
(english below)
Une semaine de repos au camping Vrachos, les météores.
Grise la météo aux météores, les beaux cailloux gardent-ils tous les nuages crochés à eux?
Retrouver un ancien compagnon de voyage venu me tirer hors de mon carré orange. Sortir marcher avec lui et explorer ces cailloux mythiques. Se remettre en mouvement. Boire du café – pour moi, non lui pas, ne lui donnez pas de café, il a déjà trop d’énergie à ne pas savoir qu’en faire – et manger des pâtisseries pleines de miel. Reprendre des forces. Cuisiner des lentilles et du riz, dhal bath quand tu nous tiens, cette casserole que je trimbale depuis 1’500 km aura enfin servi. Bonheur des cuisines de camp, tout dans une popote, comment faire un truc pas trop mal avec presque rien.
Se raconter nos aventures et mésaventures, les partager avec les Belges qui voyagent à vélo également, « Happy to be out » sur les réseaux sociaux, partis de chez eux en juillet, ils vont en direction de l’Asie, tout simplement. Ils ont le temps. Ils l’ont pris, disons. Adorables. Comme leurs pulls en laine. Ils ont pris en partie la même route que moi, se sont aussi arrêtés à Shkodër et ont campé au bord du magnifique lac d’Ohrid. On se raconte certaines mêmes impressions d’être dévisagés dans les Balkans puis soudain en Grèce encouragés par les gens croisés. Une autre chouette rencontre avec un groupe de 12 français allés jusqu’à Persépolis en deux chevaux ! Sacré écurie colorée, ils sont sur le retour, 2 mois plus tard, ils roulent à 60km/h en moyenne, l’aventure sur 4 roues. « On ne peut pas réserver d’hôtel car on ne sait jamais quand on tombera en panne » me dira une des dames avec un grand sourire. J’adore. Ils nous offrent un verre de vin, racontent des histoires, blaguounettes et gentillesse. Ces gens-là me donnent la foi que j’ai encore toute la vie devant moi pour explorer. Impression qu’à 20 ans on croit tout savoir, à 30 de plonger dans le doute et se rendre compte qu’en fait on ne sait rien … Et si 60 c’était être au courant qu’on ne sait rien et justement en profiter avec la joie au cœur ?
Rouler ensuite deux jours avec Ronan avant de reprendre ma route. Se rendre compte de la différence des choix des bivouacs, pour moi après avoir voyagé avec lui et Charles précédemment, et pour lui ayant roulé avec un Antoine en Italie. Critère de ces hommes-là: une jolie vue ou un joli coin, si possible plat, moelleux, dégagé pour voir les étoiles, plein Est pour apprécier le lever de soleil, ou Ouest pour le coucher. Mon critère, et celui d’une amie voyageuse : cachée. Il y a des jours où je pense, et il y a des gens qui diront, que j’ai peur de tout; et d’autres jours et d’autres gens pensent et/ou diront que je n’ai peur de rien. Et parfois, souvent, je me perds entre ces deux réalités-là. Je me demande quel est le danger réel et le danger perçu, les délires de l’esprit qui va trop loin et s’effraie d’un rien; ou au contraire le cerveau qui tempère et dit que tout va bien juste pour ne pas trop flipper, et continuer à avancer. Je ne sais pas. Vraiment. Difficile à discerner. Illusions, vérités, intuitions ou perceptions.Rouler à deux, c’est aussi s’accommoder du rythme, des habitudes et des humeurs de l’autre, des bonnes comme des mauvaises. Hyper appréciable dans les endroits un peu glauques, ceux où on a juste envie de filer, lorsque les chiens hurlent, ou qu’on est fatigués. Parfois lorsqu’on n’a pas grand chose à manger on réinvente des mélanges insolites; un cookies trop sucré dans une feuille d’épinard cru au petit déjeuner, oui oui, véridique.
Malgré tout, la route fait qu’on a besoin l’un de l’autre, sans trop savoir pourquoi. Elle fait cela la route parfois.
Puis la route peut dérouter aussi. Ça tombe bien, la route elle a plein d’intersections, de directions. Tu vas à gauche, moi à droite. Ciao. C’est étrange. Oui, mais tu sais, y a un mec l’autre jour qui m’a dit « Sur la route tout est juste, même si c’est juste chiant ou juste incompréhensible ». C’était moi. Je sais. Merci pour tout. Allez, bonne route, prends soin de toi, et à la prochaine.
Elle a bon dos la route.
Les copains belges: https://www.instagram.com/happytobeout/
Stunning travelers
One week of rest at the camping Vrachos, Meteora.
Grey was the sky, does the magnificent rocks keep the clouds with them?
I met there an old travelling friend joining me, taking me out of my orange square, went up hiking with him and explore those epic rocks. Back on movement. Drinking some coffee – for me, not him, don’t give him coffee, he already has too much energy – and eat some honey pastry. Cooking some lentils, veggies and rice, dhal bath habits, this pot I made travel some 1’500 km finally is useful. Happiness of cooking while camping; how to cooks something not too bad from scratch.
We spend a lot of time talking about our stories on the road, sharing them with our Belgian friends, as well traveling with their bicycle, « Happy to be out » on social medias. Very nice and sweet people. As their wool jumpers. They left their home in July, and go in direction of Asia, simply. They have time. No, let’s say they decided to have it and organized their life to take it. They went through some same roads as I did, stopped to camp at the wonderful Ohrid Lake. We talked about shared feeling we had about people staring at us on some balkanic villages, and then being more warmly welcomed in more touristic places and later in Greece.
Another nice meeting was with a group of 12 french travelers who went to Persepolis with old 2cv ducks cars, driving only 60 km/h and unable to book hostel because they never know when ta mechanic breakdown can occurs. When the woman told me that, smiling brightly, I taught ‘ »Ok, this is adventure », and I love how they take it nicely. A lot of kindness and happiness in those people, making jokes, sharing with us a glass of wine they brought from Bordeaux. They gave me the hope that I still have long times to discover. That maybe being 20 means you think you know everything, 30 you discover you actually know nothing and 60 you know that you don’t know but in the happiness to don’t need to and you just enjoy it.
Then I was cycling two days with Ronan before getting back on my own. We discovered that being a man or a woman change the way you look for bivouac places. Ronan and Charles with who I travelled, and Antoine, a friend of Ronan, were looking for nice view or nice places, oriented East for sunrise or West for sunset, with no trees to see the star, flat grounds or fluffy ones. My only requirement : hidden. And if possible, no dogs around barking. But dogs start the party only when the sun goes down so sometimes you think you are on a quiet place then get surrounded by barking. Anyway, some days I do really wonder if I am too scaried about things, and some people will think I am. On other days, I really know I am brave and people will think it as well. Often, I swim between this two realities and don’t even know what is real or not in the middle of that. What is real danger or perceived danger, fantasies of mind going to far away or get affraid of nothing, or sometimes your brain temperating and telling everything is ok to keep you going. I don’t know. I don’t really know. Hard to discern. Ilusions, percpetions, truths, intuitions, hard to see throught.
Cycling with someone means as well you will have to accomodate with his rhythm, his habits and humors, good and bads. Highly appreciated in some creepy places, where you just wanna leave as soon as possible, when dogs are barking all around you, or when you are tired. Sometimes having not much to eat makes you laugh together about discovering new delices and mix, such as a crude spinach leaf around a too sweet cookies for breakfast. Weird but true story.
After all and despite the road make we need each other, even if you don’t really know why. Just the road does it, sometimes.
Then the road can confuse you. Good, the road does have many crossroad as well, many directions. You will go left, I will turn right. Ciao. It feel strange. Yes, it is. But you know what? A guy told me « ‘ On the road, everthing is fair, everything is right. Even if it is fairly incomprehensible or fairly damn annoying. »‘ It was me. Yeah, I know. Thanks for everything. See you somehow, somewhere, be careful on the road.
The road has many different faces
Belgian friends: https://www.instagram.com/happytobeout/




















