Les distances et les efforts, des notions si relatives
Il y a 1 an, si quelqu’un m’avait proposé de faire Valais-Lausanne en vélo, soit quelques 100 km, j’aurais bien ri et décliné l’invitation. Après avoir rencontré un cyclo-voyageur, et l’avoir suivi sur les routes colombiennes pour quelques 1200 km et dont des canyon, cols et montagnes à n’en plus finir… j’avoue qu’en atterrissant à Paris, ma réaction la plus logique à été de me dire « Chouette, je vais pouvoir rentrer en vélo. Ce sera bien plat. » J’ai alors découvert que la France à vélo, c’est un cadeau comparé aux routes défoncées d’Amérique latine. Les pistes cyclables ont un réseau à part entière, bien rangé, bien numéroté, parfois même sur de longues distances hors circulation routière. Des jolies petites bandes d’asphalte en pleine nature, au plat, rien que pour les vélos. Cadeau. J’en ai profité pour avaler les kilomètres, et faire ma première journée à plus de 100 km, 104 pour être exacte. Les boulangeries-pâtisseries et fromageries sont également une source de joies sans fins après la Colombie. Je comptais la distance parcourue non plus en km de vélo mais en nombre d’éclairs au chocolat consommés à la journée. La fringale du cycliste.
Trouver son rythme
Ce voyage-là a été un voyage en solo, une première pour moi à vélo, m’aura permis de découvrir et d’apprivoiser mon rythme. J’ai pu voir que j’allais bien plus lentement qu’avec mon compagnon de voyage colombien, mais que j’étais alors capable de pédaler bien plus d’heures dans la journée. Un rythme lent, peut-être une des principales caractéristique des voyages à vélo. Une éloge de la lenteur et un beau contre-pied à ce monde sans cesse en train de courir.
Solidarité villageoise
J’ai également pu découvrir que si je choisissais mes itinéraires routiers hors grands axes, en passant par des petits villages, qu’il était parfois difficile de trouver une boulangerie ou épicerie ouverte. Une fin d’après-midi, avant de traverser le jura, je n’avais pas mangé depuis le matin, et à chaque village on me renvoyait vers la ville, celle bien sur qui n’était pas sur mon itinéraire. J’ai alors fais appel à la solidarité villageoise, en m’arrêtant dans un petit village avant les cols que j’allais franchir, en racontant mon histoire à un groupe de femme rassemblées dans la rue pour papoter. Je leur ai quémandé un bout de pain sec et une gourde de sirop. Mon histoire les a touchées, et je me suis retrouvée avec un pique-nique complet, des sourires, des encouragements, et rencontre avec Franklin, un énorme chien, champion de France des bouviers bernois, aussi gentil et doux qu’impressionnant. Et gros.
Oui oui oui, je peux le faire
J’ai eu la chance d’avoir eu sur quasi tout mon parcours le beau temps. Le matin, j’attendais que le soleil réchauffe ma tente avant de pointer le bout du nez hors de celle-ci dans la fraîcheur du mois de mai. Juste avant d’atteindre la Suisse, les gens rencontrés sur la route m’auront prévenu qu’un jour de pluie était prévu pour le lendemain. Cela tombait juste lorsque je devais passer le Jura, et j’ai alors fait une descente de col sous cette pluie qui me glaçait jusqu’à l’os. Cet instant où je me demande bien à quel moment je me suis dit que c’était une bonne idée de voyager à vélo, où je me sens toute petite, et fragile, tellement fragile. Heureusement, quelques heures plus tard, j’ai pu me réchauffer au soleil, et me rappeler pourquoi je faisais ça. Enfin, surtout, oublier pourquoi je ne le ferais pas. La solitude parfois se rappelait à moi, par contre, elle m’augmentait terriblement le sentiment de contact avec la nature, ainsi que la satisfaction, le sentiment de faire les choses soi-même. J’étais heureuse de me dire que j’étais capable, à la force de mes mollets, de rentrer de Paris, juste avec ma tente et mon vélo. Si un jour, il n’y a plus de pétrole, je peux au moins aller voir les copains parisiens.
Retour au pays
J’aurai au final mis 9 jours pour parcourir les 600 km entre Paris et Genève, puis 3 de plus pour les 200 km restants pour rejoindre mon Valais natal, cette fois avec différents arrêts pour aller retrouver des amis, pour certains, les surprendre à la sortie de leur travail, avec mon vélo, alors qu’ils me croyaient encore en Amérique latine. Carole a failli faire une crise cardiaque, et j’ai pu arracher quelques larmes à Anaëlle et Lauriane. Quelle émotion également, après tous ces mois d’aventure, de rentrer dans la maison de mon enfance, à vélo, depuis Paris, et faire également la surprise à mes parents, à qui j’avais envoyé des photos alibis de plage pour leur faire croire que j’étais au Mexique tandis que je pédalais vers la maison.
Distances and effort, such relatives concepts
One year ago, if someone would have ask me to go from Valais to Lausanne, what means some 100 km, I would have laugh and politely declined. After I met a traveller that only travel by bike, and followed him on colombians roads, for some 1200km and lots of mountains, passes and canyons… I admit that when I just landed in Paris, my first reaction was to think « Sweet, I can go back home biking. It’s gonna be flat. » I discovered that France, biking, is a gift compared to old colombians roads. Nice pathes only for bikes, good asphalt, in nature, flat, easy and comfortable. I even did my first 100 km in a day, 104 to be precise. Bakery and cheese factory were a pleasure as well for me, after central amercia. Some day I used to calculated the distance I did not in km but in number of pastery I ate. The craving of cyclist.
Find his own rhythm
That travel was my first solo bike travel, what made me discover and tame my rhythm. A slow one, way slower that what I used to do with my companion, but made me able to be more hours on the bike during the day. Slow rhythm is maybe the first characteristic of a bike trip. Praise of slowness, in a world constatly running.
Villages solidarity
I discovered as well that choosing small roads without too much traffic made me go through small villages, what means, sometimes, it was a struggle to find a bakery or grocery. One afternoon, just before crossing Jura and a small pass, I was hungry, because I just ate in the morning and biked for hours, and in every villages I crossed, people told me to go to a city to buy food. But the city was not on my itinerary. So I asked for solidarity, when in a village I saw a group of women chatting in the street. I asked them for a piece of dry bread, and some sirup for my water, and told thème about my trip. My story touched their, and they offer me so much food I hade enough for 3 meals, and offer me as well their smiles and encouragements. It made my day.
I can do it
I was lucky enough during that travel to have sunny days almost all the way long. During the fresh mornings I use to wait until sun was there to warm my tent before to have a look out of it. Just before arriving in Switzerland, people I met told me it will be raining for a day. Just during that day, unfortunately, I was biking down a pass, under the chill rain. It make me cold as the rain was entering inside of my body. At that moment, I really asked my self « why do I do that? when did I thaught it was a good idea to travel with a bike!? ». Those times when you feel so little, and fragile, so fragile. But then, just a couple hours later, when the sun and warmth were back, I just remember why I do it. Or maybe, forget why I wouldn’t. Solitude sometime was calling me, but in a way, solitude made me closer to nature, and to the satisfaction and hapiness to being able to do something on my own. I was happy to now that I was able to cover such a distance just with my legs. If one day, there is no more petrol, I can just bike. It’s gonna be ok.
Back home
I finally browsed the 600km between Paris and Geneva in 9 days and then the 200 km to the Valais in 3 more days. Those last days I did different stop to meet friends. Some of them were still thinking I was around central america and I surprised them at their working places or homes. My friend Carole was close to a heart attack and I braught a tear to the eyes of Anaëlle and Lauriane. What a feeling as well to come back to the house of my childhood, from Paris, with my little yellow bike, and surprise my parents, to who I previously send alibi pictures of mexican beaches when I was biking back home from France.