Vois-tu Alexandra … / Don’t you see Alexandra

Vois-tu Alexandra, disait-il dans une prose poétique qui m’inspire à reprendre ma plume, et à qui je répondis. Vois-tu Nicolas, vois-tu Nicolaos, j’ai à l’autre bout du monde cherché les paradoxes, les oxymores. Transitions, cimes puis abîmes, parfois brutales et d’autres si douces et naturelles. Autour de moi le chaos, le bruit, la saleté et la foule, puis soudain au détour d’une rue et parfois pas si loin, la pureté d’un temple, une bulle de calme et de sérénité. Et en moi, aussi, les paradoxes, entre recherche d’une discipline saine et belle tant pour mon corps que mon âme, puis lâcher prise total, abandon aux rives et dérives des plaisirs. Se laisser à ses vices, les explorer car les vices ne sont pas les vices, telle que la pureté n’est pas la pureté. Chaque tendance contient son contraire. Une goutte infime mais entière. Vivre et sentir aux quatre coins du monde ces explorations qui résonnent dans mes propres paradoxes. En moi. Suivre ces ressentis et me sentir vivante. Vivante, et libre. Sortir du jugement des autres et peut-être plus important encore, sortir de mon propre jugement. Celui-ci peut-être, plus grand et plus strict encore. Répéter les expériences, vivre, être libre. Être libre, vivre. Être libre. Vivre. Comme un mantra. Les ancrer en moi. Jusqu’à ce qu’elles soient moi. Qu’elles soient moi. Puis les oublier, les lâcher. Qu’elles soient moi et que je comprenne que la liberté et la vie ne sont pas hors de moi mais ne dépendent que de ma pensée et mon regard. J’ai la liberté que je m’autorise à avoir. À prendre. À aimer. La liberté, le voyage, on leur colle une étiquette de plage et d’aventures dans la jungle, alors que plus j’avance et plus j’apprends qu’ils peuvent se faire à l’intérieur de moi. De moi, de toi, de nous, de eux. Le grand éléphant de l’éveil dort juste devant ma porte. La justesse serait alors d’être simplement présent. Être. Être là avec soi pour être là avec les autres, le cœur grand ouvert. Le cœur grand ouvert puisqu’il a été tant brisé. Il est grand ouvert ce cœur, et il bat, il bat, il vit, il chante et il danse. Il danse de tout son cœur et de toute son âme. Il danse et me fait danser avec lui, à la recherche de nous. À la recherche de moi. Et la confiance moi je la trouve dans l’amour. Des bras qui m’enlacent. Un homme qui prendra l’espace d’un instant une route parallèle à la mienne, nos histoires qui se croisent, s’entrelacent, et peut-être bien que la joie, le chaos, la douceur et le désir s’emmêlent. Parfois une rencontre furtive mais non moins intense. L’amour, parfois sous la forme de la tendresse, de l’attention que je donne à ceux dont je prends soin. Puisque l’autre c’est moi. Échanger, d’égal à égal, entre deux êtres qui se valent, qui s’estiment. Deux êtres qui se reconnaissent, Qui se reconnaissent dans leurs propres libertés, Ou leurs propres chaos. Dans l’amour, la confiance, la quête de sens et d’essence n’a même plus lieu d’être, puisque sens et non-sens s’abandonnent l’un à l’autre et l’autre à l’un. Tant de possibles quand on est là où l’on doit être. Là où l’on est, puisque tout m’amène à être là. Exactement là.


Don’t you see Alexandra, did he said in a poetic prose that inspired me to be back to writing. Do you see Nicolas, did I anser, I went to the other side of the world, looking for paradoxes, for oxymorons. Transitions, summits to abyss, some were brutals, other were soft and naturals. Around me chaos, noise, dirty and crowdy, then suddenly at a corner – and sometimes just so close – purity of a temple, a bubulle of tranquillity and serenity. In my, as well, paradoxes, between a search for a healthy discipline, good for my body and soul, then total surrender and

( …. need to be achieved; but right now I just need to sleep – i ll be back later on that one )

Donne-moi le bon levier, je soulèverai le monde – Give me the good lever, I will lift up the world

Donne-moi le bon levier, et je soulèverai le monde. Ou je m’assommerai avec. Un jour, mon enthousiasme me perdra. En l’occurrence, ce jour-là, un peu trop d’enthousiasme, une lourde barre de fer comme levier, pas assez d’attention, une histoire qui commence en changeant les pneus du van et finit avec des steristrip sur le front. Un ami a relevé que peut-être le coup sur ma tête était pour me rappeler que pour soulever le monde, pas besoin de bras, mon esprit suffirait. Et si le monde me semble lourd, le plus beau levier que j’ai, c’est mon coeur. Un autre m’a envoyé le texte de l’image ci-dessous, de Sri Aurobindo, L’aventure de la conscience. Au sujet des leviers, et de notre propre dynamisme. Pertinent à souhait.


Give me the good lever, and I will lift up the world. Or kick myself with it. Actually, the other day, I did both of them.

A big and heavy iron bar, perfect lever to change the wheels of my van as a tiny little lady – thanks my brother for the idea. And me, with my enthousiasm, as usual, I was taming the tool, the tool was taming me, I was delighted about the easiness of using that lever and the streght it gaves me, was too much enthiusiast and not enough present to be fair, it even kind of ended up being enthousiast about my own enthousiasm. Too much. My enthousiasm was my loss. At the moment to change the last wheel, I was confident, singing out softly, thinking about that text I wrote earlier in the morning when the heavy iron bar just brought me back to reality, hard reality of present moment. I simply lost the control of the lever, and as I was pulling on it, pulling in direction of my head – such a poor idea – it just crashed on my forhead. Heavily. Kicked by my own enthousiasm. Such a Learning. Painful but interesting.

A friend tell me that maybe that kick on my head was there to remember me that if I want to lift up the world, no need of my arms, my spirit will be enough. And if the world seems to be heavy, the only lever I have is my heart. Thank Stefano. Another one send me the text on the picture, from Sri Aurobindo. Adventure of conscience: (…) « it’s to make us understand the lever of our own dynamism and make evolution go faster. No doubts, actual position of humanity dont need to take time to look at it. That lever is Agni, the strenght-conscience, and all evolution could be described as a travel of agni in 4 movements – involution, devolution, involution, evolution – from eternal Center and in Him. Actually, the 4 movements are Him. Everything is Him. He is the game, He is the player, He is out of the time, out of space, pure Being, pure consicousness, Big Withe Silence where everything is in involution state, with no shape at the moment. And Him is becoming: Strenght tear appart from conscience, She from Him, and the travelling of Agni begin. – sorry for poor translation of such a nice text, English speaker please just buy that book and read it all –

Noble Silence

Été 2018, pour les 3 premiers jours de vélo entre Gien et Airvau, nous avons choisi, mon compagnon de route et moi, de rouler 3 jours en silence. De silence, ou plutôt, de parole minimale. Limiter les mots inutiles, réduire la communication au maximum, et si nécessaire, vraiment, avec discrétion, douceur, attention. Le silence, pour moi, était un ami bienvenu. Je l’ai découvert, apprivoisé lors de plusieurs retraites de yoga de 10 jours. La première fois, je me rappelle que mon professeur m’avait alors dit « Le silence, lorsqu’on ne le connait pas, on l’appréhende ; puis quand on le connait, on le recherche. ». Je retrouvais alors son processus, avec dans un premier temps la pensée qui s’accélère, s’emballe, repasse 10, 20, 100 x le flux des souvenirs récents, anciens, et se passe 10, 20, 100 x le film des potentiels avenirs possibles imaginés …. et petit à petit n’a rien de très nouveau à se mettre sous la dent, et finit tout simplement par se ralentir, se calmer, s’apaiser.

Lorsque la pensée s’apaise, l’esprit fait de même. Sans parole, en vivant et voyageant à deux, l’attention s’intensifie, avec tant de douceur. Je pense d’ailleurs que ce sont les trois jours où mon compagnon a le plus souvent pédalé à ma vitesse, alors qu’habituellement il était quelques mètres voir quelques centaines de mètres devant moi. Puis après le silence, noble parole également, et la joie de retrouver le timbre de sa propre voix, d’échanger des mots, les savourer, et même dialoguer si l’on veut, ou même, même reprendre le silence à d’autres moments.


Summer 2018, for our first 3 days travelling by bike between Gien and Airvault, France, we decided to drive during 3 days in Silence. Not absolute silence, but minimal speech. The only words we did use were so only necessary ones, for example to ask a merchant about the food we had to buy on the way, or between us to choose a spot to camp. Those exchanges were the simplest possible, discrete, almost half spoken, but with lot of intention and attention, and a smile. Are the words that I use really useful or not? For me silence was a welcome friend. I already experimented silence on some yoga retreats, on 10 days. I remember my teacher telling me « Silence, when you don’t know it, you fear it; once you experimented it, you will look for it.” I did find again that process where in the first time thoughts go faster, like a wild animal, look back 10, 20, 100 times on some memories you had, and then imagine 10, 20, 100 times the next situation you will live but that don’t even exist right now, but slowly and slowly don’t have nothing new to run on it and simply just calm down, go more gentle, and event sometimes just stop for a bit. When thoughts calm down, so does the mind. Without words, living two persons together, attention become more intense, but with lots of gentleness. I remember that during those 3 days my companion was more often biking at my speed than during all the rest of our trip, where he used to be a couple or a hundred of meters in front of me. Noble silence, for 3 days, was already enough for thoughts to calm down. Then, after that silence, come the noble speech and words again, the joy to find back the sound of your own voice, to talks, use words, exchange, have a dialogue, and even if wanted or needed, being back to the silence.

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Comme un air de Woodstock – French modern woodstock

Retour sur images, été 2018, le Rêve de l’aborigène, Airvault, France. Trois jours de festival à ciel ouvert, dans les champs, des milliers de personnes pieds nus, le sourire aux lèvres, les cheveux emmêlés. Des enfants, des chiens, libres, partout, joueurs, heureux. Presque pas un seul téléphone ni appareil photo, juste les gens, le soleil sur leur peau, la musique, la nourriture, les gens qui dansent toute la nuit au son de la musique. Tout le monde me dit « On dirait le film la belle verte », je ne l’ai pas encore vu, ce film, mais ça a l’air bien. Quasi le même, un peu plus petit, quelques semaines plus tard, l’Arbre qui Marche. Une inspiration à la simplicité.


Back on pictures of summer 2018, « Dream of the Aboriginal » festival, Airvault, France. Three days of open air festival, in fields, thousands of barefoot people, with smiles on their face, free hairs. Children, dogs, free, happy and playful. Pretty much no mobile phone and no camera, just people, sun on their skin, music, local vegan food. A similar one, a couple of weeks after, « The walking Tree », both of them inspire you to live different, tending to more simplicity

https://www.lerevedelaborigene.org/fr/

http://www.larbrequimarche.asso.fr/

photos par Le Poulpe

Lausanne – Chamonix – Les 7 Laux – Genève

Mon amie Muriel m’a proposé de la rejoindre à Pipay, une station de ski au-dessus de Grenoble, pour un festival psy trance. Je l’y ai rejointe en vélo, depuis la Suisse, en passant par Chamonix. Autant dire que mes cuisses ont chauffé avec la chaleur et le poids de mon équipement. Partie trop tard, j’ai même dû monter mon camp sur le col de la Forclaz, de nuit et sous la pluie. Arrivée à Chamonix, la pluie encore, mais heureusement il faisait si chaud qu’elle en était presque agréable. La tente à faire sécher dès qu’un rayon de soleil revient. Des éclairs au chocolat pour se redonner du courage. Au total quelques 250 km à l’aller et quelques 4000 m de montées, et un retour plus doux, surtout de la descente et du plat, juste un petit Col, le Col du Chat au-dessus d’Aix les bains, et quelques 150 km en direction de Genève avant d’abdiquer et prendre le train. Une belle échappée, et de belles courbatures aux cuisses. Et super heureuse de retrouver Muriel, avec qui j’ai vécu presque 1 mois à Goa, en Inde, il y a de ça 1 an et demi, et qui m’avait à l’époque initiée à l’acroyoga dans les jardins de Nasik. Oh, et bien sur mon panneau préféré en France « Un train peut en cacher un autre » à mi-chemin entre le mystère, la philosophie, l’humour et l’appel à la prudence.


My friend Muriel asked me to join her to Pipay, a ski station above Grenoble, France, for a psytrance festival. I went. Biking. From Switzerland, going through Chamonix and alps. My thighs were so sore, with the warm temperature and my heavy bike. I left too late on the first day and couldn’t reach the top of the Forclaz pass and had to find a place to camp on it. Arrived in Chamonix, it began to rain, but happily it was so warm I enjoyed it. The tent to let dry in the sun as soon as he show up. Some bakery to find more courage. I biked some 250km on the way, and some 4000 meter high difference, but on the way back it was less hard, just a small pass, the pass of the cat above Aix-les-Bains, and only 150km to Geneva before I get to tired and took a train back to Lausanne. A nice trip, and nice muscle soreness. And super glad to see again my friend Muriel, with who I used to live for 1 month in Goa, India, 1 year and a half earlier, Muriel who initiate me to acroyoga in gardens of Nasik. Oh, and my favorite French signalization “A train can hide another train”, that I feel in between a mystery, philosophy, humor or encouragement to safety.

On a pas mal la paix ici en haut / We’ve got pretty much peace up there

Voici un des dialogues qui restera de mon été. Montés au Col de Jaman, en Suisse, pour grimper la via ferratta du Rocher de Naye – magnifique, soit-dit-en passant, une vue à couper le souffle sur tout le lac Léman- , de passage dans la petite fromagerie de l’alpage. La dame qui s’occupait de servir nous a alors accueillis, tranquillement, presque même lentement, avec une douceur sans fin et des gestes qui n’avaient rien à envier aux maîtres zen. Elle plonge son regard bleu dans le mien puis nous demande:

– « Bonjour, qu’est ce que vous aimeriez? »

–  « La paix dans le monde; et du fromage »

–  « Alors, le fromage, on a ce qui faut; et puis, vous savez, on a pas mal la paix ici en haut. »

 

J’ai adoré cette réflexion, abîme de simplicité, qui m’a donné assez foi en l’humanité. Je me dis que si chacun, à son échelle, cherche la paix en lui-même et dans sa vie… ce monde irait déjà moitié mieux.


Here is one of the dialogues that will stay in my heart for that summer. It was up in the mountain, on the Jaman pass, Switzerland, to climb a via ferratta with an awesome vue on the lake, stopping at a cheese shop direct on the alpine grassland where the cow are. The lovely lady welcomed us very quietly and softly, with slow and smooth moves that even zen master are not jalous about. She looked at me with her deep blue eyes, and asked:

–  » What would you like? »

– « World peace… ; and cheese »

– « So, about cheese, we have got all what you need; about peace, you know, we are pretty much in peace up there »

I loved that thaugh, abyss of simplicity, that gave me faith in humanity. I told me that if every human, in his life and around it, look for inner peace .. that world would be already twice better.


Acroyoga workshops in Switzerland

That summer I had the chance to guest in Switzerland my american friend Nathan, and we do organized two workshops of acroyoga in Sion and Lausanne. It was such a pleasure to work with him building those lessons, talking about pedagogy, movement, routines, even physiotherapy, and just hang out with him, go to beautiful places, meet beautiful people around. Spend a night shallow water soloing in a cave in warm water, trying to go climbing when roads don’t want us to come, visiting Juliette in Chamonix, eating too much cheese and getting nightmare from that, spending time in mechanics trying to repair my van at the famous Bastards Automobile (thank you bastards), loosing a pair of shoes getting to enthousiasm doing a nice acro sequence in front of a nice view (ego), and remember some Tonsai memories and projects. Thank you Nathe, come back soon, see you when you see me. P.s: such a solid base.


Cet été j’ai eu la chance d’accueillir mon ami Nathan en Suisse pour 1 semaine de vadrouille. Nous avons organisé 2 workshops d’acroyoga, à Sion et Lausanne. C’était un grand plaisir de travailler avec lui à construire ces leçons, parler de pédagogie, de mouvement, de routines, et même de physiothérapie, et simplement prendre du temps avec lui, aller dans de beaux endroits, rencontrer de belles personnes. Passer une nuit dans une grotte à faire du bloc en eaux peu profondes mais chaudes, essayer d’aller escalader quand les routes ne veulent pas nous laisser passer, visiter Juliette à Chamonix, manger trop de fromage à en faire des cauchemars, passer du temps dans les garages à essayer de réparer mon van au fameux garage Bastard à Chamonix (merci les bâtards), perdre une paire de chaussure à être trop enthousiaste à filmer une jolie séquence d’acroyoga (ego quand tu nous tiens), et me rappeler certains souvenirs de Tonsai et certains projets. Merci Nathe, reviens quand tu veux, on se voit quand on se verra. P.s: une base super solide.

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Tu fais quoi dans la vie? Je fais de mon mieux – What are you doing in your life? – I just do my best.

L’heure des retours de voyage; la transition par excellence. Je me demande alors qu’est-ce que j’ai bien pu faire de ma vie ces derniers mois. Je ris face à cette petite citation: « -Tu fais quoi dans la vie? », « -Je fais de mon mieux ». Je fais de mon mieux. Point. A la ligne. Pas de justifications ni d’explications nécessaires. Je fais de mon mieux, et parfois, parfois pas. Parfois je fais juste de la merde. Et j’ai le droit. Ou se laisser à tendre vers une bonne vieille médiocrité.  Dans ces phases de transitions, je me cherche et je questionne, parfois je gronde et bouillonne. A ces moments-là j’essaie de faire le tri dans ces pensées qui courent, à travers les dialogues. J’ai attrapé Murielle et Juliette et Céline, des femmes vagabondes, qui comme moi s’en sont allées à l’autre bout du monde voir si elles y sont, suivent leur rêves, parfois courent après ou s’y perdent, tombent amoureuses, y laissent des plumes, mais pour au final continuer à apprendre, et rêver, rêver toujours plus. J’aime leurs regards sur la vie. Rien ne les surprends. J’aime les entendre partir dans un grand rire quand je raconte mes aventures et mésaventures. Rien ne les surprend, rien ne les choque. Ce jour ou je me sentais particulièrement cynique et de mauvaise compagnie, Céline m’a même dit apprécier le fait que je sois dans cette humeur-là. Qu’elle me sentais réelle, sincère. J’étais alors fatiguée, exacerbé des masques et des jeux, de l’égo qui s’exprime sous couvert de bienveillance, putins de granos et autres princes de vertu qui s’autoproclament conscients et ouverts, mais qui rejouent la même comédie sociale avec d’autres codes. Et moi la au milieu, qui me demande a quel point je ne joues pas, moi aussi, à tous ces jeux-là. Et je me fatigue moi-même. Puis faire un pas en arrière, observer, et puis aussi accepter mes négativités.


Being back after traveling; perfect time of transition. I ask myself what I did with my life those last monthes. And laught to that quote « – What are you doing in your life? – I just  do my best. »Nothing else. No need to justify or to explain.  I do my best. Simply. Or even not. Do with what I have and what I can do. And sometimes allow yourself just not to do your best. Just mediocrity, or even darkenss, bullshit. I really enjoy, during those transitions times, to  talk with friends that such as me don’t have a straight line as a life, women that travel for exemple, go and get my Juliette, my Murielle or Celine, women that use to follow their dream around the world, get lost, fall in love, get hurted , but finally grow up from that, learn, and dream more and more. I love their observation about life, the fact that nothing will surprise them, and that they will just laugh when listening about my adventures, joys and fears. Even like you in your times and darkness, because they feel you are real. At those time I was really tired about masks and games of ego, hidden behind compassion from people calling themself conscious and awake. Bullshit. I kind of needed to talk about that, to take out that frustration from me. I was tired of those games and as well afraid of being part of them, I have to say. So trying to take a step backward, observe, and accept my times of darkness as well.


Paris Suisse en vélo, et en solo / Paris to Switzerland, biking, on my own

Les distances et les efforts, des notions si relatives

Il y a 1 an, si quelqu’un m’avait proposé de faire Valais-Lausanne en vélo, soit quelques 100 km, j’aurais bien ri et décliné l’invitation. Après avoir rencontré un cyclo-voyageur, et l’avoir suivi sur les routes colombiennes pour quelques 1200 km et dont des canyon, cols et montagnes à n’en plus finir… j’avoue qu’en atterrissant à Paris, ma réaction la plus logique à été de me dire « Chouette, je vais pouvoir rentrer en vélo. Ce sera bien plat. » J’ai alors découvert que la France à vélo, c’est un cadeau comparé aux routes défoncées d’Amérique latine. Les pistes cyclables ont un réseau à part entière, bien rangé, bien numéroté, parfois même sur de longues distances hors circulation routière. Des jolies petites bandes d’asphalte en pleine nature, au plat, rien que pour les vélos. Cadeau. J’en ai profité pour avaler les kilomètres, et faire ma première journée à plus de 100 km, 104 pour être exacte.  Les boulangeries-pâtisseries et fromageries sont également une source de joies sans fins après la Colombie. Je comptais la distance parcourue non plus en km de vélo mais en nombre d’éclairs au chocolat consommés à la journée. La fringale du cycliste.

Trouver son rythme

Ce voyage-là a été un voyage en solo, une première pour moi à vélo, m’aura permis de découvrir et d’apprivoiser mon rythme. J’ai pu voir que j’allais bien plus lentement qu’avec mon compagnon de voyage colombien, mais que j’étais alors capable de pédaler bien plus d’heures dans la journée. Un rythme lent, peut-être une des principales caractéristique des voyages à vélo. Une éloge de la lenteur et un beau contre-pied à ce monde sans cesse en train de courir.

Solidarité villageoise

J’ai également pu découvrir que si je choisissais mes itinéraires routiers hors grands axes, en passant par des petits villages, qu’il était parfois difficile de trouver une boulangerie ou épicerie ouverte. Une fin d’après-midi, avant de traverser le jura, je n’avais pas mangé depuis le matin, et à chaque village on me renvoyait vers la ville, celle bien sur qui n’était pas sur mon itinéraire. J’ai alors fais appel à la solidarité villageoise, en m’arrêtant dans un petit village avant les cols que j’allais franchir, en racontant mon histoire à un groupe de femme rassemblées dans la rue pour papoter. Je leur ai quémandé un bout de pain sec et une gourde de sirop. Mon histoire les a touchées, et je me suis retrouvée avec un pique-nique complet, des sourires, des encouragements, et  rencontre avec Franklin, un énorme chien, champion de France des bouviers bernois, aussi gentil et doux qu’impressionnant. Et gros.

Oui oui oui, je peux le faire

J’ai eu la chance d’avoir eu sur quasi tout mon parcours le beau temps. Le matin, j’attendais que le soleil réchauffe ma tente avant de pointer le bout du nez hors de celle-ci dans la fraîcheur du mois de mai. Juste avant d’atteindre la Suisse, les gens rencontrés sur la route m’auront prévenu qu’un jour de pluie était prévu pour le lendemain. Cela tombait juste lorsque je devais passer le Jura, et j’ai alors fait une descente de col sous cette pluie qui me glaçait jusqu’à l’os. Cet instant où je me demande bien à quel moment je me suis dit que c’était une bonne idée de voyager à vélo, où je me sens toute petite, et fragile, tellement fragile. Heureusement, quelques heures plus tard, j’ai pu me réchauffer au soleil, et me rappeler pourquoi je faisais ça. Enfin, surtout, oublier pourquoi je ne le ferais pas. La solitude parfois se rappelait à moi, par contre, elle m’augmentait terriblement le sentiment de contact avec la nature, ainsi que la satisfaction, le sentiment de faire les choses soi-même. J’étais heureuse de me dire que j’étais capable, à la force de mes mollets, de rentrer de Paris, juste avec ma tente et mon vélo. Si un jour, il n’y a plus de pétrole, je peux au moins aller voir les copains parisiens.

Retour au pays

J’aurai au final mis 9 jours pour parcourir les 600 km entre Paris et Genève, puis 3 de plus pour les 200 km restants pour rejoindre mon Valais natal, cette fois avec différents arrêts pour aller retrouver des amis, pour certains, les surprendre à la sortie de leur travail, avec mon vélo, alors qu’ils me croyaient encore en Amérique latine. Carole a failli faire une crise cardiaque, et j’ai pu arracher quelques larmes à Anaëlle et Lauriane. Quelle émotion également, après tous ces mois d’aventure, de rentrer dans la maison de mon enfance, à vélo, depuis Paris, et faire également la surprise à mes parents, à qui j’avais envoyé des photos alibis de plage pour leur faire croire que j’étais au Mexique tandis que je pédalais vers la maison.


Distances and effort, such relatives concepts

One year ago, if someone would have ask me to go from Valais to Lausanne, what means some 100 km, I would have laugh and politely declined. After I met a traveller that only travel by bike, and followed him on colombians roads, for some 1200km and lots of mountains, passes and canyons… I admit that when I just landed in Paris, my first reaction was to think « Sweet, I can go back home biking. It’s gonna be flat. » I discovered that France, biking, is a gift compared to old colombians roads. Nice pathes only for bikes, good asphalt, in nature, flat, easy and comfortable. I even did my first 100 km in a day, 104 to be precise. Bakery and cheese factory were a pleasure as well for me, after central amercia. Some day I used to calculated the distance I did not in km but in number of pastery I ate. The craving of cyclist.

Find his own rhythm

That travel was my first solo bike travel, what made me discover and tame my rhythm. A slow one, way slower that what I used to do with my companion, but made me able to be more hours on the bike during the day. Slow rhythm is maybe the first characteristic of a bike trip. Praise of slowness, in a world constatly running.

Villages solidarity

I discovered as well that choosing small roads without too much traffic made me go through small villages, what means, sometimes, it was a struggle to find a bakery or grocery. One afternoon, just before crossing Jura and a small pass, I was hungry, because I just ate in the morning and biked for hours, and in every villages I crossed, people told me to go to a city to buy food. But the city was not on my itinerary. So I asked for solidarity, when in a village I saw a group of women chatting in the street. I asked them for a piece of dry bread, and some sirup for my water, and told thème about my trip. My story touched their, and they offer me so much food I hade enough for 3 meals, and offer me as well their smiles and encouragements. It made my day.

I can do it

I was lucky enough during that travel to have sunny days almost all the way long. During the fresh mornings I use to wait until sun was there to warm my tent before to have a look out of it. Just before arriving in Switzerland, people I met told me it will be raining for a day. Just during that day, unfortunately, I was biking down a pass, under the chill rain. It make me cold as the rain was entering inside of my body. At that moment, I really asked my self « why do I do that? when did I thaught it was a good idea to travel with a bike!? ». Those times when you feel so little, and fragile, so fragile. But then, just a couple hours later, when the sun and warmth were back, I just remember why I do it. Or maybe, forget why I wouldn’t. Solitude sometime was calling me, but in a way, solitude made me closer to nature, and to the satisfaction and hapiness to being able to do something on my own. I was happy to now that I was able to cover such a distance just with my legs. If one day, there is no more petrol, I can just bike. It’s gonna be ok.

Back home

I finally browsed the 600km between Paris and Geneva in 9 days and then the 200 km to the Valais in 3 more days. Those last days I did different stop to meet friends. Some of them were still thinking I was around central america and I surprised them at their working places or homes. My friend Carole was close to a heart attack and I braught a tear to the eyes of Anaëlle and Lauriane. What a feeling as well to come back to the house of my childhood, from Paris, with my little yellow bike, and surprise my parents, to who I previously send alibi pictures of mexican beaches when I was biking back home from France.

L’art du bivouac / Art of setting up a camp

Protégée par la solitude

Un de mes grands apprentissages de ce voyage à vélo, c’est l’art du bivouac. Trouver le lieu idéal pour passer une nuit sous tente, tranquille, à l’abri, hors des sentier battus et du monde des hommes. Souvent les gens s’interrogent sur le danger de camper seule, dans la nature. Au final, mon impression, c’est que la nature, justement, et le fait d’être seule au milieu de nulle part me protège. Que ce soit en Colombie ou en Europe, c’est dans les villes et au milieu des gens qu’il y aurait pu avoir du danger, tandis qu’au milieu des champs et des campagnes, je me suis toujours sentie en sécurité. Pour trouver un coin ou bivouaquer, je cherchais donc à m’éloigner des villes et villages, facile à vélo, pour trouver un chemin de traverse qui m’éloigne ensuite de la route, puis éventuellement un chemin piéton qui mènerait à un bout de pré ou un coin de champ, tranquille, loin de toute agitation.

Ecouter et  observer

Une fois le lieu trouvé, j’ai pris l’habitude de m’assoir, manger un morceau, et prendre le temps de tâter le terrain, observer, écouter, m’habituer aux bruits de la nature environnante, pour les identifier et ne pas m’en effrayer une fois la nuit tombée. Si le lieu était alors tranquille et que personne n’était passé par là, je montais alors mon camp, et me blottissais dans ma tente, à l’abri des regards. Je laissais mon vélo jaune à vue à côté de la tente, signifiant ainsi au potentiel passant ou propriétaire du champ que j’étais un voyageur de passage, que je n’allais pas squatter là plus longtemps qu’une nuit. J’avais aussi la pensée rassurante, que la personne qui verrait ce tableau se dirait « il est bien fou et surement assez costaud, celui qui voyage à vélo avec sa tente ». Il n’imaginerait alors pas un petit bout de femme dans la tente et n’aurait même pas l’idée de m’importuner. Ce n’est d’ailleurs jamais arrivé. Même en Colombie, la seule fois ou des locaux sont venus nous voir au matin, c’était pour nous apporter du café ou une soupe.

Bovine compagnie

L’expérience m’aura également appris à chercher des espaces dégagés, à la fraîcheur du mois de mai, afin de profiter des éventuels derniers rayons de soleils et surtout des premiers aux matins. A éviter les endroits proche de points d’eau, synonyme d’attaque de moustique. A chercher des lieux plus ou moins plat, pour ne pas passer la nuit à glisser au fond de ma tente, et des endroits avec un sol mou, pour planter mes sardines. Tout un art. Qui devient vite une habitude. Je me rappelle également de ce matin, campant dans un pré inoccupé et déjà brouté dans les environs de Charolle, ce matin où je séchais ma tente humide de rosée, et que j’ai eu soudain un très fort sentiment d’être observée. J’ai alors levé mon regard, et qu’elle n’était pas ma surprise en voyant dans le champ voisin que toutes les vaches s’étaient rassemblées et rapprochées pour m’observer de leurs regards curieux. Agréable et ruminante compagnie.


 

Protected by solitude

One thing I highly learned and that was new for me in that bike adventure was art of setting up a camp in nature. Sounds simple, and actually, once you get used to, it is. You just need a place far away from passage of humans, to be quiet and safe. Often people ask me about danger to camp alone in nature and I have to say that nature, and being alone actually gave me a feeling of security, even of protection. It’s in town that I could have felt danger, and then just wanted to leave. And that feeling is exactly the same, in Europe or Central America. So, basically, to set up a camp, I used to find a road far from villages, then take  a smallest one going somewhere, followed it, then find a path leeding to nowehere. And here I was. With a bike, it’s pretty easy compared as walking.

To listen and observe

Once the place was found, I used to take a time to observe, juste staying quiet and feel the atmosphere.  I used to sit, eat a bit, rest, and observe the place, the sounds and identify them – better than once it’s dark and that you are in your tent and freak out for nothing. Once I could saw that absolutely nobody was around, and that the night began to arrive, it was the time to set up the tent, end then go inside of it, like a sweet cocoon, hidden from the glance of peoples.I used to let my yellow bike in front of the tent, just saying to people that could walk around later that I’m a bike traveller, what means I’m here only for one night and will leave soon and not distrub anyone.What could mean as well, in mind of people, that the will imagine a strong traveller, crazy enoug to travel just with his bike and tent, and probably not even imagine a tiny lady is in that tent, and won’t have the idea to bother me. . That never happened actually. Even in Colombia, the only time someone came in the morning was to bring a cup of tea or a soup for breakfast. Pretty much not dangerous. Even totally cute.

Bovin compagny

Experience teached me as well to look for large open spaces, to try to have the last sunray and the first one in the morning, to warm me up in the freschness of may. I learned to stay away from lake or small river, synonym of moskitoes, try to find a flat place, not to slide all the night in my sleeping bag on my air mat, and a place with a tender ground, to plant my tent in the ground. A whole art that fast become an habit. I remember as well that morning, camping in an vacant field already eaten by cow, around Charolle in France, that I felt observed when I was drying my dewy tent. I felt a little bit unconfortable as that feeling was getting stronger, looked up, and has the surprise to see all the cows of the next fiels grouped in front of me and observing me with them curious eyes. Enjoyable ruminating compagny.

 

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Comme une épopée / like a good old epic

guiboles

(soon no more petrol, get your legs ready)

Ce que j’ai aimé, dans ce voyage à vélo à travers la Colombie, c’est justement l’impression de voyager. De voyager vraiment, comme les voyageurs des temps anciens, comme les voyageurs dans les histoires, contes et légendes. De vraiment traverser les pays par soi-même, à la force de ses jambes uniquement.

Comme une épopée des temps anciens

L’an passé, en revenant de voyage, des amis ou connaissances me disaient  » tu as beaucoup voyagé, tu as presque fais le tour du monde non? », et non, je n’avais pas vraiment l’impression d’avoir voyagé, ni d’avoir fait le tour du monde. J’avais l’impression d’avoir vu du monde, mais de m’être fais promener ici et la-bas par les différents moyen de transports. Tandis qu’en voyage à vélo, je fais vraiment les choses moi-même, et ça c’est un sentiment génial.

C’est lent, c’est dur, mais c’est la liberté.

Quand j’ai sur mon vélo mes habits, ma tente, ma nourriture, je n’ai besoin ni de logement, ni de transports, ni de pas grand chose pour aller d’un pays à l’autre. Et je repense à un ami, avec qui on parlait du compromis constant entre confort et liberté. Si tu n’as quasiment rien, aucun bien, pas de travail, que tu dors à la belle étoile et voyage à la force de tes jambes, tu es totalement libre. Totalement libre. Mais tu n’as pas beaucoup de confort. Parfois aucun, quand soudain il pleut ou que tu es malade. Par contre, si tu as un travail, un salaire, peut-être une maison, une famille, tu as probablement tout le confort qu’il te faut. Mais tu n’es pas vraiment libre, car tu as la responsabilité de ces choses que tu possèdes. Ce sont un peu les deux extrêmes. Libre à chacun de trouver le juste milieu qui lui convient, qui variera d’une période de sa vie à une autre, et selon les rencontres.

Apprendre à mieux se connaître

Ce que j’aime ainsi dans le voyage, c’est que pendant un certain temps, je vis avec si peu, et la plupart du temps, je vis très très bien ainsi, et qu’après un certain temps, oh combien je peux apprécier une douche chaude et un bon repas. Cela me permet de mieux cibler mes besoins, mes valeurs, pour mieux comprendre qui je suis et ou j’ai envie d’aller. Quelle est ma réalité et le monde que j’ai envie de me créer.


 

What I mostly enjoyed, travelling with a bike, was precisely the feeling of being travelling. Being really travelling, like travellers of an ancient time, travellers in stories, fairies and tales. To go through landscapes and even countries by myself, only with the strength of my legs.

Like an epic of ancient times

Last year, coming back from my travel through India, Thailand, Nepal, Australia and Japan, friends or people I met used to tell me « Yiu travelled a lot, it’s like you travelled all around the world », but I didn’t feel like I travelled around the world, I felt like I’ve seen lots of beautiful places, yes, and that I wandered here and there, but not like I was travelling. With a bike, that feeling of being travelling is really strong, I really feel that I did something, and I love the feeling.

It’s slow, it though, but it’s freedom

When I’m on my bike, I’ve got my clothes, my tent, my food, I don’t need anything, I don’t need to find an accomodation, to pay for transports, nothing, and I can go (pretty much) wherever I want. That make me thing about a friend talking about the dilemma between freedom and comfort. When you’ve got nothing, no possessions, no job, no obligation, no family, that you sleep under the stars, travel with your legs, you’re free. Totally free. But, on the other hand, you probably don’t have any kind of comfort, and the day it’s raining or when you are sick, you are free but probably not so happy right on that moment. On the other hand, when you’ve got a job, a home, a family, a car, money, good food, friends around you, you’ve got all the comfort you need. But you’re not really free, because you have got the responsibility of things you own. Those two are the extremes of a continuum of millions of possibilities, so you are free to chose the one you need, your own way, that maybe, probably, will change from a period of your life to another, through people you will meet or through your different projects.

Learn to know yourself

What I really love through travelling, and from all type of travelling,  it’s to try different way of living. During a time, I can experiment what is to live with pretty much nothing, and see that I’m really enjoyed it, and then maybe see as well how much I love to take a warm shower at a point. It allow me to understand better what do I need, what do I want, who I am and where I’m going. What is my reality and which world I want to create around me.

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La pluie, la mécanique vélo, les petits pépins et les jours sans / bad days

Parce que les réseaux sociaux nous invitent à ne montrer que le plus beau, parce qu’en vrai, on essaie aussi parfois de les chasser de nos souvenirs, on serait parfois tenté d’oublier les difficultés, les petites galères du quotidiens et de l’aventure. Ces moments où l’on est perdus, ou bien quand les vélos n’en font qu’à leur tête, qu’il n’y a nulle part ou camper, les moments où l’on galère et on se demande ce que l’on fout là… Ce genre de moment où notre enfant intérieur aimerait bien juste appeler sa maman pour qu’elle vienne le chercher.

Le voyage à vélo, c’est l’aventure, et l’aventure, c’est chouette; mais, en Colombie, à partir d’avril, c’était aussi le début de la saison des pluies. En théorie, ce n’est pas tant gênant pour pédaler, vu qu’il ne pleut que quelques heures par jour, il suffirait de passer entre les gouttes. En pratique, il y a aussi les heures de midi ou il fait plus de 30°, à éviter, et le soleil qui se couche tôt. Il fait nuit noire à 18:00. Tout ceci laisse, pour pédaler, quelques heures le matin, de 6h à 10h, et quelques heures l’après-midi, disons de 15h à 18h. Et dans cette tranche horaire-là, il faut aussi compter le temps de trouver un endroit ou camper, monter le camp, cuisiner au feu, puis le lendemain matin le démonter, sécher la tente si la nuit a été humide – voir torrentielle. Bonne chance pour trouver entre deux le matin ou le soir un peu d’énergie pour s’étirer, faire du yoga, ou masser les muscles fatigués. Donc en réalité, nous avons régulièrement pédalé sous l’eau, k-way, masque et tuba, ou pédalé de nuit, à la lampe frontale, avec un gilet jaune pour être visibles par les camions, qui eux aussi, roulent de nuit. Je n’ai pas beuacoup de photos de ces moments-là, comparé aux moment de soleil et de paysages sublimes, mais ces moments-là ont bel et bien existé. La pluie, de temps en temps, ce n’est pas désagréable, mais quand les journées de pluie ou s’enchainent, que ni la tente ni les habits ne sèchent, et qu’à chaque pause le vélo se  transforme en étendoir à linge, le moral des troupes en prend quand-même un coup. Puis des petits soucis avec nos amis les insectes; entre les sandflies, les moustiques et autres, j’ai passé certaines semaines à me gratter constamment les jambes, chevilles ou bras, me sentant comme un sac à puces. Le sommet de l’inconfort insectal, pour moi, aura été la découverte d’un parasite se déplaçant dans mes orteils puis passant sous ma plante de pied, petit souvenir ramené d’Amazonie, qui aura nécessité une consultation médicale et un traitement de choc type vermifuge.

Ensuite, il y a les petits soucis mécanique vélo. Un pneu qui crève, des freins qui font des variantes à tantôt trop ou trop peu serrer, une selle qui s’en va, les vitesses qui ne passent plus, un câble qui lâche. Il y a eu aussi parfois obligation de traverser une ville. Nous avons eu le malheur de devoir traverser Bogota, 8 millions d’habitants pour un trafic chaotique, il y a de quoi se faire des sueurs froides. Une autre difficulté du voyage à vélo, les erreurs de planification d’itinéraire, quand on s’attend à un dénivelé et qu’au final on se retrouve face au double ou au triple, peuvent également éreinter. Les faux itinéraires, qui nous amènent sur des routes qui n’existent pas et forcent à rebrousser chemin, sont également une épreuve de patience et de lacher prise. Les routes colombiennes, c’est aussi le choix entre une route bien asphaltée, mais des camions tout du long, ou une route sans camions et sans circulation, mais sans goudron. Le choix est parfois cornélien. A savoir que le réseau routier est peu développé, et le réseau ferroviaire inexistant, tout le transport se fait par camion. Des bons gros camions à l’américaine, quant ils passent à côté du vélo, mieux vaut garder sa ligne. Et puis, voyager à vélo, c’est aussi se faire agresser par tous les chiens de garde devant lesquels on passe. Heureusement la plupart du temps c’est juste de l’intimidation, mais quand on a pas l’habitude, ça fait tout à coup faire des pointes de vitesse bien plus vite. Trouver un endroit pour camper s’est aussi parfois avéré être un challenge, la plupart des champs étant solidement barbelés et fermés. Survivre à un premier voyage à vélo, c’est aussi apprendre à trouver son rythme, et faire des pauses pour permettre au corps de s’adapter et aux muscles de se former. Sauf que quand on ne les connais pas encore, ses limites, et bien au début, on force trop, avant de savoir ce qu’on peut encaisser ou pas, et s’adapter. Ne pas oublier que comme dans chaque sport, le repos fait aussi partie de la planification de l’entrainement. L’alimentation aussi doit être adaptée. Les premiers temps, je faisais pas mal de pics d’hypoglycémie, heureusement, la goyabada, une pâte de pulpe de fruit et de sucre, ou des bananes, me permettaient de reprendre du poil de la bête. Il y a aussi les jours où on se demande ce qu’on fait là, quel est le sens de tout ceci. Les jours où notre partenaire de voyage nous exaspère et les moments où  l’on n’a plus rien à se dire. C’est aussi cela, la réalité du terrain. Le voyage à vélo, c’est intense, dans les bons comme dans les mauvais moments. Comme toujours, ne jamais se fier aux apparences, ne pas trop croire aux images mangifiques postées sur instagram et aux visages souriants. La difficulté, parfois, est bien là.

Mais, malgré tout, ces problèmes restent, comme j’aimais à les appeler, « des problèmes de riches ». En vrai, nous n’avons subit aucun grave accident, nous avions à tout moment la possibilité financière de pouvoir se loger, se nourrir, se soigner voir même rentrer si besoin, et fort heureusement, la violence est tourjours restée hors de notre route. J’ai voyagé avec un petit bouquin que j’aime beaucoup, et qui m’a souvent aidé à relativiser, le « Petit traité de l’Abandon » du philosophe suisse Alexandre Jollien. Une invitation au lâcher-prise, à faire un pas en arrière pour observer ce qui nous arrive et comment on y réagit. Accueillir la vie et son flot d’émotions telle qu’elle est, et grandir avec elle. Merci Alexandre.


Because social medias invite us to show only the most beutiful, amazing and epic, because in reality, that’s actually what we do with our memories sometime, trying to remember only the good times and chase away the difficult ones, after a while, it’s pretty easy to forget about struggles, pain, difficulites of adventure. Those moments when I felt lost, or when the bike just do what it want, when there is nowhere to camp, when I ask myself what I am doing here… those kind of moment when my inner child would like just to call mom to bring me back. 

To travel with a bike is an adventure, adventure is rad, fun, a life changing experience; but, in Colombia, from april, it’s the rainy season as well. Theoretically, it’s not a problem, because it’s not raining all day long but just a couple of hours here and there. We could just bike inbetween. In practice, there are, as well, other time not optimal for biking, for exemple in the middle of the day when the days turn warmer and warmer and it’s more than 30° celsius, and after 6 PM because it’s already the night.  What means, you should bike in the morning, let’s say between 6 and 10, and later in the afternoon, between 15 and 18. In reality, you need as well time to found a place to camp, set up the tent, cook, and if the night was rainy, to dry the tent in the morning. You have to force yourself to you find time in the morning and night to stretch a little bit, do some yoga or massage your tired muscle. So, in reality, we frequently used to bike under the water, with raining coats, mask and tuba, and used to bike during the night time as well, with a headtorch. I don’t have many pictures of those moments, compared to sunny ones and blissful landscacpes,  but they were real, they were there. And rain, time to time, it’s ok, because it’s not a cold rain like in europe, but when rainy day are following each other, none of your equipment will dry, from tent to shoes to clothes, and for sure you will feel it’s influence on your mood. Then some struggle with my insects friends; sandflies, moskitoes and other, during some days I was just scratching like a fool, feeling like a street dog and being afraid to open my skin scratching too much and then get into an infection, in that constant humidity. The highest point of discomfort was for me the day I discover that a parasite was wandering under my sking, from one toe to the other, a souvenir of amazonia probably, what needed to consult a doctor and take a strong anti parasite treatment.

Then, let’s talk about bike mechanic. A tire that goes flat, breaks that don’t respons as they are supposed to, breaking too much then not enough, a saddle that goes away, gird that doesn’t switch well, a cable that break. Time to time you need to go through a city as well. We had the bad time of our life going through Bogota, 8 millions people, and a chaotic traffic, enough to make you afraid for your life on your small little yellow bike. Another difficulty of travelling with bike are when you make an error in planing your itinerary. You are ready for a high difference and you find yourself doing twice that one, or even more. Maps.me sometime bring us to some roads that were not roads, or to a close fence. Colomiban roads are as well the permanent choice, or dilemma, between an nice asphalted road, with plenty of traffic and trucks – because they don’t have train, everything is transported by trucks – or a quiet little road without trucks, but without asphalt as well, and that maybe will bring you to nowehere. And dogs, dogs barking everytime you pass close to a home, to a field, to a property, 20 to25 times a day, barking and running after you. Mostly it was intimidation and we never were bited, but still, it make you suddenly go very fast and increase your heart rate. To find a place to camp could be times to times a struggle, as kind of all the fields are close or fulled with cows, and that in mountaint, when it’s not flat, you don’t have room for your tent. To survive to a first bike trip is, as well, take time to find your rythm, take restdays to permit to your body to adapt and to your muscle to change. But, in the beginning, the very beginning, you won’t know your limits, what means, you probably need to go close to it or to overpass it to be able to recognize your limit and then adapt the load of your training. Like in all sports, never forget that planning decrease of intensity and restdays are part of the plannification  Food have to be adapt as well. At the beginning of my trip, I often went into hypoglicemias, hopefully, goyabada, fruit pulp with sugar, or banana helped me to prevent or treat those. With all of those difficulties, some days, I was asking myself what I was doing there, what was the sens of that. Some day, travelling with bike with someone since monthes, you can even ve exhausted of your partner or feel like you don’t have anymore something to tell to each other or to share. That’s the reality of travelling with bike. It’s intense, in good as in bad times. So, like everytime, don’t trust the pictures on facebook, don’t think all the trip was only smiling faces and beautiful landscapes. Difficulty is real. 

Still, those problems were, finally, as I like to call them  » problem of rich peoples ». We never went into bad accidents, we all the time had the financial ability to take a room in a guesthouse, to eat, to have medicine or treatment, and even to go back if wanted or needed, and violence was never on the same road as we were. I travelled with a small book from a swiss philosoph that I really love, Alexandre Jollien, combining zen and bouddhist ideas and concept with ancient greek philosophy, and the struggle to apply those precept in real life. An invitation to let it go, to surrender to life and just look at that from behind, to observe what happen, our feelings and though, and try to live better with that and to grow as a better human. Thank you Alexandre.

 

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Escalada / escalade / climbing

L’escalade aura été une expérience assez hétéroclite en Colombie. Les deux premiers sites que nous avons visité, La Mesa de Los Santos et Suesca, nous ont permis de faire de belles rencontres, de grimper des voies intéressantes et de différents niveaux.  Les trois sites suivants, Payandé, Juntas et El Penol se sont révélés plus compliqués. Payandé nous est d’abord apparu comme un petit paradis de nature, avant de se révéler être un peu trop sauvage. Chutes de pierres, attaques d’abeilles, mouches de sable, tout ceci loin de la civilisation et d’éventuels secours en cas de pépins. Puis nous avons peu pu profiter des deux autres sites à cause de la pluie. Une difficulté également a été le manque d’information précise. Depuis la Mesa de Los Santos, nous n’avons pas vu un seul topo, mis à part le topo dessiné à la main par notre ami Carlos qui connait ce site comme sa poche. Nous avons également eu quelques difficultés avec les cotations des voies qui étaient parfois peu cohérentes et rencontré peu de grimpeurs locaux qui auraient pu nous aiguiller. Le manque d’information et d’infrastructure, certains sites « péteux » m’ont permis d’apprécier l’énorme travail que fournit les clubs alpins suisses et français pour nous fournir des voies d’une belle qualité par chez nous. J’ai également bien rigolé à Suesca devant le panneaux annonçant qu’en cas d’urgence, il y avait Rico pizza, le camp de base ou les pompiers. Ça nous est d’ailleurs arrivé une fois appeler le service de pizza. Comme quoi.


Climbing would have been an heterogeneous experience here in Colombia. The first two crags that we visited, La Mesa de Los Santos and Suesca, made us meet good peoples, climb sweet routes of different levels. The three next ones, Payande, Juntas and El Penol where for us more complicated. Payande first appear as a forgotten paradise of nature, but soon getting regularly attacked by sandflies, wasps, with falling stones and sketschy routes, turned more into a hell. Then the other sites, arriving on rainy season, were often humid, and didn’t had easy routes for me and my reconvering wrist. A difficulty was the lack of informations. Just one of those 5 sites had a guidebook, and often were the grad not consistent. We didn’t met lots of local climber as well, that could have help us for that. This lack of information and infrastrucure made me realize how much our swiss and european alpin club work all the year long to provide us safe and quality climbs. I had a good laugh as well when I saw in Suesca an information board with number to call in case of emergency: Rico Pizza, Base Camp and firefighter. Actually, we needed once to call rico pizza, and thankfully never the two others.

El bobo mira y el mundo gira

Juntas, un petit village de montagne ou nous avons passé une semaine. Un coin reculé, quasi aucun gringos, des touristes colombiens le week-end et plus ou moins personne la semaine. La dame qui tenait l’auberge où nous étions avait l’habitude de travailler durement, je la voyais s’activer toute la journée, faire le feu, la cuisine, gérer la maison, s’occuper de sa mère malade, des animaux de la basse-cour, canards, poules, cochons, les 5 chats de la maison (“ es la casa de los gatos aqui”) et du chien Luca – qui soit dit en passant adorait dormir dans le four à arrepas, des galettes de mais et de fromage. Bref, le genre robuste, montagnarde, rustique et de prime abord même un peu rustre. Au début de la semaine elle ne nous a pas adressé la parole, sauf éventuellement pour me dire de ne pas toucher les chats

« No toca los gatos! Mira y no toca. No me gusta que tu tocas los gatos ».

Puis petit à petit, à force de se côtoyer, elle a finit par s’ouvrir, échanger quelques mots, quelques conseils cuisine. Jusqu’au jour ou mon compagnon de voyage et moi étions accoudés à la barrière, plongés dans l’observation d’une poule et de ses 8 poussins qui alternativement grimpaient sur son dos, se cachaient sous ses ailes puis sortaient la tête entre les plumes. A ce moment, la dame passe à côté de nous, et nous dit  » Que mira!? », « Que regardez-vous?! » ,sur un ton autoritaire.  « La gallina con los gallinitos », « La poule et ses petits », avons-nous répondu. Et la, elle lève l’index vers nous, prend un air sérieux et nous dit

« El bobo mira; y el mundo gira »

c’est à dire  » L’idiot regarde; et le monde tourne » puis s’en va en éclatant de rire. Elle a continué à pouffer pendant une bonne dizaine de minute, en avait même les larmes aux yeux. C’est à ce moment-là que l’on s’est dit qu’elle nous avait adoptés. En effet, à la fin de la semaine, au moment du départ, elle nous demandait quand est-ce que l’on reviendrait.


Juntas is a small mountain village where we spent one week. A place where colombians tourist used to come for week-ends, but where we didn’t meet any gringos. The lady who managed the guesthouse used to work hard all day long, take care of the fire, cook, clean the house, take care of his old mother, of animals of the farm, ducks, chicken, pig, the 5 cats of the house (“es la casa de los gatos aqui”) and of the dog Luca – that love to sleep in the arrepa oven. A strong and robust mountain woman, rustic and maybe a little rude at the first impression, didn’t talk to us at all at the first days, excepted to tell me not to touch the cats.

« No toca los gatos! Mira y no toca. No me gusta que tu tocas los gatos ».

Then, slowly and slowly, she began to be more open, exchange some words, give some advices for cooking. Until a day where my partner and I were leaning on the fence, observing the chicken and its 8 chicks, climbing on her, then hidding below her and their little head emerging out of the feather. At this moment, the lady came and ask us  » Que mira!? », « What are you looking?! » with an authoritarian ton”,.  « La gallina con los gallinitos », « The chicken and her chicks », we answered. Then she raised her finger, looked at us with a straight face, and tell:

« El bobo mira; y el mundo gira »

What means “ the dumb is watching; and the world is turning.” then went away, laughing out loud for a couple of minutes, and even had tears of laugh in her eyes. At this moment we realized that she adopted us. Indeed, at the end of the week, when we had to leave, she already asked us when we plan to come back.

Esta es el plan: subir / C’est le plan: monter / That’s the plan: climb up

Voyager à vélo, en Colombie, c’est découvrir toutes sortes de décors, le Canyon de la Chicamocha, puis des paysages de plus en plus verts, des champs de canne à sucre, des parcs partout, avec des vaches, beaucoup de vaches, des forêts de pins qui m’auront fait penser au Val d’Annivier, un col à 3000m d’alitutde, des lacs et rivières.  Beaucoup de dénivellé. La Colombie, c’est montagneux. En même temps, la fin de la cordillère des Andes, c’est par ici, oui oui, il paraît. Nous avons vu apparaître, presque surpris, notre premier long bout de plat seulement au 6ème jour de vélo. Sur 1’200km effectués dans ce beau pays, nous aurons eu le droit à peine à 200km de plat. Au total, 11’500m de dénivellé. Ca pique.

Nous aurons campé tantôt dans des champs, entourés de lucioles, tantôt en bordure de rivière, et ainsi nous baigner – et en même temps nous laver . Parfois aussi nous aurons campé dans des jardins, lorsque leurs propriétaires nous ouvraient leurs portes. La journée, du vélo, du vélo, quelques ploufs dans des piscines afin de gérer la chaleur (souvent plus de 30 degrés en milieu de journée), des siestes aussi à ces heures-la,  et puis manger, manger des tonnes de fruits, cuisiner aussi, du riz, de la quinoa, des patates, des légumes sur notre feu. Et enfin lorsqu’en en trouvait, des arrêts glaces et boulangerie également. Le vélo, ça donne faim. Très faim.

Tant de nouvelles sensations, tant d’intensité. En une journée, nous traversions tant de paysages que la notion de temps se perdait. Un jour a vélo valait en intensité 2 à 3 jours à un endroit. Exhaltant. Troublant. Intense. Des ascenseurs émotionnels également, assez récurrents. Une première expérience du voyage à vélo dans des paysages sublimes, dure pour moi aussi cette première, mes muscles sont sur-utilisés, j’ai mal aux fesses, je suis épuisée. En début de voyage, je faisais des siestes à tout bout de champs, au propre et au figuré.  Nous nous arrêtions, et il ne fallait pas plus de quelques minutes pour que je m’endorme, que ce soit dans des parcs, en bordure de route sur le goudron, et une fois même sur une chaise en plastique dans un atelier de réparation de vélos. Il parait que c’est les 1000 premiers km qui sont les plus durs. C’est la période de rodage. Ensuite viens le réel plaisir. Et bien, j’ai pu l’attester, la différence était nette après ces 1000 premiers kilomètres.

Nous avons croisé peu de touristes sur les routes et dans les villages où nous allions, comparé à ce que j’ai eu l’habitude de voir en Asie. Nous étions souvent les seuls gringos, et n’avons rencontré aucun cyclo-touriste. Les colombiens étaient très curieux de nous voir passer avec nos vélos chargés et nous posaient plein de questions. D’où on vient, où on va, combien de temps, tout en vélo? Nous leur répondions souvent, que le plan, c’est de monter. Monter en direction de Suesca à 2800m, la première semaine. Remonter vers Ibague et Juntas plus tard. Descendre puis remonter vers El Penol. En espagnol: « Esta es el plan, subir ». Monter, subir, voyez-y les connotations que vous voudrez. N’empêche que la descente, après l’effort de la montée, n’est que plus belle. Quelle joie que de dévaler les kilomètres sans pédaler, et juste apprécier le paysage, cheveux au vent.


To travel with a bike, in Colombia, means to discover lots of different landscapes. The Chicamocha Canyon, then greener and greener landscapes, sugar cane fields, fields with cows, cows everywhere, forest, some forest looking like switzerland forest, a pass at 3000m altitude, rivers and lakes. A lot of high difference. Colombia has mountains, that’s sure, it’s the Andes moutnains range, divided into three branches known as cordilleras. We went on the the cordillera central at Medellin, and on the oriental one through Bucaramanga and Bogota.  We had our first flat drive on the 6th day of bike and on 1’207km we drove, only 200 were flat. In total, we climbed 11’500m high difference. Hard.

We camped sometimes in field, surrounded with fireflies, somtimes close to rivers, where we used to have a bath – and wash ourself. Sometimes we camped in properties of some people oppening there door to us. During the day, we were biking, biking, and biking, and if we could find some swimming pool we were happy to refresh when it was too hot. We used to sleep as well during the midday time, and eat, lots of fruits, and cook as well, quinoa, potatoes, rice, veggies. And when we could, we enjoyed to eat some ice cream and bakery. Bike make you hungry.

So many new sensations, so much intensity. In one day, we usually went through so many different landscape that the percpetion of time was lost. A day travelling with bike was like 2 to 3 « normal » days. Exhilarating. Distrubing. Intense. Emotions going up and down. That first experience of travelling with a bike was for me in beautiful landscapes, but was hard as well for a first time, my muscles were overuse, my bumb use to hurt, I was so many times spent. At the beginning of the trip, I use to get naps so often! When we stopped, I didn’t need more than 2-3 minutes to fall asleep, in a park, on the ground, even on asphalt, and one day even on a chair, waiting for the mechanicher to repair my bike. I’v heard that the first 1000km are hard. After that, you are used to, and you can really begin to enjoy. Actually, it was really like that. The difference before and after those 1000km was clear.

We didn’t see many tourists, and  even less cyclo-tourist. Actually, we didn’t met any cyclo-tourist. In lots of villages we visited, we were the only gringos. Colombien were really curious about us, about our bikes, and used to ask many question. Where we were coming from, where we were going, how many time, everything with the bikes? We used to answer, that the plan was to go up. The first week to go up to Suesca, 2800m, then to go down and up again to Ibague and Juntas, and later again down and up to El Penol. En spanish: « est es el plan, subir ». Subir means to go up, but in french, it means to endure. That was kind of correct.

El canyon del Chicamocha: beau pays, mais sec – sweet landscapes, but superdry

Mon premier jour de voyage à vélo aura démarré par une étape des plus coriaces: le canyon de la Chicamocha. Avec ses quelques 2000m de profondeur, il est plus profond que le fameux Grand Canyon du Colorado. Un paysage sublime, des rochers et des cactus à perte de vue, pas âme qui vive, une route qui serpente le long du canyon, le ciel, bleu intense, la chaleur, dès le matin, intense elle aussi, réverbérée par l’asphalte, les camions et bus qui dépassent, leurs klaxons, et la montée, une montée à n’en plus finir, pédaler pédaler, pédaler,  rester sur le premier plateau et la première vitesse pendant des heures. La route nous aura offert quelques 700m de dénivelé pour mon premier jour de vélo, j’ai beau avoir grandi dans les alpes, c’était dur. Très dur. À partir de 10h, impossible de pédaler, la chaleur étant trop importante, nous nous sommes alors arrêtés à l’ombre d’une terrasse de restaurant abandonné. La chaleur était telle que même faire la sieste me semblait trop d’effort, je me sentais comme fiévreuse, le sommeil ne venait pas malgré la fatigue. Ne pas bouger, respirer tranquillement, et néanmoins se reposer. Puis cuisiner de la quinoa sur notre petit fourneau pour nous redonner des forces avant de reprendre la route une fois la chaleur un peu passée, c’est à dire vers 16h. Le soir-là, nous avons monté le camp sous les étoiles et face à la vallée de la Chicamocha, fatigués mais heureux de cette première journée dans un paysage digne d’un Lucky Luke. Le lendemain matin, le même dénivelé nous attendait, que nous avons essayé d’effectuer le plus tôt possible, avant la chaleur. Puis finalement, une descente, bonheur, et lorsqu’en début d’après midi nous sommes arrivés dans une petite ville – San Gil – et découvert qu’il y avait une piscine dans le parc municipal, nous avons profité d’y faire un plongeon! Avec bonnets de bain obligatoire pour les dames, s’il vous plait, qui soit dit en passant, me va à ravir, le bonnet de bain.


My first byke trip began with a day that will stay in my memory: Canyon of Chicamocha. With a depth of approximately two kilometers, this canyon is deeper than the famous Colorado Canyon. Such a beautiful landscape, rocks, cactus, it seems that no one is living here, the road follow the curves of the canyon, the sky has an intense blue, the warmth is intense as well, from morning already, so intense, trucks and buses passing. It began with 700m level difference to climb with our bikes, it was intense, long, hard. I used to grow up in swiss alps, but still, it was a struggle. A real struggle. From 10 AM, it was already to warm to byke, so we decided to take a rest, but it was even to warm to rest. I was unable to sleep, feeling bad, so I just tried  to stay quiet and not to move to rest. We ate a little bit, then later, at 4 PM, began again to climb that canyon. This evening, we camp under the stars, in front of Chicamocha Valley, exhausted but happy. The next morning, the same high difference was waiting for us, so we tried to do it early to avaid warmth. Finaly, we went at the highest point, and it began to go down. Such a pleasure. Arrived in San Gil, a small city beyond, we discovered there was a swimming pool, and didnt wait to jump in it. Just the time to adjust my swim cap – obligatory for women – that suit me so well.  

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Arts de rue – street art

Mon partenaire de voyage, en tant que musicien, aura profité à quelques reprise de faire de la musique de rue, avec son didjeridoo, et fasciner les colombiens qui sont peu accoutumés à cet instrument. Ce qui m’aura motivée à préparer et chorégraphier une petite séance acro de rue, que nous avons fait sur la place de la petite ville de Guatapé, au son de la musique andine d’amis musiciens. Une première expérience pour moi d’acro en tant que show, et surtout devant un public. Un peu de stress avant de se lancer, mais au final beaucoup de plaisir à effectuer ces mouvements pas juste pour nous mais aussi pour le spectacle, pour le public. Un bel exercice que de danser devant un public, moi qui ai plutôt eu l’habitude de combattre, en kimono et sur un tatami. J’avoue que le regard du public aura carrément été porteur pour moi, une bonne dose d’adrénaline positive. Ma fois, on m’a toujours dit que pour être bon judoka il faut être bon danseur… alors peut-être que l’inverse fonctionne aussi et que si l’on est bon judoka cela aide à être également bon danseur? Qu’importe, tant que le plaisir est là.


My travelling partner, as a musician, did street music for a couple of time during our trip in Colombia, with his didjeridoo, and ascinated colombian poeple not familiar to this instrument. It inspired me to prepare and choregraph a street acroyoga session, that we did in the little city of Guatapé, with andin music of some street artists. A first experience for me of acro as a show, in front of a public. I felt a little bit stressed before to do it, but then it was mostly lots of pleasure with this show and movements and even with dance. A good exercice for me to dance in public, I was more used to fight in front of my public, as a judo athlete. I’ve always heard that to be a good judoka, you need to be a good dancer, so maybe the opposite is working as well, and that to be a good judoka help you to be a good dancer? Anyway, the more important is to do with the heart.

 

 

 

Fruits

Un des plaisir des voyages, à mon goût, réside dans la variété de saveurs, de formes et de couleurs des fruits, exotiques pour nous, totalement locaux ici. Granadilla, guanauana, orangutan, fisalis, pittaya, maracuja, mangue et autres fruits plus ou moins connus sur mon continent se laissent déguster, ou dévorer, à longueur de journée. Lorsqu’on m’a eu demandé ce qui justifiait une destination, j’ai souvent répondu que c’était uniquement pour la nourriture. Des saveurs nouvelles, des fruits inconnus, un avocat gros comme ça! Ça se déguste séparé, ça se mélange à merveille, j’ai redécouvert une recette qui m’a rendue folle, tartare mangue-avocat, un délice avec un peu d’oignon tige, de coriandre, de citron et de sel. Et les découvertes en pâtisserie comme ce gâteau chien crémeux à souhait vu dans une vitrine de Bucaramanga. Ça valait bien le coup de traverser un océan, non?

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One of the great pleasure abroad is for me the variety of savoirs, forms and couloirs of fruits, exotic for us, totally local here. Granadilla, quanabana, maracuja, mango and other fruits more or less known on my continent are a pleasure to try and est all the day long. When I was asked why I choose a destination, I often answered « only for food ». New savors, unknown fruits, huge avocados, each one is delicious, and it’s sometime amazing as well mixed together. I rediscovered what will be my favourite food: tartare of avocado and mango, with a little bit of lemon, coriander, oignon, and salt. It made me crazy. I had as well some funny food discoveries in bakery such as a creamy dog cake seen in Bucaramunga. It’s worth to cross an ocean for that, no?