Comme une épopée / like a good old epic

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(soon no more petrol, get your legs ready)

Ce que j’ai aimé, dans ce voyage à vélo à travers la Colombie, c’est justement l’impression de voyager. De voyager vraiment, comme les voyageurs des temps anciens, comme les voyageurs dans les histoires, contes et légendes. De vraiment traverser les pays par soi-même, à la force de ses jambes uniquement.

Comme une épopée des temps anciens

L’an passé, en revenant de voyage, des amis ou connaissances me disaient  » tu as beaucoup voyagé, tu as presque fais le tour du monde non? », et non, je n’avais pas vraiment l’impression d’avoir voyagé, ni d’avoir fait le tour du monde. J’avais l’impression d’avoir vu du monde, mais de m’être fais promener ici et la-bas par les différents moyen de transports. Tandis qu’en voyage à vélo, je fais vraiment les choses moi-même, et ça c’est un sentiment génial.

C’est lent, c’est dur, mais c’est la liberté.

Quand j’ai sur mon vélo mes habits, ma tente, ma nourriture, je n’ai besoin ni de logement, ni de transports, ni de pas grand chose pour aller d’un pays à l’autre. Et je repense à un ami, avec qui on parlait du compromis constant entre confort et liberté. Si tu n’as quasiment rien, aucun bien, pas de travail, que tu dors à la belle étoile et voyage à la force de tes jambes, tu es totalement libre. Totalement libre. Mais tu n’as pas beaucoup de confort. Parfois aucun, quand soudain il pleut ou que tu es malade. Par contre, si tu as un travail, un salaire, peut-être une maison, une famille, tu as probablement tout le confort qu’il te faut. Mais tu n’es pas vraiment libre, car tu as la responsabilité de ces choses que tu possèdes. Ce sont un peu les deux extrêmes. Libre à chacun de trouver le juste milieu qui lui convient, qui variera d’une période de sa vie à une autre, et selon les rencontres.

Apprendre à mieux se connaître

Ce que j’aime ainsi dans le voyage, c’est que pendant un certain temps, je vis avec si peu, et la plupart du temps, je vis très très bien ainsi, et qu’après un certain temps, oh combien je peux apprécier une douche chaude et un bon repas. Cela me permet de mieux cibler mes besoins, mes valeurs, pour mieux comprendre qui je suis et ou j’ai envie d’aller. Quelle est ma réalité et le monde que j’ai envie de me créer.


 

What I mostly enjoyed, travelling with a bike, was precisely the feeling of being travelling. Being really travelling, like travellers of an ancient time, travellers in stories, fairies and tales. To go through landscapes and even countries by myself, only with the strength of my legs.

Like an epic of ancient times

Last year, coming back from my travel through India, Thailand, Nepal, Australia and Japan, friends or people I met used to tell me « Yiu travelled a lot, it’s like you travelled all around the world », but I didn’t feel like I travelled around the world, I felt like I’ve seen lots of beautiful places, yes, and that I wandered here and there, but not like I was travelling. With a bike, that feeling of being travelling is really strong, I really feel that I did something, and I love the feeling.

It’s slow, it though, but it’s freedom

When I’m on my bike, I’ve got my clothes, my tent, my food, I don’t need anything, I don’t need to find an accomodation, to pay for transports, nothing, and I can go (pretty much) wherever I want. That make me thing about a friend talking about the dilemma between freedom and comfort. When you’ve got nothing, no possessions, no job, no obligation, no family, that you sleep under the stars, travel with your legs, you’re free. Totally free. But, on the other hand, you probably don’t have any kind of comfort, and the day it’s raining or when you are sick, you are free but probably not so happy right on that moment. On the other hand, when you’ve got a job, a home, a family, a car, money, good food, friends around you, you’ve got all the comfort you need. But you’re not really free, because you have got the responsibility of things you own. Those two are the extremes of a continuum of millions of possibilities, so you are free to chose the one you need, your own way, that maybe, probably, will change from a period of your life to another, through people you will meet or through your different projects.

Learn to know yourself

What I really love through travelling, and from all type of travelling,  it’s to try different way of living. During a time, I can experiment what is to live with pretty much nothing, and see that I’m really enjoyed it, and then maybe see as well how much I love to take a warm shower at a point. It allow me to understand better what do I need, what do I want, who I am and where I’m going. What is my reality and which world I want to create around me.

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La pluie, la mécanique vélo, les petits pépins et les jours sans / bad days

Parce que les réseaux sociaux nous invitent à ne montrer que le plus beau, parce qu’en vrai, on essaie aussi parfois de les chasser de nos souvenirs, on serait parfois tenté d’oublier les difficultés, les petites galères du quotidiens et de l’aventure. Ces moments où l’on est perdus, ou bien quand les vélos n’en font qu’à leur tête, qu’il n’y a nulle part ou camper, les moments où l’on galère et on se demande ce que l’on fout là… Ce genre de moment où notre enfant intérieur aimerait bien juste appeler sa maman pour qu’elle vienne le chercher.

Le voyage à vélo, c’est l’aventure, et l’aventure, c’est chouette; mais, en Colombie, à partir d’avril, c’était aussi le début de la saison des pluies. En théorie, ce n’est pas tant gênant pour pédaler, vu qu’il ne pleut que quelques heures par jour, il suffirait de passer entre les gouttes. En pratique, il y a aussi les heures de midi ou il fait plus de 30°, à éviter, et le soleil qui se couche tôt. Il fait nuit noire à 18:00. Tout ceci laisse, pour pédaler, quelques heures le matin, de 6h à 10h, et quelques heures l’après-midi, disons de 15h à 18h. Et dans cette tranche horaire-là, il faut aussi compter le temps de trouver un endroit ou camper, monter le camp, cuisiner au feu, puis le lendemain matin le démonter, sécher la tente si la nuit a été humide – voir torrentielle. Bonne chance pour trouver entre deux le matin ou le soir un peu d’énergie pour s’étirer, faire du yoga, ou masser les muscles fatigués. Donc en réalité, nous avons régulièrement pédalé sous l’eau, k-way, masque et tuba, ou pédalé de nuit, à la lampe frontale, avec un gilet jaune pour être visibles par les camions, qui eux aussi, roulent de nuit. Je n’ai pas beuacoup de photos de ces moments-là, comparé aux moment de soleil et de paysages sublimes, mais ces moments-là ont bel et bien existé. La pluie, de temps en temps, ce n’est pas désagréable, mais quand les journées de pluie ou s’enchainent, que ni la tente ni les habits ne sèchent, et qu’à chaque pause le vélo se  transforme en étendoir à linge, le moral des troupes en prend quand-même un coup. Puis des petits soucis avec nos amis les insectes; entre les sandflies, les moustiques et autres, j’ai passé certaines semaines à me gratter constamment les jambes, chevilles ou bras, me sentant comme un sac à puces. Le sommet de l’inconfort insectal, pour moi, aura été la découverte d’un parasite se déplaçant dans mes orteils puis passant sous ma plante de pied, petit souvenir ramené d’Amazonie, qui aura nécessité une consultation médicale et un traitement de choc type vermifuge.

Ensuite, il y a les petits soucis mécanique vélo. Un pneu qui crève, des freins qui font des variantes à tantôt trop ou trop peu serrer, une selle qui s’en va, les vitesses qui ne passent plus, un câble qui lâche. Il y a eu aussi parfois obligation de traverser une ville. Nous avons eu le malheur de devoir traverser Bogota, 8 millions d’habitants pour un trafic chaotique, il y a de quoi se faire des sueurs froides. Une autre difficulté du voyage à vélo, les erreurs de planification d’itinéraire, quand on s’attend à un dénivelé et qu’au final on se retrouve face au double ou au triple, peuvent également éreinter. Les faux itinéraires, qui nous amènent sur des routes qui n’existent pas et forcent à rebrousser chemin, sont également une épreuve de patience et de lacher prise. Les routes colombiennes, c’est aussi le choix entre une route bien asphaltée, mais des camions tout du long, ou une route sans camions et sans circulation, mais sans goudron. Le choix est parfois cornélien. A savoir que le réseau routier est peu développé, et le réseau ferroviaire inexistant, tout le transport se fait par camion. Des bons gros camions à l’américaine, quant ils passent à côté du vélo, mieux vaut garder sa ligne. Et puis, voyager à vélo, c’est aussi se faire agresser par tous les chiens de garde devant lesquels on passe. Heureusement la plupart du temps c’est juste de l’intimidation, mais quand on a pas l’habitude, ça fait tout à coup faire des pointes de vitesse bien plus vite. Trouver un endroit pour camper s’est aussi parfois avéré être un challenge, la plupart des champs étant solidement barbelés et fermés. Survivre à un premier voyage à vélo, c’est aussi apprendre à trouver son rythme, et faire des pauses pour permettre au corps de s’adapter et aux muscles de se former. Sauf que quand on ne les connais pas encore, ses limites, et bien au début, on force trop, avant de savoir ce qu’on peut encaisser ou pas, et s’adapter. Ne pas oublier que comme dans chaque sport, le repos fait aussi partie de la planification de l’entrainement. L’alimentation aussi doit être adaptée. Les premiers temps, je faisais pas mal de pics d’hypoglycémie, heureusement, la goyabada, une pâte de pulpe de fruit et de sucre, ou des bananes, me permettaient de reprendre du poil de la bête. Il y a aussi les jours où on se demande ce qu’on fait là, quel est le sens de tout ceci. Les jours où notre partenaire de voyage nous exaspère et les moments où  l’on n’a plus rien à se dire. C’est aussi cela, la réalité du terrain. Le voyage à vélo, c’est intense, dans les bons comme dans les mauvais moments. Comme toujours, ne jamais se fier aux apparences, ne pas trop croire aux images mangifiques postées sur instagram et aux visages souriants. La difficulté, parfois, est bien là.

Mais, malgré tout, ces problèmes restent, comme j’aimais à les appeler, « des problèmes de riches ». En vrai, nous n’avons subit aucun grave accident, nous avions à tout moment la possibilité financière de pouvoir se loger, se nourrir, se soigner voir même rentrer si besoin, et fort heureusement, la violence est tourjours restée hors de notre route. J’ai voyagé avec un petit bouquin que j’aime beaucoup, et qui m’a souvent aidé à relativiser, le « Petit traité de l’Abandon » du philosophe suisse Alexandre Jollien. Une invitation au lâcher-prise, à faire un pas en arrière pour observer ce qui nous arrive et comment on y réagit. Accueillir la vie et son flot d’émotions telle qu’elle est, et grandir avec elle. Merci Alexandre.


Because social medias invite us to show only the most beutiful, amazing and epic, because in reality, that’s actually what we do with our memories sometime, trying to remember only the good times and chase away the difficult ones, after a while, it’s pretty easy to forget about struggles, pain, difficulites of adventure. Those moments when I felt lost, or when the bike just do what it want, when there is nowhere to camp, when I ask myself what I am doing here… those kind of moment when my inner child would like just to call mom to bring me back. 

To travel with a bike is an adventure, adventure is rad, fun, a life changing experience; but, in Colombia, from april, it’s the rainy season as well. Theoretically, it’s not a problem, because it’s not raining all day long but just a couple of hours here and there. We could just bike inbetween. In practice, there are, as well, other time not optimal for biking, for exemple in the middle of the day when the days turn warmer and warmer and it’s more than 30° celsius, and after 6 PM because it’s already the night.  What means, you should bike in the morning, let’s say between 6 and 10, and later in the afternoon, between 15 and 18. In reality, you need as well time to found a place to camp, set up the tent, cook, and if the night was rainy, to dry the tent in the morning. You have to force yourself to you find time in the morning and night to stretch a little bit, do some yoga or massage your tired muscle. So, in reality, we frequently used to bike under the water, with raining coats, mask and tuba, and used to bike during the night time as well, with a headtorch. I don’t have many pictures of those moments, compared to sunny ones and blissful landscacpes,  but they were real, they were there. And rain, time to time, it’s ok, because it’s not a cold rain like in europe, but when rainy day are following each other, none of your equipment will dry, from tent to shoes to clothes, and for sure you will feel it’s influence on your mood. Then some struggle with my insects friends; sandflies, moskitoes and other, during some days I was just scratching like a fool, feeling like a street dog and being afraid to open my skin scratching too much and then get into an infection, in that constant humidity. The highest point of discomfort was for me the day I discover that a parasite was wandering under my sking, from one toe to the other, a souvenir of amazonia probably, what needed to consult a doctor and take a strong anti parasite treatment.

Then, let’s talk about bike mechanic. A tire that goes flat, breaks that don’t respons as they are supposed to, breaking too much then not enough, a saddle that goes away, gird that doesn’t switch well, a cable that break. Time to time you need to go through a city as well. We had the bad time of our life going through Bogota, 8 millions people, and a chaotic traffic, enough to make you afraid for your life on your small little yellow bike. Another difficulty of travelling with bike are when you make an error in planing your itinerary. You are ready for a high difference and you find yourself doing twice that one, or even more. Maps.me sometime bring us to some roads that were not roads, or to a close fence. Colomiban roads are as well the permanent choice, or dilemma, between an nice asphalted road, with plenty of traffic and trucks – because they don’t have train, everything is transported by trucks – or a quiet little road without trucks, but without asphalt as well, and that maybe will bring you to nowehere. And dogs, dogs barking everytime you pass close to a home, to a field, to a property, 20 to25 times a day, barking and running after you. Mostly it was intimidation and we never were bited, but still, it make you suddenly go very fast and increase your heart rate. To find a place to camp could be times to times a struggle, as kind of all the fields are close or fulled with cows, and that in mountaint, when it’s not flat, you don’t have room for your tent. To survive to a first bike trip is, as well, take time to find your rythm, take restdays to permit to your body to adapt and to your muscle to change. But, in the beginning, the very beginning, you won’t know your limits, what means, you probably need to go close to it or to overpass it to be able to recognize your limit and then adapt the load of your training. Like in all sports, never forget that planning decrease of intensity and restdays are part of the plannification  Food have to be adapt as well. At the beginning of my trip, I often went into hypoglicemias, hopefully, goyabada, fruit pulp with sugar, or banana helped me to prevent or treat those. With all of those difficulties, some days, I was asking myself what I was doing there, what was the sens of that. Some day, travelling with bike with someone since monthes, you can even ve exhausted of your partner or feel like you don’t have anymore something to tell to each other or to share. That’s the reality of travelling with bike. It’s intense, in good as in bad times. So, like everytime, don’t trust the pictures on facebook, don’t think all the trip was only smiling faces and beautiful landscapes. Difficulty is real. 

Still, those problems were, finally, as I like to call them  » problem of rich peoples ». We never went into bad accidents, we all the time had the financial ability to take a room in a guesthouse, to eat, to have medicine or treatment, and even to go back if wanted or needed, and violence was never on the same road as we were. I travelled with a small book from a swiss philosoph that I really love, Alexandre Jollien, combining zen and bouddhist ideas and concept with ancient greek philosophy, and the struggle to apply those precept in real life. An invitation to let it go, to surrender to life and just look at that from behind, to observe what happen, our feelings and though, and try to live better with that and to grow as a better human. Thank you Alexandre.

 

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Escalada / escalade / climbing

L’escalade aura été une expérience assez hétéroclite en Colombie. Les deux premiers sites que nous avons visité, La Mesa de Los Santos et Suesca, nous ont permis de faire de belles rencontres, de grimper des voies intéressantes et de différents niveaux.  Les trois sites suivants, Payandé, Juntas et El Penol se sont révélés plus compliqués. Payandé nous est d’abord apparu comme un petit paradis de nature, avant de se révéler être un peu trop sauvage. Chutes de pierres, attaques d’abeilles, mouches de sable, tout ceci loin de la civilisation et d’éventuels secours en cas de pépins. Puis nous avons peu pu profiter des deux autres sites à cause de la pluie. Une difficulté également a été le manque d’information précise. Depuis la Mesa de Los Santos, nous n’avons pas vu un seul topo, mis à part le topo dessiné à la main par notre ami Carlos qui connait ce site comme sa poche. Nous avons également eu quelques difficultés avec les cotations des voies qui étaient parfois peu cohérentes et rencontré peu de grimpeurs locaux qui auraient pu nous aiguiller. Le manque d’information et d’infrastructure, certains sites « péteux » m’ont permis d’apprécier l’énorme travail que fournit les clubs alpins suisses et français pour nous fournir des voies d’une belle qualité par chez nous. J’ai également bien rigolé à Suesca devant le panneaux annonçant qu’en cas d’urgence, il y avait Rico pizza, le camp de base ou les pompiers. Ça nous est d’ailleurs arrivé une fois appeler le service de pizza. Comme quoi.


Climbing would have been an heterogeneous experience here in Colombia. The first two crags that we visited, La Mesa de Los Santos and Suesca, made us meet good peoples, climb sweet routes of different levels. The three next ones, Payande, Juntas and El Penol where for us more complicated. Payande first appear as a forgotten paradise of nature, but soon getting regularly attacked by sandflies, wasps, with falling stones and sketschy routes, turned more into a hell. Then the other sites, arriving on rainy season, were often humid, and didn’t had easy routes for me and my reconvering wrist. A difficulty was the lack of informations. Just one of those 5 sites had a guidebook, and often were the grad not consistent. We didn’t met lots of local climber as well, that could have help us for that. This lack of information and infrastrucure made me realize how much our swiss and european alpin club work all the year long to provide us safe and quality climbs. I had a good laugh as well when I saw in Suesca an information board with number to call in case of emergency: Rico Pizza, Base Camp and firefighter. Actually, we needed once to call rico pizza, and thankfully never the two others.

El bobo mira y el mundo gira

Juntas, un petit village de montagne ou nous avons passé une semaine. Un coin reculé, quasi aucun gringos, des touristes colombiens le week-end et plus ou moins personne la semaine. La dame qui tenait l’auberge où nous étions avait l’habitude de travailler durement, je la voyais s’activer toute la journée, faire le feu, la cuisine, gérer la maison, s’occuper de sa mère malade, des animaux de la basse-cour, canards, poules, cochons, les 5 chats de la maison (“ es la casa de los gatos aqui”) et du chien Luca – qui soit dit en passant adorait dormir dans le four à arrepas, des galettes de mais et de fromage. Bref, le genre robuste, montagnarde, rustique et de prime abord même un peu rustre. Au début de la semaine elle ne nous a pas adressé la parole, sauf éventuellement pour me dire de ne pas toucher les chats

« No toca los gatos! Mira y no toca. No me gusta que tu tocas los gatos ».

Puis petit à petit, à force de se côtoyer, elle a finit par s’ouvrir, échanger quelques mots, quelques conseils cuisine. Jusqu’au jour ou mon compagnon de voyage et moi étions accoudés à la barrière, plongés dans l’observation d’une poule et de ses 8 poussins qui alternativement grimpaient sur son dos, se cachaient sous ses ailes puis sortaient la tête entre les plumes. A ce moment, la dame passe à côté de nous, et nous dit  » Que mira!? », « Que regardez-vous?! » ,sur un ton autoritaire.  « La gallina con los gallinitos », « La poule et ses petits », avons-nous répondu. Et la, elle lève l’index vers nous, prend un air sérieux et nous dit

« El bobo mira; y el mundo gira »

c’est à dire  » L’idiot regarde; et le monde tourne » puis s’en va en éclatant de rire. Elle a continué à pouffer pendant une bonne dizaine de minute, en avait même les larmes aux yeux. C’est à ce moment-là que l’on s’est dit qu’elle nous avait adoptés. En effet, à la fin de la semaine, au moment du départ, elle nous demandait quand est-ce que l’on reviendrait.


Juntas is a small mountain village where we spent one week. A place where colombians tourist used to come for week-ends, but where we didn’t meet any gringos. The lady who managed the guesthouse used to work hard all day long, take care of the fire, cook, clean the house, take care of his old mother, of animals of the farm, ducks, chicken, pig, the 5 cats of the house (“es la casa de los gatos aqui”) and of the dog Luca – that love to sleep in the arrepa oven. A strong and robust mountain woman, rustic and maybe a little rude at the first impression, didn’t talk to us at all at the first days, excepted to tell me not to touch the cats.

« No toca los gatos! Mira y no toca. No me gusta que tu tocas los gatos ».

Then, slowly and slowly, she began to be more open, exchange some words, give some advices for cooking. Until a day where my partner and I were leaning on the fence, observing the chicken and its 8 chicks, climbing on her, then hidding below her and their little head emerging out of the feather. At this moment, the lady came and ask us  » Que mira!? », « What are you looking?! » with an authoritarian ton”,.  « La gallina con los gallinitos », « The chicken and her chicks », we answered. Then she raised her finger, looked at us with a straight face, and tell:

« El bobo mira; y el mundo gira »

What means “ the dumb is watching; and the world is turning.” then went away, laughing out loud for a couple of minutes, and even had tears of laugh in her eyes. At this moment we realized that she adopted us. Indeed, at the end of the week, when we had to leave, she already asked us when we plan to come back.

Esta es el plan: subir / C’est le plan: monter / That’s the plan: climb up

Voyager à vélo, en Colombie, c’est découvrir toutes sortes de décors, le Canyon de la Chicamocha, puis des paysages de plus en plus verts, des champs de canne à sucre, des parcs partout, avec des vaches, beaucoup de vaches, des forêts de pins qui m’auront fait penser au Val d’Annivier, un col à 3000m d’alitutde, des lacs et rivières.  Beaucoup de dénivellé. La Colombie, c’est montagneux. En même temps, la fin de la cordillère des Andes, c’est par ici, oui oui, il paraît. Nous avons vu apparaître, presque surpris, notre premier long bout de plat seulement au 6ème jour de vélo. Sur 1’200km effectués dans ce beau pays, nous aurons eu le droit à peine à 200km de plat. Au total, 11’500m de dénivellé. Ca pique.

Nous aurons campé tantôt dans des champs, entourés de lucioles, tantôt en bordure de rivière, et ainsi nous baigner – et en même temps nous laver . Parfois aussi nous aurons campé dans des jardins, lorsque leurs propriétaires nous ouvraient leurs portes. La journée, du vélo, du vélo, quelques ploufs dans des piscines afin de gérer la chaleur (souvent plus de 30 degrés en milieu de journée), des siestes aussi à ces heures-la,  et puis manger, manger des tonnes de fruits, cuisiner aussi, du riz, de la quinoa, des patates, des légumes sur notre feu. Et enfin lorsqu’en en trouvait, des arrêts glaces et boulangerie également. Le vélo, ça donne faim. Très faim.

Tant de nouvelles sensations, tant d’intensité. En une journée, nous traversions tant de paysages que la notion de temps se perdait. Un jour a vélo valait en intensité 2 à 3 jours à un endroit. Exhaltant. Troublant. Intense. Des ascenseurs émotionnels également, assez récurrents. Une première expérience du voyage à vélo dans des paysages sublimes, dure pour moi aussi cette première, mes muscles sont sur-utilisés, j’ai mal aux fesses, je suis épuisée. En début de voyage, je faisais des siestes à tout bout de champs, au propre et au figuré.  Nous nous arrêtions, et il ne fallait pas plus de quelques minutes pour que je m’endorme, que ce soit dans des parcs, en bordure de route sur le goudron, et une fois même sur une chaise en plastique dans un atelier de réparation de vélos. Il parait que c’est les 1000 premiers km qui sont les plus durs. C’est la période de rodage. Ensuite viens le réel plaisir. Et bien, j’ai pu l’attester, la différence était nette après ces 1000 premiers kilomètres.

Nous avons croisé peu de touristes sur les routes et dans les villages où nous allions, comparé à ce que j’ai eu l’habitude de voir en Asie. Nous étions souvent les seuls gringos, et n’avons rencontré aucun cyclo-touriste. Les colombiens étaient très curieux de nous voir passer avec nos vélos chargés et nous posaient plein de questions. D’où on vient, où on va, combien de temps, tout en vélo? Nous leur répondions souvent, que le plan, c’est de monter. Monter en direction de Suesca à 2800m, la première semaine. Remonter vers Ibague et Juntas plus tard. Descendre puis remonter vers El Penol. En espagnol: « Esta es el plan, subir ». Monter, subir, voyez-y les connotations que vous voudrez. N’empêche que la descente, après l’effort de la montée, n’est que plus belle. Quelle joie que de dévaler les kilomètres sans pédaler, et juste apprécier le paysage, cheveux au vent.


To travel with a bike, in Colombia, means to discover lots of different landscapes. The Chicamocha Canyon, then greener and greener landscapes, sugar cane fields, fields with cows, cows everywhere, forest, some forest looking like switzerland forest, a pass at 3000m altitude, rivers and lakes. A lot of high difference. Colombia has mountains, that’s sure, it’s the Andes moutnains range, divided into three branches known as cordilleras. We went on the the cordillera central at Medellin, and on the oriental one through Bucaramanga and Bogota.  We had our first flat drive on the 6th day of bike and on 1’207km we drove, only 200 were flat. In total, we climbed 11’500m high difference. Hard.

We camped sometimes in field, surrounded with fireflies, somtimes close to rivers, where we used to have a bath – and wash ourself. Sometimes we camped in properties of some people oppening there door to us. During the day, we were biking, biking, and biking, and if we could find some swimming pool we were happy to refresh when it was too hot. We used to sleep as well during the midday time, and eat, lots of fruits, and cook as well, quinoa, potatoes, rice, veggies. And when we could, we enjoyed to eat some ice cream and bakery. Bike make you hungry.

So many new sensations, so much intensity. In one day, we usually went through so many different landscape that the percpetion of time was lost. A day travelling with bike was like 2 to 3 « normal » days. Exhilarating. Distrubing. Intense. Emotions going up and down. That first experience of travelling with a bike was for me in beautiful landscapes, but was hard as well for a first time, my muscles were overuse, my bumb use to hurt, I was so many times spent. At the beginning of the trip, I use to get naps so often! When we stopped, I didn’t need more than 2-3 minutes to fall asleep, in a park, on the ground, even on asphalt, and one day even on a chair, waiting for the mechanicher to repair my bike. I’v heard that the first 1000km are hard. After that, you are used to, and you can really begin to enjoy. Actually, it was really like that. The difference before and after those 1000km was clear.

We didn’t see many tourists, and  even less cyclo-tourist. Actually, we didn’t met any cyclo-tourist. In lots of villages we visited, we were the only gringos. Colombien were really curious about us, about our bikes, and used to ask many question. Where we were coming from, where we were going, how many time, everything with the bikes? We used to answer, that the plan was to go up. The first week to go up to Suesca, 2800m, then to go down and up again to Ibague and Juntas, and later again down and up to El Penol. En spanish: « est es el plan, subir ». Subir means to go up, but in french, it means to endure. That was kind of correct.

El canyon del Chicamocha: beau pays, mais sec – sweet landscapes, but superdry

Mon premier jour de voyage à vélo aura démarré par une étape des plus coriaces: le canyon de la Chicamocha. Avec ses quelques 2000m de profondeur, il est plus profond que le fameux Grand Canyon du Colorado. Un paysage sublime, des rochers et des cactus à perte de vue, pas âme qui vive, une route qui serpente le long du canyon, le ciel, bleu intense, la chaleur, dès le matin, intense elle aussi, réverbérée par l’asphalte, les camions et bus qui dépassent, leurs klaxons, et la montée, une montée à n’en plus finir, pédaler pédaler, pédaler,  rester sur le premier plateau et la première vitesse pendant des heures. La route nous aura offert quelques 700m de dénivelé pour mon premier jour de vélo, j’ai beau avoir grandi dans les alpes, c’était dur. Très dur. À partir de 10h, impossible de pédaler, la chaleur étant trop importante, nous nous sommes alors arrêtés à l’ombre d’une terrasse de restaurant abandonné. La chaleur était telle que même faire la sieste me semblait trop d’effort, je me sentais comme fiévreuse, le sommeil ne venait pas malgré la fatigue. Ne pas bouger, respirer tranquillement, et néanmoins se reposer. Puis cuisiner de la quinoa sur notre petit fourneau pour nous redonner des forces avant de reprendre la route une fois la chaleur un peu passée, c’est à dire vers 16h. Le soir-là, nous avons monté le camp sous les étoiles et face à la vallée de la Chicamocha, fatigués mais heureux de cette première journée dans un paysage digne d’un Lucky Luke. Le lendemain matin, le même dénivelé nous attendait, que nous avons essayé d’effectuer le plus tôt possible, avant la chaleur. Puis finalement, une descente, bonheur, et lorsqu’en début d’après midi nous sommes arrivés dans une petite ville – San Gil – et découvert qu’il y avait une piscine dans le parc municipal, nous avons profité d’y faire un plongeon! Avec bonnets de bain obligatoire pour les dames, s’il vous plait, qui soit dit en passant, me va à ravir, le bonnet de bain.


My first byke trip began with a day that will stay in my memory: Canyon of Chicamocha. With a depth of approximately two kilometers, this canyon is deeper than the famous Colorado Canyon. Such a beautiful landscape, rocks, cactus, it seems that no one is living here, the road follow the curves of the canyon, the sky has an intense blue, the warmth is intense as well, from morning already, so intense, trucks and buses passing. It began with 700m level difference to climb with our bikes, it was intense, long, hard. I used to grow up in swiss alps, but still, it was a struggle. A real struggle. From 10 AM, it was already to warm to byke, so we decided to take a rest, but it was even to warm to rest. I was unable to sleep, feeling bad, so I just tried  to stay quiet and not to move to rest. We ate a little bit, then later, at 4 PM, began again to climb that canyon. This evening, we camp under the stars, in front of Chicamocha Valley, exhausted but happy. The next morning, the same high difference was waiting for us, so we tried to do it early to avaid warmth. Finaly, we went at the highest point, and it began to go down. Such a pleasure. Arrived in San Gil, a small city beyond, we discovered there was a swimming pool, and didnt wait to jump in it. Just the time to adjust my swim cap – obligatory for women – that suit me so well.  

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Arts de rue – street art

Mon partenaire de voyage, en tant que musicien, aura profité à quelques reprise de faire de la musique de rue, avec son didjeridoo, et fasciner les colombiens qui sont peu accoutumés à cet instrument. Ce qui m’aura motivée à préparer et chorégraphier une petite séance acro de rue, que nous avons fait sur la place de la petite ville de Guatapé, au son de la musique andine d’amis musiciens. Une première expérience pour moi d’acro en tant que show, et surtout devant un public. Un peu de stress avant de se lancer, mais au final beaucoup de plaisir à effectuer ces mouvements pas juste pour nous mais aussi pour le spectacle, pour le public. Un bel exercice que de danser devant un public, moi qui ai plutôt eu l’habitude de combattre, en kimono et sur un tatami. J’avoue que le regard du public aura carrément été porteur pour moi, une bonne dose d’adrénaline positive. Ma fois, on m’a toujours dit que pour être bon judoka il faut être bon danseur… alors peut-être que l’inverse fonctionne aussi et que si l’on est bon judoka cela aide à être également bon danseur? Qu’importe, tant que le plaisir est là.


My travelling partner, as a musician, did street music for a couple of time during our trip in Colombia, with his didjeridoo, and ascinated colombian poeple not familiar to this instrument. It inspired me to prepare and choregraph a street acroyoga session, that we did in the little city of Guatapé, with andin music of some street artists. A first experience for me of acro as a show, in front of a public. I felt a little bit stressed before to do it, but then it was mostly lots of pleasure with this show and movements and even with dance. A good exercice for me to dance in public, I was more used to fight in front of my public, as a judo athlete. I’ve always heard that to be a good judoka, you need to be a good dancer, so maybe the opposite is working as well, and that to be a good judoka help you to be a good dancer? Anyway, the more important is to do with the heart.

 

https://www.youtube.com/watch?v=PZGxBlj-S2s

 

 

Fruits

Un des plaisir des voyages, à mon goût, réside dans la variété de saveurs, de formes et de couleurs des fruits, exotiques pour nous, totalement locaux ici. Granadilla, guanauana, orangutan, fisalis, pittaya, maracuja, mangue et autres fruits plus ou moins connus sur mon continent se laissent déguster, ou dévorer, à longueur de journée. Lorsqu’on m’a eu demandé ce qui justifiait une destination, j’ai souvent répondu que c’était uniquement pour la nourriture. Des saveurs nouvelles, des fruits inconnus, un avocat gros comme ça! Ça se déguste séparé, ça se mélange à merveille, j’ai redécouvert une recette qui m’a rendue folle, tartare mangue-avocat, un délice avec un peu d’oignon tige, de coriandre, de citron et de sel. Et les découvertes en pâtisserie comme ce gâteau chien crémeux à souhait vu dans une vitrine de Bucaramanga. Ça valait bien le coup de traverser un océan, non?

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One of the great pleasure abroad is for me the variety of savoirs, forms and couloirs of fruits, exotic for us, totally local here. Granadilla, quanabana, maracuja, mango and other fruits more or less known on my continent are a pleasure to try and est all the day long. When I was asked why I choose a destination, I often answered « only for food ». New savors, unknown fruits, huge avocados, each one is delicious, and it’s sometime amazing as well mixed together. I rediscovered what will be my favourite food: tartare of avocado and mango, with a little bit of lemon, coriander, oignon, and salt. It made me crazy. I had as well some funny food discoveries in bakery such as a creamy dog cake seen in Bucaramunga. It’s worth to cross an ocean for that, no?

 

El Principito

J’ai eu la joie de trouver un  exemplaire du petit prince, en espagnol, ce qui m’a permis de travailler un peu cette langue nouvelle pour moi. Pour le moment, j’avais surtout appris par oral et avec Duolingo, une méthode très intéressante au niveau pédagogie, répétitions, automatisation, mais qui certes manque un peu de poésie. Et parfois même de bon sens « El oso bebe leche », l’ours boit du lait, « Quantos perros comen queso? » Combien de chiens mangent du fromage?, « Si, es real », oui, c’est réel. Alors à côté de ça, le petit prince, sachant qu’en Colombie en 3 mois je n’ai pas vu une seule librairie, c’était un pur bonheur.

« Es muy simple: no se ve bien sino con el corazon. Lo esencial es invisible a los ojos. » « El tiempo que perdiste por tu rosa hace que tu rosa sea tan importante. Los hombres han olvidado est verdad. Pero tu no debes olvidarla. Eres responsable para siempre de lo que has domesticado. Eres responsable de tu rosa… dijo el zorro. »

I had the pleasure to find the book of the Little Prince, in Spanish, what helped me to learn a little bit more about this language that is new for me. Until now, I mostly learned through listening and with Duolingo, an interesting method on the point of view of pedagogy, repetitions, automatizations, but missing a bit of poetry. And even sometime some non-sens  » El oso bebe leche », the bear is drinking milk, « Quantos perros comen queso? » How many dogs are eating cheese?, « Si, es real », Yes, it’s real. So, after that, and the fact that during 3 months in Colombia I didn’t find any bookstore, to find the Little Prince was such a bliss. 

La bicicleta made in Colombia

Ma bicyclette, pour ce premier voyage à vélo, vient entièrement de la Cumbre, petit village sur une colline proche de Bucaramunga. Le vélo a été déniché dans un atelier nommé Bicialex, même prénom que moi, un bon signe? Le porte-bagage, lui,  aura été fait sur mesure par un ferrailleur,  après que le vélo ait été repeint en jaune par le carrossier du coin. Un jaune pastel qui aura fait jurer le mécano Alex « Amarilla! No? Per que? Es amarilla taxi! Amarilla marica! Raaaaah ».

Les sacoches ont été faites par une artisane locale également. Il a d’abord fallu trouver l’atelier. Nous n’avions pas l’adresse,  juste son nom et les vagues explications des gens du village qui nous indiquaient de tourner en au carrefour suivant et que nous ne pouvions pas nous perdre. « No se puede perder ». Et bien si si, nous nous sommes perdus, et avons tourné en rond, ça a pris un temps certain.

Puis nous avons trouvé l’atelier. Tout d’abord, l’artisane a refusé de nous ouvrir ses portes,  elle avait 150 sacs à préparer pour une école dans la semaine. Nous avons alors demandé le prix de ce genre de travail, histoire de pouvoir négocier avec la prochaine couturière. Lorsque nous avons appris qu’une sacoche coûterait à peine 30chfs, nous lui avons proposé le double si elle pouvait le faire pour nous. Elle nous a alors ouvert la grille, fait entrer et commencé à prendre les mesures sur le modèle allemand que nous avions en exemple. 

Après quelques jours, le premier prototype était plutôt réussi mais nécessitait encore quelques améliorations. Elle me l’a alors  fait pour la semaine suivante, sur mesure et dans la couleur de mon choix – fushia – deux belles sacoches parfaitement made in Columbia. 

Sur mon vélo, avec un tapis de yoga sur le porte-bagage pour les ajuster à bonne hauteur et quelques poulpes – c’est ainsi que se nomment les tendeurs en espagnol – le tout à l’air de fonctionner à merveille. 

C’est ainsi qu’à commencé mon aventure à vélo avec ce  petit vélo jaune, pour le meilleur et pour le pire.  J’aurai eu l’occasion de le peser, une fois chargé il était quand-même à presque 40kg, ce qui ne m’aura pas empêché de rouler quelques 3’000km, de traverser le canyon de la Chicamocha, passer un col a plus de 3100m, et bien d’autres aventures. 

My first bike adventure would have began even before to bike, through the journey to found the right bike and the right equipment. My bike is entirely made in La Cumbre, little hill above Bucaramunga. The bike itself was found in a bike shop called Bicialex, same name as me, a good sign? The rack was done by metal artisans, after that the bike was painted in yellow. A color that the mechanics didn’t approve, and showed it : »noooo! Yellow? Why? It’s a yellow for taxi! » Colombian people are honnest 🙂 But I already love that color on my little bike. And the bags, the bags where an adventure as well. We had to find Patricia Suarez, a woman doing bags, but as all the people giving us direction were telling « at the corner », we turned and turned and get lost for a bit. Then, when we finally find it, the lady told us she didn’t have time, because a school ordered her 150 bags. As we wanted some information in case we have to discuss the price of those bag with somone else,  we discovered that a bag was only 30 dollars… so we told her that we could pay twice the price if she can do it for us. She opened her doors and began to take the measurment of the german model we had. After a couple of day, the first prototyp was ready, and just needed some little modifications. That lady did for the last week 2 goods bags for me, in the color of my choice – fushia. My bike is ready for adventure and ready to carry everything I will need for that bike roc trip. Fine, I already love my little yello byke, and found on the road some trucks with the same color.

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El Refugio de la Roca

Camper au pied d’une falaise, face au canyon, sous un soleil quasi constant ou sous les étoiles, y rester jusqu’à la pleine lune. Mes premières leçons de didjeridoo, le matin, face au vide, à l’immensité. Inspirant. Retrouver le souffle, du pranayama bien puissant avec en bonus quelques sons et vibrations étranges et agréables. Un excellent professeur. Profiter du Refuge de la Roca pour le plaisir d’un pain au chocolat à l’européenne – rare sur ce continent -, retrouver le plaisir de cuisiner, de délicieuses arepas, du guacamole à n’en plus savoir que faire et bien sûr le plaisir de rencontrer d’autres grimpeurs et voyageurs de tous horizons, tous animés par la même passion. Passer l’après-midi sur les voies d’escalade, un mur orangé, les cactus, en espagnol, avec notre guide et bientot ami, un grimpeur talentueux, un animal, qui équipe les voies en Converses. Une belle rencontre, un guide de montagne colombien qui vit son métier comme une passion mais surtout aime la partager et la faire découvrir. Le genre de personne qui se fait un devoir de maintenir l’énergie haute dans le groupe; toujours plein d’énergie et tout en délicatesse. Pour moi, l’occasion aussi de reprendre contact avec le caillou, première foi apres un poignet sorti du plâtre il y a peu, mélange d’excitation et d’appréhension, de joie intense et de frustration. Réhabilitation verticale. Je suis sur la bonne voie, au propre et au figuré. Renouer plus intensément avec le yoga et l’acroyoga dans une petite salle magique, construite en hauteur, toute en fenêtres, qui permet de rêver et de pratiquer entourée par les éléments, le ciel, les montagnes, le canyon de la Chicamocha. Se laisser vivre. Un petit havre de paix. Oh, et puis, avoir 30 ans.

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A camping right down of the crag, in front of a canyon, under a sun quasi constant or under the stars, we stayed there until the full moon. I get my firsts didjeridoo lessons, in the morning, in front of the immensity. Inspiring. I could feel the breath like in pranayama, with as a bonus sounds and vibrations, little bit strange but so enjoyable. With an excellent teacher. I had the pleasure to enjoy some chocolate breads as well, so good, as good as in France, and the pleasure to cook, lots of vegetables, some delicious arrepas, more guacamole than ever, and to meet climbers and travelers from all over the world, all animated by the same passion. We spent our afternoons on climbing routes, an orange wall, surrounded bon cactuses, we climbed in Spanish with our guide and soon our friend, a talented young climber from Columbia, an animal, who set up routes for us in his Converses. A nice soul, someone who live his profession as a passion and love to share it, to make people discover it, and make his mission to keep the energy of the group high. Full of energy and sweetness at the same time. For me a first contact with the rock again, after the immobilization of my wrist. A mix of excitation and apprehension, of intense joy and frustration, a vertical rehabilitation. I’m on the good way. I took time to be back more intensely in yoga an acroyoga as well, in a little magic yoga room, windows fully open to the sky and view, that gave me the feeling to practice connected with the elements, sky, canyon of the Chicamocha. Ten days where the life was smooth and mellow, ten day to take time to live fully. Oh, and to become 30 years old, as well.

J’ai violé l’amazonie – I violated amazonia

Pour passer du Brésil à la Colombie, l’option la moins chère était prendre un premier vol de Manaus à Tabatinga, petite ville Brésilienne à la frontière colombienne, puis de  traverser la frontière à pied, passer ensuite deux jours à Leticia, petite ville colombienne de l’autre côté de la frontière, avant de reprendre un avion vers le nord de la Colombie ou nous souhaitions aller.  Leticia s’est révélée être une jolie petite ville, relativement touristique, au milieu de la forêt amazonienne. A notre hôtel, on nous a proposé une excursion en bateau, en direction de la jungle, ou nous étions quasi assurés de voir plein d’animaux. Charmés par l’idée, mes compagnons de voyage et moi avons accepté. Cependant, nous nous sommes vite rendus compte de l’attrape-touriste standard: ils nous ont emmenés à une petite maison qui se prétendait être un centre de protection des animaux, et ou nous avons pu à notre guise observer, photographier et même toucher des aras (qui ne volaient pas) des paresseux (qui ne dormaient pas tranquillement sur leurs arbres), et un énorme serpent. Mon cœur d’enfant s’est ravi de prendre dans les bras le paresseux, cette boule de poil improbable, lente, aux  bras disproportionnés et à la coupe de cheveux de Mireille Matthieu. Cependant, après avoir posé quelques questions, nous avons bien soupçonné que les-dits paresseux, soit-disant tombés du nid et recueillis pour leur bien, ont probablement été arrachés à leur forêt afin de faire venir les touristes et tourner le business. Autant dire que je me suis sentie un peu comme si j’avais violé l’Amazonie. J’ai tenté de me réconforter en me disant qu’un paresseux qui se fait caresser toute la journée par des touristes, vu son caractère câlin et lent au possible, est surement moins malheureux qu’un tigre dans le même rôle; cependant, je n’ai pas pu m’ôter de la tête l’idée que ce genre de business arrache à la forêt des animaux qui devraient s’y promener (ou y dormir toute la journée) librement. On ne m’y prendra plus, ma fois.


To go from Brazil to Colombia, the cheapest option was to first take a flight to Tabatinga, small braziliand city close to colombian south border, then to cross the border walking from that city to Leticia, where we spent two days, and then to take a second flight to north Colombia. Leticia was a lovely little city, a little bit too touristic, but sweet, and in the middle of amazonian jungle. Our hostel suggested us to go for an excursion with a boat in the jungle, and told that with that one we will see a lot of amazonian animals. We liked the idea and accpeted, but then see it was just a trap for tourist. They brought us to a small « animal protection center », where we could see aras (not able to fly) and see, photography and even touch sloth (not in there trees and not sleeping all the day quietly). My inner child was really happy to embrace those cute and fluffy and extremly slow animals with huge arms and weird smiling head. But I was able to feel that it’s highly probable that those animals are note here because for their protection but probably here just to attract tourist and make money… instead of being in the jungle. I felt as I violated amazonia. It’s not the way I want to visit countries and I felst disrespectful to nature. I tried to tell myself that a sloth that is cuddeled all the day by tourist is not as unhappy as a tiger in the same position, but still, I would have prefere him free.