Le miel et les épines / Thorns and honey

(english below)

Trois premiers jours
Dans les montagnes
Couleur et goût de miel
Douceur du ciel
Je m’émerveille
Je me fascine
Du ciel du vent

Puis le vent tourne. Le vent tourne. Te frappe à la gueule, ce putain de vent, les trois jours suivants. Ce sont les épines, les ronces qui te blessent, te traversent. Tu sursautes au bruit des chiens. Tu perds ta place dans le quotidien. Même les humains tu ne souhaites pas leur compagnie. Même toi tu ne souhaites pas ta propre compagnie Plus de force, plus de rien. Envie de rien, néant, niet, nada. Ça passera. Vidée de sens. Vidée de substance. Il n’y a rien dans mon cœur, rien qui ne me réjouis.

Aujourd’hui tu erres
Ne sais pas où tu vas
Et encore moins pourquoi
Ici et là tu te perds
Puisque nul part n’a de gout
Tes fatigues, tes peurs, tes souffrances
Maintes fois – stupide, inutile – tu rejoues
Et pourtant, pourtant tu le sais
Il le disait le poète, il le disait:

« Ne vous chagrinez pas avec vos chimères; de nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude »

Tu es fatiguée
Tu te sens seule
Seule
On te le dit
On te le répète
Fichez-moi la paix vous autres
Vous croyez que vous ne l’êtes pas, seuls
Mais vous l’êtes peut être plus que moi
Entourés de vos fantômes

M’enfin bref. De la fatigue et de la solitude, elles viennent de là tes douces chimères, tu le sais, Alex, tu le sais. Bipolarité du voyageur fatigué, bien connue, déjà vécue. Tu les connais ces mécanismes-là. Alex tu les connais. N’empêche que, juste là tu ne peux pas les déjouer, les lâcher. Alors tu les observes et tu plonges en lui, le vide. Et tu t’observes. Toi. Dans le spleen.

Pas la force d’écrire
Juste la force de lire
D’autres auteurs plus fous
Plus fous et plus perdus que moi
La pluie, rester abritée
Terrée, cachée
Dans mon carré
Orange il est mon carré

Se nourrir à peine par intermittences, quand la faim est plus forte que le vide. Attendre  Attendre quoi au juste  Que ça passe? C’est ça la vie, attendre que ça passe, en buvant du café. Oh du café, j’aimerais tant un café. Je n’ai pas la force d’aller le chercher. Tant pis j’attendrai. Qu’il vienne tout seul ce fichu café. Je n’ai pas la force. Pour le moment.

Capucine à l’arrêt
Elle l’a bien mérité
Moi aussi à l’arrêt
Mais je ne mérite rien
Que le néant
Précédemment cité

« Aucun mot humain n’annonce
Le témoignage d’un chagrin plus vieux
Que cette vague antique le sable de ses coups
D’une pensée qui tourbillonne en sable »
– Kerouak, Big Sur –

Kerouak
Dans ses errances
Intense à lire, oui, intense
Entourée de mes solitudes
Impression de plonger avec lui
Plonger dans sa folie
Il a tant de verbes tant de mots
Echos de mes pensées
De mes tourments
Ravie que ça finisse bien
Le miel reviendra
Il reviendra
Le miel
En attendant
Pour quelques jours
M’accompagnent alternativement
La tranquillité, la douceur et la joie
Puis le spleen, le vide ou la nostalgie
Je me défroisse puis retrouve le néant
Ça n’a pas de sens
Non ça n’a pas de sens
Je reste au chaud
Dans mon fort orangé
Décoré des feuilles
D’automne
Gris et pluie
Parfaite météo
De mes ressentis

Besoin d’écrire, de raconter, en si peu de temps j’ai vu, j’ai aimé, j’ai subit, j’ai haïs. Ces jours derniers,
tout ça à l’intérieur de moi. Je ne sais même pas si ils existent vraiment, mes fantasmes mes tourments. Besoin de coucher sur le papier tous ces mots bien au chaud dans mon fort orangé  Car dehors il y a des gens. Ils arrêtent pas de m’embêter les gens, de leurs regards, de leurs questions. Sauf le monsieur du café. Oui finalement j’y suis allée. Un jour il m’offre un magnet des Météores, l’autre une carte postale, des Météores encore. Oui oui, on y est aux fameux Météores. Je dois bien avoir l’air au bout de ma vie, qu’il essaie de m’apprivoiser ainsi. Peu importe il est gentil. Mais les autres gens, je ne veux pas les voir,  je ne veux pas qu’ils me voient, alors je reste dans mon fort orangé

Mon carré rassurant
Duveté, chaud, protégé
Fichez-moi la paix
Ça me passera
Je le sais
Saverio écrivait
La nostalgie est belle
Il faut la garder
Dans la poitrine
Comme un trésor
Et la nourrir avec du thé
Du café et du tabac dans l’air froid
Sage le jeune et libre Saverio
Sages aussi les vieux, sages tous
Poètes, penseurs, voyageurs
Tous ceux qui affrontent
Leurs tempêtes

– écrit un jour de pluie un jour de spleen –
– 28 jours, 1’500km, 13’500m D+, ça pique –

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Thorns and Honey

First day in Greek mountains
Colors and taste of honey
Sweetness of the wander
Marveling and fascinating
About sky and wind

Then the wind turns. The wind turn. Hit you direct in the face that fucking wind, the next three days. Those are thorns, those are ronces that hurts you, that traverse you. Blenching to dog’s sound. Loosing you place in the everyday. You don’t even want human company. You don’t even want your own company. No strengths any more, nothing. Not even a will. Nil, nought, nothingness. It shall pass. Right now just emptiness of sens, emptiness of substance. Nothing in my heart, nothing to delight, nothing to be glad.

Today roaming
Don’t knowing where to go
And even less why should I
Here and there getting lost
Because nowhere have a taste
Your weariness, fears and loneliness
So many times – stupid, useless – you play again
However you know it, yeah, the poet used to say it:

« Don’t grieve yourself with your chimeras; so many fears are born from weariness and loneliness »

You are spent
You do feel lonely
You are alone
Alone
One tell if to you
One repeat it to you
Again
Let me in peace you out there
You think you are not alone, you
But maybe you are more than I am
Surrounded by your ghosts

Anyway. From weariness and loneliness, they do come from there, your sweet chimeras, you know it, Alex, you know it. Bipolarity of tired wanderer. Well known, already lived. Still you know but cannot prevent it, cannot forget it, forgive it. So you observe it, then dive into it, in the emptiness of now. And you observe yourself. You. In the spleen. Don’t even wanna write. Just the strength to read a bit. Other authors more crazy and lost than I am. Its raining, let’s stay protected, grounded, hidden in my square, orange little square. Feeding myself here and there, when the hunger is stronger than the emptiness. Waiting. Waiting for what, actually? That it passes? Is it life, waiting for it to pass, drinking coffee? Oh I would love some coffee. Don’t even have the strength to go for it. Anyway, I’ll wait. Wait that the coffee comes to me, that damn coffee. Don’t have strength. For now.

Resting is my Capucine
She deserves it, at least
Resting I am, the same
But the only thing I deserve
Is that nothingness
Previously announced

« Any human word is announcing
The testimony of a friend older than
This antique wave the sand from its strokes
From a whirling thaught in sand »
– Kerouak, Big Sur, my translation of the French version I read –

Kerouak
In his roaming
Intense to read, oh, so intense
Surrounded by my loneliness
Feeling to sink with him
Sink in his madness, or my
So many verbs so many words
Echoes of my own thoughts
Of my torments
Delighted that it end well
Honey will be back
It will be back
The honey
Until there
For a couple of days
My companions alternatively are
Tranquility, softness and joy
Then spleen, emptiness or nostalgia
I unfold me then find the nothingness back
It doesn’t make sense
No, doesn’t make sense
For now I just they there
Warm, protected
In my orange fort
With leaves ornament
Colors from autumn
Grey and rainy
Perfect weather
Of my feelings

Need to write, tell, tale. In a few time I saw, I loved, I underwent, I hated. Those last days, all that inside of me. I don’t even know if all of those really exist, my fantasy, my torments. Need to lay them down on paper, warm in my orange fort. Because outside there are people. They keep bothering me, people, gazing, asking. Except the man of the coffee. Yeah, finally I went. And he is kind. He smiled and offered me a magnet, a magnet from the Meteora, one day, and the next one, a postcard from Meteora. Yes we are, in the famous Meteora. Do I look so empty and sad that he tries to tame me? Doesn’t matter, he is nice. The other people, I don’t want to see them, and i don’t want them to see me, so I stay in my orange fort.

My reassuring fort
Fluffy, warm, protected
Let me in peace people
This too shall pass
I know it and Saverio wrote it
Nostalgia is beauty
We need to keep it
Close to the chest
Like a treasure
And feed it with tea
Coffee and tabac in the cold air
Wise and young, the free Saverio
Wise as well the olds, wise all
Poets, thinkers, travellers
Yes all the ones
Who face their storms

– written on a rainy spleen day –
– 28 days, 1’500km, 13’500m D+, was maybe too much –

 

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alexenvoyagee

Notes de voyage, images, Pensées, lectures, poésies, Une manière de partager, une manière de jouer,Et moi je joue, oh oui, Tant pis, sagesse, folie, Qu’importe tant qu’on vit; n’aies pas peur d’essayer,Ne crains pas de tomber, Saches que tu sais voler, laisse-toi inspirer. Tant que tu es sincère, que tu parles à ton cœur, Que tu restes toi-même, et garde tes valeurs, Tu sauras aimer, voler, briller, exister. Here are some of my thought, reads, poestry (in french, sorry guys), travelling notes, that i want to share and play with. I did an atempt to write my articles in English, sorry to all English native speakers for my broken English. I try my best, I promise. If anybody want to be my reviewer, please let me know. Instagram: https://www.instagram.com/alexarati/

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