A tout bout de champs – Summertimes on the road

Retour sur les images de cet été, à vélo, sur les routes, à tout bout de champs. Les images et de la poésie. La lumière à fleur de peau, la nature qui contient l’élégance, l’élégance et ses lois propres, rouge coquelicot, blanc l’oiseau, dorée la lumière, douce et chaude, chaque lever et coucher de de soleil contenant tout l’univers, et puis nous, sales à force de pédaler et de suer sur l’asphalte chauffé, la rivière qui te nettoie, la route qui défile, plaisirs simples, bleu, baquette, passer l’été à les saluer, ces levers et ces couchers, à les aimer, suivre la lune,  suivre les routes, et voir où elles nous mènent, ces routes. Nulle part. Ici et ailleurs. Partout. Vers la beauté, et l’amour. Vers la simplicité, et toute sa difficulté, la lune qui nous mène, l’éclipse qui nous perd, qui nous perd jusqu’à l’océan, Capucine qui prend l’eau, beaucoup de kilomètres, beaucoup d’éclairs au chocolat, les amis, les amis des amis, ceux retrouvés en route, ceux rencontrés en route, les festivals, les granos, des rêveurs, toutes sortes d’idéalistes à pied nus, une chamane, pas celle que l’on pense, pas celle qui se déclare, les gens intrigués les gens, ou parfois qui s’en foutent, arts de rue et art des champs, spécialités culinaires, beaucoup d’ail, et les orties, ça pique, mais c’est pas méchant, mais ça pique, et puis surtout, surtout ça se mange les orties, et ça c’est de la joie. Simplicité, difficulté, bref, la vie.

Été 2018, de Gien à Brest, quelques 800km à vélo pour aller saluer l’océan atlantique. Tout d’abord 3 jours de Gien à Airvault (280km) – le magnifique festival le Rêve de l’Aborigène – Airvault à Nantes en 3 jours également (160km) – un séjour au champ du cœur pour l’éclipse de lune – Nantes à Brocéliande en 3 jours (110 km, vent de face)  – visite à Maël et Rosa – Brocéliande à Crozon (250 km) en 4 jours puis bateau jusqu’à Brest et retour en train. Repos à Gien, départ en van pour le festival de l’arbre qui marche. Petit séjour aux Fahouettes  en Bretagne. Crêpes. Retour en Suisse. 


Back on pictures of my summer, biking and living on the roads, living in nature, being nature. Nature has its own rules, its own lights, its own grace, red poppies, with birds, amber light, warm and soft, every sunset and every sunrise embrace all the universe. River cleans you, roads lie ahead. Simple pleasures. Blue cheese and french bread. My god. Such a bliss. Spent the summer celebreting each of those sunset and sunrises, to love them, follow them, follow the moon and moods. Beign shaked by power of those full moons, and follow the roads. See where roads would bring us, those roads. Nowehere. Here and there. Everywhere. To beauty, and love. To simplicity, and all of its difficulties. The full moon and eclipse that get to lost us, lost us to ocean. Capucine under the rain.  Lots of kilometers, lots of choclate bakery. Friends we join on the road, friends we met on. Festivals, hippies, dreamers, so many barefoot idealists. Found or lost? A shamane, not the one thinking she was the one, not the one saying that she was. People surprised or sometimes just not giving a fuck, street art and field ones, cooking specialities, lots of garlic, and nettle, nettle is itchy but not to bad, but itchy, but, yon can eat it, you can it it, and that, that is the good news. Simplicity, difficulty, so life is.

Noble Silence

Été 2018, pour les 3 premiers jours de vélo entre Gien et Airvau, nous avons choisi, mon compagnon de route et moi, de rouler 3 jours en silence. De silence, ou plutôt, de parole minimale. Limiter les mots inutiles, réduire la communication au maximum, et si nécessaire, vraiment, avec discrétion, douceur, attention. Le silence, pour moi, était un ami bienvenu. Je l’ai découvert, apprivoisé lors de plusieurs retraites de yoga de 10 jours. La première fois, je me rappelle que mon professeur m’avait alors dit « Le silence, lorsqu’on ne le connait pas, on l’appréhende ; puis quand on le connait, on le recherche. ». Je retrouvais alors son processus, avec dans un premier temps la pensée qui s’accélère, s’emballe, repasse 10, 20, 100 x le flux des souvenirs récents, anciens, et se passe 10, 20, 100 x le film des potentiels avenirs possibles imaginés …. et petit à petit n’a rien de très nouveau à se mettre sous la dent, et finit tout simplement par se ralentir, se calmer, s’apaiser.

Lorsque la pensée s’apaise, l’esprit fait de même. Sans parole, en vivant et voyageant à deux, l’attention s’intensifie, avec tant de douceur. Je pense d’ailleurs que ce sont les trois jours où mon compagnon a le plus souvent pédalé à ma vitesse, alors qu’habituellement il était quelques mètres voir quelques centaines de mètres devant moi. Puis après le silence, noble parole également, et la joie de retrouver le timbre de sa propre voix, d’échanger des mots, les savourer, et même dialoguer si l’on veut, ou même, même reprendre le silence à d’autres moments.


Summer 2018, for our first 3 days travelling by bike between Gien and Airvault, France, we decided to drive during 3 days in Silence. Not absolute silence, but minimal speech. The only words we did use were so only necessary ones, for example to ask a merchant about the food we had to buy on the way, or between us to choose a spot to camp. Those exchanges were the simplest possible, discrete, almost half spoken, but with lot of intention and attention, and a smile. Are the words that I use really useful or not? For me silence was a welcome friend. I already experimented silence on some yoga retreats, on 10 days. I remember my teacher telling me « Silence, when you don’t know it, you fear it; once you experimented it, you will look for it.” I did find again that process where in the first time thoughts go faster, like a wild animal, look back 10, 20, 100 times on some memories you had, and then imagine 10, 20, 100 times the next situation you will live but that don’t even exist right now, but slowly and slowly don’t have nothing new to run on it and simply just calm down, go more gentle, and event sometimes just stop for a bit. When thoughts calm down, so does the mind. Without words, living two persons together, attention become more intense, but with lots of gentleness. I remember that during those 3 days my companion was more often biking at my speed than during all the rest of our trip, where he used to be a couple or a hundred of meters in front of me. Noble silence, for 3 days, was already enough for thoughts to calm down. Then, after that silence, come the noble speech and words again, the joy to find back the sound of your own voice, to talks, use words, exchange, have a dialogue, and even if wanted or needed, being back to the silence.

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Comme un air de Woodstock – French modern woodstock

Retour sur images, été 2018, le Rêve de l’aborigène, Airvault, France. Trois jours de festival à ciel ouvert, dans les champs, des milliers de personnes pieds nus, le sourire aux lèvres, les cheveux emmêlés. Des enfants, des chiens, libres, partout, joueurs, heureux. Presque pas un seul téléphone ni appareil photo, juste les gens, le soleil sur leur peau, la musique, la nourriture, les gens qui dansent toute la nuit au son de la musique. Tout le monde me dit « On dirait le film la belle verte », je ne l’ai pas encore vu, ce film, mais ça a l’air bien. Quasi le même, un peu plus petit, quelques semaines plus tard, l’Arbre qui Marche. Une inspiration à la simplicité.


Back on pictures of summer 2018, « Dream of the Aboriginal » festival, Airvault, France. Three days of open air festival, in fields, thousands of barefoot people, with smiles on their face, free hairs. Children, dogs, free, happy and playful. Pretty much no mobile phone and no camera, just people, sun on their skin, music, local vegan food. A similar one, a couple of weeks after, « The walking Tree », both of them inspire you to live different, tending to more simplicity

https://www.lerevedelaborigene.org/fr/

http://www.larbrequimarche.asso.fr/

photos par Le Poulpe

Lausanne – Chamonix – Les 7 Laux – Genève

Mon amie Muriel m’a proposé de la rejoindre à Pipay, une station de ski au-dessus de Grenoble, pour un festival psy trance. Je l’y ai rejointe en vélo, depuis la Suisse, en passant par Chamonix. Autant dire que mes cuisses ont chauffé avec la chaleur et le poids de mon équipement. Partie trop tard, j’ai même dû monter mon camp sur le col de la Forclaz, de nuit et sous la pluie. Arrivée à Chamonix, la pluie encore, mais heureusement il faisait si chaud qu’elle en était presque agréable. La tente à faire sécher dès qu’un rayon de soleil revient. Des éclairs au chocolat pour se redonner du courage. Au total quelques 250 km à l’aller et quelques 4000 m de montées, et un retour plus doux, surtout de la descente et du plat, juste un petit Col, le Col du Chat au-dessus d’Aix les bains, et quelques 150 km en direction de Genève avant d’abdiquer et prendre le train. Une belle échappée, et de belles courbatures aux cuisses. Et super heureuse de retrouver Muriel, avec qui j’ai vécu presque 1 mois à Goa, en Inde, il y a de ça 1 an et demi, et qui m’avait à l’époque initiée à l’acroyoga dans les jardins de Nasik. Oh, et bien sur mon panneau préféré en France « Un train peut en cacher un autre » à mi-chemin entre le mystère, la philosophie, l’humour et l’appel à la prudence.


My friend Muriel asked me to join her to Pipay, a ski station above Grenoble, France, for a psytrance festival. I went. Biking. From Switzerland, going through Chamonix and alps. My thighs were so sore, with the warm temperature and my heavy bike. I left too late on the first day and couldn’t reach the top of the Forclaz pass and had to find a place to camp on it. Arrived in Chamonix, it began to rain, but happily it was so warm I enjoyed it. The tent to let dry in the sun as soon as he show up. Some bakery to find more courage. I biked some 250km on the way, and some 4000 meter high difference, but on the way back it was less hard, just a small pass, the pass of the cat above Aix-les-Bains, and only 150km to Geneva before I get to tired and took a train back to Lausanne. A nice trip, and nice muscle soreness. And super glad to see again my friend Muriel, with who I used to live for 1 month in Goa, India, 1 year and a half earlier, Muriel who initiate me to acroyoga in gardens of Nasik. Oh, and my favorite French signalization “A train can hide another train”, that I feel in between a mystery, philosophy, humor or encouragement to safety.

Paris Suisse en vélo, et en solo / Paris to Switzerland, biking, on my own

Les distances et les efforts, des notions si relatives

Il y a 1 an, si quelqu’un m’avait proposé de faire Valais-Lausanne en vélo, soit quelques 100 km, j’aurais bien ri et décliné l’invitation. Après avoir rencontré un cyclo-voyageur, et l’avoir suivi sur les routes colombiennes pour quelques 1200 km et dont des canyon, cols et montagnes à n’en plus finir… j’avoue qu’en atterrissant à Paris, ma réaction la plus logique à été de me dire « Chouette, je vais pouvoir rentrer en vélo. Ce sera bien plat. » J’ai alors découvert que la France à vélo, c’est un cadeau comparé aux routes défoncées d’Amérique latine. Les pistes cyclables ont un réseau à part entière, bien rangé, bien numéroté, parfois même sur de longues distances hors circulation routière. Des jolies petites bandes d’asphalte en pleine nature, au plat, rien que pour les vélos. Cadeau. J’en ai profité pour avaler les kilomètres, et faire ma première journée à plus de 100 km, 104 pour être exacte.  Les boulangeries-pâtisseries et fromageries sont également une source de joies sans fins après la Colombie. Je comptais la distance parcourue non plus en km de vélo mais en nombre d’éclairs au chocolat consommés à la journée. La fringale du cycliste.

Trouver son rythme

Ce voyage-là a été un voyage en solo, une première pour moi à vélo, m’aura permis de découvrir et d’apprivoiser mon rythme. J’ai pu voir que j’allais bien plus lentement qu’avec mon compagnon de voyage colombien, mais que j’étais alors capable de pédaler bien plus d’heures dans la journée. Un rythme lent, peut-être une des principales caractéristique des voyages à vélo. Une éloge de la lenteur et un beau contre-pied à ce monde sans cesse en train de courir.

Solidarité villageoise

J’ai également pu découvrir que si je choisissais mes itinéraires routiers hors grands axes, en passant par des petits villages, qu’il était parfois difficile de trouver une boulangerie ou épicerie ouverte. Une fin d’après-midi, avant de traverser le jura, je n’avais pas mangé depuis le matin, et à chaque village on me renvoyait vers la ville, celle bien sur qui n’était pas sur mon itinéraire. J’ai alors fais appel à la solidarité villageoise, en m’arrêtant dans un petit village avant les cols que j’allais franchir, en racontant mon histoire à un groupe de femme rassemblées dans la rue pour papoter. Je leur ai quémandé un bout de pain sec et une gourde de sirop. Mon histoire les a touchées, et je me suis retrouvée avec un pique-nique complet, des sourires, des encouragements, et  rencontre avec Franklin, un énorme chien, champion de France des bouviers bernois, aussi gentil et doux qu’impressionnant. Et gros.

Oui oui oui, je peux le faire

J’ai eu la chance d’avoir eu sur quasi tout mon parcours le beau temps. Le matin, j’attendais que le soleil réchauffe ma tente avant de pointer le bout du nez hors de celle-ci dans la fraîcheur du mois de mai. Juste avant d’atteindre la Suisse, les gens rencontrés sur la route m’auront prévenu qu’un jour de pluie était prévu pour le lendemain. Cela tombait juste lorsque je devais passer le Jura, et j’ai alors fait une descente de col sous cette pluie qui me glaçait jusqu’à l’os. Cet instant où je me demande bien à quel moment je me suis dit que c’était une bonne idée de voyager à vélo, où je me sens toute petite, et fragile, tellement fragile. Heureusement, quelques heures plus tard, j’ai pu me réchauffer au soleil, et me rappeler pourquoi je faisais ça. Enfin, surtout, oublier pourquoi je ne le ferais pas. La solitude parfois se rappelait à moi, par contre, elle m’augmentait terriblement le sentiment de contact avec la nature, ainsi que la satisfaction, le sentiment de faire les choses soi-même. J’étais heureuse de me dire que j’étais capable, à la force de mes mollets, de rentrer de Paris, juste avec ma tente et mon vélo. Si un jour, il n’y a plus de pétrole, je peux au moins aller voir les copains parisiens.

Retour au pays

J’aurai au final mis 9 jours pour parcourir les 600 km entre Paris et Genève, puis 3 de plus pour les 200 km restants pour rejoindre mon Valais natal, cette fois avec différents arrêts pour aller retrouver des amis, pour certains, les surprendre à la sortie de leur travail, avec mon vélo, alors qu’ils me croyaient encore en Amérique latine. Carole a failli faire une crise cardiaque, et j’ai pu arracher quelques larmes à Anaëlle et Lauriane. Quelle émotion également, après tous ces mois d’aventure, de rentrer dans la maison de mon enfance, à vélo, depuis Paris, et faire également la surprise à mes parents, à qui j’avais envoyé des photos alibis de plage pour leur faire croire que j’étais au Mexique tandis que je pédalais vers la maison.


Distances and effort, such relatives concepts

One year ago, if someone would have ask me to go from Valais to Lausanne, what means some 100 km, I would have laugh and politely declined. After I met a traveller that only travel by bike, and followed him on colombians roads, for some 1200km and lots of mountains, passes and canyons… I admit that when I just landed in Paris, my first reaction was to think « Sweet, I can go back home biking. It’s gonna be flat. » I discovered that France, biking, is a gift compared to old colombians roads. Nice pathes only for bikes, good asphalt, in nature, flat, easy and comfortable. I even did my first 100 km in a day, 104 to be precise. Bakery and cheese factory were a pleasure as well for me, after central amercia. Some day I used to calculated the distance I did not in km but in number of pastery I ate. The craving of cyclist.

Find his own rhythm

That travel was my first solo bike travel, what made me discover and tame my rhythm. A slow one, way slower that what I used to do with my companion, but made me able to be more hours on the bike during the day. Slow rhythm is maybe the first characteristic of a bike trip. Praise of slowness, in a world constatly running.

Villages solidarity

I discovered as well that choosing small roads without too much traffic made me go through small villages, what means, sometimes, it was a struggle to find a bakery or grocery. One afternoon, just before crossing Jura and a small pass, I was hungry, because I just ate in the morning and biked for hours, and in every villages I crossed, people told me to go to a city to buy food. But the city was not on my itinerary. So I asked for solidarity, when in a village I saw a group of women chatting in the street. I asked them for a piece of dry bread, and some sirup for my water, and told thème about my trip. My story touched their, and they offer me so much food I hade enough for 3 meals, and offer me as well their smiles and encouragements. It made my day.

I can do it

I was lucky enough during that travel to have sunny days almost all the way long. During the fresh mornings I use to wait until sun was there to warm my tent before to have a look out of it. Just before arriving in Switzerland, people I met told me it will be raining for a day. Just during that day, unfortunately, I was biking down a pass, under the chill rain. It make me cold as the rain was entering inside of my body. At that moment, I really asked my self « why do I do that? when did I thaught it was a good idea to travel with a bike!? ». Those times when you feel so little, and fragile, so fragile. But then, just a couple hours later, when the sun and warmth were back, I just remember why I do it. Or maybe, forget why I wouldn’t. Solitude sometime was calling me, but in a way, solitude made me closer to nature, and to the satisfaction and hapiness to being able to do something on my own. I was happy to now that I was able to cover such a distance just with my legs. If one day, there is no more petrol, I can just bike. It’s gonna be ok.

Back home

I finally browsed the 600km between Paris and Geneva in 9 days and then the 200 km to the Valais in 3 more days. Those last days I did different stop to meet friends. Some of them were still thinking I was around central america and I surprised them at their working places or homes. My friend Carole was close to a heart attack and I braught a tear to the eyes of Anaëlle and Lauriane. What a feeling as well to come back to the house of my childhood, from Paris, with my little yellow bike, and surprise my parents, to who I previously send alibi pictures of mexican beaches when I was biking back home from France.

L’art du bivouac / Art of setting up a camp

Protégée par la solitude

Un de mes grands apprentissages de ce voyage à vélo, c’est l’art du bivouac. Trouver le lieu idéal pour passer une nuit sous tente, tranquille, à l’abri, hors des sentier battus et du monde des hommes. Souvent les gens s’interrogent sur le danger de camper seule, dans la nature. Au final, mon impression, c’est que la nature, justement, et le fait d’être seule au milieu de nulle part me protège. Que ce soit en Colombie ou en Europe, c’est dans les villes et au milieu des gens qu’il y aurait pu avoir du danger, tandis qu’au milieu des champs et des campagnes, je me suis toujours sentie en sécurité. Pour trouver un coin ou bivouaquer, je cherchais donc à m’éloigner des villes et villages, facile à vélo, pour trouver un chemin de traverse qui m’éloigne ensuite de la route, puis éventuellement un chemin piéton qui mènerait à un bout de pré ou un coin de champ, tranquille, loin de toute agitation.

Ecouter et  observer

Une fois le lieu trouvé, j’ai pris l’habitude de m’assoir, manger un morceau, et prendre le temps de tâter le terrain, observer, écouter, m’habituer aux bruits de la nature environnante, pour les identifier et ne pas m’en effrayer une fois la nuit tombée. Si le lieu était alors tranquille et que personne n’était passé par là, je montais alors mon camp, et me blottissais dans ma tente, à l’abri des regards. Je laissais mon vélo jaune à vue à côté de la tente, signifiant ainsi au potentiel passant ou propriétaire du champ que j’étais un voyageur de passage, que je n’allais pas squatter là plus longtemps qu’une nuit. J’avais aussi la pensée rassurante, que la personne qui verrait ce tableau se dirait « il est bien fou et surement assez costaud, celui qui voyage à vélo avec sa tente ». Il n’imaginerait alors pas un petit bout de femme dans la tente et n’aurait même pas l’idée de m’importuner. Ce n’est d’ailleurs jamais arrivé. Même en Colombie, la seule fois ou des locaux sont venus nous voir au matin, c’était pour nous apporter du café ou une soupe.

Bovine compagnie

L’expérience m’aura également appris à chercher des espaces dégagés, à la fraîcheur du mois de mai, afin de profiter des éventuels derniers rayons de soleils et surtout des premiers aux matins. A éviter les endroits proche de points d’eau, synonyme d’attaque de moustique. A chercher des lieux plus ou moins plat, pour ne pas passer la nuit à glisser au fond de ma tente, et des endroits avec un sol mou, pour planter mes sardines. Tout un art. Qui devient vite une habitude. Je me rappelle également de ce matin, campant dans un pré inoccupé et déjà brouté dans les environs de Charolle, ce matin où je séchais ma tente humide de rosée, et que j’ai eu soudain un très fort sentiment d’être observée. J’ai alors levé mon regard, et qu’elle n’était pas ma surprise en voyant dans le champ voisin que toutes les vaches s’étaient rassemblées et rapprochées pour m’observer de leurs regards curieux. Agréable et ruminante compagnie.


 

Protected by solitude

One thing I highly learned and that was new for me in that bike adventure was art of setting up a camp in nature. Sounds simple, and actually, once you get used to, it is. You just need a place far away from passage of humans, to be quiet and safe. Often people ask me about danger to camp alone in nature and I have to say that nature, and being alone actually gave me a feeling of security, even of protection. It’s in town that I could have felt danger, and then just wanted to leave. And that feeling is exactly the same, in Europe or Central America. So, basically, to set up a camp, I used to find a road far from villages, then take  a smallest one going somewhere, followed it, then find a path leeding to nowehere. And here I was. With a bike, it’s pretty easy compared as walking.

To listen and observe

Once the place was found, I used to take a time to observe, juste staying quiet and feel the atmosphere.  I used to sit, eat a bit, rest, and observe the place, the sounds and identify them – better than once it’s dark and that you are in your tent and freak out for nothing. Once I could saw that absolutely nobody was around, and that the night began to arrive, it was the time to set up the tent, end then go inside of it, like a sweet cocoon, hidden from the glance of peoples.I used to let my yellow bike in front of the tent, just saying to people that could walk around later that I’m a bike traveller, what means I’m here only for one night and will leave soon and not distrub anyone.What could mean as well, in mind of people, that the will imagine a strong traveller, crazy enoug to travel just with his bike and tent, and probably not even imagine a tiny lady is in that tent, and won’t have the idea to bother me. . That never happened actually. Even in Colombia, the only time someone came in the morning was to bring a cup of tea or a soup for breakfast. Pretty much not dangerous. Even totally cute.

Bovin compagny

Experience teached me as well to look for large open spaces, to try to have the last sunray and the first one in the morning, to warm me up in the freschness of may. I learned to stay away from lake or small river, synonym of moskitoes, try to find a flat place, not to slide all the night in my sleeping bag on my air mat, and a place with a tender ground, to plant my tent in the ground. A whole art that fast become an habit. I remember as well that morning, camping in an vacant field already eaten by cow, around Charolle in France, that I felt observed when I was drying my dewy tent. I felt a little bit unconfortable as that feeling was getting stronger, looked up, and has the surprise to see all the cows of the next fiels grouped in front of me and observing me with them curious eyes. Enjoyable ruminating compagny.

 

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