
(en francais plus bas)
Just arrived in Albania, with a lot of noise, actually. I cross the border at the same time as a bus full of Montenegrian football fans. They saw me, offered me a scarf with the colors of their team that I had to show for a picture and then they began to sing and jump in their bus, and the bus itself was jumping, it was at the same time fun and scary, all that energy.
I discover Albanian roads, not as nice as montenegrian ones, flat landscapes, worn buildings, rubbish on the roadside, everywhere, abandoned gas station. But the road is wide and flat and offer me a large bicycle path on the side, highly appreciated. I saw horses carrying a car, picture of an old time in my country, an old time where horses still had jobs. Loved it. Through a window, the hand of a girl says me hello – or maybe she’s just playing with the wind? Two cards felt from that window just after – or where thrown? Anyway, those were an eight of heart and a nine of clover. I did imagine signs and presage of those two. Good ones of course. Thaught are wandering, whirling from nothing when they have nothing else to do. Going through villages brought me good presage as well: groceries, market, it will be easy to find food around here. I juste need to learn some Albanian words and sentences.
What I did the two days I spent at the guesthouse « Mi Casa es Tu Casa » in Shkodër. Nice little town by the way, paved nice streets, old time building, temple, church and mosque together, close to each other, in peace. I stopped two days here, where I did enjoy the place such as the compagny of the good people I met.
This home, this guesthouse where the characters of the stories do live, do cross, do interfere. Yes, they are here, the character of the stories, real, living. Val for exemple, on the road since 4 years, hichhiking mostly, back home here and there when he need, to work then travel with 200euro a month, and from his music, I think. So much flegm and so much joy in this character, those persons who bring back to the life his adventure. We chat on the morning in the kitchen with a coffee, after first a time each just mumbling, waking up. Morning, my favourite time and light. He stopped here, Val, as a volunteer. The casa is functionning as a community, working with volunteer love, try to share nice projects and values, eco friendly, trying not to waste, but instead to spread some light. Val is traveling with the sweet and quiet Miri. Beautiful in the morning light, playing with the black cat. Then Ahi, just came back from 5 days trek in the forest. His sparling eyes, I saw those eyes sometime – mostly – full of love for life, for peace, and then here and there I guessed in those eyes some darkness from somewhere. Talking with him, nationalities, passport, it’s unfair, sometimes, I say, to what he will answer « But so is life; life is unfair », with that time in his eyes, love and darkness at the same time. At the same time. Agata, beautiful golden curly hair, a dreamer, we talk about love, about men, about life and travels. Is there any sens to all of that? Woman sweetness, she’s here as well to volunteer. The Australian one at the desk, with the same accent as my friend Dahriel and Georgia, such a nice square shirt, probably from the second hand market at the corner. Oh, and Alma, elegant Alma, managing the place, the mum of all in a way. Soul of the place. Cooking incredible breakfast, sweet and salty, healthy, albanian specialities. I didn’t ate so well since a while. Maybe why I stayed so long. So long, two days, it’s relative. It still felt an eternity to my traveling soul. At the breakfast time, the baby cat yelling for attention, yelling for milk, so cute little tiger. The other big cat that we chase out of the table, get some hug at the same time. The German couple with their cute tiny little Mathilde, 14 monthes but already on the roads, with her little backpack and plush. Jipi, new in the team, his french Canadian accent that make me laugh every two sentences. Soon should be well known for his good mood and enthiusiasm. He want to see all the countries, Jipi, or at least a lot, the ones who looks good to him. In the evening, in the lounge/terrasse/bar, I learn Albanian half in english half in German with Mondi at the bar. Some physiotherapist joke with his friend Nidi. Later, it’s already quiet. Mondi telling to people on the couchs: « Hey, it’s so quiet here, why are you all on your phones? People, please talk to each other. German people first. » With a malicious smile. And it works! We began to talk again to each other, German people first.
Those details and stories make that a place can make you feel at home. Mi Casa es Tu Casa. Well done. « Chame ba ». « Faleminderit », it sounds to me a bit like Minas Tirit, don’t you find it? Albanian language sounds to my hears like swiss german elfic, to my ears or to my imaginary
Mi casa es tu casa
Arrivée en Albanie, en grande pompe, acclamée à la frontière du Monténégro par un bus de supporters de foot monténégriens qui m’ont offert une écharpe à leurs couleurs, que j’ai du brandir pour la photo. Puis ils se sont mis à chanter et sauter dans le bus et ça faisait sauter le bus entier, amusant mais aussi légèrement inquiétant tout ce débordement d’énergie. L’écharpe, je l’apprendrai plus tard, me sera fort utile.
Je découvre la route en Albanie, qui n’est pas aussi jolie qu’au Monténégro, paysages plats, bâtiments délabrés, déchets en bord de route, stations services désaffectées. Mais la route est large, la belle marge sur le côté m’offre une piste cyclable fort appréciée. Je dépasse une charrette menée par un petit cheval, image d’un temps passé chez nous, un temps où les chevaux avaient encore du boulot. Puis sur la route, par la fenêtre je vois une enfant qui me fait un signe de la main, à moins qu’elle ne joue juste avec le vent? quelque chose qui tombe de la fenêtre, ou qu’elle me jette peut-être. Des cartes, deux cartes. Un huit de coeur. Un neuf de trèfle. J’y lis signes et présages, des bons évidemment. L’esprit vagabonde, virevolte de ces deux petites cartes. Je traverse ensuite des villages et là aussi, de bons présages: des épiceries, du monde dans la rue, les magasins dont les étals débordent sur le trottoir, marché aux puces, une girafe en peluche qui me scrute du coin de l’œil, marché aux légumes, verts, jaunes, rouges les légumes. Tout ça s’annonce bon pour la suite où j’avais envie de m’enfoncer dans les terres; je pressens que dans les villages je saurai me nourrir facilement. Reste à apprendre quelques mots d’albanais.Ce sera chose faite sur mes deux jours de pause à l’auberge « Mi Casa es Tu Casa » à Shkodër. Superbe petite ville soit-dit en passant, rue pavées, église, mosquée, temple côte à côte. Je m’y serai arrêtée deux jours, à la casa, coup de coeur que cette auberge où les histoires de voyageurs se croisent.
Ils sont là, les personnages des histoires, et ils sont bien vivants. Il y a Val, sur les routes depuis 4 ans, en stop principalement, qui rentre au pays ici et là travailler comme coursier à vélo puis tourne avec 200 euro par mois, et de la musique, je crois. Tant de flegme et tant de joie dans ce personnage-là, le genre de personne qui rend à la vie son aventure. On papote le matin à la cuisine autour d’un café, mon heure et ma lumière préférée. Il s’est arrêté ici comme volontaire, la maison tourne avec un système communautaire. La maison est eco friendly aussi, propose de partager et échanger de belles valeurs. Val voyage en ce moment avec la douce Miri. Elle est belle et tranquille dans la lumière du matin, avec le chat. Ahi, des yeux remplis tantôt de paix et d’amour tantôt d’ombres et de profondeurs d’on ne sait où, il revient de 5 jours de trek, sorti de la forêt. On discute, les passeport, les nationalités, je me dit que parfois, c’est injuste, à quoi il me répondra « But so is life, you know, life is unfair », avec cette fois dans les mêmes yeux en même temps amour et tristesse. En même temps. Agata, ses boucles dorées, rêveuse, on parle d’amour, de garçons, de la vie, des voyages. Y a-t’il un sens à tout ça? La douceur féminine, elle aussi elle reste là quelques semaines, volontaire à Mi Casa es Tu Casa. L’Australien à l’accueil, accent « aussie » qui me rappelle mes amis, chemise à carreaux vintage à souhait, probablement du fameux marché seconde main dans la rue d’à côté. Oh, et Alma, élégante Alma, qui gère l’auberge, la maman de tout le monde un peu. L’âme du lieu. Elle cuisine des déjeuners incroyables, toasts, café, sucré, salé, longtemps que je n’ai pas aussi bien mangé! Pas étonnant que j’aie aimé y rester si longtemps, dans cette cuisine et cette maison-là. Si longtemps, c’est relatif, 2 jours et 2 nuits, une éternité à mon âme voyageuse. Le chaton qui fait des siennes, le chat à chasser de la table, le couple d’allemand et leur toute petite Mathilde, choupinette de 14 mois, déjà sur les routes la cocotte, avec son petit sac à dos et son doudou. Jipi, nouvelle recrue de l’équipe, accent québécois, fait que je me retiens de rire à chaque deux phrases, tu vois-tu. La bonne humeur lui aussi, il veut voir tous les pays, lui, où plein en tout cas, ceux qui ont l’air bien. Et le soir, dans l’espace commun, salon, terrasse, bar, tout en même temps, j’apprends l’albanais à moitié en allemand à moitié en anglais avec Mondi le serveur et son ami Nidi, étudiant physio. Plus tard, un moment de calme, Mondi qui lance aux gens installés sur les canapés : » Hey, it’s so quiet here, why are you all on your phones? People, please talk to each other. German people first. » avec un petit sourire malicieux. Et ça a marché, on a lâché nos téléphones et repris les discussions.
Ce genre de détail et de personnages qui font qu’on se sent à la maison. Chame ba. Faleminderit, ça sonne un peu comme Minas Tirit, vous ne trouvez pas? L’albanais serait à mes oreilles une sorte d’elfique suisse-allemand. A mes oreilles, et mon imaginaire, bien sûr.
