Macedoine, les mots sur mon avant-bras / Macedonia, words on my arm

Après avoir traversé la Croatie, le Monténégro, l’Albanie, je reprends mes bases de phrases utiles au voyageur à vélo, cette fois en macédonien.

« Bonjour / comment ça va / je voyage à vélo / je cherche de l’eau / de l’eau s’il vous plaît / merci / je vais en Grèce / je suis suisse / un café s’il vous plaît / est-ce que je peux camper ici / juste une nuit / je ne comprends pas, désolée « 

Mes petites phrases de survie pour commencer. La suite viendra après. Et comme je passe la plupart de mon temps à vélo, je les écris sur mon avant bras pour les réviser en pédalant. Ou les sortir au bon moment. Nouveau tatouage éphémère, disgracieux mais fort utile.

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After being travelling in Croatia, Montenegro, Albania, I began again to learn basic useful sentence in a new language: Macedonian

« Hello / how are you  / I travel with bike / I am looking for water / can I have water please / thanks / I’m going to Greece / I am swiss / one coffee please / can I camp here? / Only one night / I don’t understand, I’m sorry « 

And as I spend most of my time on the bike, I wrote those sentences and words on my arm, to learn them biking, and to use them when I need it – and forgot it. New ephemeral tattoo, not really nice, but so usefull

S’il doit y avoir des hommes, alors qu’ils volent, et loin / If it must have some men, please men flying, and flying far away

(english below)

Quoi qu’on en dise, il y a certains pays où la culture fait qu’une femme n’a pas vraiment sa place seule dehors dans les rues. Encore moins à voyager seule. Dans les villes, habituées au touristes, ça va. Le regard n’est pas pesant.  Dans certains villages cependant, c’est différent, et sur les terrasses des café je n’y vois que des hommes. On me dévisage. Quand parfois je m’y arrête, les regards peuvent exprimer l’incompréhension, une gentille incompréhension parfois, un « mais qu’est ce que tu fous là », d’autres fois, j’y lis de mauvaises choses. Ce ne sont pas les hommes qui sont mauvais, mais la souffrance, la colère, ou l’envie en eux. Il y a ceux au contraire qui justement vont vouloir m’aider, me protéger. Quitte ou double. Mais quand même, parfois j’ai eu envie de filer sans trop tarder. Rien de méchant, au final, aucune vraie mauvaise rencontre ou mauvaise expérience, mais une lourdeur, une impression.

Une seule rencontre qui m’a effrayée. Mais au final pas blessée, juste effrayée. En partant vers les montagnes albanaises, une voiture s’arrête et me met en garde, je me dirige vers un endroit où les gens, selon lui, sont dangereux. Il me propose un lift jusqu’au Kosovo pour tracer ensuite en Macédoine, ou je serai plus en sécurité. J’accepte l’aide. Mais en voiture avec lui, la discussion tourne de manière désagréable, et c’est soudain avec lui que je ne me sens pas en sécurité, quoi qu’il en dise. Rester calme. Utiliser tous mes outils communicationnels. Penser rationnellement. Ne pas montrer la peur. Ne pas avoir peur, en fait. Mais tout se passe bien, finalement, aucun soucis, plus de peur que de mal, aucun mal en vrai, il me dépose tranquillement la où il avait promis, et je m’enfuis avec ma capucine. Bonne ou mauvaise rencontre, en vrai on sait jamais, il m’aura fait peur un peu, oui, mais peut être m’aura évité d’autres dangers, qui sait. Le camping visé pour la nuit n’existe pas, alors je me cale derrière une cabane d’un café fermé pour dormir roulée en boule derrière ma bicicletta, ma capucine, sous ma bâche, au chaud dans mon sac de couchage. Étonnement, je passe une très bonne nuit. Le lendemain je pédale toutes mes peurs et mes colères. Sur une centaine de kilomètres et 1600m de montée. Et oui, ça fait détaler, les inquiétudes et la solitude. Une pensée lancée au vent le matin « Que les hommes restent loin de ma route. Et s’il doit y avoir des hommes, qu’ils volent, et loin. » Loin. La pensée m’accompagne, mieux, elle se matérialise. Les hommes rencontrés ce jour-là sont distants et gentils, un serveur de café m’offre de l’eau, un marchand, des pommes. Pas d’attentes de leur part. Douceur. Parfait pour réparer une confiance abîmée. Ne pas craindre les 98% de bonnes rencontres pour 2% de mauvaises. Le soir, après avoir traversé la frontière macédonienne, sous l’oeil désaprobateur du douanier « Du reist allein? Mit Fahrrad? Mmmh », je ne me sens pas de dormir dehors, cherche une auberge sur ma carte. J’y suis sur la carte, et à nouveau, elle n’existe pas, l’auberge. Je questionne un vieux monsieur que je vois dans la rue, plus loin. Sa démarche est rassurante, tranquille. C’est fou ce qu’une démarche peu donner comme informations. Il ne parle pas allemand, ni englais, je ne parle pas macedoinien. Hotel, camping, il comprend. Je lui mime dormir, et tente, montre mes saccoches. Il me montre sa maison son jardin, je le suis. Il me confir à sa femme qui m’accueille et me prends sous son aile,  on va chez la voisine, et je me retrouve entourée de 12 femmes macédoniennes pour la fête d’un nouveau-né. Elles appellent une de leurs amies qui parle englais et traduit au téléphone, afin de leur conter d’où je viens, qui je suis, où je vais. Me rassurer aussi, elle me dit que je suis chez de bonnes personnes, elle les connait. Je les remercie. Elles sont au petit soin avec moi ces femmes-là. Quand je commence à piquer du nez, on m’installe une chambre, des draps propre, un pyjama, me propose une douche. Je remercie, pleine d’émotion, l’hospitalité. Lendemain matin, on déjeune en silence, langage des signes entre mes hôtes et moi, quelques gestes, puis je m’en vais. Ils me souhaitent bonne route, bon vent. On prend une photo d’adieu.

Plus loin, le même jours, terrasse d’un café, un homme vient discuter avec moi, en allemand – mon allemand aura été fort utile tout le long des Balkans. il me dit que ça doit être facile pour moi, que je suis jolie, je peux tout avoir, même un homme. Dans ma tête je pense que les hommes, encore, on y revient, mais qu’en ce moment, je m’en garderait bien justement. Je lui dit que oui, en effet, parfois ça aide, mais que d’autre fois, être jolie, être une femme, justement, c’est un fardeau aussi. Car ce qui est beau attise l’envie.

Menfin, voilà. Je travaille mon sixième sens. Alternativement remercier en souriant mais filer et décliner les invitations; d’autres fois faire confiance, et se laisser protéger. Et remercier. Inchallah

« S’il doit y avoir des hommes, alors qu’ils volent, et loin » citation d’Alessandro Baricco, Océan Mer


 

If it must have some men, please men flying, and flying far away

I would prefere not to have to say it, but I did feel it.

In some countries, culture make that woman doesn’t have their place outside alone in the streets.

I  do remember a documentary about India, an old lawyer telling « If you have a beautiful flower, and throw it in the streets, the street dogs will eat it. So if you have a woman, don’t let her go alone in the street ». That’s not so bad here in Balkans, but still sometime I’ve felt that travelling alone, as a woman, I was not where people around thaught I should be. In touristic places and cities, it’s ok. In villages sometimes, how people started at me make me want just keep going. Mostly, I think, lack of understanding, lack of sens in what they were seeing. A woman travelling alone. On a bike. Why? I do try to remember that men – as are women – are not bad. What is bad is suffering, anger or envy I side of them, expressing through them. And some of those persons just want to help me, to pretect me. Double or quits. Anyway, often I did want to fly away. Nothing bad at the end, no dangerous times really, but some discomforts, some fears. One meeting especially made me afraid. Nothing wrong or physically hurting but I was fucking afraid. Going to the Albanian mountains, a car stop and the man told me not to go in the direction I was going to. He told me that this part was a part I shouldn’t go, nature is beautiful but people could be dangerous for a woman alone. He suggest to bring me with his car to Kosovo and from here I could go to the Macedonian border and be on my road again, in a safer place. I followed him. But after a bit, talking with that man, it was with him that I felt in danger. Whatever he could say about all his desire to help and protect. Desire. Men. I was afraid but did all my best not to show it, not to be. Used all my skills of communication, thinking rationally, bringing the situation to something totally normal and not dangerous. And it was. He juste left me where I asked him, and I ran away with my Capucine. Good or bad meeting, how to know? Maybe he avoided me worst.

Then the camping I saw on my map didnt exist, I juste made a bivouac behind a close coffee place, behind my bike, warm in my sleeping bag. Slept really well indeed. But still the next day I had some fears and anger to kill, I took them away through effort and biking, did some 100km and 1600m heigh difference. Never biked so much in a day. In the morning, I throw a thought in the wind  » If it must have some men, please men flying, and flying far away. » Far away. My thought went with me, even better, materialized. Men I met that day were gentel, distant. A waiter offered me some water, a grocer 3 apples. Perfect to repair the trust. Remember not to be afraid of 98% of good people because of 2% of bad ones. I’m the evening, I crossed the Macedonian border an didn’t want to sleep outside again. Looked on my map for a guesthouse, arrived at the street, and again, no guesthouse. I saw an old man, from behind he looked like walking quietly, made me feeling good about him, went to him and asked. He did not speak English or German and I did not speak Macedonian, but he did understand « hotel » and « camping ». I showed him my bag, made the shape of a tent with my hands, hand he showed me his house. I followed him and he give me to the guard of his woman who bring me to the neighboor. I was suddenly surrended by 12 Macedonian woman, and a new born, for his party. They called on phone a friend of her talking English to translate, to tell them who I am, where I am from and where I go. That woman told me to be quiet, those persons are good person, she knows them. I asked her to tell them thank you for their hospitality. When I began to be tired, my guest prepared me a room, a bed, offered me to take a shower and a clean new towel. I was so grateful, I was so grateful. The next morning I took a breakfast with my guest, talking with hands gesture. I told thank you, we took a picture, and I went, again on my road.

Later, same day, I stopped for a coffee. A man come and talk with me in German. He is surprised that I travel alone (yep again) and tells me that I am pretty, so it should be easy for me. You are pretty so you can have everything you want, even a man. In my head I think that men, again, back to that point, on that moment I juste want to stay away from men. But I told him yes, true, sometimes it help; but some other time, being a woman and being pretty is the danger. Because what is pretty calls to desire.

Anyway. Working on my sixth sense. Alternatively say thanks, smile, and fly away; other trusting and let being protected. Inchallla

« If it must have some men, please men flying, and flying far away » Alessandro Baricco, Ocean Mer

 

Albania, Mi Casa Es Tu Casa, Shköder

 

(en francais plus bas)

Just arrived in Albania, with a lot of noise, actually. I cross the border at the same time as a bus full of Montenegrian football fans. They saw me, offered me a scarf with the colors of their team that I had to show for a picture and then they began to sing and jump in their bus, and the bus itself was jumping, it was at the same time fun and scary, all that energy.

I discover Albanian roads, not as nice as montenegrian ones, flat landscapes, worn buildings, rubbish on the roadside, everywhere, abandoned gas station. But the road is wide and flat and offer me a large bicycle path on the side, highly appreciated. I saw horses carrying a car, picture of an old time in my country, an old time where horses still had jobs. Loved it. Through  a window, the hand of a girl says me hello – or maybe she’s just playing with the wind? Two cards felt from that window just after – or where thrown? Anyway, those were an eight of heart and a nine of clover. I did imagine signs and presage of those two. Good ones of course. Thaught are wandering, whirling from nothing when they have nothing else to do. Going through villages brought me good presage as well: groceries, market, it will be easy to find food around here. I juste need to learn some Albanian words and sentences.

What I did the two days I spent at the guesthouse « Mi Casa es Tu Casa » in Shkodër. Nice little town by the way, paved nice streets, old time building, temple, church and mosque together, close to each other, in peace. I stopped two days here, where I did enjoy the place such as the compagny of the good people I met.

This home, this guesthouse where the characters of the stories do live, do cross, do interfere. Yes, they are here, the character of the stories, real, living. Val for exemple, on the road since 4 years, hichhiking mostly,  back home here and there when he need, to work then travel with 200euro a month, and from his music, I think. So much flegm and so much joy in this character, those persons who bring back to the life his adventure. We chat on the morning in the kitchen with a coffee, after first a time each just mumbling, waking up. Morning, my favourite time and light. He stopped here, Val, as a volunteer. The casa is functionning as a community, working with volunteer love, try to share nice projects and values, eco friendly, trying not to waste, but instead to spread some light. Val is traveling with the sweet and quiet Miri. Beautiful in the morning light, playing with the black cat. Then Ahi, just came back from 5 days trek in the forest. His sparling eyes, I saw those eyes sometime – mostly – full of love for life, for peace, and then here and there I guessed in those eyes some darkness from somewhere. Talking with him, nationalities, passport, it’s unfair, sometimes, I say, to what he will answer « But so is life; life is unfair », with that time in his eyes,  love and darkness at the same time. At the same time. Agata, beautiful golden curly hair, a dreamer, we talk about love, about men, about life and travels. Is there any sens to all of that? Woman sweetness, she’s here as well to volunteer. The Australian one at the desk, with the same accent as my friend Dahriel and Georgia, such a nice square shirt, probably from the second hand market at the corner. Oh, and Alma, elegant Alma, managing the place, the mum of all in a way. Soul of the place. Cooking incredible breakfast, sweet and salty, healthy, albanian specialities. I didn’t ate so well since a while. Maybe why I stayed so long. So long, two days, it’s relative. It still felt an eternity to my traveling soul. At the breakfast time, the baby cat yelling for attention, yelling for milk, so cute little tiger. The other big cat that we chase out of the table, get some hug at the same time. The German couple with their cute tiny little Mathilde, 14 monthes but already on the roads, with her little backpack and plush. Jipi, new in the team, his french Canadian accent that make me laugh every two sentences. Soon should be well known for his good mood and enthiusiasm. He want to see all the countries, Jipi, or at least a lot, the ones who looks good to him. In the evening, in the lounge/terrasse/bar, I learn Albanian half in english half in German with Mondi at the bar. Some physiotherapist joke with his friend Nidi. Later, it’s already quiet. Mondi telling to people on the couchs: « Hey, it’s so quiet here, why are you all on your phones? People, please talk to each other. German people first. » With a malicious smile. And it works! We began to talk again to each other, German people first.

Those details and stories make that a place can make you feel at home. Mi Casa es Tu Casa. Well done.  « Chame ba ». « Faleminderit », it sounds to me a bit like Minas Tirit, don’t you find it? Albanian language sounds to my hears like swiss german elfic, to my ears or to my imaginary

www.micasaestucasa.it


 

Mi casa es tu casa

Arrivée en Albanie, en grande pompe, acclamée à la frontière du Monténégro par un bus de supporters de foot monténégriens qui m’ont offert une écharpe à leurs couleurs, que j’ai du brandir pour la photo. Puis ils se sont mis à chanter et sauter dans le bus et ça faisait sauter le bus entier, amusant mais aussi légèrement inquiétant tout ce débordement d’énergie. L’écharpe, je l’apprendrai plus tard, me sera fort utile.

Je découvre la route en Albanie, qui n’est pas aussi jolie qu’au Monténégro, paysages plats, bâtiments délabrés, déchets en bord de route, stations services désaffectées. Mais la route est large, la belle marge sur le côté m’offre une piste cyclable fort appréciée. Je dépasse une charrette menée par un petit cheval, image d’un temps passé chez nous, un temps où les chevaux avaient encore du boulot. Puis sur la route, par la fenêtre je vois une enfant qui me fait un signe de la main, à moins qu’elle ne joue juste avec le vent? quelque chose qui tombe de la fenêtre, ou qu’elle me jette peut-être. Des cartes, deux cartes. Un huit de coeur. Un neuf de trèfle. J’y lis signes et présages, des bons évidemment. L’esprit vagabonde, virevolte de ces deux petites cartes. Je traverse ensuite des villages et là aussi, de bons présages: des épiceries, du monde dans la rue, les magasins dont les étals débordent sur le trottoir,  marché aux puces, une girafe en peluche qui me scrute du coin de l’œil, marché aux légumes, verts, jaunes, rouges les légumes. Tout ça s’annonce bon pour la suite où j’avais envie de m’enfoncer dans les terres; je pressens que dans les villages je saurai me nourrir facilement. Reste à apprendre quelques mots d’albanais.Ce sera chose faite sur mes deux jours de pause à l’auberge « Mi Casa es Tu Casa » à Shkodër. Superbe petite ville soit-dit en passant, rue pavées, église, mosquée, temple côte à côte. Je m’y serai arrêtée deux jours, à la casa, coup de coeur que cette auberge où les histoires de voyageurs se croisent.

Ils sont là, les personnages des histoires, et ils sont bien vivants. Il y a Val, sur les routes depuis 4 ans, en stop principalement, qui rentre au pays ici et là travailler comme coursier à vélo puis tourne avec 200 euro par mois, et de la musique, je crois. Tant de flegme et tant de joie dans ce personnage-là, le genre de personne qui rend à la vie son aventure. On papote le matin à la cuisine autour d’un café, mon heure et ma lumière préférée. Il s’est arrêté ici comme volontaire, la maison tourne avec un système communautaire. La maison est eco friendly aussi, propose de partager et échanger de belles valeurs. Val voyage en ce moment avec la douce Miri. Elle est belle et tranquille dans la lumière du matin, avec le chat. Ahi, des yeux remplis tantôt de paix et d’amour tantôt d’ombres et de profondeurs d’on ne sait où, il revient  de 5 jours de trek, sorti de la forêt. On discute, les passeport, les nationalités, je me dit que parfois, c’est injuste, à quoi il me répondra « But so is life, you know, life is unfair », avec cette fois dans les mêmes yeux en même temps amour et tristesse. En même temps. Agata, ses boucles dorées, rêveuse, on parle d’amour, de garçons, de la vie, des voyages. Y a-t’il un sens à tout ça? La douceur féminine, elle aussi elle reste là quelques semaines, volontaire à Mi Casa es Tu Casa. L’Australien à l’accueil, accent « aussie » qui me rappelle mes amis, chemise à carreaux vintage à souhait, probablement du fameux marché seconde main dans la rue d’à côté. Oh, et Alma, élégante Alma, qui gère l’auberge, la maman de tout le monde un peu. L’âme du lieu. Elle cuisine des déjeuners incroyables, toasts, café, sucré, salé, longtemps que je n’ai pas aussi bien mangé! Pas étonnant que j’aie aimé y rester si longtemps, dans cette cuisine et cette maison-là. Si longtemps, c’est relatif, 2 jours et 2 nuits, une éternité à mon âme voyageuse. Le chaton qui fait des siennes, le chat à chasser de la table, le couple d’allemand et leur toute petite Mathilde, choupinette de 14 mois, déjà sur les routes la cocotte, avec son petit sac à dos et son doudou. Jipi, nouvelle recrue de l’équipe, accent québécois, fait que je me retiens de rire à chaque deux phrases, tu vois-tu. La bonne humeur lui aussi, il veut voir tous les pays, lui, où plein en tout cas, ceux qui ont l’air bien. Et le soir, dans l’espace commun, salon, terrasse, bar, tout en même temps, j’apprends  l’albanais à moitié en allemand à moitié en anglais avec Mondi le serveur et son ami Nidi, étudiant physio. Plus tard, un moment de calme, Mondi qui lance aux gens installés sur les canapés :  » Hey, it’s so quiet here, why are you all on your phones? People, please talk to each other. German people first. » avec un petit sourire malicieux. Et ça a marché, on a lâché nos téléphones et repris les discussions.

Ce genre de détail et de personnages qui font qu’on se sent à la maison. Chame ba. Faleminderit, ça sonne un peu comme Minas Tirit, vous ne trouvez pas? L’albanais serait à mes oreilles une sorte d’elfique suisse-allemand. A mes oreilles, et mon imaginaire, bien sûr.

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Le silence dans ma tête – a quiet place in my head

Aujourd’hui je roule sans musique dans mes oreilles
Je parle toute seule à voix haute
Cause à Capucine aussi
Excellent signe de santé mentale du voyageur à vélo
De la mienne en tout cas
Ça s’est calmé là-haut

Today I bike without music in my ears
I speak out loud, alone
Talk to Capucine, thaught
Excellent sign of good mental health of a traveler on a bike
Of mine at least
It did calm down, up there

The subtle art of don’t giving a fuck – l’art subtil de n’en avoir rien à foutre


Assises à une terrasse de restaurant
Deux femmes voyageant seules
A la même table, partageant un instant
Sans un seul mot
Elle plongée dans son bouquin
Moi dans mes cahiers
Tranquilles présences sans un mot échangé
Simplicité du partage des instants
Dans la lumière et le silence du moment
Puis soudain une envie
Je me lance
Tente une petite phrase d’accroche
Pas de réponse
Elle garde le silence la tranquille
Ma voix discrète, ne l’a-elle pas entendue ?
Où sciemment m’ignorerait-elle, la belle italienne?
Belle insolente moderne
Derrière son bouquin
ça m’intrigue et à l’envers je lis le titre
« The subtle art of don’t giving a fuck »
L’art subtil de n’en avoir rien à foutre
Quand on aura tout dit.

Sitting on a restaurant’s terrace
Two women obviously traveling on their own
Sharing the same table for a time
Staying still, without a word
One lost into her reading
The other lost into her writing
Peaceful presences, not any word was said
Simplicity of sharing the light and silence of that now
And suddenly I tried
A little sentence
A little question to her
no response
She keeps the silence, the quiet one
My soft shy voice, didn’t she hear it?
Or on purpose ignored me, the beautiful Italian lady?
Pretty modern insolent
Behind her book
To which I do have a look
 » The Subtle Art of Don’t Giving a Fuck »
Well, everything is said

Ils font de bien jolies routes au Monténégro – they know how to do nice roads in Montenegro

Ravie de mon passage au Monténégro. Le renard l’avait prédit, c’est très beau, le Monténégro. J’ai roulé un jour entier le long de la mer, sur ces belles marinas piétonnes assez large pour que j’y roule sans être un danger pour mes compatriotes bipèdes, puis attaqué un col, 1500 m de montée, comme au Simplon, de bien jolis lacets, ce col, ça monte tout doux, au coucher du soleil doré, fini de nuit à camper là-haut, seule au monde, épuisée et bienheureuse.

Delighted of my days in Montenegro. The fox did predicted it. It’s beautiful, Montenegro. I biked one day long close to the sea, on those nice pedestrian marina, big enough that I don’t bother my bipedal friends.  A Pass, 1500m high, like Simplon, sweet turn to make the slope bearable, at the sunset and even by night with my front torch, and finally camping up there, alone, spent, and happy.

 

Le danger n’est pas là où vous l’attendiez – Danger was not where you were waiting for it

Non, le danger n’était pas là où vous l’attendiez. Ayant pris l’habitude de laisser ma nourriture hors de ma tente, par peur d’attirer les ours, eh bien, figurez-vous que cette nuit dans le jardin d’une famille du Monténégro qui m’a hébergée, les seuls pour l’instant qui auront déchiré mon sac et attaqué mes cacahuètes – le jambon cru étant trop bien emballé sous vide, dieu soit béni – sont de tout petits tigres en puissance. Chatons joueurs et non moins dangereux. Le danger, souvent, n’est pas là où on l’attend. N.b: ceci vaut-il également pour de nombreuses peurs? la solitude, la route, les hommes, les ours ou autres variétés de figuiers.. Serais-je en train de développer une douce obsession d’ailleurs pour les-dits figuiers? Ils sont si charmants, les figuiers.

No, actually, the danger wasn’t where you were waiting for it. You probably know I did took the habit of letting my food out of my tent, in case of bear, for exemple, but, Can you figure it out that this night, in a montenegrian family who guested me, this night the ones who teared my bag and attacked my peanuts – hopefully the ham was in a good closed container – those ones were tiny little tigers. Baby cats, as playful as dangerous. Often, danger is not where we do expect it. P s: does it work as well for other fears? Loneliness, the road, men, bears and other varitey of fig trees? Am I slowly developling an obsession for the now well knowns fig trees? Fig trees are charming, by the way.

Capucine et moi posant fièrement devant la mer – Capucine and I posing proudly in front of the sea


Échanges écrits avec un ami, assise sur le bord d’une fenêtre à Dubrovnik, surplombant la ville et la vue. J’aime ces endroits suspendus. Le vide, avant, m’inquiétait. Aujourd’hui ami bienvenu, support à la pensée qui vagabonde.

– « Je pense que de toute souffrance on peut faire une plus grande source de paix, voire de sa vie. »
– « Sage parole. J’y penserai demain en galérant en montée avec des bus et des camions qui me frôlent ! Elle est belle la liberté ! En cage, on veut être libre, puis soudain libre on appelle à nouveau la cage. Ça rassure la cage. Parfois elle est belle, dorée. « 
– « C’est fou la vie combien de potentiel elle a. »
– « Oh oui. Allez. Le soleil s’est couché. Je vais me doucher, puis écrire ma journée. Demain, je me barre de Dubrovnik. « 

Lendemain, sortie de ville, habituelle rengaine, trafic oppressant, tourisme qui gâche et bords de route peu charmants. Je serre les dents, hais les grand bus oranges et sifflants qui me frôlent sans même ralentir. Les camions quant à eux sont plus sympa, font plus attention. Je les prends presque en affection, à force. Puis je repère sur ma carte une route parallèle, dans les villages. Bonheur, bonheur de pédaler seule ou presque dans des paysages dignes de carte postale. Ça monte et ça descend, un vrai toboggan, mon effort se veut fractionné, je sais faire, et c’est bon. Je passe la frontière, bonjour Monténégro. Et là, belle surprise, mes premiers kilomètres à pédaler en bord de mer, vraiment en bord de mer. Elle est juste à coté de moi, la mer, je l’entends, je la vois. J’ai soudain envie de l’immortaliser, cette image-là,  Capucine et moi à la mer. Je prépare mon matériel photo, retardateur, 10 secondes, cours, prends la pose. Fières comme les expéditeurs posant en haut de la montagne. A peine plus loin, spectacle majestueux. Lever de lune, bientôt pleine la belle, ronde et blanche, elle apparaît au dessus d’une montagne, et elle, la montagne, elle sort d’un nuage, et lui, le nuage, il est au dessus de la mer. Lueurs bleutés, douces, rosées. On en écrirait des poèmes, on en peindrait des tableaux, de ceux-là; j’en reste sans voix. Quelques kilomètres encore et je me dépose dans un camping tapissé de verdure, tenu par un monsieur sans âge qui parle un allemand parfait. Ok, je l’aime, ma liberté.

Writing to a friend, sitting on the edge of a window in Dubrovnik, above the city. I do like those suspended point of view. The heights, before, used to made me a bit worried, unconfortable; but now height is a welcome’s friend, support to the roaming thaughts.

–  » I think that from all suffering you can make it a bigger source of peace or even of your life. »
–  » Wise saying. I will think about it, tomorrow, biking uphill with trucks and buses so close to me! Beautiful freedom ! In a cage, you do look for it, freedom, but suddenly free, you look back to the cage. Reassuring cage, sometime beautiful and golden. »
–  » Crazy how much potentiel does have the life sometime. »
–  » It has. Ok, the sun went down, so will I. I’ll go for a shower, write my day, then go for sleep. Tomorrow let’s fly away from Dubrovnik. »

The next day, like all city peripheries, same song, a bad one, of too much traffic, tourisme that make ugly, road’s edges with no charm. Just keep going, hating big orange and whisterling buses that come so close to me, and don’t even slow down. Even trucks are more nice to me ! I kind of like them, compared to that buses. Anyway, it was just a couple of kilometers and later I did see on my map a parallel road, smaller, no traffic, going through villages. Happiness of biking alone in those landscapes. Going up and down, rollercoaster, effort, rest, effort, rest, effort, I know and even like that. Finally, sweet surprise, kilometers of biking close to the sea, nice and flat pedestrian marina where I can really bike with the sea, feel it, smell it. I suddenly want to immortalize it, that picture, Capucine and I at the sea. Prepare my photographic gear, 10 second, run, take the pose, proud as explorers at the top of their mountain. A bit further, magestuous view. Moon getting up, soon full, the lady, withe and round, going out of a mountain, and the mountain is above a cloud, and the cloud is above the sea. Blue, sweet and pink glowings. We could write poems or paint about those four. Some kilometer more and I do find a quiet place in a very green camping of a very old man speaking a perfect german. Ok, I do love my freedom.

Toutes les choses qui vivent

(English version coming soon. Maybe)

Extrait envoyé par Lucien, un matin, ou un soir, je ne sais plus alors, on dira le matin, car la lumière convient bien :

« Puis elle en plante en secret sur la lande. C’est ainsi qu’elle se passionne pour les fleurs et les buissons et que toute la lande devient son jardin. Toutes ses randonnées poussent autour d’elle.  » Je passerai par ici. Je passerai par là. Je penserai à ici. Je penserai à là. Je posséderai un peu de la beauté d’ici. Je posséderai aussi un peu de la beauté de là. » Toutes ces beautés seront vivantes. Toutes les choses belles vivent. Elle se disait aussi:  » Toutes les choses vivantes sont toujours des souvenirs. Nous sommes tous des souvenirs vivants de choses qui étaient belles. La vie est le souvenir le plus touchant du temps qui a produit ce monde. »

Voila qui est dit. Et joliment dit. Merci

 

De l’influence de mes lectures – About influences of my readings


De l’influence de mes lectures sur mon écriture. En ce moment, je lis du Bukowski et du Kerouak, et pour sûr, ça me donne envie de teinter ma plume d’un peu d’absurde et de folie. Car la folie donne de l’éclat, du rythme, une saveur. Une réalité, moche parfois, brute d’autres, mais bel et bien réelle. J’ai eu des phases de lecture plus Eckart Tolle, Di Mello, Sri Aurobindo, recherche de spiritualité, qui ont fini par m’ennuyer. Le terme même m’ennuie. Spiritualité. Trop pédant, trop d’attentes, d’envies. Qui suis-je pour viser cela? S’élever. Oui et non. Juste là, aujourd’hui, je vise un peu de sagesse. Philo, sagesse; le mot me parle plus. Terre à terre. Bon pour la route. Qui englobe la connerie et la folie aussi. Comment disserter sur la lumière sans connaître  l’ombre? Et vice versa, à priori. Même si j’en sais fichtre rien pour dire vrai. Mais j’ai rencontré des gens qui aiment à investiguer ces deux rôles, savent passer d’un monde à l’autre avec dextérité, y apprennent de chacun de ces univers. J’aime ces êtres complexes, qui tracent leur route à travers les paradoxes. Il y a là pour sûr quelque chose a faire.

About influences of what I read on what I write. Those days, reading novels of Bukowski and Kerouak – great writers – make me want in my writing to explore a bit of absurdity and madness. Because madness does give a special shine, a rythme, a taste of something. A reality, sometimes ugly or brutal, but so is life, so is the real. A couple of months ago I use to read a lot from Ecart Tolle, Di Mello, Sri Aurobindo. Talking about spirituality. This search of spirituality, I get tired of it. Even the word make me feel bored. Too much expectation, too much attachement in a way, attachement to non-attachement, weird, isn’t it? Who am I to look for that?  Right now, I just look for a bit of wisdom, here and there. Wisdom, I do prefere that word, more concrete, more close to the ground, to the basics. Good on the road. Covering maybe as well some stupidity and some madness, could be? How to dissert about light and spirituality if you don’t know about darkness ? The opposite works as well, I think, I swear. What I know is that I met some people that enjoy to investigate both of those universes, light and darkness, able to adapte to one as to the other, able to learn from both of it. That is a definition of wisdom for me,  being able to play and go into the paradoxes of complex reality of this world.

Vers Dubrovnik

Après une journée de repos, retour sur les routes, pleine de courage. Il y a peu, j’entrais dans le personnage, aujourd’hui, j’entre dans le voyage. Une focaccia, un cafe, et roule. Quelques kilomètres, une sieste, d’autres kilomètres, une autre sieste, des paysages côtiers, la mer en contrebas, bleue intense, je la vois s’agiter sous les vents légers, la montagne en contre-haut, elle veille, paisible. Le camions sur les côtés, suffit de les ignorer. Enfin pas trop, de quoi s’en protéger. Puis un bateau vers une presqu’île. Capucine et moi prenons la mer. Très bon choix car les camions eux, ne la prennent pas. Tranquilité sur cette petite contrée de vignes et de colline. L’odeur me ramène a mon village d’enfance. Puissantes les odeurs pour vous amener ici et là. Des vignes mais aussi beaucoup de figuiers et d’oliviers. Des mandarines jaunes et oranges. Passer une nuit à l’abris d’un olivier, dans un champ éloigné des routes et des sentiers. Se réveiller sur un spectacle éclairé de lune, arbres grisés de ses douceurs, noirs et blancs des films d’antan. Ici et là, des bâtisses abandonnées, restaurant vide naufragé au sommet d’une colline. Aussi vide que belle est la vue, de la haut. Un figuier a l’intérieur. Ils sont curieux, les figuiers.

After a good rest day, I’m back on the roads, new energy, new strengths. A couple of day before, I entered in the character, today, I enter in the travel itself. A focaccia, a coffee, I’m ready to go. A couple of kilometers, a nap, another couple of kilometers, another naps, coast landscapes, the sea down there, blue, intense blue, waving with the wind, the mountain, up there, peacefull, she watches over. Trucks on my side, just need to ignore them. Not too much, just enough to keep it safe. Then a boat that bring us, Capucine and I, on an island, kind of an island that will join the coast later. Good choice, because the trucks doesn’t take that road. Land of hills and wineyards. The smell bring me back to my childhood’s village. Strong smell that bring us here and there. Vineyard but olive and fig tree as well, mandarines, yellow and orange. I slept under an olive tree, protected, and woke up on a spectacle of the moonlight giving to the trees grays, black and withe lights of old movies. Just magic. Kind of epic. Here and there, abandoned buildings, like this old wreck on a hilltop. As empty as the view is beautiful. A fig tree inside. Fig trees are curious, I suppose.

Bons baisers de Makarska

Quatrième jour de vélo, je redescends sur la côte. J’aimerais voir la mer. Les abords de Split, comme toute sortie à vélo de grande ville, jungle urbaine, ça dégueule de béton et de trafic. Hostile au voyageur vélo. Je me demande si je ne préférais pas les ours, serpents, mines et autres solitude des terres sauvages. Peu importe, je suis là et j’avance. Les jambes et le coeur fatigués, je pédale, un peu de musique dans une oreille, l’autre restant aux aguets. Elle adoucit les mœurs, la musique, redonne du baume au coeur. Après quelques kilomètres viennent des points de vue qui savent la mettre en valeur, la riviera croate. Petites routes alternatives, oliveraies, pins, entre roche et mer, des chatons au bord de la route, route de terre que capucine gère comme une cheffe. On se débrouille elle et moi, dérapages contrôlés et tout. Je trouve refuge à Makarska, jolie petite ville de bord de mer, je me prends une journée entière pour ne pas pédaler, me reposer, et nager. La mer, fraîche, nettoie la fatigue, salée, me pique les yeux quand je nage. Elle flotte bien aussi. Sinon, on dirait le lac. Le coucher de soleil est le même. Magnifique, doré, incandescent.

Fourth day on my bike, I went down to the coast. I wanted to see the sea. Close to Split, like every big cities, not nice to bike, lots of traffic, just feel uncomfortable. At at point I did ask myself if I do prefere bears, snake and mines on the wild Croatian landscapes. Anyway, I was here, going forward. Legs and heart tired, biking, some music in one ear, the second one listening to the road. One say that music make it softly (bad translation of a French saying, does it work on English?), It worked pretty well on me that morning. After a couple of miles, some landscape made the Croatian riveria worth it. Alternative little roads, olive trees, pines, rock and see, ok, it’s not so bad. It’s even really nice. Some little road without asphalt, my bike Capucine struggled a bit but make it work, we made it work, Capucine and I. I found a clean bed and warm shower – the first since 6 days – in a hostel in Makarska. Took a whole day to not bike, write and rest. Had a swim in the sea, that make me think about my Swiss lake, pretty much the same colour, warmth, but salty. Cleans up the tiredness. Ready for the next adventures

Into the wild

Il est grand, le monde. Parfois peuplé, rapide, agité. Parfois vaste, vide, sauvage. J’ai vu les deux. Second choix pour mes trois premiers jour à vélo dans les terres croates. Villages de bergers, vestiges du passé, des maisons abandonnées, demeures des figuiers, châteaux verts, blanches les pierres. Puis des territoires arides, roche, buissons, on voit à perte de vue. Si peu de villages. Je vérifie avoir suffisamment d’eau et de nourriture avant de me lancer dans ces espaces-là. Il paraît qu’il y a des ours. Il paraît également qu’ils ne s’attaquent pas à l’homme, ni à la femme, soit-dit en passant. En cas de rencontre, ne pas paniquer, ne pas bouger, lui parler. Laisser les vivres hors de la tente. Je croise un couple de voyageurs, en van, des Bernois, passionnés de serpents. Le monsieur vient d’en attraper un, venimeux. Il est gris et a une petite corne sur la tête. Le serpent, pas le monsieur. Note à moi même: bien fermer la moustiquaire, ne pas laisser traîner ni sacs ni chaussures. Rien d’autre?! Ah si, la dame me dit qu’elle a peur des mines, vestiges de la guerre. Je n’y avais même pas pensé. Ne pas s’éloigner trop des routes, n.b. Je découvrirai plus tard des zones entières sinistrées pour cette raison-là. Stupide guerre. Puis un matin sur mon chemin, un gros chien. Protecteur blanc. Douce et poilue compagnie sur une vingtaine de kilomètres. Le soleil qui revient. Une fois lancée sur la route, tout est plus simple, la pensée se calme, il suffit de s’accommoder de ce que l’on a, et d’avancer, d’avancer droit vers la lumière et vers d’autres terres. La route est belle, le temps se rallonge. Partie depuis à peine quelques jours et déjà je noirci des carnets de mes aventures, tant je vois, tant je vis.

The world is big. Sometime overcrowded, fast, agitated. Sometime huge, wild and free. I saw both. Second choice for me three firsts days biking in Croatia. Shepherd villages of ancient times, abandoned houses, mansion of fig trees, green castle and with stones. Deserted landscapes, rock, bush, that we can look far far away. So few villages. Checked my water and food before going to that wildness. I’ve heard about bears. But I’ve heard as well they don’t attack human. In case of meeting, just stay calm, talk to him gently, don’t run. Keep the food out of the tent by night. I met some travelers in that wildness, with a van, from Switzerland. A couple, passionated about snakes. The old man come with on in the hands, venimous one. Gray with a horn on the head. The snake, not the old man. Made a note to myself: think to close the tent correctly and not letting anything outside. Something else?! Yep, the woman told me she’s afraid of old mines, remains of the war. Not the the self, number two: do not go to far away from roads and pathes. I will discover later some fields totally closed because of risk of those old mines. Stupid sad war. A morning on my road, a big dog. Withe protector. Fluffy and sweet compagny on a twenty-ish kilometers. Even the sun is coming back. Once I’m on the road, everything is more simple, thaught calm down, I just have to do with what I have, to go forward, go forward in direction of the light, new worlds and lands. The road is beautiful, time is getting longer. I left my home since only 6 days and I already have plenty of adventure to write about. I do see so much, I do live so much. Traveling on a bike.

To do List

Il y a peu de temps, j’avais sur mon téléphone une liste de choses à faire. Longue, normale, la vie moderne, l’organisation. Il y a deux jours, à rouler dans les terres croates, je me suis amusée à l’ajourner :

To do:

– pédaler

– ne pas se faire manger par un ours

Ou comment revenir à l’essentiel. Éloge de la simplicité des voyages à vélo. Pédaler. Ne pas se faire manger par un ours. Il parait que de nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude. Face à une émotion, inviter son contraire. Inviter la joie, la rencontre, la lumière. Un gros chien protecteur et amical. Par exemple. Ça marche bien.

Not a long time ago, I had on my phone a « To do list ». Complete, long, normal in modern life and organisation. Two days again, biking in the croatian bush, I thought a out that list and updated it:

To do:

– to bike

– not to be eaten by a bear

How to come back to essential. Praise to the simplicity of travelling on a bike. To bike. Not to be eaten by a bear. I’ve heard that a lot of fears are born from fatigue and loneliness. Facing to an emotion, invite it’s opposite. Invite joy, meeting, light. A big friendly and protective dog, for exemple. It does work, pretty well.

On the road again

Premiers jours sur la route. Douce transition, avant de pédaler seule, je fais route avec mon père, en van jusqu’à Plitvice, au nord de la Croatie. Rouler ensemble, aller dans la même direction. Belle image, belle métaphore. Chacun son tour au volant, l’un veille, l’autre se repose, et on alterne. On écoute de la musique, on discute. Bon vieux road trip. Avoir un père qui se lance dans l’aventure, dormir dehors, se faire réveiller par la police croate, « no camp », aller plus loin, randonner dans le parc de Plitvice. Chanceuse que je suis, il m’a tant appris. Ici, le fond de l’air est frais, l’automne bien installé. Je me prépare au départ, vérifie mon matériel une dernière fois. Entre dans le personnage. Un peu sauvage. Et sure. Je m’inspire des différents voyageurs rencontrés précédemment sur la route, vagabonds, gitans des villes et autres punks à chiens. Je suis le personnage de cette histoire-là. Pas celle que je lis, ni celle que j’écris. Celle que je vis. Sans savoir vraiment de quelle histoire il s’agit. Mais n’est-il pas toujours ainsi?

First days on the road. Sweet transition, before to bike on my own, to go with my dad to Plitvice, north Croatia, with the van. Driving together, going to the same direction. Such a nice metaphor, picture. One driving, the other one resting. Changing the roles. Listening to music, chatting about old memories, making new ones. Good old road trip. Lucky me to have a father ready to go on adventures, to sleep in the van, getting catch by the police telling us not to camp there, going further, then wander in the national parc. My father. He teached me so much. And now, ready to go. Here in North Croatia, it’s already fall, getting colder. Leaves are turning orange, falling. Time to go south. Getting ready to bike, I check my material one more time. Enter in the character. A bit wild. And sure. Get my inspiration from travellers I met on the way. I am the hero of my own story. Not the one I read, neither the one I write. The one I’m living, right now. Not even knowing exactly what is about that story. But isn’t it everytime exactly like that?

 

Nouveau départ

(francais plus bas)

New project, explained short because I don’t have time right now to explain you better, my new project is to go to Greece with my bike. Simple. I will start the trip from North Croatia, my dad bringing me there with Jimmy – the van – and then I will bike on my own until Athenes and take a boat to Samos. On Samos, I will work as a volunteer on the refugee camp, trying to help a bit some humans stucked there for too long in too bad conditions. Trying to figuring out how to be useful and bring a little bit of light to some place where darkness is. Biking should take me one to one and a half month. I will volunteer in end of November and December. Then in January and February, I would love to join my friends Georgia and Dahriel to surrender in Rock climbing life, probably in Spain. Joining them with Jimmy, after a trip back from Athenes to Venise in a ferry. I will be back in spring in Switzerland, back with the swallows.

carte

Nouveau Départ

Le projet démarrera début octobre, en van avec mon papa, vers Plitvice au nord de la Croatie. Je pédalerai ensuite le long de la côté jusqu’à Athènes, prendrai un bateau pour Samos, histoire d’aller donner un coup de main sur les camps de réfugiés comme physiothérapeute fin novembre et décembre. Puis janvier et février, revenir en ferry, récupérer Jimmy – mon van – rejoindre les copains grimpeurs et me plonger dans cette vie nomade-là. Retour prévu en mars, avec les hirondelles.

Le vélo, encore

Je me répète mais il y a des choses qui sont bonnes à répéter. Le vélo, je l’aime pour la décroissance. Apprendre à vivre avec quasi rien, proche de l’essentiel. Juste pédaler, se nourrir, s’abriter. Revenir à un état presque animal. Vivre avec peu de confort, se rendre compte qu’en fait, on n’a pas besoin de grand-chose, et mieux tout apprécier plus tard, au retour à la modernité. Le vélo je l’aime aussi pour l’impression de voyage, l’aventure, se débrouiller, avancer par soi-même, traverser des pays, passer des frontières. Un sentiment de force intérieure, grande, réelle, présente. Et je l’aime enfin pour la lenteur. Ode aux changements de perception temporels. Ralentir le rythme pour que chaque journée s’allonge.

L’escalade en voyage

Plutôt que de visiter des lieux touristiques, aller voir ceci, cela, pour prendre un éternel cliché devant tel ou tel monument célèbre, avec tant d’autres qui font de même, j’aime en voyage découvrir les pays à travers une activité, une passion. Ces dernières années, c’était à travers l’escalade. Un merveilleux moyen de rencontrer des locaux, d’aller dans des lieux inédits, se faire des amis de partout à travers le monde, qu’un jour on ira visiter ou à qui un jour on fera visiter la Suisse et ses alpes magnifiques. Et puis grimper, monter, respirer l’odeur du ciel.

Le volontariat, en Grèce

Pourquoi aller là-bas ? Parce que là-bas c’est ici, que c’est eux mais c’est nous en fait aussi, et que là- bas il y a souffrance. La crise des réfugiés est loin d’être terminée. Des gens quittent leur pays pour fuir la misère ou la guerre. Tant d’exemples. Celui dont la maison a explosé sous les bombes. Celui qui a perdu tous ses proches. Celui emprisonné parce qu’il refuse de servir une armée islamiste. Ceux et celles qui traversent des pays à pied malgré les dangers, car le danger derrière est plus grand que le danger devant. Ils se retrouvent coincés dans ces camps pendant des mois, des années même, en attendant mieux. Parce que c’est l’Europe et ses lois qui leur inflige ça, et que l’Europe, c’est vous, c’est moi. Et parce que moi, j’ai déjà beaucoup eu l’occasion de profiter, alors maintenant, je souhaite aider. Un pansement sur une hémorragie. Certes pas grand-chose à l’échelle du monde. Beaucoup déjà à l’échelle de chaque individu à qui je vais consacrer du temps, de l’énergie. Donner un peu de douceur, un peu de joie aussi. Servir, puis revenir, en ayant vu, et partager.

La préparation

Un voyage de 5 mois, ça s’organise, ça se prépare. Le voyage, mais également le retour. La préparation matérielle, agencer mon vélo de ville que j’aime tant en vélo de voyage qui m’emportera jusqu’en Grèce. Merci à Sam à Cyclone Sport, Savièse, pour le travail et l’enthousiasme. Tester le vélo chargé avec tout le matériel, et avec Béa aussi, que j’aurai promenée sur mon porte-bagage pendant la fameuse fête des vignerons à Vevey et qui m’a accompagnée pour rouler dans les vignes. Tester le matériel camping sous la pluie aux Pléïades. Je suis étanche. Réparer quelques petits trous de la tente, commander quelques objets qui me manquent encore. La préparation physique aussi. Pédaler, chargée ou en montée, rejoindre Marie-Laure au col du Pillon, et puis aller marcher en montagne, continuer à grimper, à m’entraîner en salle aussi. Nager dans le lac avec Mélanie, m’habituer au froid, ça c’est pas gagné. Manger de la fondue pour faire quelques réserves de gras, ça c’est plus facile. Gérer mon budget, planifier, compter 900 à 1500 chf par mois, sur 5 mois, visez donc 4’500 à 7500 chf pour le périple, penser à garder minimum 7000 chf de réserve pour le retour. Rendre mon appartement, quitter mon travail, réfléchir à la suite aussi, prochaines offres d’emploi, prochains projets professionnels. Pensez aux assurances, aux vaccins, à gérer ma paperasse lorsque je ne suis pas là, et pour ceci, même à 31 ans, on a toujours besoin de ses parents. Tout ça tout ça. La préparation est belle, tout autant que le voyage lui-même.

Comment aider?

Avec Humansnation, basé à Lausanne:  participer a des collectes d’habits envoyés la-bas, parfois des collectes de point coop et autre objets utiles, soutien financier pour les différents projets, aller sur le terrain comme volontaire, même sans qualification, même pour une durée courte, peler des patates 2 semaines serait déjà une aide fort utile.

Avec Med Equali Team (assoc française):  envoyer du matériel médical: lien de liste de commande type Amazon, aller sur le terrain comme traducteur ou comme  soignants

Plus globalement:  rester informé sur la situation et communiquer, partager les infos

Quelques liens:

http://www.humansnation.ch

http://www.medequali.team

https://www.actionforeducation.co.uk/

Teaser fr

 

https://bonpourlatete.com/actuel/assassins-silencieux?fbclid=IwAR3LZ0avY4YC5LeibVU3fluZPfmwASJtW2aHapi9B2lDZrhr8PrKadYteq0