et voile. Les variantes: petit souci de moteur, des pièces qui n’arrivent pas, puis la tempête Alex qui s’abat sur la Bretagne. Résultat: on commencera à naviguer le 7 octobre plutôt que le 15 septembre comme initialement planifié. Même pas peur des tempêtes, même pas peur du froid, on y va. Après 2 semaines et demi coincés ensemble au port, l’équipage composé de Nino, Emile et Alexandra, est plus que motivé, et aura découvert l’art de la godille dans le Port de Paimpol, la wax et le peigne à moustache, l’acroyoga, et fait connaissance avec toute la marina. Voilà.

Journal de Bord Alex: J1, il pleut

On est bien en Bretagne

Le Port de Paimpol

Deux semaines et demi au port c’est dans un premier temps des listes d’ordre du jour à dégommer, puis le vide et le néant à tuer. On devient créatif. Des fois on va courir, nager, faire du sport. D’autres on boit du rhum et du cidre. On traîne, on va à 3 avec 1 skateboard au supermarché en dehors de la ville ne rien acheter ou presque. Des interminables parties de dés, le fameux jeu des 10’000. C’est pas si drôle ce jeu en fait, Émile il gagne tout le temps. Je crois qu’il a truqué les dés. Du beurre salé par mottes. Des légumes du marché, de l’ail, beaucoup d’ail dans notre cuisine. De la lecture, tantôt chacun de son côté, tantôt à voix haute les uns pour les autres. L’impression d’être au chalet. Une excursion sur l’île de Bréhat. Du cidre, un jambon beurre, des Kougn Aman. La Bretagne: du beurre et du sucre.

Journal de bord Alex: J5 au port, et si on accrochait les bouteilles de cidre à une drosse (petite corde) pour le mettre au frais dans l’eau? Concours de qui fait le meilleur noeud!

Journal de bord Alex: J9, j’essaie d’étudier la navigation, les allures, le près, le travers, le portant, Nino nous fait des schémas à n’en plus finir.

Journal de bord Alex: J12 au Port, Émile a commandé un peigne à moustache. Nino ressemble à un phoque quand il trime la sienne. Je crois que Nino devient fou parfois. Il est là depuis 6 semaines. On croise les doigts pour que le bateau démarre un jour.

Autant de temps au port, c’est de belles rencontres aussi, des histoires abracadabrantes parfois, comme celle d’Arthur, tout juste rentré d’un convoyage vers le Maroc avec un capitaine fou qui aura finit par couler son propre navire pour que les secours viennent les chercher. La famille de Kaleb, les deux enfants et le labrador Otis, qui ont quitté la vie parisienne pour s’installer sur leur bateau, naviguer, rêver à une vie différente. Les petits vieux alentours qui viennent boire le café sur leur bateau. Erwan, le gardien du Port, c’est comme s’il faisait partie de la famille ou si on faisait partie de la famille, au bout d’un moment, on sait plus trop. Et il y a Thibault aussi, qui nous aura rejoint pour le premier faux départ, avec sa bonne humeur contaminante et sa tranquillité. Il nous aura fait découvrir un documentaire sur le célèbre marin Éric Tabarly, qui aura renforcé l’envie de naviguer peu importe les vents et les tempêtes. Thibault aura eu la chance de participer à la fameuse traversée du Port, tracté par le petit bateau de la capitainerie pour se rapprocher de Dauphin Nautique et son mécano Nono, personnage haut en couleur et brut de décoffrage. Traversée du port, avec un amarrage à couple d’un bateau de pêche, un saut enjaillé de notre capitaine pour l’accoster sous la pluie, un évènement marquant dans le calme plat de nos journées paimpolaises. Thibault nous laissera après quelques jours, son timing étant trop court pour un troisième plan de départ (déserteur!).

Journal de bord Alex: J13 au Port, on a enfin reçu les pièces! Le moteur redémarre! Avis de tempête, la tempête Alex décime les côtes bretonnes. C’est une blague?! Retour de karma?

Journal de bord Alex: J16 au Port, on est quel jour déjà? Personne ne sait plus sur ce bateau. Dehors il pleut. Et pas qu’un peu.

Sur la deuxième partie de notre séjour Paimpolais, arrive l’Hirondelle, un bateau associatif qui fait de la sensibilisation à la vie marine et aux océans, et son joyeux équipage toujours prêt pour de nouvelles aventures au Port. Adrien nous initie à la godille, une rame bretonne qui permet de manœuvrer dans le port sans moteur – c’est ça qu’il nous fallait en fait -,  Valentin transforme notre Émile en star de cinéma dans une vidéo « La Godille c’est la vie » – allez voir sur Youtube. Louise et Marie-Kell se découvrent des talents de voltigeuses en acroyoga et se prennent au jeu de la tête en bas. Cette dernière nous offre en prime un super concert improvisé avec son violon, accompagnée par Aurélien à la guitare. Ils viennent régulièrement nous tirer de notre ennui, toquent au bateau, ça me rappelle l’enfance où les voisins venaient sonner et demander si on pouvait venir jouer dehors. Des chouettes soirées avec eux, on rit, on discute, on en oublie l’heure, on n’a pas besoin de l’heure en fait, et quand finalement la tempête se calme, une première sortie d’une matinée pour tester Tiki où on embarquera Marie-Kell et Aurélien avec nous.

Journal de bord Alex: J18 au Port, trop bien aujourd’hui on fait la lessive on va pouvoir utiliser la table de la laundry pour faire des tours autour – on se réjouit d’un rien après 18 jours à Paimpol. Et demain on part. Enfin, ça y est, l’aventure démarre. Joyeux mélange d’excitation et d’appréhension. Un joyeux bordel, comme aime à dire Émile.

1ère NAVIGATION

Paimpol  – Cherbourg

90 miles / 18h 

Mercredi 7, départ de Paimpol à 8h tapante, en même temps que nos amis sur le voilier l’Hirondelle. C’est pas glorieux, pour tout dire, on retourne le bateau dans l’écluse en l’amarrant maladroitement. Plus de peur que de mal. Tiki est costaud, rien de cassé. Hors du port, nous hissons les voiles pour la première fois, côte à côte avec l’Hirondelle. Elle file la jolie, elle nous distance assez vite. Au revoir les amis, bon vent. Ça y est, on commence enfin à naviguer, après de longues semaines au port, plus ou moins, selon ses coéquipiers.

Le vent forcit, la houle commence à se faire sentir. Alexandra découvre le mal de mer, c’est pas cool. Nausées, l’oreille interne qui fait des siennes, mais à genou, la tête vers le bas, c’est moins pire. Virement de bord, Nino demande à Alex si elle est apte à border le yankee. Un élan de courage, elle crie « oui ! ». « Maintenant! », elle commence à tirer, fait 2 tours de winch, vomit par dessus bord, refait un tour, fixe l’écoute et la tend à Nino qui est revenu, avant de vomir encore plusieurs fois. Grosse pensée pour Renaud « J’ai eu si mal au coeur, sur la mer en furie, j’ai vomi mon quatre heures, et mon midi aussi ». Elle restera hors service pendant plusieurs heures tandis qu’Emile et Nino gèrent la navigation comme des pro. Émile s’avère un fin barreur.  Alex fini par reprendre des couleurs, on chante (crie?) des chants de marins « We will be aaaaaaaalright, if the winds were in our sails », on rigole, puis des dauphins viennent nous voir !! Plein ! Nino à la barre, Émile et Alex comme des enfants heureux à genoux à l’avant du bateau à les regarder plonger, sauter,  jouer avec les vagues avec autant de rapidité. Alex à la barre, ça loffe et ça abat, ça se mélange les pinceaux entre le vent, la houle, les vagues, avec tout ça qui bouge, et nous aussi on bouge en fait. Mais ça va aller, c’est juste un nouveau monde à découvrir et à apprivoiser, comme l’acro-branche dirait Aurélien. Tombée de la nuit, pluie, humide, froid, beaucoup de vent,  on arrive à temps pour la bascule de courants au fameux chenal du Raz Blanchard, des pointes à 10 noeuds. Émile, héros du Raz, barre tout le long. Une petite lampée de rhum pour se réchauffer. Allumer les cigarettes, c’est un challenge en soi. Vent arrière, au portant, mer bien formée, la pluie et le froid qui pénètrent jusqu’à l’os.

Arrivés à Cherbourg à 3h du matin le jeudi 8, on gère l’arrivée au port et l’amarrage du Tiki, Émile s’écroule direct et rêve de boussole. Une matinée de sommeil. Une douche chaude. Laver et sécher les affaires qui ont pris l’eau. Les hublots n’étaient pas assez resserrés,  ça a trempé le lit et le carré d’une grande vague éclatée sur le pont. Pensée pour Renaud encore « J’me suis cogné partout, j’ai dormi dans des draps mouillés, ça m’a coûté des sous, c’est de la plaisance, c’est le pied ». La douche chaude ça nous redonne de la vie, un peu. Visite de la cité de la Mer, arrivés après la fermeture des caisses, mais pas du musée, alors on se fait gruger à sauter la barrière « Vous trouvez ça normal? » « Euh non, mais bon, on voulait vraiment voir le sous-marin et y avait personne ». Il est énorme, c’est fou, c’est beau, c’est immense, plein de métal qui va sous l’eau, mais tout ça, tout ça pour faire la guerre? Le principe de la plus grosse, qu’ils disent, décourager l’adversaire pour ne pas avoir besoin de tirer ces missiles, ouais ouais, je sais pas. L’aquarium, des poissons et méduses, hippocampes absurdes et si mignons, mais la grande tortue là, on l’aurait mieux aimée libre que dans ce bocal. Une fondue au Maître Corbeau sur son arbre perché tenait en son bec un fromage. Nino, Émile et Alex, par l’odeur alléchés, dévorèrent tout ceci pour à la diététique sportive selon Erhart Loretan rendre hommage. La fondue, ça crée la bonne humeur, du lard, du fromage, on est prêts pour un 8’000 ou plutôt la prochaine étape qui s’avère longue. Et pour bien rendre hommage à Tabarly, et ne pas en faire une, on révise bien nos manœuvres d’homme à la mer, et surtout on n’oublie pas de s’attacher à la ligne de vie.

2ème NAVIGATION

Cherbourg – Boulogne

140 miles / 28h

Départ vendredi 9 vers 11h, Nino coache Émile et Alex à la barre, garder le bon cap, vérifier la boussole, la girouette, sentir le vent sur ses oreilles et son nez, regarder les vagues aussi et l’horizon, vérifier la route sur la carte et éviter les hauts fonds. Il y a beaucoup de vent, on est tantôt au portant et tantôt au travers. On teste Charly, notre régulateur d’allure, à l’ancienne, des drosses (petites cordes) de chaque côté de la barre, reliées à un mécanisme qui tourne avec le vent et une pale dans l’eau et ça compense tout ça et ça barre presque aussi bien que toi. Selon les vents. Des fois il faut l’engueuler un peu Charly aussi. Alex est vachement contente de ne pas être malade, et il n’y a pas de pluie, juste ça, c’est assez le bonheur. Elle cuisine même pendant la nav des champignons sauce tomate avec des pâtes, au rythme des vagues et de la cuisinière qui bouge avec. La nuit cette fois est claire, étoilée. Cassiopée nous dit bonjour depuis sa voie lactée, la Grande Ourse montre l’étoile du nord, le cygne est tranquille sur sa ligne, le plancton luminescent fait un miroir aux étoiles dans l’écume des vagues soulevées par le bateau, et le lever de lune est orangé. Il joue avec les nuages. Ou muages. C’est pas le même spectacle que quand il pleut. On apprécie. Malgré le froid. Le bateau file, ça donne une impression de rêve croisé à la réalité naviguer de nuit. Tout est plus impressionnant la vitesse, le vent, l’immensité du truc. On fait nos quarts plus ou moins, Nino plus, Émile et Alex plutôt moins. Les Pléiades annoncent Orion, celui-ci dévoile Tabite et ça nous fait rire. Il en faut peu. Emile au lever du jour fait son quart avec Alex pendant que Nino dort enfin un peu et laisse le navire à ses moussaillons. Le soleil se lève, la matinée s’annonce carrément ensoleillée. En partant de Paimpol, après avoir passé 4 jours au Port coincés par la tempête qui a reçu comme prénom Alex, oui, véridique, on avait presque cru qu’il allait pleuvoir non-stop, ben en fait pas.

Samedi 10, début d’après-midi, arrivés à Boulogne sur mer, claqués, après ces 28h de navigation, jour/nuit/jour enchaînés. C’est plein d’immeubles autour du port, et de fientes de mouettes sur le pont. C’était plus beau Paimpol. Élan de motivation pour Nino qui nous cuisine des oeufs,  débouche les toilettes, pour cela il plonge dans l’eau froide et sale du port (héros !!). Émile va faire des achats en ville et Alex écrit la lettre de motivation d’Emile pour Verbier. Répartition des tâches, team-working. Ça marche bien dans l’équipe, on est complémentaires. On commande des pizzas à emporter sur notre Tiki. Un tiramisu maison, qui disparaît rapidement, et au lit tôt avec un début de documentaire.

3ème NAVIGATION

Boulogne – Dunkerque

40 miles / 10h

Dimanche 11, on se lève tôt et encore fatigués de nos deux dernières navigations, histoire d’avoir les courants dans le bon sens pour la matinée. Mais 8-9h de sommeil, ça ne compense pas une nuit quasi blanche, et du coup on signe un faux départ à 8h sur un échec d’allumage moteur. Nino est prêt à tout démonter en maudissant les soucis mécaniques qui arrivent le dimanche quand tous les magasins sont fermés. Il crie soudain « Mais quel con!! » et comprend l’erreur, une poignée pas repoussée en avant, c’était juste ça. Alors on démarre et on s’en va et sort du port au poil, manoeuvres tip top, réveillés ou pas, on gère. Nino soudain nous balance un « Mais quel con! » numéro deux, il annonce qu’il a oublié la combinaison de plongeur qui séchait à la capitainerie pour la nuit !! Avant de se rendre compte, quelques heures plus tard qu’il l’avait pris. Elle est bel et bien dans le bateau. « Mais quel con ! » Alex lui renvoie. On n’était définitivement pas très réveillés.

Beaucoup de houle, on navigue au travers, je crois, je me rappelle plus tout à fait, mais les hublots latéraux sont sous l’eau et donnent l’effet d’être dans un sous marin. Échec de la cuisine au four, ça bouge et ça gîte trop pour que ça fonctionne. Alex fait deux tentatives, Nino s’y met, gros retour de flamme sur lui, Alex est prête à dégommer la couverture de feu, mais tout est sous contrôle, et en fait, la tartiflette à la cocotte minute, c’est super bon, ça réchauffe, c’est gras et ça tient au ventre. On engueule un peu Charly qui ne barre pas toujours droit, Alex galère à saisir la logique de la bête, c’est où l’avant et c’est où l’arrière, quand le truc tourne, et que le vent il tourne aussi. Nino trouve des manières inédites pour expliquer, quitte à devoir faire des petits bateaux en papiers sur une boussole dessinée dans un cahier pour que ça finisse par entrer. Un capitaine au top. L’après-midi est gris, mais sec. Les courants basculent et on avance de moins en moins vite, mais on avance quand-même. On aperçoit Dunkerque au loin, des cheminées, de la fumée et de gros bâtiment noirs sur une eau verte et un ciel gris, il y a comme un petit air post-apocalyptique d’un monde de demain qu’on ne souhaite pas ni pour nous ni pour nos enfants.

Arrivée dans le port sportive,  avec à nouveau beaucoup de vent, on affale le yankee et la trinquette en luttant, cheveux et moustache au vent, sous un rayon de soleil, moteur, affaler la grande voile et l’artimon, Émile et Alex deviennent de plus en plus efficaces sur les manœuvres de chat et les descentes de ponton à la Jack Sparrow. Arrivés claqués à 18h02, Alex se motive à cuisiner un riz légumes. Avec du harissa et du soja, le riz c’est assez magique. Dyson a un coup de barre, il a l’air mort mais apparaît soudain à table,  dévore par magie son assiette puis redisparait. Dyson c’est le petit nom de Nino quand il mange plus vite que son ombre. On se pose au lit, on ne sera pas sortis du bateau de la soirée. De toute façon dehors ça à l’air moche et dans Tiki on est bien. Lecture à voix haute au lit. La horde, ils contrent le vent comme nous.

4ème NAVIGATION

Dunkerque – Oostand

27 miles / 6h30

Lundi 12, une navigation courte nous attend. Alex déjeune à la tartineflette, une tartine avec le reste de tartiflette en guise de garniture. Départ en musique et au soleil,  à l’heure cette fois (hey ouais), Aznavour, Emmenez-moi. Pas bcp de vent, on chill, on chante, vieilles chansons françaises, Piaf et autres Aznavour. Chansons de marins, on s’engage dans la marine marchande. Ça vogue au portant, on fait des empannages bien gérés. Poséidon nous envoie un phoque qui vient vérifier ce que l’on fait. On grimpe au mât, des vrais pirates. Les toilettes sont rebouchées, les aléas de la vie nomade. Ça traine, on lance un petit moment le moteur, et on arrive à Oostand, qui de loin n’est pas beaucoup plus jolie que Dunkerque. De longues barres d’immeubles, des usines, un port industriel. Mais on est enfin en Belgique alors on fait le ménage sur le bateau rapidement et on va tester les bières belges en terrasse. On s’amuse de notre mal de terre, les rues tanguent, et nous aussi. Les gens masqués dans la rue, c’est gris, silencieux. Trop silencieux après avoir eu le vent et les vagues toute la journée dans les oreilles. C’est trop calme. J’aime pas trop beaucoup ça. Je préfère quand c’est un peu trop plus moins calme. On trouve de quoi manger les fameuses « mitraillettes », viande, frites, du gras, on y revient. Explication sur la prochaine grande navigation vers la Hollande avec le cap sur la Duvel mais la ligne qu’on prend ce sera le couteau et la fourchette qui se croisent, et on prend pas les canaux, on est des Marins ou pas ?! Retour titubant, posés sur un banc, on est bien là, allez, bouge, on sera mieux dedans.

Journal de bord Alex: y a un moment, je sais plus exactement quand, en allant trafiquer le moteur Nino a laissé tombé une pièce dans la cale sous la cale (cale inception). Pour la récupérer, soit on démonte tout, une 20aine de vis pour enlever le plancher, bref relou, soit on plonge la main dedans, mais c’est trop bas, même pour les grands bras de ces deux grands suédois. Alors, là le capitaine il a eu une idée géniale, m’y plonger tête la première, moi et mes petites épaules, en me tenant par les pieds. Bon challenge de spéléo-acroyoga, ça fait un peu peur, ça nous fait surtout beaucoup rire, et puis ça fera un bon souvenir, allez, je m’y colle. Heureusement que j’ai une confiance absolue dans la capacité de Nino à me porter, tracter, tirer. Ou quand l’acroyoga devient un atout en récupération de pièces dans les cales de cales.

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5ème NAVIGATION

Oostand – Amsterdam

110 mN / 27h

Réveil à 8h, mal de tête, il pleut, difficile à se lever, la fatigue. On traine un peu. Mais pas trop. Émile prend un ferry pour aller acheter un guide de la Hollande, Alex s’occupe des achats en ville et du stock de clopes mais les boulangeries font pas de gaufres le matin à notre grand désarroi.  Nino à nouveau débouche les toilettes, deuxième plongée en port, Héros x2.

Départ vers 11h, il pleut plus tant que ça au final. Gap spatio-temporel entre 11h et 16h30. Puis Nino cuisine un riz. On oublie un peu de manger quand on navigue.  Ça avance au ralenti , le près c’est pas marrant. Lumières du soir, un oiseau s’échoue lamentablement dans notre cockpit, il sèche ses ailes, c’est pas un oiseau de mer ça, et on est bien loin  de la terre. On se réjouit d’en faire notre ami, on l’observe.  Mais la nuit tombe, le vent change, coup de jus pour un changement de voiles, virement de bord, je sais plus, on s’emmêle les pinceaux un peu, ça fuse, l’oiseau est blessé dans la mêlée, il s’est mis à courir partout en même temps ce con, on est trop malheureux pour lui, on l’emballe et le met au chaud. Cette nuit-là, on est au milieu des routes de cargos qui vont à Rotterdam. Nino en compte 43 en montant au mât ! Des champs d’éoliennes rouges qui clignotent. Tard dans la nuit ou tôt avant le jour, Émile appelle Nino « y a un bateau qui se rapproche! » « Beaucoup? » « Oui beaucoup » « ah ouais putain ». Mais en fait il bouge pas lui, il est au mouillage, comme plein d’autres qu’on croyait bouger, c’est pas si clair à voir au loin et les jumelles sont vraiment trop mauvaises. On est passé vachement prêt. Ça fait un peu peur. Depuis Alex appelle Nino dès qu’un bateau vient vers nous même si encore bien loin. On sait jamais. La nuit est froide, on se prend des vagues dans la tronche, pchhhhhst, pchhhhhst, allez encore une pour bien te réveiller. On essaie de faire des vrais quarts et dormir par tranche de 2h, mais pour Nino c’est plutôt  des tranches de 20 minutes. C’est tellement le combat pour se rhabiller qu’on préfère parfois ne pas se déshabiller complètement et laisser ses bottes et ses pieds hors du lit, ou dormir au sol pour ne pas tremper les coussins. Les pieds, ils ne se réchauffent pas, même après 2h dans le sac de couchage.

Humides, froids, fatigués, la nuit est longue. « Mais qu’est-ce que je fous là ?! » On se le dit pas mais on le pense tous à un moment donné je crois. Il faut virer pour éviter le champ d’éoliennes. Ça avance pas au près, ça zigzague. Le jour se lève enfin sur Nino et Alex, avec la lumière et un peu de chaleur l’espoir revient, les forces un tout petit peu, le sourire aussi. La lune et une étoile font un clin d’œil sur un fond bleu ciel et sombre dégradé. Un nuage en forme de dragon, ou de canard de bain très énervé. Notre ami l’oiseau n’a pas passé la nuit, tristesse, on le dépose à l’eau avec une larme à l’œil, au revoir, désolé, en vrai on voulait te sauver. Du café et des œufs, ça réchauffe le cœur. Il fait de plus en plus jour, le champ d’éoliennes, il est toujours là ! On a tourné autour mais ça n’avance pas. On vire encore, vérifie le tracé sur la carte, on est revenu en arrière, on tourne en rond. C’est quoi ce triangle des Bermudes de près et de courants contraires? Nino a une idée, il affale la trinquette et le yankee et hisse le génois lourd risé. C’est pas mal mais c’est pas encore ça. Il dé-rise. C’est pas ça. Re-riser s’avère un combat avec le vent qui le fouette et fait échapper le point d’écoute de sa main. Allez, tu peux le faire. Ok, on allume le moteur. ll aurait fait quoi Tabarly?! How to navigate on a ketch sur Youtube ne nous aide pas, y a pas de réseau au large. Longue mâtinée, siestes alternées. Sauf pour Nino, lui il ne dort pas.

Arrivée mercredi 14 à Amsterdam à 13:30. Enfin à terre, après 27 heures de lutte, écroulés au soleil sur le ponton. On va prendre des douche chaudes, ça tangue, visages en feu ! Etre propre c’est assez magique, et le chauffage au sol on n’en parle même pas, quelle merveilleuse invention. Départ pour un coffee shop et des fish and ships, bienvenue en Hollande. Les meilleurs fish and ships de ma vie. On était affamés aussi. Retour au bateau, on joue aux dés, aux 10’000, Émile triche encore, eh mille encore et deux milles et bam dix milles pour Émile. Un chocolat chaud à la casserole et on s’endort à 20h devant ce documentaire, qu’on n’aura toujours pas fini, et dont j’ai oublié le nom de l’auteur.

EPILOGUE

Le bateau va hiverner en Hollande, il a l’air content là-bas, la suite du convoyage vers la Norvège se fera au printemps, quand la météo sera plus clémente et les hirondelles de retour des pays chauds. L’équipage de ce premier convoyage du Tiki s’est avéré une équipe qui fonctionne tip top malgré le peu (voir pas) d’expérience des deux matelots. Une super bonne ambiance et cohésion d’équipage, malgré les vagues dans la tronche, le froid, la pluie et autres imprévus, on en redemande et on ne se déteste pas encore, bien au contraire. Le Tiki c’est la vie!

18.10.2020

Résumé des étapes:

1) Paimpol  – Cherbourg / 90 miles / 18h 

2) Cherbourg – Boulogne / 140 miles / 28h

3) Boulogne – Dunkerque /40 miles / 10h

4) Dunkerque – oostand /27 miles / 6h30

5)Oostand – Amsterdam /110 mN / 27h

– TOTAL 407 mN / 89,5 –

Références

– Sailing Hirondelle: https://www.sailinghirondelle.com/

– la godille c’est la vie: https://youtu.be/tRVEgrRGEZI

– Documentaire Tabarly : https://youtu.be/r431ovZFIy0

– Documentaire Lorethan: https://youtu.be/l1yQIkQi6C8

– Renaud / le vent soufflera : https://youtu.be/mm7nGX193bo

– Roll the old charriot along: https://youtu.be/49FWp7WLYKw

Does it make a difference?

Tirej wisdom, one more time. His starfish storie I want to share with you. He told it to me two weeks ago. I was sad. Sad because my job is to release pain, and suffering. But so many time in Samos I was confronted to things I cannot change. It’s frustrating, and so hard. Too many sad stories to my ears. Too many sad stories.

What to say to your patient with a rhumatologic degenrative disease (ankylosing spondylitis) that we don’t have the treatement he is suppose to have and he will just wait in the terrible condition of the camp that his asylum request will be accepted – or maybe rejected – to go out of there and take care of his health properly? What to say to the young woman with total incontinence after being rape a couple of monthes ago, that was already saw a midwife from MSF but who was already told that we don’t have anything here to help her with urogynecology rehabilitation? What to say to the old man who would need surgery for his legs but will not have as well and struggle to walk? this old man, every time he comes to the physio told you again the story of his son dead by a wall that felt on them in his country in war. What to say to the man with two arthrodese wrist or worse, the one with amputated forearm after 14 unsuccesfull surgeries that cannot wash their clothes by hands, that I will not make a referal for laundry for them, because right now laundry tickets are just for scabies cases? What to say to patients that are so tired to be stucked there since monthes or years, exhausted, and tell you they would prefere to die than to live in those conditions? Patient with psychiatric difficulties, borderline personnality disorders, psychotics symptoms, voice talking to them, anxiety crisis waking them up in the night, that we don’t have psychologist for them to talk to? Telling you why am I so afraid? Everyone would be so afraid in those conditions, my dear. It’s so hard sometime to find the good words. No pill for hope, as used to write my friend Henry.

No pill for hope. But still, sometime, for patients, juste having someone listening to them make a huge difference. Someone who is there for them, treat them as humans – so many describe being treated like animals by the greek autorities – try to help a little bit, it’s so important. Health care professionals who take time to explain them and understand better their pathologies, what to do with the pain for now, in that transition time where the conditions are bad. Really bad. Encouraging them to keep hope it’s just a transition, just a time. No one will stay on Samos for ever. Even if the time doesn’t seem to pass sometime. No one is there forever. And if you are here, it does mean you already went through countries, throug a see on tiny a little boat. If you are here, you are stronger than you think you are. So just keep hope a little bit more. And pray . Those were my daily words, in physiotherapy. Fighting for hope.

Anyway, my fist idea was to talk to you about the storie of starfish:

"One day, somehwere, somehow, on a nice beach, after the tide went down, thousands and thousands of starfish were stucked on the sand, and drying in the sun. Thousands or maybe millions, I don't remember well. I was sad, I could only listen halfway through my tears. And a little girl was here, taking a starfish, and bringin it back to the sea, bringing it back to water, to life. An old man was walking around, and saw her. He aske her what's the point to save a starfish at a time, when still hundreds (thousands? million?) will die anyway. A couple of starfish will not make a difference. And she answered, that for each tiny little starfish she save, for that starfish, and then this starfish, it does make a huge difference. "

It does. Of course volunteering a couple of monthes on such a huge world crisis make you feel like it doesn’t make a difference. For world. Maybe even for all those 7600 refugee on Samos. But for every patient I saw, it does make a difference.

Thank you Tirej to remind me that.

And I do hope that hope and kindness have the ability to spread. On Christmas, an african woman told me she was so happy we were open on that day Because in africa, many hospital close. And her little daughtes died one year ago, on a Christmas day, because of that. She told me that seeing that we still work on Christmas and New Year made her want to help more people. When new women arrive in the camp, she did use to give them a blanket and shelter for the night. She did use to share her food. And slowly and slowly people does, as well. When she will be out of that hell, she want to work in an orphanage, maybe open one, one day. Kindness bring kindness, some times. I hope. Inchallah.

I get blessed those last monthes by God from arabic, farsi and african patients. I do hope god is god, there is one for everyone, and that slowly and slowly people will remember it and help each other, instead of fighting each other.

That was the starfish storie.

A little one

Vimal’s painting

De Plitivice à Athènes

De Plitvice à Athènes, quelques 1500km

Mais on s’en fout, des kilomètres

Je ne suis pas cycliste

Je voyage

Je vis dehors

Et parfois je parle à des gens

Et je m’endors

A tout bouts de champs

Et je regarde voler les oiseaux; et galoper les chiens derrière mes mollets

Mais je file plus vite qu’eux, et je ris.

Jusqu’au jour où.

From Plitvice to Athene, some 1500km. But, actually, I don’t really cares about kilometers. I’m not a biker. I travel. I live outside. Sometime, I do talk to people. Often , I fall asleep, in every fields or places here and there. I look at birds flying and dogs running after me. I go faster than them, and laugh. Until the day where.

El Refugio de la Roca

Camper au pied d’une falaise, face au canyon, sous un soleil quasi constant ou sous les étoiles, y rester jusqu’à la pleine lune. Mes premières leçons de didjeridoo, le matin, face au vide, à l’immensité. Inspirant. Retrouver le souffle, du pranayama bien puissant avec en bonus quelques sons et vibrations étranges et agréables. Un excellent professeur. Profiter du Refuge de la Roca pour le plaisir d’un pain au chocolat à l’européenne – rare sur ce continent -, retrouver le plaisir de cuisiner, de délicieuses arepas, du guacamole à n’en plus savoir que faire et bien sûr le plaisir de rencontrer d’autres grimpeurs et voyageurs de tous horizons, tous animés par la même passion. Passer l’après-midi sur les voies d’escalade, un mur orangé, les cactus, en espagnol, avec notre guide et bientot ami, un grimpeur talentueux, un animal, qui équipe les voies en Converses. Une belle rencontre, un guide de montagne colombien qui vit son métier comme une passion mais surtout aime la partager et la faire découvrir. Le genre de personne qui se fait un devoir de maintenir l’énergie haute dans le groupe; toujours plein d’énergie et tout en délicatesse. Pour moi, l’occasion aussi de reprendre contact avec le caillou, première foi apres un poignet sorti du plâtre il y a peu, mélange d’excitation et d’appréhension, de joie intense et de frustration. Réhabilitation verticale. Je suis sur la bonne voie, au propre et au figuré. Renouer plus intensément avec le yoga et l’acroyoga dans une petite salle magique, construite en hauteur, toute en fenêtres, qui permet de rêver et de pratiquer entourée par les éléments, le ciel, les montagnes, le canyon de la Chicamocha. Se laisser vivre. Un petit havre de paix. Oh, et puis, avoir 30 ans.

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A camping right down of the crag, in front of a canyon, under a sun quasi constant or under the stars, we stayed there until the full moon. I get my firsts didjeridoo lessons, in the morning, in front of the immensity. Inspiring. I could feel the breath like in pranayama, with as a bonus sounds and vibrations, little bit strange but so enjoyable. With an excellent teacher. I had the pleasure to enjoy some chocolate breads as well, so good, as good as in France, and the pleasure to cook, lots of vegetables, some delicious arrepas, more guacamole than ever, and to meet climbers and travelers from all over the world, all animated by the same passion. We spent our afternoons on climbing routes, an orange wall, surrounded bon cactuses, we climbed in Spanish with our guide and soon our friend, a talented young climber from Columbia, an animal, who set up routes for us in his Converses. A nice soul, someone who live his profession as a passion and love to share it, to make people discover it, and make his mission to keep the energy of the group high. Full of energy and sweetness at the same time. For me a first contact with the rock again, after the immobilization of my wrist. A mix of excitation and apprehension, of intense joy and frustration, a vertical rehabilitation. I’m on the good way. I took time to be back more intensely in yoga an acroyoga as well, in a little magic yoga room, windows fully open to the sky and view, that gave me the feeling to practice connected with the elements, sky, canyon of the Chicamocha. Ten days where the life was smooth and mellow, ten day to take time to live fully. Oh, and to become 30 years old, as well.

Small World

My friend Georgia asked me to take some photography of her Terrariums for her Instagram. I discovered this small plants and rocks and foam in a bottle. I enjoyed the way she took care about them like about her babies, how she tried to give to each a personality and own life. Every bottle contain a whole world. In which giant bottle is our world?  Who is taking care of it?

Mon amie Georgia m’a demandé de prendre des photographies de ses terrariums pour son compte Instagram. J’ai découvert ces petites plantes et roches et mousses dans leurs abris de verre. J’ai apprécié la manière dont elle prend soin de ces terrariums comme de ses bébés, la manière dont elle essaie de donner à chacun une personnalité propre, une vie en quelque sorte. Chaque bouteille et chaque écrin de verre contient un monde entier. Dans quelle bouteille est notre monde à nous? Qui donc en prend soin?

Rock climbing hurts – what you learn on the way up / l’escalade, ça fait mal – ce que j’apprends sur le chemin vers le haut  

L’escalade, ça fait mal. Mal aux doigts, mal aux muscles, tous les muscles du corps même ceux que tu avais oubliés, mal aux pieds torturés dans des chaussons trop petits, mal quand tu te cognes au mur ou t’érafle. Et l’escalade, ça fait peur aussi, quand tu es au-dessus du spit et sur le point de cliper la dégaine suivante, tu n’as pas envie de tomber 4 mètres plus bas. Mais cette peur reste irrationelle et l’escalade sportive sûre, la corde, ton harnais et ton matériel sont la pour rendre ce sport sur; les petits bobos sont fréquents mais pas les grandes blessures. C’est cependant à travers ces peurs et ces petites douleurs que tu apprends à te connaître, que tu apprends à reconnaître tes limites également. L’escalade t’apprends l’humilité. Elle t’apprend également à écouter certaines de ces douleurs pour savoir s’arrêter et se reposer et parfois aussi à en négliger d’autres: oui ce mouvement blesse le bout de mes doigts mais non je ne vais pas m’arrêter là pour ça. Et puis, la vue la haut en vaut la peine. Et le pancake à la fin d’une journée d’efforts aussi. Et ce sentiment de communion avec la nature. Tout ça tout ça.

Rock climbing hurts. It hurts your fingers, it hurts your muscles, all your muscles even somes that you totally forgot you had, it hurts your feets in your too small climbing shoes, it hurts when you kick you knees or elbow against the rock. Rock climbing is scary also, when you are above the bolt and on the point to clip your quickdraw to the next one, you don’t want to fall 4 meters below. Still is this fear irrational because your harness, rope, and gear are here to make this sport safe; small pains are frequent but not big injuries. However it is through those small pains that you learn to know yourself better and to better know your limits. You learn humility. You learn to listen to some pains to rest and stop and sometimes you also learn not to hear thoses pains: yes this move hurts my fingers but no I will not stop here for that. The view up there is worth it. The pancake after a climbing day also. And the feeling to be one with the nature when you are on the rock. And that the nature is big, and that you are so small. I love it. 



Tonsai streetart

In Tonsai some rich people buy a huge property close to te beach and just separated this property from the other one with a Berlin Wall. Tonsai people just take the opportunity to use this wall as a support for art and free expression. How to create beauty even from mud. 


A Tonsai une grosse parcelle de terrain proche de la plage à été achetée par de riches propriétaires qui ont construit un espèce de mur de Berlin pour la séparer des autres parcelles et des bars. Les gens de Tonsai ont alors saisi l’opportunité d’utiliser ce mur comme un support pour de l’art de rue. Comment créer la beauté même à partir de la boue.

 

Accroyoga

By jamming on the beach Muriel and I met some good acroyogis. We had strong « bases » (the ones who are on the ground and make you fly) who taught us a lot about how to fly, how to flow from one posture to another, « washing machine »  (flow that you can repeat indefinitely), and « pops »  (when you literally  throw your partner from one posture to the other). A lot of fun and a lot of physical work too. I already love it. 

A force de s’entraîner sur la plage nous avons fini par rencontrer de très bons acroyogis qui ont pris l’habitude de « jouer » avec nous. Nous avions des « bases » solide – la personne au sol qui fait voltiger l’autre – et avons énormément appris sur les différentes manières de voler, sur les transitions d’une posture à l’autre, sur les « machines à laver » – transitions que tu peux répéter indéfiniment – et sur les « pops » – quand tu lance ton partenaire d’une posture à l’autre. Beaucoup de plaisir et beaucoup de travail physique aussi, j’adore déjà.

Handstand, begin of an obsession  – Appui sur les mains, le début d’une obsession  

Since some times already I am working on my handstand without being able to really stabilise it, meeting Katay would have bring me answers to my questions and doubts m. And for Katay, the handstand is a skill he really masters. This venezualian guy was 2 years in a Chinese school where he learned to do this handstand on the top of chairs – and a lot of other skills. In the summer he’s performing in the street of Berlin and in the winter in more warm countries. And he is also an adept of Ido Portal Movement Culture method, who mix physiotherapy, martial arts, capoeira and dance. For sure I like the concept. It suits me. Begin of an obsession. To like the concep is a thing, to apply it and throw yourself into it is another. This kind of skill needs hours of training, so in fact, you need to make an obsession of it. And here in Arambol, I have time. So I throw me into it. Passionately. And with joy. And little by little, it works. 

Depuis quelques temps déjà que je travaille sur mon handstand sans réellement trouver comment le stabiliser, la rencontre avec Katay m’aura apporté des réponses à mes questions. En même temps, Katay, il connaît bien le handstand. Ce vénézuélien sort d’une école de cirque chinoise où il est habitué a le faire sur une pile de chaises – et plein d’autres compétences sympa. L’été il fait du spectacle de rue à Berlin et l’hiver dans différents pays chauds. Il est également adepte de la méthode d’Ido Portal (Ido portal movement culture), qui allie physiothérapie, arts martiaux, capoeira, danse et crique. Forcément, le concept me plait. Début d’une obsession. Car apprécier le concept est une chose, se lancer dedans et l’appliquer en est une autre.Ce genre de capacité demandant des heures d’entraînement, en faire une obsession est en fait nécessaire. Et ici à Arambol, j’ai le temps. Alors je m’y plonge. Passionnément. Et toujours avec plaisir. Et petit à petit, ca marche.