Étonnants voyageurs / Stunning travellers

(english below)

Une semaine de repos au camping Vrachos, les météores.

Grise la météo aux météores, les beaux cailloux gardent-ils tous les nuages crochés à eux?

Retrouver un ancien compagnon de voyage venu me tirer hors de mon carré orange. Sortir marcher avec lui et explorer ces cailloux mythiques. Se remettre en mouvement. Boire du café – pour moi, non lui pas, ne lui donnez pas de café, il a déjà trop d’énergie à ne pas savoir qu’en faire – et manger des pâtisseries pleines de miel. Reprendre des forces. Cuisiner des lentilles et du riz, dhal bath quand tu nous tiens, cette casserole que je trimbale depuis 1’500 km aura enfin servi. Bonheur des cuisines de camp, tout dans une popote, comment faire un truc pas trop mal avec presque rien.

Se raconter nos aventures et mésaventures, les partager avec les Belges qui voyagent à vélo également, « Happy to be out » sur les réseaux sociaux, partis de chez eux en juillet, ils vont en direction de l’Asie, tout simplement. Ils ont le temps. Ils l’ont pris, disons. Adorables. Comme leurs pulls en laine. Ils ont pris en partie la même route que moi, se sont aussi arrêtés à Shkodër et ont campé au bord du magnifique lac d’Ohrid. On se raconte certaines mêmes impressions d’être dévisagés dans les Balkans puis soudain en Grèce encouragés par les gens croisés. Une autre chouette rencontre avec un groupe de 12 français allés jusqu’à Persépolis en deux chevaux ! Sacré écurie colorée, ils sont sur le retour, 2 mois plus tard, ils roulent à 60km/h en moyenne,  l’aventure sur 4 roues. « On ne peut pas réserver d’hôtel car on ne sait jamais quand on tombera en panne » me dira une des dames avec un grand sourire. J’adore.  Ils nous offrent un verre de vin, racontent des histoires, blaguounettes et gentillesse. Ces gens-là me donnent la foi que j’ai encore toute la vie devant moi pour explorer. Impression qu’à 20 ans on croit tout savoir, à 30 de plonger dans le doute et se rendre compte qu’en fait on ne sait rien … Et si 60 c’était être au courant qu’on ne sait rien et justement en profiter avec la joie au cœur ?

Rouler ensuite deux jours avec Ronan avant de reprendre ma route. Se rendre compte de la différence des choix des bivouacs, pour moi après avoir voyagé avec lui et Charles précédemment, et pour lui ayant roulé avec un Antoine en Italie. Critère de ces hommes-là:  une jolie vue ou un joli coin, si possible plat, moelleux, dégagé pour voir les étoiles,  plein Est pour apprécier le lever de soleil, ou Ouest pour le coucher. Mon critère, et celui d’une amie voyageuse : cachée. Il y a des jours où je pense, et il y a des gens qui diront, que j’ai peur de tout; et d’autres jours et d’autres gens pensent et/ou diront que je n’ai peur de rien. Et parfois, souvent, je me perds entre ces deux réalités-là. Je me demande quel est le danger réel et le danger perçu, les délires de l’esprit qui va trop loin et s’effraie d’un rien; ou au contraire le cerveau qui tempère et dit que tout va bien juste pour ne pas trop flipper, et continuer à avancer. Je ne sais pas. Vraiment. Difficile à discerner. Illusions, vérités, intuitions ou perceptions.Rouler à deux, c’est aussi s’accommoder du rythme, des habitudes et des humeurs de l’autre, des bonnes comme des mauvaises. Hyper appréciable dans les endroits un peu glauques, ceux où on a juste envie de filer, lorsque les chiens hurlent, ou qu’on est fatigués. Parfois lorsqu’on n’a pas grand chose à manger on réinvente des mélanges insolites; un cookies trop sucré dans une feuille d’épinard cru au petit déjeuner, oui oui, véridique.

Malgré tout, la route fait qu’on a besoin l’un de l’autre, sans trop savoir pourquoi. Elle fait cela la route parfois.

Puis la route peut dérouter aussi. Ça tombe bien, la route elle a plein d’intersections, de directions. Tu vas à gauche, moi à droite. Ciao. C’est étrange. Oui, mais tu sais, y a un mec l’autre jour qui m’a dit « Sur la route tout est juste, même si c’est juste chiant ou juste incompréhensible ». C’était moi. Je sais. Merci pour tout. Allez, bonne route, prends soin de toi, et à la prochaine.

Elle a bon dos la route. 

Les copains belges: https://www.instagram.com/happytobeout/

Stunning travelers

One week of rest at the camping Vrachos, Meteora.

Grey was the sky, does the magnificent rocks keep the clouds with them?

I met there an old travelling friend joining me, taking me out of my orange square, went up hiking with him and explore those epic rocks. Back on movement. Drinking some coffee – for me, not him, don’t give him coffee, he already has too much energy – and eat some honey pastry. Cooking some lentils, veggies and rice, dhal bath habits, this pot I made travel some 1’500 km finally is useful. Happiness of cooking while camping; how to cooks something not too bad from scratch.

We spend a lot of time talking about our stories on the road, sharing them with our Belgian friends, as well traveling with their bicycle, « Happy to be out » on social medias. Very nice and sweet people. As their wool jumpers. They left their home in July, and go in direction of Asia, simply. They have time. No, let’s say they decided to have it and organized their life to take it. They went through some same roads as I did, stopped to camp at the wonderful Ohrid Lake. We talked about shared feeling we had about people staring at us on some balkanic villages, and then being more warmly welcomed in more touristic places and later in Greece.

Another nice meeting was with a group of 12 french travelers who went to Persepolis with old 2cv ducks cars, driving only 60 km/h and unable to book hostel because they never know when ta mechanic breakdown can occurs. When the woman told me that, smiling brightly, I taught ‘ »Ok, this is adventure », and I love how they take it nicely.  A lot of kindness and happiness in those people, making jokes, sharing with us a glass of wine they brought from Bordeaux. They gave me the hope that I still have long times to discover. That maybe being 20 means you think you know everything, 30 you discover you actually know nothing and 60 you know that you don’t know but in the happiness to don’t need to and you just enjoy it. 

Then I was cycling two days with Ronan before getting back on my own. We discovered that being a man or a woman change the way you look for bivouac places. Ronan and Charles with who I travelled, and Antoine, a friend of Ronan, were looking for nice view or nice places, oriented East for sunrise or West for sunset, with no trees to see the star, flat grounds or fluffy ones. My only requirement : hidden. And if possible, no dogs around barking. But dogs start the party only when the sun goes down so sometimes you think you are on a quiet place then get surrounded by barking. Anyway, some days I do really wonder if I am too scaried about things, and some people will think I am. On other days, I really know I am brave and people will think it as well. Often, I swim between this two realities and don’t even know what is real or not in the middle of that. What is real danger or perceived danger, fantasies of mind going to far away or get affraid of nothing, or sometimes your brain temperating and telling everything is ok to keep you going. I don’t know. I don’t really know. Hard to discern. Ilusions, percpetions, truths, intuitions, hard to see throught.  

Cycling with someone means as well you will have to accomodate with his rhythm, his habits and humors, good and bads. Highly appreciated in some creepy places, where you just wanna leave as soon as possible, when dogs are barking all around you, or when you are tired. Sometimes having not much to eat makes you laugh together about discovering new delices and mix, such as a crude spinach leaf around a too sweet cookies for breakfast. Weird but true story.

After all and despite the road make we need each other, even if you don’t really know why. Just the road does it, sometimes.

Then the road can confuse you. Good, the road does have many crossroad as well, many directions. You will go left, I will turn right. Ciao. It feel strange. Yes, it is. But you know what? A guy told me « ‘ On the road, everthing is fair, everything is right. Even if it is fairly incomprehensible or fairly damn annoying. »‘ It was me. Yeah, I know. Thanks for everything. See you somehow, somewhere, be careful on the road. 

The road has many different faces

Belgian friends: https://www.instagram.com/happytobeout/

Là-haut il y a Vega / There is Vega up there


(english below)

Charles le charpentier,
Il est costaud le garçon,
Et pour sur il est entier,
Cynique aussi, mais bon.

J’avoue il est charmant,
Sourire ravageur,
Humour chapardeur,
Un brin nonchalant.

Il philosophe sur les routes,
Se cherche lui aussi sans doute,
On s’est trouvés un bon matin,
Un fou rire pour un bout de pain.

De belles nuits aussi, étoilées,
Et lui, qui me conte les constellations,
Cassiopée, Céphée, Hercule et le dragon,
Et moi, marrées, rires et larmes alternés,
J’aurais aimé ne pas blesser, ne pas jouer,
De mes attractions, soleil, lune, incertitudes.
La vie paraît-il, nous mène là où on est,
Avec son miel et ses épines, ses solitudes.

Et puis là-haut il y a Vega,
Elle est importante, tu sais pourquoi?
Parce que c’est là où on va. N’oublie pas.
Et on s’en fout des rimes, des pleurs, des joies,
Les étoiles elles, sont toujours là.

Le dragon chaque nuit veille,
Hercule contre lui se bat,
Cassiopée fait la belle,
Céphée porte son chapeau de roi,
Avec David Vendetta,
Pour la casa nostra,
Plongée dans la musique,
Absurde mais véridique.

Puis un autre matin,
Nous nous sommes quittés,
Après une dernière fois enlacés,
Chacun reprend son chemin.

Un jour compagnons,
Lendemain souvenirs.
Et les souvenirs,
Avec le temps,
Paraît-il,
S’embellissent.

Partager 5 jours sur la route. Pour moi ralentir, découvrir le rythme lent du marcheur à la Sylvain Tesson, du temps pour guetter les couignier – à défaut d’absolu – et observer les mantes religieuses, à moins que ce soit elles qui t’observent. Du temps pour tourner en rond, pour s’amuser avec les enfants qui grimpent sur mon vélo, chenapans intrépides. Nuits à la belle étoile, clochards célestes au vin rouge, raki ou à la bière, Germaine, il faut que j’aille réparer ce fichu lampadaire! Le train qui passe. Encore un autre. La montagne elle est belle, mais elle ne fait pas très bien les câlins. De jour, cheminer ensemble. Sieste, soleil, silences. Puis en raconter des bêtises à la chaîne, jouer avec les mots. A deux en descente, 150kg sur Capucine, elle en devient acrobate, la belle, absurdement, ça marche. Boite de sardine sur un vieux bout de pain, délicieux repas pour celui qui a faim. Attraper discrètement des raisins ou des figues; règle numéro un du voleur de pomme, ne pas la manger sur le lieu du crime. Philippe qui nous apporte le café au lever du jour, tchèque compagnie. Le lac d’Ohrid qui ressemble à mon Léman. A pile ou face qui paie le poisson. Délicieuses truites au restaurant, où on fait tâche avec nos gueules de gitans. Réveillés de nuits par la police qui nous dit qu’on devrait aller au camping; mais qu’il est fermé, le camping précité. « La prochaine fois voyagez l’été, vous aurez moins froid. » Merci monsieur l’agent, bonne nuit. On rit, on joue, on se supporte, allez viens sors de ton carré, on parie que je te tourne, un coup de genou dans le nez, les larmes, les bras qui réconfortent. Les fantasmeurs et les fantasmeuses, les cyniques et les emmerdeuses, tantôt poètes, tantôt philosophes, tantôt rien de tout ça, juste voyageurs. On cherche un peu de paix, par ici, par la. Sur la route. Avec toi, avec tous ceux que j’ai aimés, du pareil au même, je crois. J’en sais rien, en vrai. Histoires emmêlées, dans mon coeur et ma tête. Milles histoires qui vagabondent, je conte, parfois je me répète. Étonnants voyageurs. Merci à toi, Charles Sur La Route.

« L’amour est une passion forte,
Mais l’envie de chier l’emporte »
– Papa de Charles, poète à ses heures perdues –

« Règle numéro un du cynique: des mecs y en a plein, allez va, bonne vie. »
– Charles, lui même cynique, je crois, poète aussi, d’une autre sorte –

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There is Vega up there


Charles the carpenter,
Solid, well built the guy
He is strong, honest, fair
A bit cynical, don’t know why

I have to say he is charming
Most of the time he is smiling
But be careful his humor is sharpy
But so he is, let’s say nonchalantly

Philosophing on the road, well do
Looking for himself on the way as well
We find us on a morning, we just ran into
And had such a laugh for a piece of bread

Nice nights on the shore, those were starry
Him, telling me more about the constellations
Cassiopée, Céphée, Hercule and the dragon
Me, like a tide of laugh and tear, alternatively
I would have love not to play, not to dare
From my attractions, sun, moon, incertitudes
But life, I’ve heard, bring us where we already are
With his honey and his spines, his solitude

There is Vega, up there
She is important, you knew it?
Because it’s where we go. Don’t forget it
And we don’t care about rimes, tears, joyces
The stars will always be here

The dragon every night is watching
Hercule against him is fighting
Cassiopée, pretty, good-looking
Céphée just wanna play the king
Avec David Vendetta
Pour la casa nostra
In the music we were diving deep
Absurde but truthfully, no shit

Then just like that
Just another morning
We left, we quit
No more rime
Time to say goodbye
A last time embracing
Each one goes back on his road
One day compagnons
The next a memory
But memories
It seems
With time
Beautify

To share 5 days on the road. For me, learning to go slowly, discover the rythme of the hiker like Sylvain Tesson use to write about. Time to look after the quince tree – if not about absolute – to observe les the mantis insect, or maybe it’s the mantis who watch you, who knows. Time to run in circle, to play with children, children climbing on my bike, little but fearless. Nights under the stars, hobo of heaven, with red wine, raki or beer. « Germaine, I have to go repair that damn floor lamp ! » A train passes. Another one. The mountain is beautiful but she doesn’t hug very well. During the day, walking together. Sun, nap, silence. Then talking so much, too much, playing with the words, like only french speakers now how to do. Downhill, two people on a bike, my capucine is an acrobat, absurdly, it works. It works. Sardine from the can, on an old piece of bread, that bread that doesn’t feed you, but so delicious to the one who is hungry. To grap discreetly some grapes or figs: rule number one of the apple’s thief, never eat it on the place of the crime. Philippe bring us some coffee at the sunrise, nice Czech compagny. Playing with our broken english, learn that our French « ouais! » (« Yeah! ») sounds to him like « why! ». We are cynical, but not all the time, sometime french people agree, even if doesn’t sounds like. Ohrid lake. Ohrid lake look like my leman lake in Switzerland. Stack or face who pay the fish. Delicious truits at the classy restaurant with our gypsies styles and faces. Later getting catch sleeping on the shore by night by the police. The man told us we should go to the camping, but that the camping is close. « Ok, just stay here. Next time do travel on summer, you will be less cold. » Thanks for the advice, good night. We play, we laugh we support ourself, « hey come out our your square », let’s fight, I guess I can turn you, a knee in the nose, tear again, arm who comfort. Dreamers, phantasmers, cynics, troublemakers, sometimes poet, sometimes philosoohers, sometimes nothing at all, just travellers.  Looking for a bit of peace on the road, here and there. On the road. With you, with all the ones I did love, it’s the same. Everytime just the same, I think, I sware. I don’t know, in real. Interlaced stories, in my heart, in my head. Thousand of stories wandering, I tell, sometime I repeat. Astonishing travellers. Thanks to you. Charles on the road.

« Strong passion, love; but the need to shit, anyway, is stronger »  – Charles’dad, poet in his lost hours –

« Rule number one of the cynical: there are plenty of men, so goodbye, go, have a nice life  » – Charles, cynical on his lost hours, poet, sometimes, from another sort –

 

 

A vélo dans les balkans / Cycling through Balkan


(english below)

Pour traverser à vélo les Balkans, on m’avait recommandé de me trouver un bâton pour faire fuir les chiens sauvages ou chiens de berger un peu trop oppressants.

Pour un grand troupeau, comptez 6-8 patoux, y a de quoi flipper s’ils se mettent à vous courser. Le bâton que j’ai d’abord trouvé, y avait un mecton avec, comme il dirait lui-même, lui qui voyage depuis 6 mois à pied, parti du sud de la France. Il en a gardé l’accent chantant, les putain, con, peuchère et autres ponctuations. Comme moi, il a répondu à un appel. « En Grèce, sur les camps de réfugiés, on a besoin de charpentiers ! » Ok j’arrive, à pied. Joli parallèle au mien, d’appel « ici à Samos, on a besoin de physios. » D’accord, j’arrive, à vélo. Le charpentier à pied, la physio à vélo, même les rimes s’en mêlent. Un duo de voyageurs à pied et à vélo, rarement vu, les rythmes ne conviennent pas, on s’en fout, c’est amusant. Trop chouette de partager nos routes. Puis assez vite on décide qu’on ne pourrait pas vivre ensemble, l’une qui parle trop, l’autre un brin trop cynique, peu importe, sur le moment, joyeuse compagnie que celui et celle qui ont vécu des mêmes galères sur la route, qui partagent certaines racines, aussi. « Je comprends pas pourquoi il y a des choses qui passent pas les frontières. Le pain, tu vois? Tu sors de France, et ils savent pas le faire, » dit-il avec un grand sourire.

Bref, retour sur ma route, seule dans les montagnes, je me suis trouvé un bon bâton, et m’amuse à revoir mes frappes et autres acrobaties. Le combat m’amène de la joie, me défoule, me rassure. Je dégomme des fantômes et des buissons, je m’emporte aussi des fois, par son poids, par son élan, ou le mien, qui sait. Je trébuche aussi. Pas si simple, le combat au bâton. Je m’entraîne et me bats contre les ennemis imaginaires, le vent, mes peurs, moi-même. Je joue, m’imagine samouraï.

Et pourtant, c’est tout ce que je souhaite frapper, le vent. Puisse mon bâton ne jamais abîmer le bout du nez du moindre chien et encore moins d’un être humain, puisse la violence rester loin de ma route et mes combats dans le vent se transformer en danse de guerrière pacifique.


Cycling through Balkan

To go through Balkans, one recommend me to have a wooden stick with me, in case I need to repel wild or shepherd dogs that could be too oppressive. For a big herd, I have seen sometimes 6 to 8 dogs keeping them. And when they began to run, they can be fast, furious, so scary.

But the first stick I found, there was a guy with it. A French guy travelling from france, by foot. He left the country 6 monthes ago and go to Greece to work on a refugiee camp, as a carpenter. Nice parallel to my road, bringing me to another refugee camp, to work as a physiotherapist, going by bike. A duo of one walking and the other biking, never seen. But anyway, we had so much fun, and were happy to share our loneliness, adventures and roads for a little bit. To share our food, laughs and nights. And then to decide that we were not mean to live together, one is too cynical, the other talks too much, I let you guess who is who. Anyway, we needed and enjoyed this compagny. On the road. Sharing same difficulties, same joy, same parallel stories. Life on the road. Some same roots and understanding, as well « I don’t understand why some thing never cross the border, you know? Bread, for exemple. You go out of France and they don’t know anymore how to do good bread. » he said with his big smile.

Anyway, back on my road, alone in the mountain, I did find a stick, and play with it, learning again to fight and dance with. The fight bring me some happiness, hapinsess of the game but also from the effort. So different from biking. I played and fighted against wind and bushes, against myself, against my fears. Sometime loose control in the momentum, get catch by the impulse. Not the easy, the art of fighting. I imagine myself as a samurai, peacefull warrior.

At the end, what I wish, what I hope, is that this stick will never have to hurt any dogs or even morr any human being. May that stick only play with the wind, only dance in a peacefull game of a child.

 

 

Mavrovo, Macedonia

Je me retrouve sur une route de terre, capucine galère, un croisement, gauche, droite j’hésite, consulté ma carte. Celle de gauche n’y est pas, c’est parti pour la droite ! Peu après, un taxi qui descend, s’arrête à ma hauteur, baisse la vitre, me parle en Suisse allemand. Il me dit que cette route sera de pire en pire, plus de caillou, moins de route, plus de chiens errants. Et les chiens que j’ai croisé ici, ressemblent à des zombies. Moitié pelés, boitant, ils font peine à voir et ils font peur aussi. Mais le carrefour juste en bas, où j’ai hésité, mène à la route principale, et me ramène sur mon chemin. Trop joli. Trop contente d’entendre du Züridütsch dans une forêt de marronniers, si loin de ma ville natale. Les rencontres. Encore, toujours

Arrive à Mavroro, je me repose à une terrasse d’un café, discute avec Darko, le serveur, et découvre que les Macédoniens appellent Mavroro la Suisse de Macédoine. Petites montagnes, lac, station de ski, et puis ils ont des bouquetins aussi. J’apprends également que c’est un haut lieu de la grimpe macédonienne et qu’Adam Ondra, un des meilleurs si ce n’est le meilleur grimpeur mondial actuel, y est venu l’an passé pour grimper une voie super dure. Le lendemain je vais donc voir la fameuse grotte de montagne où ça grimpe, et y retrouve les copains grimpeurs de Darko, qui me proposent de me joindre à eux. Trop heureuse de grimper là où Adam Ondra a grimpé, avec eux qui plus est. Mais nous on grimpe des voies faciles. Même si l’escalade, c’est jamais, oh non jamais, facile. Mais quelle joie que de me déplacer sur la paroi, petits pas élégant, grosse traction bien bourrine, on s’équilibre sur une pointe, tout le poids sur quelques doigts. Même pas mal. Je fais moins (voir pas) la maligne ensuite dans le devers, j’abdique avec joie. Amis grimpeurs, si vous souhaitez y faire un saut, demandez Dimitri à la Ski Hut Resort à Mavroro, il saura vous guider. Et l’an prochain ils cherchent du monde pour le développement de l’escalade sportive, projets de grandes voies. Sait-on jamais.

Je reprends la route, ici les couleurs sont à l’automne, arbres oranges, rouges, jaunes, les températures idéales pour pédaler, chaud la journée mais pas trop, frais la nuit mais pas trop non plus. Pas une goutte de pluie depuis mon départ, je touche du bois.


 

Mavrovo, Macedonia

I went through Mavrovo, Macedonia, by chance a little bit, looking for roads away from big axis, looking for nature and lake. So I had one more time a big hill to climb. But effort, I know it. Just need to go forward, and breath.

In the way up, a small road with no asphalt, Capucine is on the struggle bus, then a cross, left, right, I have to look on my map. On my map, the one of the left doesn’t exist; ok for the right. Short after, a taxi going down stops to talk to me. In Swiss German. Yeah, middle of a maroon forest, Macedonia, this guy speak to me in Swiss German from Zurich, city where I was born. He tells me that that road will be worse and worse, less road, more stones, more dogs. And the dogs I have seen around look like old zombies. Half of the skin is gone, limping, make me sad and scary at the same time. But the cross down there, where I just hesitated, will bring me back on a bigger road, bring me back on my way. Perfect timing, tanks to the Macedonian Swiss German taxi driver.

Arrived in Mavrovo, I take a rest at the terrasse of a coffee, talk with Darko, the waiter, and discover that Macedonian people call Mavrovo the Switzerland of Macedonia, because of moutains, lake, snow in the winter and even mountain goats. I learn as well that it’s a nice place for rock climbing as well, with a famous crag in a cave, where Adam Ondra (one of the best climber in the world) went last year to climb a super hard route. The next day, I go to that cave, and meet friends of Darko climbing here and inviting me to join them. We did climb some easy route, (compared to Ondra), even if climbing is never easy. So happy to climb again. Little nice balancy steps and move, pulling on a jug, then a crimp, my fingers are abble to keep it well. I feel good on the rock, do love my slabby moves. But then, in the overhang I couldn’t reach and keep that hold, had to abdicate, too hard for me, today. And had the please tu see Dim doing it, with the night arriving. Well done, dude. Climber friends, if you wanna climb in that amazing place, go to Ski Hut Resort at Mavrovo and ask for Dim. Next year, they are looking for some help to the developpement of sport climbing in Macedonia.

Then is time to continue my adventures on the road. Colors here are automne ones, orange, red, yellow trees and leaves in the ground. Temperatures are perfect for biking, warm during the day, but not enough that you cannot go forward, and fresh in the night, but as well not enough that you cannot sleep. Not a single drop of rain since I began to ride, a couple of weeks ago. Touching wood.

 

Macedoine, les mots sur mon avant-bras / Macedonia, words on my arm

Après avoir traversé la Croatie, le Monténégro, l’Albanie, je reprends mes bases de phrases utiles au voyageur à vélo, cette fois en macédonien.

« Bonjour / comment ça va / je voyage à vélo / je cherche de l’eau / de l’eau s’il vous plaît / merci / je vais en Grèce / je suis suisse / un café s’il vous plaît / est-ce que je peux camper ici / juste une nuit / je ne comprends pas, désolée « 

Mes petites phrases de survie pour commencer. La suite viendra après. Et comme je passe la plupart de mon temps à vélo, je les écris sur mon avant bras pour les réviser en pédalant. Ou les sortir au bon moment. Nouveau tatouage éphémère, disgracieux mais fort utile.

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After being travelling in Croatia, Montenegro, Albania, I began again to learn basic useful sentence in a new language: Macedonian

« Hello / how are you  / I travel with bike / I am looking for water / can I have water please / thanks / I’m going to Greece / I am swiss / one coffee please / can I camp here? / Only one night / I don’t understand, I’m sorry « 

And as I spend most of my time on the bike, I wrote those sentences and words on my arm, to learn them biking, and to use them when I need it – and forgot it. New ephemeral tattoo, not really nice, but so usefull

S’il doit y avoir des hommes, alors qu’ils volent, et loin / If it must have some men, please men flying, and flying far away

(english below)

Quoi qu’on en dise, il y a certains pays où la culture fait qu’une femme n’a pas vraiment sa place seule dehors dans les rues. Encore moins à voyager seule. Dans les villes, habituées au touristes, ça va. Le regard n’est pas pesant.  Dans certains villages cependant, c’est différent, et sur les terrasses des café je n’y vois que des hommes. On me dévisage. Quand parfois je m’y arrête, les regards peuvent exprimer l’incompréhension, une gentille incompréhension parfois, un « mais qu’est ce que tu fous là », d’autres fois, j’y lis de mauvaises choses. Ce ne sont pas les hommes qui sont mauvais, mais la souffrance, la colère, ou l’envie en eux. Il y a ceux au contraire qui justement vont vouloir m’aider, me protéger. Quitte ou double. Mais quand même, parfois j’ai eu envie de filer sans trop tarder. Rien de méchant, au final, aucune vraie mauvaise rencontre ou mauvaise expérience, mais une lourdeur, une impression.

Une seule rencontre qui m’a effrayée. Mais au final pas blessée, juste effrayée. En partant vers les montagnes albanaises, une voiture s’arrête et me met en garde, je me dirige vers un endroit où les gens, selon lui, sont dangereux. Il me propose un lift jusqu’au Kosovo pour tracer ensuite en Macédoine, ou je serai plus en sécurité. J’accepte l’aide. Mais en voiture avec lui, la discussion tourne de manière désagréable, et c’est soudain avec lui que je ne me sens pas en sécurité, quoi qu’il en dise. Rester calme. Utiliser tous mes outils communicationnels. Penser rationnellement. Ne pas montrer la peur. Ne pas avoir peur, en fait. Mais tout se passe bien, finalement, aucun soucis, plus de peur que de mal, aucun mal en vrai, il me dépose tranquillement la où il avait promis, et je m’enfuis avec ma capucine. Bonne ou mauvaise rencontre, en vrai on sait jamais, il m’aura fait peur un peu, oui, mais peut être m’aura évité d’autres dangers, qui sait. Le camping visé pour la nuit n’existe pas, alors je me cale derrière une cabane d’un café fermé pour dormir roulée en boule derrière ma bicicletta, ma capucine, sous ma bâche, au chaud dans mon sac de couchage. Étonnement, je passe une très bonne nuit. Le lendemain je pédale toutes mes peurs et mes colères. Sur une centaine de kilomètres et 1600m de montée. Et oui, ça fait détaler, les inquiétudes et la solitude. Une pensée lancée au vent le matin « Que les hommes restent loin de ma route. Et s’il doit y avoir des hommes, qu’ils volent, et loin. » Loin. La pensée m’accompagne, mieux, elle se matérialise. Les hommes rencontrés ce jour-là sont distants et gentils, un serveur de café m’offre de l’eau, un marchand, des pommes. Pas d’attentes de leur part. Douceur. Parfait pour réparer une confiance abîmée. Ne pas craindre les 98% de bonnes rencontres pour 2% de mauvaises. Le soir, après avoir traversé la frontière macédonienne, sous l’oeil désaprobateur du douanier « Du reist allein? Mit Fahrrad? Mmmh », je ne me sens pas de dormir dehors, cherche une auberge sur ma carte. J’y suis sur la carte, et à nouveau, elle n’existe pas, l’auberge. Je questionne un vieux monsieur que je vois dans la rue, plus loin. Sa démarche est rassurante, tranquille. C’est fou ce qu’une démarche peu donner comme informations. Il ne parle pas allemand, ni englais, je ne parle pas macedoinien. Hotel, camping, il comprend. Je lui mime dormir, et tente, montre mes saccoches. Il me montre sa maison son jardin, je le suis. Il me confir à sa femme qui m’accueille et me prends sous son aile,  on va chez la voisine, et je me retrouve entourée de 12 femmes macédoniennes pour la fête d’un nouveau-né. Elles appellent une de leurs amies qui parle englais et traduit au téléphone, afin de leur conter d’où je viens, qui je suis, où je vais. Me rassurer aussi, elle me dit que je suis chez de bonnes personnes, elle les connait. Je les remercie. Elles sont au petit soin avec moi ces femmes-là. Quand je commence à piquer du nez, on m’installe une chambre, des draps propre, un pyjama, me propose une douche. Je remercie, pleine d’émotion, l’hospitalité. Lendemain matin, on déjeune en silence, langage des signes entre mes hôtes et moi, quelques gestes, puis je m’en vais. Ils me souhaitent bonne route, bon vent. On prend une photo d’adieu.

Plus loin, le même jours, terrasse d’un café, un homme vient discuter avec moi, en allemand – mon allemand aura été fort utile tout le long des Balkans. il me dit que ça doit être facile pour moi, que je suis jolie, je peux tout avoir, même un homme. Dans ma tête je pense que les hommes, encore, on y revient, mais qu’en ce moment, je m’en garderait bien justement. Je lui dit que oui, en effet, parfois ça aide, mais que d’autre fois, être jolie, être une femme, justement, c’est un fardeau aussi. Car ce qui est beau attise l’envie.

Menfin, voilà. Je travaille mon sixième sens. Alternativement remercier en souriant mais filer et décliner les invitations; d’autres fois faire confiance, et se laisser protéger. Et remercier. Inchallah

« S’il doit y avoir des hommes, alors qu’ils volent, et loin » citation d’Alessandro Baricco, Océan Mer


 

If it must have some men, please men flying, and flying far away

I would prefere not to have to say it, but I did feel it.

In some countries, culture make that woman doesn’t have their place outside alone in the streets.

I  do remember a documentary about India, an old lawyer telling « If you have a beautiful flower, and throw it in the streets, the street dogs will eat it. So if you have a woman, don’t let her go alone in the street ». That’s not so bad here in Balkans, but still sometime I’ve felt that travelling alone, as a woman, I was not where people around thaught I should be. In touristic places and cities, it’s ok. In villages sometimes, how people started at me make me want just keep going. Mostly, I think, lack of understanding, lack of sens in what they were seeing. A woman travelling alone. On a bike. Why? I do try to remember that men – as are women – are not bad. What is bad is suffering, anger or envy I side of them, expressing through them. And some of those persons just want to help me, to pretect me. Double or quits. Anyway, often I did want to fly away. Nothing bad at the end, no dangerous times really, but some discomforts, some fears. One meeting especially made me afraid. Nothing wrong or physically hurting but I was fucking afraid. Going to the Albanian mountains, a car stop and the man told me not to go in the direction I was going to. He told me that this part was a part I shouldn’t go, nature is beautiful but people could be dangerous for a woman alone. He suggest to bring me with his car to Kosovo and from here I could go to the Macedonian border and be on my road again, in a safer place. I followed him. But after a bit, talking with that man, it was with him that I felt in danger. Whatever he could say about all his desire to help and protect. Desire. Men. I was afraid but did all my best not to show it, not to be. Used all my skills of communication, thinking rationally, bringing the situation to something totally normal and not dangerous. And it was. He juste left me where I asked him, and I ran away with my Capucine. Good or bad meeting, how to know? Maybe he avoided me worst.

Then the camping I saw on my map didnt exist, I juste made a bivouac behind a close coffee place, behind my bike, warm in my sleeping bag. Slept really well indeed. But still the next day I had some fears and anger to kill, I took them away through effort and biking, did some 100km and 1600m heigh difference. Never biked so much in a day. In the morning, I throw a thought in the wind  » If it must have some men, please men flying, and flying far away. » Far away. My thought went with me, even better, materialized. Men I met that day were gentel, distant. A waiter offered me some water, a grocer 3 apples. Perfect to repair the trust. Remember not to be afraid of 98% of good people because of 2% of bad ones. I’m the evening, I crossed the Macedonian border an didn’t want to sleep outside again. Looked on my map for a guesthouse, arrived at the street, and again, no guesthouse. I saw an old man, from behind he looked like walking quietly, made me feeling good about him, went to him and asked. He did not speak English or German and I did not speak Macedonian, but he did understand « hotel » and « camping ». I showed him my bag, made the shape of a tent with my hands, hand he showed me his house. I followed him and he give me to the guard of his woman who bring me to the neighboor. I was suddenly surrended by 12 Macedonian woman, and a new born, for his party. They called on phone a friend of her talking English to translate, to tell them who I am, where I am from and where I go. That woman told me to be quiet, those persons are good person, she knows them. I asked her to tell them thank you for their hospitality. When I began to be tired, my guest prepared me a room, a bed, offered me to take a shower and a clean new towel. I was so grateful, I was so grateful. The next morning I took a breakfast with my guest, talking with hands gesture. I told thank you, we took a picture, and I went, again on my road.

Later, same day, I stopped for a coffee. A man come and talk with me in German. He is surprised that I travel alone (yep again) and tells me that I am pretty, so it should be easy for me. You are pretty so you can have everything you want, even a man. In my head I think that men, again, back to that point, on that moment I juste want to stay away from men. But I told him yes, true, sometimes it help; but some other time, being a woman and being pretty is the danger. Because what is pretty calls to desire.

Anyway. Working on my sixth sense. Alternatively say thanks, smile, and fly away; other trusting and let being protected. Inchallla

« If it must have some men, please men flying, and flying far away » Alessandro Baricco, Ocean Mer

 

Albania, Mi Casa Es Tu Casa, Shköder

 

(en francais plus bas)

Just arrived in Albania, with a lot of noise, actually. I cross the border at the same time as a bus full of Montenegrian football fans. They saw me, offered me a scarf with the colors of their team that I had to show for a picture and then they began to sing and jump in their bus, and the bus itself was jumping, it was at the same time fun and scary, all that energy.

I discover Albanian roads, not as nice as montenegrian ones, flat landscapes, worn buildings, rubbish on the roadside, everywhere, abandoned gas station. But the road is wide and flat and offer me a large bicycle path on the side, highly appreciated. I saw horses carrying a car, picture of an old time in my country, an old time where horses still had jobs. Loved it. Through  a window, the hand of a girl says me hello – or maybe she’s just playing with the wind? Two cards felt from that window just after – or where thrown? Anyway, those were an eight of heart and a nine of clover. I did imagine signs and presage of those two. Good ones of course. Thaught are wandering, whirling from nothing when they have nothing else to do. Going through villages brought me good presage as well: groceries, market, it will be easy to find food around here. I juste need to learn some Albanian words and sentences.

What I did the two days I spent at the guesthouse « Mi Casa es Tu Casa » in Shkodër. Nice little town by the way, paved nice streets, old time building, temple, church and mosque together, close to each other, in peace. I stopped two days here, where I did enjoy the place such as the compagny of the good people I met.

This home, this guesthouse where the characters of the stories do live, do cross, do interfere. Yes, they are here, the character of the stories, real, living. Val for exemple, on the road since 4 years, hichhiking mostly,  back home here and there when he need, to work then travel with 200euro a month, and from his music, I think. So much flegm and so much joy in this character, those persons who bring back to the life his adventure. We chat on the morning in the kitchen with a coffee, after first a time each just mumbling, waking up. Morning, my favourite time and light. He stopped here, Val, as a volunteer. The casa is functionning as a community, working with volunteer love, try to share nice projects and values, eco friendly, trying not to waste, but instead to spread some light. Val is traveling with the sweet and quiet Miri. Beautiful in the morning light, playing with the black cat. Then Ahi, just came back from 5 days trek in the forest. His sparling eyes, I saw those eyes sometime – mostly – full of love for life, for peace, and then here and there I guessed in those eyes some darkness from somewhere. Talking with him, nationalities, passport, it’s unfair, sometimes, I say, to what he will answer « But so is life; life is unfair », with that time in his eyes,  love and darkness at the same time. At the same time. Agata, beautiful golden curly hair, a dreamer, we talk about love, about men, about life and travels. Is there any sens to all of that? Woman sweetness, she’s here as well to volunteer. The Australian one at the desk, with the same accent as my friend Dahriel and Georgia, such a nice square shirt, probably from the second hand market at the corner. Oh, and Alma, elegant Alma, managing the place, the mum of all in a way. Soul of the place. Cooking incredible breakfast, sweet and salty, healthy, albanian specialities. I didn’t ate so well since a while. Maybe why I stayed so long. So long, two days, it’s relative. It still felt an eternity to my traveling soul. At the breakfast time, the baby cat yelling for attention, yelling for milk, so cute little tiger. The other big cat that we chase out of the table, get some hug at the same time. The German couple with their cute tiny little Mathilde, 14 monthes but already on the roads, with her little backpack and plush. Jipi, new in the team, his french Canadian accent that make me laugh every two sentences. Soon should be well known for his good mood and enthiusiasm. He want to see all the countries, Jipi, or at least a lot, the ones who looks good to him. In the evening, in the lounge/terrasse/bar, I learn Albanian half in english half in German with Mondi at the bar. Some physiotherapist joke with his friend Nidi. Later, it’s already quiet. Mondi telling to people on the couchs: « Hey, it’s so quiet here, why are you all on your phones? People, please talk to each other. German people first. » With a malicious smile. And it works! We began to talk again to each other, German people first.

Those details and stories make that a place can make you feel at home. Mi Casa es Tu Casa. Well done.  « Chame ba ». « Faleminderit », it sounds to me a bit like Minas Tirit, don’t you find it? Albanian language sounds to my hears like swiss german elfic, to my ears or to my imaginary

www.micasaestucasa.it


 

Mi casa es tu casa

Arrivée en Albanie, en grande pompe, acclamée à la frontière du Monténégro par un bus de supporters de foot monténégriens qui m’ont offert une écharpe à leurs couleurs, que j’ai du brandir pour la photo. Puis ils se sont mis à chanter et sauter dans le bus et ça faisait sauter le bus entier, amusant mais aussi légèrement inquiétant tout ce débordement d’énergie. L’écharpe, je l’apprendrai plus tard, me sera fort utile.

Je découvre la route en Albanie, qui n’est pas aussi jolie qu’au Monténégro, paysages plats, bâtiments délabrés, déchets en bord de route, stations services désaffectées. Mais la route est large, la belle marge sur le côté m’offre une piste cyclable fort appréciée. Je dépasse une charrette menée par un petit cheval, image d’un temps passé chez nous, un temps où les chevaux avaient encore du boulot. Puis sur la route, par la fenêtre je vois une enfant qui me fait un signe de la main, à moins qu’elle ne joue juste avec le vent? quelque chose qui tombe de la fenêtre, ou qu’elle me jette peut-être. Des cartes, deux cartes. Un huit de coeur. Un neuf de trèfle. J’y lis signes et présages, des bons évidemment. L’esprit vagabonde, virevolte de ces deux petites cartes. Je traverse ensuite des villages et là aussi, de bons présages: des épiceries, du monde dans la rue, les magasins dont les étals débordent sur le trottoir,  marché aux puces, une girafe en peluche qui me scrute du coin de l’œil, marché aux légumes, verts, jaunes, rouges les légumes. Tout ça s’annonce bon pour la suite où j’avais envie de m’enfoncer dans les terres; je pressens que dans les villages je saurai me nourrir facilement. Reste à apprendre quelques mots d’albanais.Ce sera chose faite sur mes deux jours de pause à l’auberge « Mi Casa es Tu Casa » à Shkodër. Superbe petite ville soit-dit en passant, rue pavées, église, mosquée, temple côte à côte. Je m’y serai arrêtée deux jours, à la casa, coup de coeur que cette auberge où les histoires de voyageurs se croisent.

Ils sont là, les personnages des histoires, et ils sont bien vivants. Il y a Val, sur les routes depuis 4 ans, en stop principalement, qui rentre au pays ici et là travailler comme coursier à vélo puis tourne avec 200 euro par mois, et de la musique, je crois. Tant de flegme et tant de joie dans ce personnage-là, le genre de personne qui rend à la vie son aventure. On papote le matin à la cuisine autour d’un café, mon heure et ma lumière préférée. Il s’est arrêté ici comme volontaire, la maison tourne avec un système communautaire. La maison est eco friendly aussi, propose de partager et échanger de belles valeurs. Val voyage en ce moment avec la douce Miri. Elle est belle et tranquille dans la lumière du matin, avec le chat. Ahi, des yeux remplis tantôt de paix et d’amour tantôt d’ombres et de profondeurs d’on ne sait où, il revient  de 5 jours de trek, sorti de la forêt. On discute, les passeport, les nationalités, je me dit que parfois, c’est injuste, à quoi il me répondra « But so is life, you know, life is unfair », avec cette fois dans les mêmes yeux en même temps amour et tristesse. En même temps. Agata, ses boucles dorées, rêveuse, on parle d’amour, de garçons, de la vie, des voyages. Y a-t’il un sens à tout ça? La douceur féminine, elle aussi elle reste là quelques semaines, volontaire à Mi Casa es Tu Casa. L’Australien à l’accueil, accent « aussie » qui me rappelle mes amis, chemise à carreaux vintage à souhait, probablement du fameux marché seconde main dans la rue d’à côté. Oh, et Alma, élégante Alma, qui gère l’auberge, la maman de tout le monde un peu. L’âme du lieu. Elle cuisine des déjeuners incroyables, toasts, café, sucré, salé, longtemps que je n’ai pas aussi bien mangé! Pas étonnant que j’aie aimé y rester si longtemps, dans cette cuisine et cette maison-là. Si longtemps, c’est relatif, 2 jours et 2 nuits, une éternité à mon âme voyageuse. Le chaton qui fait des siennes, le chat à chasser de la table, le couple d’allemand et leur toute petite Mathilde, choupinette de 14 mois, déjà sur les routes la cocotte, avec son petit sac à dos et son doudou. Jipi, nouvelle recrue de l’équipe, accent québécois, fait que je me retiens de rire à chaque deux phrases, tu vois-tu. La bonne humeur lui aussi, il veut voir tous les pays, lui, où plein en tout cas, ceux qui ont l’air bien. Et le soir, dans l’espace commun, salon, terrasse, bar, tout en même temps, j’apprends  l’albanais à moitié en allemand à moitié en anglais avec Mondi le serveur et son ami Nidi, étudiant physio. Plus tard, un moment de calme, Mondi qui lance aux gens installés sur les canapés :  » Hey, it’s so quiet here, why are you all on your phones? People, please talk to each other. German people first. » avec un petit sourire malicieux. Et ça a marché, on a lâché nos téléphones et repris les discussions.

Ce genre de détail et de personnages qui font qu’on se sent à la maison. Chame ba. Faleminderit, ça sonne un peu comme Minas Tirit, vous ne trouvez pas? L’albanais serait à mes oreilles une sorte d’elfique suisse-allemand. A mes oreilles, et mon imaginaire, bien sûr.

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Le silence dans ma tête – a quiet place in my head

Aujourd’hui je roule sans musique dans mes oreilles
Je parle toute seule à voix haute
Cause à Capucine aussi
Excellent signe de santé mentale du voyageur à vélo
De la mienne en tout cas
Ça s’est calmé là-haut

Today I bike without music in my ears
I speak out loud, alone
Talk to Capucine, thaught
Excellent sign of good mental health of a traveler on a bike
Of mine at least
It did calm down, up there

Ils font de bien jolies routes au Monténégro – they know how to do nice roads in Montenegro

Ravie de mon passage au Monténégro. Le renard l’avait prédit, c’est très beau, le Monténégro. J’ai roulé un jour entier le long de la mer, sur ces belles marinas piétonnes assez large pour que j’y roule sans être un danger pour mes compatriotes bipèdes, puis attaqué un col, 1500 m de montée, comme au Simplon, de bien jolis lacets, ce col, ça monte tout doux, au coucher du soleil doré, fini de nuit à camper là-haut, seule au monde, épuisée et bienheureuse.

Delighted of my days in Montenegro. The fox did predicted it. It’s beautiful, Montenegro. I biked one day long close to the sea, on those nice pedestrian marina, big enough that I don’t bother my bipedal friends.  A Pass, 1500m high, like Simplon, sweet turn to make the slope bearable, at the sunset and even by night with my front torch, and finally camping up there, alone, spent, and happy.

 

Le danger n’est pas là où vous l’attendiez – Danger was not where you were waiting for it

Non, le danger n’était pas là où vous l’attendiez. Ayant pris l’habitude de laisser ma nourriture hors de ma tente, par peur d’attirer les ours, eh bien, figurez-vous que cette nuit dans le jardin d’une famille du Monténégro qui m’a hébergée, les seuls pour l’instant qui auront déchiré mon sac et attaqué mes cacahuètes – le jambon cru étant trop bien emballé sous vide, dieu soit béni – sont de tout petits tigres en puissance. Chatons joueurs et non moins dangereux. Le danger, souvent, n’est pas là où on l’attend. N.b: ceci vaut-il également pour de nombreuses peurs? la solitude, la route, les hommes, les ours ou autres variétés de figuiers.. Serais-je en train de développer une douce obsession d’ailleurs pour les-dits figuiers? Ils sont si charmants, les figuiers.

No, actually, the danger wasn’t where you were waiting for it. You probably know I did took the habit of letting my food out of my tent, in case of bear, for exemple, but, Can you figure it out that this night, in a montenegrian family who guested me, this night the ones who teared my bag and attacked my peanuts – hopefully the ham was in a good closed container – those ones were tiny little tigers. Baby cats, as playful as dangerous. Often, danger is not where we do expect it. P s: does it work as well for other fears? Loneliness, the road, men, bears and other varitey of fig trees? Am I slowly developling an obsession for the now well knowns fig trees? Fig trees are charming, by the way.