Les montagnes en Grėce / Greek mountains

(english below)

Aller à vélo en Grèce. Il y a peu c’était un projet, aujourd’hui c’est ma réalité.

Ces trois derniers jours je renoue à ma nature sauvage. Sentiment d’ivresse des grands espaces, le cœur crie de joie; et tremble aussi un peu. Elle est belle la montagne en Grèce, ça monte pour sur, ça vallonne d’abord, et dans les descentes capucine file. Je me redresse alors, étire un bras sur le côté, comme une aile. Je me rappelle alors pourquoi le voyage, pour ça, une aile déployée.  La lumière jaune, orangée. La force de capucine et moi, la force qui nous emporte. Jusqu’où?

La peur s’en est allée. Pour le moment. La peur des hommes en premier, car ceux que je croise ici, c’est de la gentillesse que j’y lis dans leurs regards, même le berger qui aurait pu s’énerver que j’aie fait partir en courant ses moutons dans l’autre direction. Non, il accepte mes excuse, engage la discussion. En grec la discussion, je comprends rien, évidemment, remercie et je souris. Les gens que je croise me sourient, m’encouragent. On m’offre volontiers de l’eau. Plus loin, je vois des marcheurs, des migrants, un père et son fils, à leur tour de me demander de l’eau, je leur donne ce que j’ai, leur propose à manger. Le regard du fils, j’y lis de la fatigue, de l’inquiétude. Je me dis alors que dans un mois je serai dans un endroit où chaque jour je saurai aider un peu des gens qui en ont besoin. Belle perspective. J’en verrai, de la souffrance, mais y apporterai un peu de soutien.

Et puis, premier souci mécanique, la petite patte du porte bagage qui se décroche. J’ai un boulon en rabais, parfait! Mais pas de pince pour bien le serrer. Je bricole tout ça au tape, on est physio ou on ne l’est pas, ça tient jusqu’au village suivant, où je trouve une famille devant un atelier. Ils me réparent cela propre en ordre, travail de pro, m’offrent leur pince, un nouveau tendeur, des attaches, à manger, de l’eau, et affûtent mon couteau. Trop gentils.

J’attaque la montée dans la montagne, il fait chaud, ça grimpe, je m’arrête manger en bord de route, chasse une bande de chien qui arrive en aboyant. Deux nuits de bivouac, j’ai pris le goût de la belle étoile, ici les nuits sont sèches, à peine la rosée au matin, et puis tant d’étoiles là-haut, je dors roulée en boule contre ma capucine. On est bien. Sous un arbre, puis sur une colline, spectacle de coucher et de lever de soleil, voie lactée, milliers d’étoiles. Elles sont là, elles veillent sur moi.

Avant d’arriver au refuge de Valia Calda, un col à passer, la journée tire sur sa fin, splendeurs de la montagne sauvage. Seule. Au loin, des moutons, je guette l’arrivée des chiens. Ils n’arrivent pas, fort bien. Soudain je m’inquiète des ours, le paysage on dirait un paysage d’ours, non? Alors je chante à tue-tête pour les éloigner, c’est ça qu’il faut faire il paraît. Je ne chante pas très bien, et jusque là ça marche plutôt bien. Paroles essoufflées, joies et peur au coeur mélangées.


 

Greek mountains

To go to Greece with bike. A couple of weeks ago, it was a project. Now it’s my reality. I just arrived north from Greece, through the mountains. Through the mountain, such an idea.

Those last three days I went into the wild. Feeling of freedom in this wild and huge nature, my heart shout out his happiness; but shiver a little bit as well. The mountain here in Greece is beautiful, first going up and down in hills. Downhill my bike Capucine is fast and light. I stand up, stretch an arm on the side, like a wing. I do remember why I travel, for that feeling of a wing spread. For the yellow and orange light, for the strength of capucine and I carrying us away. Until where?

The fear is gone. For now. Fear of men first, because the ones I meet here are gentle, and in their eyes it is just kindness I can read. Even the shepherd I met just after I made run away in the wrong direction a part of his sheep’s, even him, who could get angry, was nice, accepted my excuses, came and began to talk. In Greek, the conversation. Didn’t get a word. But told thanks you, in Greek, that one I now how to say, and smiled. People I meet here smile to me, ask about my story, support me. Some offer me water, even some food. On the road, I met two travelers. The made me a sign to slow down, asked me for water. They looked exhausted, didn’t look like backpacker because their stuff were so small, they had pretty much nothing. I gave them all I had, just asked where they were from. Libia. Such a long way. Not a travel for the fun on travel, a travel for life. I told myself that in a month I will be in a place where I will be able to help those people. Those people who have way less than I have. Bring some support. Nice perspective. Make sens. So much sens.

Oh and then my first mechanical problem. My rack attach get away. I had the screw to fix it, but not the pinch to fix it well. I made that one stay with tape, physio special skills. Then biked to the next village and could experiment the Greek hospitality. A very nice family offer me their help, made me a strong repair if that rack, offered me their pinch, some little gear for basic repairs, food, water, a new strong stick for the dog, and even sharpened my knife. So much, so nice from them.

I began just after to bike uphill. To the mountain, the real one. Weather is hot, it’s climbing, hard, but I can do it. A moment after, I stop on the road side to eat a bit, dogs arrive, I had to chased them with my stick.  Then two nice biouac nights, sleeping under a tree first  and then on the top of a hill in my sleeping bag, under the stars, close to my Capucine. So many stars up there, sunset and sunrise, beautiful nature.

Just before arriving to Valia Calda, a pass. The day is coming to it’s end, landscape are a bliss, I’m alone up there. Alone. Far away, some sheeps, lots of sheep. I stay aware about their dogs. Dogs don’t come, perfect. I suddenly get afraid about bears again, isn’t the time and place when and where  bears go out? I sing, loud, I heard it’s what you have to do to keep them away. I don’t sing very well, but it work really well until now. Didnt see any bear. Singing out of breath, happiness and fear mixing up

 

 

Là-haut il y a Vega / There is Vega up there


(english below)

Charles le charpentier,
Il est costaud le garçon,
Et pour sur il est entier,
Cynique aussi, mais bon.

J’avoue il est charmant,
Sourire ravageur,
Humour chapardeur,
Un brin nonchalant.

Il philosophe sur les routes,
Se cherche lui aussi sans doute,
On s’est trouvés un bon matin,
Un fou rire pour un bout de pain.

De belles nuits aussi, étoilées,
Et lui, qui me conte les constellations,
Cassiopée, Céphée, Hercule et le dragon,
Et moi, marrées, rires et larmes alternés,
J’aurais aimé ne pas blesser, ne pas jouer,
De mes attractions, soleil, lune, incertitudes.
La vie paraît-il, nous mène là où on est,
Avec son miel et ses épines, ses solitudes.

Et puis là-haut il y a Vega,
Elle est importante, tu sais pourquoi?
Parce que c’est là où on va. N’oublie pas.
Et on s’en fout des rimes, des pleurs, des joies,
Les étoiles elles, sont toujours là.

Le dragon chaque nuit veille,
Hercule contre lui se bat,
Cassiopée fait la belle,
Céphée porte son chapeau de roi,
Avec David Vendetta,
Pour la casa nostra,
Plongée dans la musique,
Absurde mais véridique.

Puis un autre matin,
Nous nous sommes quittés,
Après une dernière fois enlacés,
Chacun reprend son chemin.

Un jour compagnons,
Lendemain souvenirs.
Et les souvenirs,
Avec le temps,
Paraît-il,
S’embellissent.

Partager 5 jours sur la route. Pour moi ralentir, découvrir le rythme lent du marcheur à la Sylvain Tesson, du temps pour guetter les couignier – à défaut d’absolu – et observer les mantes religieuses, à moins que ce soit elles qui t’observent. Du temps pour tourner en rond, pour s’amuser avec les enfants qui grimpent sur mon vélo, chenapans intrépides. Nuits à la belle étoile, clochards célestes au vin rouge, raki ou à la bière, Germaine, il faut que j’aille réparer ce fichu lampadaire! Le train qui passe. Encore un autre. La montagne elle est belle, mais elle ne fait pas très bien les câlins. De jour, cheminer ensemble. Sieste, soleil, silences. Puis en raconter des bêtises à la chaîne, jouer avec les mots. A deux en descente, 150kg sur Capucine, elle en devient acrobate, la belle, absurdement, ça marche. Boite de sardine sur un vieux bout de pain, délicieux repas pour celui qui a faim. Attraper discrètement des raisins ou des figues; règle numéro un du voleur de pomme, ne pas la manger sur le lieu du crime. Philippe qui nous apporte le café au lever du jour, tchèque compagnie. Le lac d’Ohrid qui ressemble à mon Léman. A pile ou face qui paie le poisson. Délicieuses truites au restaurant, où on fait tâche avec nos gueules de gitans. Réveillés de nuits par la police qui nous dit qu’on devrait aller au camping; mais qu’il est fermé, le camping précité. « La prochaine fois voyagez l’été, vous aurez moins froid. » Merci monsieur l’agent, bonne nuit. On rit, on joue, on se supporte, allez viens sors de ton carré, on parie que je te tourne, un coup de genou dans le nez, les larmes, les bras qui réconfortent. Les fantasmeurs et les fantasmeuses, les cyniques et les emmerdeuses, tantôt poètes, tantôt philosophes, tantôt rien de tout ça, juste voyageurs. On cherche un peu de paix, par ici, par la. Sur la route. Avec toi, avec tous ceux que j’ai aimés, du pareil au même, je crois. J’en sais rien, en vrai. Histoires emmêlées, dans mon coeur et ma tête. Milles histoires qui vagabondent, je conte, parfois je me répète. Étonnants voyageurs. Merci à toi, Charles Sur La Route.

« L’amour est une passion forte,
Mais l’envie de chier l’emporte »
– Papa de Charles, poète à ses heures perdues –

« Règle numéro un du cynique: des mecs y en a plein, allez va, bonne vie. »
– Charles, lui même cynique, je crois, poète aussi, d’une autre sorte –

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There is Vega up there


Charles the carpenter,
Solid, well built the guy
He is strong, honest, fair
A bit cynical, don’t know why

I have to say he is charming
Most of the time he is smiling
But be careful his humor is sharpy
But so he is, let’s say nonchalantly

Philosophing on the road, well do
Looking for himself on the way as well
We find us on a morning, we just ran into
And had such a laugh for a piece of bread

Nice nights on the shore, those were starry
Him, telling me more about the constellations
Cassiopée, Céphée, Hercule and the dragon
Me, like a tide of laugh and tear, alternatively
I would have love not to play, not to dare
From my attractions, sun, moon, incertitudes
But life, I’ve heard, bring us where we already are
With his honey and his spines, his solitude

There is Vega, up there
She is important, you knew it?
Because it’s where we go. Don’t forget it
And we don’t care about rimes, tears, joyces
The stars will always be here

The dragon every night is watching
Hercule against him is fighting
Cassiopée, pretty, good-looking
Céphée just wanna play the king
Avec David Vendetta
Pour la casa nostra
In the music we were diving deep
Absurde but truthfully, no shit

Then just like that
Just another morning
We left, we quit
No more rime
Time to say goodbye
A last time embracing
Each one goes back on his road
One day compagnons
The next a memory
But memories
It seems
With time
Beautify

To share 5 days on the road. For me, learning to go slowly, discover the rythme of the hiker like Sylvain Tesson use to write about. Time to look after the quince tree – if not about absolute – to observe les the mantis insect, or maybe it’s the mantis who watch you, who knows. Time to run in circle, to play with children, children climbing on my bike, little but fearless. Nights under the stars, hobo of heaven, with red wine, raki or beer. « Germaine, I have to go repair that damn floor lamp ! » A train passes. Another one. The mountain is beautiful but she doesn’t hug very well. During the day, walking together. Sun, nap, silence. Then talking so much, too much, playing with the words, like only french speakers now how to do. Downhill, two people on a bike, my capucine is an acrobat, absurdly, it works. It works. Sardine from the can, on an old piece of bread, that bread that doesn’t feed you, but so delicious to the one who is hungry. To grap discreetly some grapes or figs: rule number one of the apple’s thief, never eat it on the place of the crime. Philippe bring us some coffee at the sunrise, nice Czech compagny. Playing with our broken english, learn that our French « ouais! » (« Yeah! ») sounds to him like « why! ». We are cynical, but not all the time, sometime french people agree, even if doesn’t sounds like. Ohrid lake. Ohrid lake look like my leman lake in Switzerland. Stack or face who pay the fish. Delicious truits at the classy restaurant with our gypsies styles and faces. Later getting catch sleeping on the shore by night by the police. The man told us we should go to the camping, but that the camping is close. « Ok, just stay here. Next time do travel on summer, you will be less cold. » Thanks for the advice, good night. We play, we laugh we support ourself, « hey come out our your square », let’s fight, I guess I can turn you, a knee in the nose, tear again, arm who comfort. Dreamers, phantasmers, cynics, troublemakers, sometimes poet, sometimes philosoohers, sometimes nothing at all, just travellers.  Looking for a bit of peace on the road, here and there. On the road. With you, with all the ones I did love, it’s the same. Everytime just the same, I think, I sware. I don’t know, in real. Interlaced stories, in my heart, in my head. Thousand of stories wandering, I tell, sometime I repeat. Astonishing travellers. Thanks to you. Charles on the road.

« Strong passion, love; but the need to shit, anyway, is stronger »  – Charles’dad, poet in his lost hours –

« Rule number one of the cynical: there are plenty of men, so goodbye, go, have a nice life  » – Charles, cynical on his lost hours, poet, sometimes, from another sort –

 

 

A vélo dans les balkans / Cycling through Balkan


(english below)

Pour traverser à vélo les Balkans, on m’avait recommandé de me trouver un bâton pour faire fuir les chiens sauvages ou chiens de berger un peu trop oppressants.

Pour un grand troupeau, comptez 6-8 patoux, y a de quoi flipper s’ils se mettent à vous courser. Le bâton que j’ai d’abord trouvé, y avait un mecton avec, comme il dirait lui-même, lui qui voyage depuis 6 mois à pied, parti du sud de la France. Il en a gardé l’accent chantant, les putain, con, peuchère et autres ponctuations. Comme moi, il a répondu à un appel. « En Grèce, sur les camps de réfugiés, on a besoin de charpentiers ! » Ok j’arrive, à pied. Joli parallèle au mien, d’appel « ici à Samos, on a besoin de physios. » D’accord, j’arrive, à vélo. Le charpentier à pied, la physio à vélo, même les rimes s’en mêlent. Un duo de voyageurs à pied et à vélo, rarement vu, les rythmes ne conviennent pas, on s’en fout, c’est amusant. Trop chouette de partager nos routes. Puis assez vite on décide qu’on ne pourrait pas vivre ensemble, l’une qui parle trop, l’autre un brin trop cynique, peu importe, sur le moment, joyeuse compagnie que celui et celle qui ont vécu des mêmes galères sur la route, qui partagent certaines racines, aussi. « Je comprends pas pourquoi il y a des choses qui passent pas les frontières. Le pain, tu vois? Tu sors de France, et ils savent pas le faire, » dit-il avec un grand sourire.

Bref, retour sur ma route, seule dans les montagnes, je me suis trouvé un bon bâton, et m’amuse à revoir mes frappes et autres acrobaties. Le combat m’amène de la joie, me défoule, me rassure. Je dégomme des fantômes et des buissons, je m’emporte aussi des fois, par son poids, par son élan, ou le mien, qui sait. Je trébuche aussi. Pas si simple, le combat au bâton. Je m’entraîne et me bats contre les ennemis imaginaires, le vent, mes peurs, moi-même. Je joue, m’imagine samouraï.

Et pourtant, c’est tout ce que je souhaite frapper, le vent. Puisse mon bâton ne jamais abîmer le bout du nez du moindre chien et encore moins d’un être humain, puisse la violence rester loin de ma route et mes combats dans le vent se transformer en danse de guerrière pacifique.


Cycling through Balkan

To go through Balkans, one recommend me to have a wooden stick with me, in case I need to repel wild or shepherd dogs that could be too oppressive. For a big herd, I have seen sometimes 6 to 8 dogs keeping them. And when they began to run, they can be fast, furious, so scary.

But the first stick I found, there was a guy with it. A French guy travelling from france, by foot. He left the country 6 monthes ago and go to Greece to work on a refugiee camp, as a carpenter. Nice parallel to my road, bringing me to another refugee camp, to work as a physiotherapist, going by bike. A duo of one walking and the other biking, never seen. But anyway, we had so much fun, and were happy to share our loneliness, adventures and roads for a little bit. To share our food, laughs and nights. And then to decide that we were not mean to live together, one is too cynical, the other talks too much, I let you guess who is who. Anyway, we needed and enjoyed this compagny. On the road. Sharing same difficulties, same joy, same parallel stories. Life on the road. Some same roots and understanding, as well « I don’t understand why some thing never cross the border, you know? Bread, for exemple. You go out of France and they don’t know anymore how to do good bread. » he said with his big smile.

Anyway, back on my road, alone in the mountain, I did find a stick, and play with it, learning again to fight and dance with. The fight bring me some happiness, hapinsess of the game but also from the effort. So different from biking. I played and fighted against wind and bushes, against myself, against my fears. Sometime loose control in the momentum, get catch by the impulse. Not the easy, the art of fighting. I imagine myself as a samurai, peacefull warrior.

At the end, what I wish, what I hope, is that this stick will never have to hurt any dogs or even morr any human being. May that stick only play with the wind, only dance in a peacefull game of a child.

 

 

Mavrovo, Macedonia

Je me retrouve sur une route de terre, capucine galère, un croisement, gauche, droite j’hésite, consulté ma carte. Celle de gauche n’y est pas, c’est parti pour la droite ! Peu après, un taxi qui descend, s’arrête à ma hauteur, baisse la vitre, me parle en Suisse allemand. Il me dit que cette route sera de pire en pire, plus de caillou, moins de route, plus de chiens errants. Et les chiens que j’ai croisé ici, ressemblent à des zombies. Moitié pelés, boitant, ils font peine à voir et ils font peur aussi. Mais le carrefour juste en bas, où j’ai hésité, mène à la route principale, et me ramène sur mon chemin. Trop joli. Trop contente d’entendre du Züridütsch dans une forêt de marronniers, si loin de ma ville natale. Les rencontres. Encore, toujours

Arrive à Mavroro, je me repose à une terrasse d’un café, discute avec Darko, le serveur, et découvre que les Macédoniens appellent Mavroro la Suisse de Macédoine. Petites montagnes, lac, station de ski, et puis ils ont des bouquetins aussi. J’apprends également que c’est un haut lieu de la grimpe macédonienne et qu’Adam Ondra, un des meilleurs si ce n’est le meilleur grimpeur mondial actuel, y est venu l’an passé pour grimper une voie super dure. Le lendemain je vais donc voir la fameuse grotte de montagne où ça grimpe, et y retrouve les copains grimpeurs de Darko, qui me proposent de me joindre à eux. Trop heureuse de grimper là où Adam Ondra a grimpé, avec eux qui plus est. Mais nous on grimpe des voies faciles. Même si l’escalade, c’est jamais, oh non jamais, facile. Mais quelle joie que de me déplacer sur la paroi, petits pas élégant, grosse traction bien bourrine, on s’équilibre sur une pointe, tout le poids sur quelques doigts. Même pas mal. Je fais moins (voir pas) la maligne ensuite dans le devers, j’abdique avec joie. Amis grimpeurs, si vous souhaitez y faire un saut, demandez Dimitri à la Ski Hut Resort à Mavroro, il saura vous guider. Et l’an prochain ils cherchent du monde pour le développement de l’escalade sportive, projets de grandes voies. Sait-on jamais.

Je reprends la route, ici les couleurs sont à l’automne, arbres oranges, rouges, jaunes, les températures idéales pour pédaler, chaud la journée mais pas trop, frais la nuit mais pas trop non plus. Pas une goutte de pluie depuis mon départ, je touche du bois.


 

Mavrovo, Macedonia

I went through Mavrovo, Macedonia, by chance a little bit, looking for roads away from big axis, looking for nature and lake. So I had one more time a big hill to climb. But effort, I know it. Just need to go forward, and breath.

In the way up, a small road with no asphalt, Capucine is on the struggle bus, then a cross, left, right, I have to look on my map. On my map, the one of the left doesn’t exist; ok for the right. Short after, a taxi going down stops to talk to me. In Swiss German. Yeah, middle of a maroon forest, Macedonia, this guy speak to me in Swiss German from Zurich, city where I was born. He tells me that that road will be worse and worse, less road, more stones, more dogs. And the dogs I have seen around look like old zombies. Half of the skin is gone, limping, make me sad and scary at the same time. But the cross down there, where I just hesitated, will bring me back on a bigger road, bring me back on my way. Perfect timing, tanks to the Macedonian Swiss German taxi driver.

Arrived in Mavrovo, I take a rest at the terrasse of a coffee, talk with Darko, the waiter, and discover that Macedonian people call Mavrovo the Switzerland of Macedonia, because of moutains, lake, snow in the winter and even mountain goats. I learn as well that it’s a nice place for rock climbing as well, with a famous crag in a cave, where Adam Ondra (one of the best climber in the world) went last year to climb a super hard route. The next day, I go to that cave, and meet friends of Darko climbing here and inviting me to join them. We did climb some easy route, (compared to Ondra), even if climbing is never easy. So happy to climb again. Little nice balancy steps and move, pulling on a jug, then a crimp, my fingers are abble to keep it well. I feel good on the rock, do love my slabby moves. But then, in the overhang I couldn’t reach and keep that hold, had to abdicate, too hard for me, today. And had the please tu see Dim doing it, with the night arriving. Well done, dude. Climber friends, if you wanna climb in that amazing place, go to Ski Hut Resort at Mavrovo and ask for Dim. Next year, they are looking for some help to the developpement of sport climbing in Macedonia.

Then is time to continue my adventures on the road. Colors here are automne ones, orange, red, yellow trees and leaves in the ground. Temperatures are perfect for biking, warm during the day, but not enough that you cannot go forward, and fresh in the night, but as well not enough that you cannot sleep. Not a single drop of rain since I began to ride, a couple of weeks ago. Touching wood.

 

Macedoine, les mots sur mon avant-bras / Macedonia, words on my arm

Après avoir traversé la Croatie, le Monténégro, l’Albanie, je reprends mes bases de phrases utiles au voyageur à vélo, cette fois en macédonien.

« Bonjour / comment ça va / je voyage à vélo / je cherche de l’eau / de l’eau s’il vous plaît / merci / je vais en Grèce / je suis suisse / un café s’il vous plaît / est-ce que je peux camper ici / juste une nuit / je ne comprends pas, désolée « 

Mes petites phrases de survie pour commencer. La suite viendra après. Et comme je passe la plupart de mon temps à vélo, je les écris sur mon avant bras pour les réviser en pédalant. Ou les sortir au bon moment. Nouveau tatouage éphémère, disgracieux mais fort utile.

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After being travelling in Croatia, Montenegro, Albania, I began again to learn basic useful sentence in a new language: Macedonian

« Hello / how are you  / I travel with bike / I am looking for water / can I have water please / thanks / I’m going to Greece / I am swiss / one coffee please / can I camp here? / Only one night / I don’t understand, I’m sorry « 

And as I spend most of my time on the bike, I wrote those sentences and words on my arm, to learn them biking, and to use them when I need it – and forgot it. New ephemeral tattoo, not really nice, but so usefull

S’il doit y avoir des hommes, alors qu’ils volent, et loin / If it must have some men, please men flying, and flying far away

(english below)

Quoi qu’on en dise, il y a certains pays où la culture fait qu’une femme n’a pas vraiment sa place seule dehors dans les rues. Encore moins à voyager seule. Dans les villes, habituées au touristes, ça va. Le regard n’est pas pesant.  Dans certains villages cependant, c’est différent, et sur les terrasses des café je n’y vois que des hommes. On me dévisage. Quand parfois je m’y arrête, les regards peuvent exprimer l’incompréhension, une gentille incompréhension parfois, un « mais qu’est ce que tu fous là », d’autres fois, j’y lis de mauvaises choses. Ce ne sont pas les hommes qui sont mauvais, mais la souffrance, la colère, ou l’envie en eux. Il y a ceux au contraire qui justement vont vouloir m’aider, me protéger. Quitte ou double. Mais quand même, parfois j’ai eu envie de filer sans trop tarder. Rien de méchant, au final, aucune vraie mauvaise rencontre ou mauvaise expérience, mais une lourdeur, une impression.

Une seule rencontre qui m’a effrayée. Mais au final pas blessée, juste effrayée. En partant vers les montagnes albanaises, une voiture s’arrête et me met en garde, je me dirige vers un endroit où les gens, selon lui, sont dangereux. Il me propose un lift jusqu’au Kosovo pour tracer ensuite en Macédoine, ou je serai plus en sécurité. J’accepte l’aide. Mais en voiture avec lui, la discussion tourne de manière désagréable, et c’est soudain avec lui que je ne me sens pas en sécurité, quoi qu’il en dise. Rester calme. Utiliser tous mes outils communicationnels. Penser rationnellement. Ne pas montrer la peur. Ne pas avoir peur, en fait. Mais tout se passe bien, finalement, aucun soucis, plus de peur que de mal, aucun mal en vrai, il me dépose tranquillement la où il avait promis, et je m’enfuis avec ma capucine. Bonne ou mauvaise rencontre, en vrai on sait jamais, il m’aura fait peur un peu, oui, mais peut être m’aura évité d’autres dangers, qui sait. Le camping visé pour la nuit n’existe pas, alors je me cale derrière une cabane d’un café fermé pour dormir roulée en boule derrière ma bicicletta, ma capucine, sous ma bâche, au chaud dans mon sac de couchage. Étonnement, je passe une très bonne nuit. Le lendemain je pédale toutes mes peurs et mes colères. Sur une centaine de kilomètres et 1600m de montée. Et oui, ça fait détaler, les inquiétudes et la solitude. Une pensée lancée au vent le matin « Que les hommes restent loin de ma route. Et s’il doit y avoir des hommes, qu’ils volent, et loin. » Loin. La pensée m’accompagne, mieux, elle se matérialise. Les hommes rencontrés ce jour-là sont distants et gentils, un serveur de café m’offre de l’eau, un marchand, des pommes. Pas d’attentes de leur part. Douceur. Parfait pour réparer une confiance abîmée. Ne pas craindre les 98% de bonnes rencontres pour 2% de mauvaises. Le soir, après avoir traversé la frontière macédonienne, sous l’oeil désaprobateur du douanier « Du reist allein? Mit Fahrrad? Mmmh », je ne me sens pas de dormir dehors, cherche une auberge sur ma carte. J’y suis sur la carte, et à nouveau, elle n’existe pas, l’auberge. Je questionne un vieux monsieur que je vois dans la rue, plus loin. Sa démarche est rassurante, tranquille. C’est fou ce qu’une démarche peu donner comme informations. Il ne parle pas allemand, ni englais, je ne parle pas macedoinien. Hotel, camping, il comprend. Je lui mime dormir, et tente, montre mes saccoches. Il me montre sa maison son jardin, je le suis. Il me confir à sa femme qui m’accueille et me prends sous son aile,  on va chez la voisine, et je me retrouve entourée de 12 femmes macédoniennes pour la fête d’un nouveau-né. Elles appellent une de leurs amies qui parle englais et traduit au téléphone, afin de leur conter d’où je viens, qui je suis, où je vais. Me rassurer aussi, elle me dit que je suis chez de bonnes personnes, elle les connait. Je les remercie. Elles sont au petit soin avec moi ces femmes-là. Quand je commence à piquer du nez, on m’installe une chambre, des draps propre, un pyjama, me propose une douche. Je remercie, pleine d’émotion, l’hospitalité. Lendemain matin, on déjeune en silence, langage des signes entre mes hôtes et moi, quelques gestes, puis je m’en vais. Ils me souhaitent bonne route, bon vent. On prend une photo d’adieu.

Plus loin, le même jours, terrasse d’un café, un homme vient discuter avec moi, en allemand – mon allemand aura été fort utile tout le long des Balkans. il me dit que ça doit être facile pour moi, que je suis jolie, je peux tout avoir, même un homme. Dans ma tête je pense que les hommes, encore, on y revient, mais qu’en ce moment, je m’en garderait bien justement. Je lui dit que oui, en effet, parfois ça aide, mais que d’autre fois, être jolie, être une femme, justement, c’est un fardeau aussi. Car ce qui est beau attise l’envie.

Menfin, voilà. Je travaille mon sixième sens. Alternativement remercier en souriant mais filer et décliner les invitations; d’autres fois faire confiance, et se laisser protéger. Et remercier. Inchallah

« S’il doit y avoir des hommes, alors qu’ils volent, et loin » citation d’Alessandro Baricco, Océan Mer


 

If it must have some men, please men flying, and flying far away

I would prefere not to have to say it, but I did feel it.

In some countries, culture make that woman doesn’t have their place outside alone in the streets.

I  do remember a documentary about India, an old lawyer telling « If you have a beautiful flower, and throw it in the streets, the street dogs will eat it. So if you have a woman, don’t let her go alone in the street ». That’s not so bad here in Balkans, but still sometime I’ve felt that travelling alone, as a woman, I was not where people around thaught I should be. In touristic places and cities, it’s ok. In villages sometimes, how people started at me make me want just keep going. Mostly, I think, lack of understanding, lack of sens in what they were seeing. A woman travelling alone. On a bike. Why? I do try to remember that men – as are women – are not bad. What is bad is suffering, anger or envy I side of them, expressing through them. And some of those persons just want to help me, to pretect me. Double or quits. Anyway, often I did want to fly away. Nothing bad at the end, no dangerous times really, but some discomforts, some fears. One meeting especially made me afraid. Nothing wrong or physically hurting but I was fucking afraid. Going to the Albanian mountains, a car stop and the man told me not to go in the direction I was going to. He told me that this part was a part I shouldn’t go, nature is beautiful but people could be dangerous for a woman alone. He suggest to bring me with his car to Kosovo and from here I could go to the Macedonian border and be on my road again, in a safer place. I followed him. But after a bit, talking with that man, it was with him that I felt in danger. Whatever he could say about all his desire to help and protect. Desire. Men. I was afraid but did all my best not to show it, not to be. Used all my skills of communication, thinking rationally, bringing the situation to something totally normal and not dangerous. And it was. He juste left me where I asked him, and I ran away with my Capucine. Good or bad meeting, how to know? Maybe he avoided me worst.

Then the camping I saw on my map didnt exist, I juste made a bivouac behind a close coffee place, behind my bike, warm in my sleeping bag. Slept really well indeed. But still the next day I had some fears and anger to kill, I took them away through effort and biking, did some 100km and 1600m heigh difference. Never biked so much in a day. In the morning, I throw a thought in the wind  » If it must have some men, please men flying, and flying far away. » Far away. My thought went with me, even better, materialized. Men I met that day were gentel, distant. A waiter offered me some water, a grocer 3 apples. Perfect to repair the trust. Remember not to be afraid of 98% of good people because of 2% of bad ones. I’m the evening, I crossed the Macedonian border an didn’t want to sleep outside again. Looked on my map for a guesthouse, arrived at the street, and again, no guesthouse. I saw an old man, from behind he looked like walking quietly, made me feeling good about him, went to him and asked. He did not speak English or German and I did not speak Macedonian, but he did understand « hotel » and « camping ». I showed him my bag, made the shape of a tent with my hands, hand he showed me his house. I followed him and he give me to the guard of his woman who bring me to the neighboor. I was suddenly surrended by 12 Macedonian woman, and a new born, for his party. They called on phone a friend of her talking English to translate, to tell them who I am, where I am from and where I go. That woman told me to be quiet, those persons are good person, she knows them. I asked her to tell them thank you for their hospitality. When I began to be tired, my guest prepared me a room, a bed, offered me to take a shower and a clean new towel. I was so grateful, I was so grateful. The next morning I took a breakfast with my guest, talking with hands gesture. I told thank you, we took a picture, and I went, again on my road.

Later, same day, I stopped for a coffee. A man come and talk with me in German. He is surprised that I travel alone (yep again) and tells me that I am pretty, so it should be easy for me. You are pretty so you can have everything you want, even a man. In my head I think that men, again, back to that point, on that moment I juste want to stay away from men. But I told him yes, true, sometimes it help; but some other time, being a woman and being pretty is the danger. Because what is pretty calls to desire.

Anyway. Working on my sixth sense. Alternatively say thanks, smile, and fly away; other trusting and let being protected. Inchallla

« If it must have some men, please men flying, and flying far away » Alessandro Baricco, Ocean Mer

 

Albania, Mi Casa Es Tu Casa, Shköder

 

(en francais plus bas)

Just arrived in Albania, with a lot of noise, actually. I cross the border at the same time as a bus full of Montenegrian football fans. They saw me, offered me a scarf with the colors of their team that I had to show for a picture and then they began to sing and jump in their bus, and the bus itself was jumping, it was at the same time fun and scary, all that energy.

I discover Albanian roads, not as nice as montenegrian ones, flat landscapes, worn buildings, rubbish on the roadside, everywhere, abandoned gas station. But the road is wide and flat and offer me a large bicycle path on the side, highly appreciated. I saw horses carrying a car, picture of an old time in my country, an old time where horses still had jobs. Loved it. Through  a window, the hand of a girl says me hello – or maybe she’s just playing with the wind? Two cards felt from that window just after – or where thrown? Anyway, those were an eight of heart and a nine of clover. I did imagine signs and presage of those two. Good ones of course. Thaught are wandering, whirling from nothing when they have nothing else to do. Going through villages brought me good presage as well: groceries, market, it will be easy to find food around here. I juste need to learn some Albanian words and sentences.

What I did the two days I spent at the guesthouse « Mi Casa es Tu Casa » in Shkodër. Nice little town by the way, paved nice streets, old time building, temple, church and mosque together, close to each other, in peace. I stopped two days here, where I did enjoy the place such as the compagny of the good people I met.

This home, this guesthouse where the characters of the stories do live, do cross, do interfere. Yes, they are here, the character of the stories, real, living. Val for exemple, on the road since 4 years, hichhiking mostly,  back home here and there when he need, to work then travel with 200euro a month, and from his music, I think. So much flegm and so much joy in this character, those persons who bring back to the life his adventure. We chat on the morning in the kitchen with a coffee, after first a time each just mumbling, waking up. Morning, my favourite time and light. He stopped here, Val, as a volunteer. The casa is functionning as a community, working with volunteer love, try to share nice projects and values, eco friendly, trying not to waste, but instead to spread some light. Val is traveling with the sweet and quiet Miri. Beautiful in the morning light, playing with the black cat. Then Ahi, just came back from 5 days trek in the forest. His sparling eyes, I saw those eyes sometime – mostly – full of love for life, for peace, and then here and there I guessed in those eyes some darkness from somewhere. Talking with him, nationalities, passport, it’s unfair, sometimes, I say, to what he will answer « But so is life; life is unfair », with that time in his eyes,  love and darkness at the same time. At the same time. Agata, beautiful golden curly hair, a dreamer, we talk about love, about men, about life and travels. Is there any sens to all of that? Woman sweetness, she’s here as well to volunteer. The Australian one at the desk, with the same accent as my friend Dahriel and Georgia, such a nice square shirt, probably from the second hand market at the corner. Oh, and Alma, elegant Alma, managing the place, the mum of all in a way. Soul of the place. Cooking incredible breakfast, sweet and salty, healthy, albanian specialities. I didn’t ate so well since a while. Maybe why I stayed so long. So long, two days, it’s relative. It still felt an eternity to my traveling soul. At the breakfast time, the baby cat yelling for attention, yelling for milk, so cute little tiger. The other big cat that we chase out of the table, get some hug at the same time. The German couple with their cute tiny little Mathilde, 14 monthes but already on the roads, with her little backpack and plush. Jipi, new in the team, his french Canadian accent that make me laugh every two sentences. Soon should be well known for his good mood and enthiusiasm. He want to see all the countries, Jipi, or at least a lot, the ones who looks good to him. In the evening, in the lounge/terrasse/bar, I learn Albanian half in english half in German with Mondi at the bar. Some physiotherapist joke with his friend Nidi. Later, it’s already quiet. Mondi telling to people on the couchs: « Hey, it’s so quiet here, why are you all on your phones? People, please talk to each other. German people first. » With a malicious smile. And it works! We began to talk again to each other, German people first.

Those details and stories make that a place can make you feel at home. Mi Casa es Tu Casa. Well done.  « Chame ba ». « Faleminderit », it sounds to me a bit like Minas Tirit, don’t you find it? Albanian language sounds to my hears like swiss german elfic, to my ears or to my imaginary

www.micasaestucasa.it


 

Mi casa es tu casa

Arrivée en Albanie, en grande pompe, acclamée à la frontière du Monténégro par un bus de supporters de foot monténégriens qui m’ont offert une écharpe à leurs couleurs, que j’ai du brandir pour la photo. Puis ils se sont mis à chanter et sauter dans le bus et ça faisait sauter le bus entier, amusant mais aussi légèrement inquiétant tout ce débordement d’énergie. L’écharpe, je l’apprendrai plus tard, me sera fort utile.

Je découvre la route en Albanie, qui n’est pas aussi jolie qu’au Monténégro, paysages plats, bâtiments délabrés, déchets en bord de route, stations services désaffectées. Mais la route est large, la belle marge sur le côté m’offre une piste cyclable fort appréciée. Je dépasse une charrette menée par un petit cheval, image d’un temps passé chez nous, un temps où les chevaux avaient encore du boulot. Puis sur la route, par la fenêtre je vois une enfant qui me fait un signe de la main, à moins qu’elle ne joue juste avec le vent? quelque chose qui tombe de la fenêtre, ou qu’elle me jette peut-être. Des cartes, deux cartes. Un huit de coeur. Un neuf de trèfle. J’y lis signes et présages, des bons évidemment. L’esprit vagabonde, virevolte de ces deux petites cartes. Je traverse ensuite des villages et là aussi, de bons présages: des épiceries, du monde dans la rue, les magasins dont les étals débordent sur le trottoir,  marché aux puces, une girafe en peluche qui me scrute du coin de l’œil, marché aux légumes, verts, jaunes, rouges les légumes. Tout ça s’annonce bon pour la suite où j’avais envie de m’enfoncer dans les terres; je pressens que dans les villages je saurai me nourrir facilement. Reste à apprendre quelques mots d’albanais.Ce sera chose faite sur mes deux jours de pause à l’auberge « Mi Casa es Tu Casa » à Shkodër. Superbe petite ville soit-dit en passant, rue pavées, église, mosquée, temple côte à côte. Je m’y serai arrêtée deux jours, à la casa, coup de coeur que cette auberge où les histoires de voyageurs se croisent.

Ils sont là, les personnages des histoires, et ils sont bien vivants. Il y a Val, sur les routes depuis 4 ans, en stop principalement, qui rentre au pays ici et là travailler comme coursier à vélo puis tourne avec 200 euro par mois, et de la musique, je crois. Tant de flegme et tant de joie dans ce personnage-là, le genre de personne qui rend à la vie son aventure. On papote le matin à la cuisine autour d’un café, mon heure et ma lumière préférée. Il s’est arrêté ici comme volontaire, la maison tourne avec un système communautaire. La maison est eco friendly aussi, propose de partager et échanger de belles valeurs. Val voyage en ce moment avec la douce Miri. Elle est belle et tranquille dans la lumière du matin, avec le chat. Ahi, des yeux remplis tantôt de paix et d’amour tantôt d’ombres et de profondeurs d’on ne sait où, il revient  de 5 jours de trek, sorti de la forêt. On discute, les passeport, les nationalités, je me dit que parfois, c’est injuste, à quoi il me répondra « But so is life, you know, life is unfair », avec cette fois dans les mêmes yeux en même temps amour et tristesse. En même temps. Agata, ses boucles dorées, rêveuse, on parle d’amour, de garçons, de la vie, des voyages. Y a-t’il un sens à tout ça? La douceur féminine, elle aussi elle reste là quelques semaines, volontaire à Mi Casa es Tu Casa. L’Australien à l’accueil, accent « aussie » qui me rappelle mes amis, chemise à carreaux vintage à souhait, probablement du fameux marché seconde main dans la rue d’à côté. Oh, et Alma, élégante Alma, qui gère l’auberge, la maman de tout le monde un peu. L’âme du lieu. Elle cuisine des déjeuners incroyables, toasts, café, sucré, salé, longtemps que je n’ai pas aussi bien mangé! Pas étonnant que j’aie aimé y rester si longtemps, dans cette cuisine et cette maison-là. Si longtemps, c’est relatif, 2 jours et 2 nuits, une éternité à mon âme voyageuse. Le chaton qui fait des siennes, le chat à chasser de la table, le couple d’allemand et leur toute petite Mathilde, choupinette de 14 mois, déjà sur les routes la cocotte, avec son petit sac à dos et son doudou. Jipi, nouvelle recrue de l’équipe, accent québécois, fait que je me retiens de rire à chaque deux phrases, tu vois-tu. La bonne humeur lui aussi, il veut voir tous les pays, lui, où plein en tout cas, ceux qui ont l’air bien. Et le soir, dans l’espace commun, salon, terrasse, bar, tout en même temps, j’apprends  l’albanais à moitié en allemand à moitié en anglais avec Mondi le serveur et son ami Nidi, étudiant physio. Plus tard, un moment de calme, Mondi qui lance aux gens installés sur les canapés :  » Hey, it’s so quiet here, why are you all on your phones? People, please talk to each other. German people first. » avec un petit sourire malicieux. Et ça a marché, on a lâché nos téléphones et repris les discussions.

Ce genre de détail et de personnages qui font qu’on se sent à la maison. Chame ba. Faleminderit, ça sonne un peu comme Minas Tirit, vous ne trouvez pas? L’albanais serait à mes oreilles une sorte d’elfique suisse-allemand. A mes oreilles, et mon imaginaire, bien sûr.

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Le silence dans ma tête – a quiet place in my head

Aujourd’hui je roule sans musique dans mes oreilles
Je parle toute seule à voix haute
Cause à Capucine aussi
Excellent signe de santé mentale du voyageur à vélo
De la mienne en tout cas
Ça s’est calmé là-haut

Today I bike without music in my ears
I speak out loud, alone
Talk to Capucine, thaught
Excellent sign of good mental health of a traveler on a bike
Of mine at least
It did calm down, up there

The subtle art of don’t giving a fuck – l’art subtil de n’en avoir rien à foutre


Assises à une terrasse de restaurant
Deux femmes voyageant seules
A la même table, partageant un instant
Sans un seul mot
Elle plongée dans son bouquin
Moi dans mes cahiers
Tranquilles présences sans un mot échangé
Simplicité du partage des instants
Dans la lumière et le silence du moment
Puis soudain une envie
Je me lance
Tente une petite phrase d’accroche
Pas de réponse
Elle garde le silence la tranquille
Ma voix discrète, ne l’a-elle pas entendue ?
Où sciemment m’ignorerait-elle, la belle italienne?
Belle insolente moderne
Derrière son bouquin
ça m’intrigue et à l’envers je lis le titre
« The subtle art of don’t giving a fuck »
L’art subtil de n’en avoir rien à foutre
Quand on aura tout dit.

Sitting on a restaurant’s terrace
Two women obviously traveling on their own
Sharing the same table for a time
Staying still, without a word
One lost into her reading
The other lost into her writing
Peaceful presences, not any word was said
Simplicity of sharing the light and silence of that now
And suddenly I tried
A little sentence
A little question to her
no response
She keeps the silence, the quiet one
My soft shy voice, didn’t she hear it?
Or on purpose ignored me, the beautiful Italian lady?
Pretty modern insolent
Behind her book
To which I do have a look
 » The Subtle Art of Don’t Giving a Fuck »
Well, everything is said

Ils font de bien jolies routes au Monténégro – they know how to do nice roads in Montenegro

Ravie de mon passage au Monténégro. Le renard l’avait prédit, c’est très beau, le Monténégro. J’ai roulé un jour entier le long de la mer, sur ces belles marinas piétonnes assez large pour que j’y roule sans être un danger pour mes compatriotes bipèdes, puis attaqué un col, 1500 m de montée, comme au Simplon, de bien jolis lacets, ce col, ça monte tout doux, au coucher du soleil doré, fini de nuit à camper là-haut, seule au monde, épuisée et bienheureuse.

Delighted of my days in Montenegro. The fox did predicted it. It’s beautiful, Montenegro. I biked one day long close to the sea, on those nice pedestrian marina, big enough that I don’t bother my bipedal friends.  A Pass, 1500m high, like Simplon, sweet turn to make the slope bearable, at the sunset and even by night with my front torch, and finally camping up there, alone, spent, and happy.

 

Le danger n’est pas là où vous l’attendiez – Danger was not where you were waiting for it

Non, le danger n’était pas là où vous l’attendiez. Ayant pris l’habitude de laisser ma nourriture hors de ma tente, par peur d’attirer les ours, eh bien, figurez-vous que cette nuit dans le jardin d’une famille du Monténégro qui m’a hébergée, les seuls pour l’instant qui auront déchiré mon sac et attaqué mes cacahuètes – le jambon cru étant trop bien emballé sous vide, dieu soit béni – sont de tout petits tigres en puissance. Chatons joueurs et non moins dangereux. Le danger, souvent, n’est pas là où on l’attend. N.b: ceci vaut-il également pour de nombreuses peurs? la solitude, la route, les hommes, les ours ou autres variétés de figuiers.. Serais-je en train de développer une douce obsession d’ailleurs pour les-dits figuiers? Ils sont si charmants, les figuiers.

No, actually, the danger wasn’t where you were waiting for it. You probably know I did took the habit of letting my food out of my tent, in case of bear, for exemple, but, Can you figure it out that this night, in a montenegrian family who guested me, this night the ones who teared my bag and attacked my peanuts – hopefully the ham was in a good closed container – those ones were tiny little tigers. Baby cats, as playful as dangerous. Often, danger is not where we do expect it. P s: does it work as well for other fears? Loneliness, the road, men, bears and other varitey of fig trees? Am I slowly developling an obsession for the now well knowns fig trees? Fig trees are charming, by the way.

Capucine et moi posant fièrement devant la mer – Capucine and I posing proudly in front of the sea


Échanges écrits avec un ami, assise sur le bord d’une fenêtre à Dubrovnik, surplombant la ville et la vue. J’aime ces endroits suspendus. Le vide, avant, m’inquiétait. Aujourd’hui ami bienvenu, support à la pensée qui vagabonde.

– « Je pense que de toute souffrance on peut faire une plus grande source de paix, voire de sa vie. »
– « Sage parole. J’y penserai demain en galérant en montée avec des bus et des camions qui me frôlent ! Elle est belle la liberté ! En cage, on veut être libre, puis soudain libre on appelle à nouveau la cage. Ça rassure la cage. Parfois elle est belle, dorée. « 
– « C’est fou la vie combien de potentiel elle a. »
– « Oh oui. Allez. Le soleil s’est couché. Je vais me doucher, puis écrire ma journée. Demain, je me barre de Dubrovnik. « 

Lendemain, sortie de ville, habituelle rengaine, trafic oppressant, tourisme qui gâche et bords de route peu charmants. Je serre les dents, hais les grand bus oranges et sifflants qui me frôlent sans même ralentir. Les camions quant à eux sont plus sympa, font plus attention. Je les prends presque en affection, à force. Puis je repère sur ma carte une route parallèle, dans les villages. Bonheur, bonheur de pédaler seule ou presque dans des paysages dignes de carte postale. Ça monte et ça descend, un vrai toboggan, mon effort se veut fractionné, je sais faire, et c’est bon. Je passe la frontière, bonjour Monténégro. Et là, belle surprise, mes premiers kilomètres à pédaler en bord de mer, vraiment en bord de mer. Elle est juste à coté de moi, la mer, je l’entends, je la vois. J’ai soudain envie de l’immortaliser, cette image-là,  Capucine et moi à la mer. Je prépare mon matériel photo, retardateur, 10 secondes, cours, prends la pose. Fières comme les expéditeurs posant en haut de la montagne. A peine plus loin, spectacle majestueux. Lever de lune, bientôt pleine la belle, ronde et blanche, elle apparaît au dessus d’une montagne, et elle, la montagne, elle sort d’un nuage, et lui, le nuage, il est au dessus de la mer. Lueurs bleutés, douces, rosées. On en écrirait des poèmes, on en peindrait des tableaux, de ceux-là; j’en reste sans voix. Quelques kilomètres encore et je me dépose dans un camping tapissé de verdure, tenu par un monsieur sans âge qui parle un allemand parfait. Ok, je l’aime, ma liberté.

Writing to a friend, sitting on the edge of a window in Dubrovnik, above the city. I do like those suspended point of view. The heights, before, used to made me a bit worried, unconfortable; but now height is a welcome’s friend, support to the roaming thaughts.

–  » I think that from all suffering you can make it a bigger source of peace or even of your life. »
–  » Wise saying. I will think about it, tomorrow, biking uphill with trucks and buses so close to me! Beautiful freedom ! In a cage, you do look for it, freedom, but suddenly free, you look back to the cage. Reassuring cage, sometime beautiful and golden. »
–  » Crazy how much potentiel does have the life sometime. »
–  » It has. Ok, the sun went down, so will I. I’ll go for a shower, write my day, then go for sleep. Tomorrow let’s fly away from Dubrovnik. »

The next day, like all city peripheries, same song, a bad one, of too much traffic, tourisme that make ugly, road’s edges with no charm. Just keep going, hating big orange and whisterling buses that come so close to me, and don’t even slow down. Even trucks are more nice to me ! I kind of like them, compared to that buses. Anyway, it was just a couple of kilometers and later I did see on my map a parallel road, smaller, no traffic, going through villages. Happiness of biking alone in those landscapes. Going up and down, rollercoaster, effort, rest, effort, rest, effort, I know and even like that. Finally, sweet surprise, kilometers of biking close to the sea, nice and flat pedestrian marina where I can really bike with the sea, feel it, smell it. I suddenly want to immortalize it, that picture, Capucine and I at the sea. Prepare my photographic gear, 10 second, run, take the pose, proud as explorers at the top of their mountain. A bit further, magestuous view. Moon getting up, soon full, the lady, withe and round, going out of a mountain, and the mountain is above a cloud, and the cloud is above the sea. Blue, sweet and pink glowings. We could write poems or paint about those four. Some kilometer more and I do find a quiet place in a very green camping of a very old man speaking a perfect german. Ok, I do love my freedom.

Toutes les choses qui vivent

(English version coming soon. Maybe)

Extrait envoyé par Lucien, un matin, ou un soir, je ne sais plus alors, on dira le matin, car la lumière convient bien :

« Puis elle en plante en secret sur la lande. C’est ainsi qu’elle se passionne pour les fleurs et les buissons et que toute la lande devient son jardin. Toutes ses randonnées poussent autour d’elle.  » Je passerai par ici. Je passerai par là. Je penserai à ici. Je penserai à là. Je posséderai un peu de la beauté d’ici. Je posséderai aussi un peu de la beauté de là. » Toutes ces beautés seront vivantes. Toutes les choses belles vivent. Elle se disait aussi:  » Toutes les choses vivantes sont toujours des souvenirs. Nous sommes tous des souvenirs vivants de choses qui étaient belles. La vie est le souvenir le plus touchant du temps qui a produit ce monde. »

Voila qui est dit. Et joliment dit. Merci

 

De l’influence de mes lectures – About influences of my readings


De l’influence de mes lectures sur mon écriture. En ce moment, je lis du Bukowski et du Kerouak, et pour sûr, ça me donne envie de teinter ma plume d’un peu d’absurde et de folie. Car la folie donne de l’éclat, du rythme, une saveur. Une réalité, moche parfois, brute d’autres, mais bel et bien réelle. J’ai eu des phases de lecture plus Eckart Tolle, Di Mello, Sri Aurobindo, recherche de spiritualité, qui ont fini par m’ennuyer. Le terme même m’ennuie. Spiritualité. Trop pédant, trop d’attentes, d’envies. Qui suis-je pour viser cela? S’élever. Oui et non. Juste là, aujourd’hui, je vise un peu de sagesse. Philo, sagesse; le mot me parle plus. Terre à terre. Bon pour la route. Qui englobe la connerie et la folie aussi. Comment disserter sur la lumière sans connaître  l’ombre? Et vice versa, à priori. Même si j’en sais fichtre rien pour dire vrai. Mais j’ai rencontré des gens qui aiment à investiguer ces deux rôles, savent passer d’un monde à l’autre avec dextérité, y apprennent de chacun de ces univers. J’aime ces êtres complexes, qui tracent leur route à travers les paradoxes. Il y a là pour sûr quelque chose a faire.

About influences of what I read on what I write. Those days, reading novels of Bukowski and Kerouak – great writers – make me want in my writing to explore a bit of absurdity and madness. Because madness does give a special shine, a rythme, a taste of something. A reality, sometimes ugly or brutal, but so is life, so is the real. A couple of months ago I use to read a lot from Ecart Tolle, Di Mello, Sri Aurobindo. Talking about spirituality. This search of spirituality, I get tired of it. Even the word make me feel bored. Too much expectation, too much attachement in a way, attachement to non-attachement, weird, isn’t it? Who am I to look for that?  Right now, I just look for a bit of wisdom, here and there. Wisdom, I do prefere that word, more concrete, more close to the ground, to the basics. Good on the road. Covering maybe as well some stupidity and some madness, could be? How to dissert about light and spirituality if you don’t know about darkness ? The opposite works as well, I think, I swear. What I know is that I met some people that enjoy to investigate both of those universes, light and darkness, able to adapte to one as to the other, able to learn from both of it. That is a definition of wisdom for me,  being able to play and go into the paradoxes of complex reality of this world.

Vers Dubrovnik

Après une journée de repos, retour sur les routes, pleine de courage. Il y a peu, j’entrais dans le personnage, aujourd’hui, j’entre dans le voyage. Une focaccia, un cafe, et roule. Quelques kilomètres, une sieste, d’autres kilomètres, une autre sieste, des paysages côtiers, la mer en contrebas, bleue intense, je la vois s’agiter sous les vents légers, la montagne en contre-haut, elle veille, paisible. Le camions sur les côtés, suffit de les ignorer. Enfin pas trop, de quoi s’en protéger. Puis un bateau vers une presqu’île. Capucine et moi prenons la mer. Très bon choix car les camions eux, ne la prennent pas. Tranquilité sur cette petite contrée de vignes et de colline. L’odeur me ramène a mon village d’enfance. Puissantes les odeurs pour vous amener ici et là. Des vignes mais aussi beaucoup de figuiers et d’oliviers. Des mandarines jaunes et oranges. Passer une nuit à l’abris d’un olivier, dans un champ éloigné des routes et des sentiers. Se réveiller sur un spectacle éclairé de lune, arbres grisés de ses douceurs, noirs et blancs des films d’antan. Ici et là, des bâtisses abandonnées, restaurant vide naufragé au sommet d’une colline. Aussi vide que belle est la vue, de la haut. Un figuier a l’intérieur. Ils sont curieux, les figuiers.

After a good rest day, I’m back on the roads, new energy, new strengths. A couple of day before, I entered in the character, today, I enter in the travel itself. A focaccia, a coffee, I’m ready to go. A couple of kilometers, a nap, another couple of kilometers, another naps, coast landscapes, the sea down there, blue, intense blue, waving with the wind, the mountain, up there, peacefull, she watches over. Trucks on my side, just need to ignore them. Not too much, just enough to keep it safe. Then a boat that bring us, Capucine and I, on an island, kind of an island that will join the coast later. Good choice, because the trucks doesn’t take that road. Land of hills and wineyards. The smell bring me back to my childhood’s village. Strong smell that bring us here and there. Vineyard but olive and fig tree as well, mandarines, yellow and orange. I slept under an olive tree, protected, and woke up on a spectacle of the moonlight giving to the trees grays, black and withe lights of old movies. Just magic. Kind of epic. Here and there, abandoned buildings, like this old wreck on a hilltop. As empty as the view is beautiful. A fig tree inside. Fig trees are curious, I suppose.

Bons baisers de Makarska

Quatrième jour de vélo, je redescends sur la côte. J’aimerais voir la mer. Les abords de Split, comme toute sortie à vélo de grande ville, jungle urbaine, ça dégueule de béton et de trafic. Hostile au voyageur vélo. Je me demande si je ne préférais pas les ours, serpents, mines et autres solitude des terres sauvages. Peu importe, je suis là et j’avance. Les jambes et le coeur fatigués, je pédale, un peu de musique dans une oreille, l’autre restant aux aguets. Elle adoucit les mœurs, la musique, redonne du baume au coeur. Après quelques kilomètres viennent des points de vue qui savent la mettre en valeur, la riviera croate. Petites routes alternatives, oliveraies, pins, entre roche et mer, des chatons au bord de la route, route de terre que capucine gère comme une cheffe. On se débrouille elle et moi, dérapages contrôlés et tout. Je trouve refuge à Makarska, jolie petite ville de bord de mer, je me prends une journée entière pour ne pas pédaler, me reposer, et nager. La mer, fraîche, nettoie la fatigue, salée, me pique les yeux quand je nage. Elle flotte bien aussi. Sinon, on dirait le lac. Le coucher de soleil est le même. Magnifique, doré, incandescent.

Fourth day on my bike, I went down to the coast. I wanted to see the sea. Close to Split, like every big cities, not nice to bike, lots of traffic, just feel uncomfortable. At at point I did ask myself if I do prefere bears, snake and mines on the wild Croatian landscapes. Anyway, I was here, going forward. Legs and heart tired, biking, some music in one ear, the second one listening to the road. One say that music make it softly (bad translation of a French saying, does it work on English?), It worked pretty well on me that morning. After a couple of miles, some landscape made the Croatian riveria worth it. Alternative little roads, olive trees, pines, rock and see, ok, it’s not so bad. It’s even really nice. Some little road without asphalt, my bike Capucine struggled a bit but make it work, we made it work, Capucine and I. I found a clean bed and warm shower – the first since 6 days – in a hostel in Makarska. Took a whole day to not bike, write and rest. Had a swim in the sea, that make me think about my Swiss lake, pretty much the same colour, warmth, but salty. Cleans up the tiredness. Ready for the next adventures

Into the wild

Il est grand, le monde. Parfois peuplé, rapide, agité. Parfois vaste, vide, sauvage. J’ai vu les deux. Second choix pour mes trois premiers jour à vélo dans les terres croates. Villages de bergers, vestiges du passé, des maisons abandonnées, demeures des figuiers, châteaux verts, blanches les pierres. Puis des territoires arides, roche, buissons, on voit à perte de vue. Si peu de villages. Je vérifie avoir suffisamment d’eau et de nourriture avant de me lancer dans ces espaces-là. Il paraît qu’il y a des ours. Il paraît également qu’ils ne s’attaquent pas à l’homme, ni à la femme, soit-dit en passant. En cas de rencontre, ne pas paniquer, ne pas bouger, lui parler. Laisser les vivres hors de la tente. Je croise un couple de voyageurs, en van, des Bernois, passionnés de serpents. Le monsieur vient d’en attraper un, venimeux. Il est gris et a une petite corne sur la tête. Le serpent, pas le monsieur. Note à moi même: bien fermer la moustiquaire, ne pas laisser traîner ni sacs ni chaussures. Rien d’autre?! Ah si, la dame me dit qu’elle a peur des mines, vestiges de la guerre. Je n’y avais même pas pensé. Ne pas s’éloigner trop des routes, n.b. Je découvrirai plus tard des zones entières sinistrées pour cette raison-là. Stupide guerre. Puis un matin sur mon chemin, un gros chien. Protecteur blanc. Douce et poilue compagnie sur une vingtaine de kilomètres. Le soleil qui revient. Une fois lancée sur la route, tout est plus simple, la pensée se calme, il suffit de s’accommoder de ce que l’on a, et d’avancer, d’avancer droit vers la lumière et vers d’autres terres. La route est belle, le temps se rallonge. Partie depuis à peine quelques jours et déjà je noirci des carnets de mes aventures, tant je vois, tant je vis.

The world is big. Sometime overcrowded, fast, agitated. Sometime huge, wild and free. I saw both. Second choice for me three firsts days biking in Croatia. Shepherd villages of ancient times, abandoned houses, mansion of fig trees, green castle and with stones. Deserted landscapes, rock, bush, that we can look far far away. So few villages. Checked my water and food before going to that wildness. I’ve heard about bears. But I’ve heard as well they don’t attack human. In case of meeting, just stay calm, talk to him gently, don’t run. Keep the food out of the tent by night. I met some travelers in that wildness, with a van, from Switzerland. A couple, passionated about snakes. The old man come with on in the hands, venimous one. Gray with a horn on the head. The snake, not the old man. Made a note to myself: think to close the tent correctly and not letting anything outside. Something else?! Yep, the woman told me she’s afraid of old mines, remains of the war. Not the the self, number two: do not go to far away from roads and pathes. I will discover later some fields totally closed because of risk of those old mines. Stupid sad war. A morning on my road, a big dog. Withe protector. Fluffy and sweet compagny on a twenty-ish kilometers. Even the sun is coming back. Once I’m on the road, everything is more simple, thaught calm down, I just have to do with what I have, to go forward, go forward in direction of the light, new worlds and lands. The road is beautiful, time is getting longer. I left my home since only 6 days and I already have plenty of adventure to write about. I do see so much, I do live so much. Traveling on a bike.

To do List

Il y a peu de temps, j’avais sur mon téléphone une liste de choses à faire. Longue, normale, la vie moderne, l’organisation. Il y a deux jours, à rouler dans les terres croates, je me suis amusée à l’ajourner :

To do:

– pédaler

– ne pas se faire manger par un ours

Ou comment revenir à l’essentiel. Éloge de la simplicité des voyages à vélo. Pédaler. Ne pas se faire manger par un ours. Il parait que de nombreuses peurs naissent de la fatigue et de la solitude. Face à une émotion, inviter son contraire. Inviter la joie, la rencontre, la lumière. Un gros chien protecteur et amical. Par exemple. Ça marche bien.

Not a long time ago, I had on my phone a « To do list ». Complete, long, normal in modern life and organisation. Two days again, biking in the croatian bush, I thought a out that list and updated it:

To do:

– to bike

– not to be eaten by a bear

How to come back to essential. Praise to the simplicity of travelling on a bike. To bike. Not to be eaten by a bear. I’ve heard that a lot of fears are born from fatigue and loneliness. Facing to an emotion, invite it’s opposite. Invite joy, meeting, light. A big friendly and protective dog, for exemple. It does work, pretty well.