Rien à raconter. Tout à vivre

Je pensais avoir encore tant de chose à raconter de mon voyage, des observations, des anecdotes, des faits. A la manière d’un reporter, je pensais vouloir raconter les aventures vécues, le nombre de kilomètres parcourus, décrire les paysages rencontrés, les personnages de cette histoire. J’aurais bien encore tout un été de vagabondages à raconter. Tant de couchers de soleil, de routes pédalées, de festivals avec un air de Woodstock à danser les pieds nus, les granos, la musique, ces choses merveilleuses que j’ai faites. Je pourrais. Et pourtant, je ne l’ai pas fait. Et aujourd’hui, aujourd’hui c’est l’automne. Il suffit. Ce temps-là est dépassé. Les feuilles ont tourné au jaune, à l’orange, je les ai vues, admirées.

Puis elles sont tombées. Les feuilles d’or. Elles sont tombées. Et moi avec elles.

Il est alors temps d’arrêter de me chercher des excuses . Je repousse encore et encore, je repousse ces mots que je pensais vouloir écrire mais qui ne sortent pas. Ils sont là quelque part mais ne s’écrivent pas. Alors peut-être simplement parce qu’ils ne doivent pas sortir. Que ces mots-là, en vrai, m’ennuient profondément. M’emmerdent carrément. Raconter les faits. Rien de plus ennuyant. Ce que j’ai fait. Où je suis allée. Le nombre de kilomètres parcourus et encore, encore un magnifique coucher de soleil. Rien de ne plus ennuyant. Oui j’ai fais cela, oui j’ai fais ceci, et alors? en ensuite. A quoi bon? on s’en fiche tellement de ce que tu fais. Royalement. On s’en fiche, je m’en fiche. Je n’ai rien à prouver, et donc rien à raconter. Ma vie n’est pas faite de cases à cocher pour courir juste après vers une autre case, tout aussi vide de sens. J’ai passé quelques mois à faire beaucoup de choses, oui c’était incroyable, à voyager à courir le monde, oui c’était magnifique, j’ai aimé, j’ai été aimée, et j’ai aimé le vivre ce voyage, mais aujourd’hui je ne veux pas le raconter. Peut-être un jour, mais aujourd’hui, non. Aujourd’hui je suis fatiguée. Fatiguée et triste, rentrée seule après tant d’aventures à deux.

Ce que tu cherches, trouve-le dans ce que tu as.

On me dit que tout, absolument tout, est déjà là. Et je l’ai retrouvée, recherchée, cette recherche de tout, et cette recherche en même temps de rien, et ça me semble vrai et ça me semble un peu profond. Et d’autres fois, juste absurde et plein de masques. Les rencontres, elles, les rencontres sont vraies, chacune résonnant comme un miroir et me révélant mes manières de fonctionner. Marre du faire, envie d’être. Être celle que je suis. Celle que je suis y compris les facettes de moi que je chercherais à éviter, ces zones d’ombres, de transition ou de malaise, pourquoi ne pas s’y abandonner, les expérimenter, les apprivoiser? Trouver la paix là où elle est, plutôt que courir après, se plonger en soi à travers différents arts, entrer en contact, ou au contraire fuir, imaginer, rêver. Oh et puis écrire, mais cette fois écrire pour ne pas oublier.

Ne pas oublier. Ne pas oublier de se questionner

Des images, des sensations, des ressentis qui font échos. La danse. Le sol, le parquet. Le mouvement, mon mouvement, celui des autres. Celui du monde; il tourne celui-là. Le sentez-vous tourner? Une voix: « Vous avez commencé à bouger. Bougez-vous ainsi par habitude? ou parce que c’est vraiment le mouvement dont vous avez besoin en ce moment? ». La même voix, plus tard: « Vous entendez une consigne. Observer comment vous réagissez. Est-ce le bon élève qui s’exprime, ou le rebelle? » Mécanismes sus et sous-jacents, jeux conscients ou inconscients. Du mouvement et des relations. Avec des gens. Car il y a de ces gens qui ne parlent pas pour ne rien dire. Qui sont juste là avec vous et dont le calme et la quiétude sont contagieux. De ces bonnes contagions. Voila ça qui a du sens pour moi, à écrire, en ce moment. Des esquisses de ressentis. Des esquisses de vie – la vraie vie. Se rapprocher de la vérité. Pas celle qu’on prétend, qu’on affiche. Celle qui est là. Vivante et grondante. Parfois elle est sombre aussi, chaotique. Mais si réelle.


« Beauty begin at the time you decide to be yourself »

(english text still on work, sorry for imperfections, still love you all english speaker )

I thauht I still had so much to tell about my travel from that summer, some observations, short stories, facts. As a reporter, I thaught I wanted to tell about adventures I lived, kilometers I travelled, landscapes I enjoyed, people I met. I still habe one summer of being a vagabond to tell about. I could. I didn’t, thaught. Today, today is already fall. It’s too late. That time is gone. Leaves turned to yellow and orange, I saw them, I enjoyed them.

Then the leaves felt. Golden leaves. They felt.

So now it’s time to stop looking for excuses and go deeper, go Inside of the question. If I wait and wait more, push away those words that I thaught I wanted to write but that don’t come out. Maybe the don’t need to be written. Maybe those words made me bored.

Maybe I just don’t give a fuck about those words. Talking about facts. Nothing more boring. What I did. Where I went. Nothing more boring. Yes I did that, yes I did this, and, so what? And what else after that? Maybe I just don’t care about, I have nothing to proove so nothing to explain and talk about. My life is not a wish list to check until the next wish, with no more meaning, no more deepness than all the previous ones. I spent some monthes doing lots of things, ans yes, it was amazing, travelling around the world, yes it was beautiful and rad, I loved it, I loved and was loved, and really enjoyed that travel and that life, but today, I just don’t need to talk about it.

What you are looking for, find it in what you have.

Because everything, absolutely everything, is already there. I found it back a little bit, that way of searching and looking for meaning, looking for everything and at the same time looking for absoluetly nothing, and it feels more real and it feels more deep. Meeting people is real, and every people I met those last times worked as many Mirror of me, teached me about parts of my personnality.Tired of doing, want more of being. To be who I am, and learn to love it. Who I am event the side of my personnality I find less enjoyable, those that I would try to avoid, maybe are exactly those I should experiment, tame and surrender to? Find peace where it is, better thant running after, go deep in the self through different arts, dance, contact, or at the opposite fly away, ask questions, search, dream. Some people I met and make me ask myself the good questions. In the movement, in dance as in my life, dialogus and questionning that bring back to me the searching of meaning and bring me back to writing. Writing in order not to forget. Here does writing make sensw for me now.

Don’t forget. Don’t forget questionning.

Those las times many pictures, sensations, feelings sounds like echos inside of me. Resonances. Redescovery of dancing. Ground, wooden floor. Movement, my movement, movement of peoples around me. Even the one of universe, world. At a beginning of a contact improvisation jam, a soft but deep voice, even a little bit hyptnotic, was questionning « Now, you began to move. Do you move like that because of habits? Or because do you really want and need to right now? » … « If you were on the market place, in the middle of the crow, would you move similarly, or not? » « Now you are on the market place. » « Ok, you are on the market place; observe how you move », « Now you are back here, or maybe not, maybe you are still there or maybe you are nowhere. » « Maybe you are lost. And it’s ok. ».. « You just hear a guidelinge. How do you react to it? Is it the good student that react, or the rebel? » That voice was planting seeds. Seeds that will grow. Seeds that are beautiful. Another voice, full of enthousiasme, fascinated by me and that fascinated me, through its enthousiasm and purity, softness, tenderness. Its listening. A listening not only through words but as well through an entire body listening to movement, sensation, present moment. Searching for balance, for perfection. Obssessions as well, so beautiful and funny obsessions and at the same time a quest for surrending to let it go, to acceptation. And above all, a will to do well. A will of beauty. Delight of Wonder, fascination, inspiration. Dialogues without end. A presence, a presence that make me want to be the best of me, and to love me, to love even the parts of me I would love to hidde. A sweet presence, light and strong, full, present even in its absence, like a full presence and an absence without emptiness. Absence without emptiness. New for me. No pullout. Other voices and other words. Back on rock. Overcome the pain. Overcome the fear. Find back those sensations and feelings of he height. And forget ego. Because mountain, mountain is bigger thant you. Ever. Go on vertical adventures that finish in way you didn’t mean they will, be trustfull in you guides, nowing how to improvise with what you have. Climbing. Life. Because at the end, one tell me it will ever have a good ending. Or it’s not finish. Assi es. And some quiet présences. Some peoples that dosen’t speak to say nothing. That are here and which presence just inspire you. Good inspiration by being, not doing or telling. Here is what make sens for me to write those times. Sketches of feelings. Sketches of being. Sketches of life – real life. Getting closer to truth. Not the truth we pretend, show or post. The one that is already there. Living and rumbling. Dark and chaotic sometimes. But so real.

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Vois-tu Alexandra … / Don’t you see Alexandra

Vois-tu Alexandra, disait-il dans une prose poétique qui m’inspire à reprendre ma plume, et à qui je répondis. Vois-tu Nicolas, vois-tu Nicolaos, j’ai à l’autre bout du monde cherché les paradoxes, les oxymores. Transitions, cimes puis abîmes, parfois brutales et d’autres si douces et naturelles. Autour de moi le chaos, le bruit, la saleté et la foule, puis soudain au détour d’une rue et parfois pas si loin, la pureté d’un temple, une bulle de calme et de sérénité. Et en moi, aussi, les paradoxes, entre recherche d’une discipline saine et belle tant pour mon corps que mon âme, puis lâcher prise total, abandon aux rives et dérives des plaisirs. Se laisser à ses vices, les explorer car les vices ne sont pas les vices, telle que la pureté n’est pas la pureté. Chaque tendance contient son contraire. Une goutte infime mais entière. Vivre et sentir aux quatre coins du monde ces explorations qui résonnent dans mes propres paradoxes. En moi. Suivre ces ressentis et me sentir vivante. Vivante, et libre. Sortir du jugement des autres et peut-être plus important encore, sortir de mon propre jugement. Celui-ci peut-être, plus grand et plus strict encore. Répéter les expériences, vivre, être libre. Être libre, vivre. Être libre. Vivre. Comme un mantra. Les ancrer en moi. Jusqu’à ce qu’elles soient moi. Qu’elles soient moi. Puis les oublier, les lâcher. Qu’elles soient moi et que je comprenne que la liberté et la vie ne sont pas hors de moi mais ne dépendent que de ma pensée et mon regard. J’ai la liberté que je m’autorise à avoir. À prendre. À aimer. La liberté, le voyage, on leur colle une étiquette de plage et d’aventures dans la jungle, alors que plus j’avance et plus j’apprends qu’ils peuvent se faire à l’intérieur de moi. De moi, de toi, de nous, de eux. Le grand éléphant de l’éveil dort juste devant ma porte. La justesse serait alors d’être simplement présent. Être. Être là avec soi pour être là avec les autres, le cœur grand ouvert. Le cœur grand ouvert puisqu’il a été tant brisé. Il est grand ouvert ce cœur, et il bat, il bat, il vit, il chante et il danse. Il danse de tout son cœur et de toute son âme. Il danse et me fait danser avec lui, à la recherche de nous. À la recherche de moi. Et la confiance moi je la trouve dans l’amour. Des bras qui m’enlacent. Un homme qui prendra l’espace d’un instant une route parallèle à la mienne, nos histoires qui se croisent, s’entrelacent, et peut-être bien que la joie, le chaos, la douceur et le désir s’emmêlent. Parfois une rencontre furtive mais non moins intense. L’amour, parfois sous la forme de la tendresse, de l’attention que je donne à ceux dont je prends soin. Puisque l’autre c’est moi. Échanger, d’égal à égal, entre deux êtres qui se valent, qui s’estiment. Deux êtres qui se reconnaissent, Qui se reconnaissent dans leurs propres libertés, Ou leurs propres chaos. Dans l’amour, la confiance, la quête de sens et d’essence n’a même plus lieu d’être, puisque sens et non-sens s’abandonnent l’un à l’autre et l’autre à l’un. Tant de possibles quand on est là où l’on doit être. Là où l’on est, puisque tout m’amène à être là. Exactement là.


Don’t you see Alexandra, did he said in a poetic prose that inspired me to be back to writing. Do you see Nicolas, did I anser, I went to the other side of the world, looking for paradoxes, for oxymorons. Transitions, summits to abyss, some were brutals, other were soft and naturals. Around me chaos, noise, dirty and crowdy, then suddenly at a corner – and sometimes just so close – purity of a temple, a bubulle of tranquillity and serenity. In my, as well, paradoxes, between a search for a healthy discipline, good for my body and soul, then total surrender and

( …. need to be achieved; but right now I just need to sleep – i ll be back later on that one )

Donne-moi le bon levier, je soulèverai le monde – Give me the good lever, I will lift up the world

Donne-moi le bon levier, et je soulèverai le monde. Ou je m’assommerai avec. Un jour, mon enthousiasme me perdra. En l’occurrence, ce jour-là, un peu trop d’enthousiasme, une lourde barre de fer comme levier, pas assez d’attention, une histoire qui commence en changeant les pneus du van et finit avec des steristrip sur le front. Un ami a relevé que peut-être le coup sur ma tête était pour me rappeler que pour soulever le monde, pas besoin de bras, mon esprit suffirait. Et si le monde me semble lourd, le plus beau levier que j’ai, c’est mon coeur. Un autre m’a envoyé le texte de l’image ci-dessous, de Sri Aurobindo, L’aventure de la conscience. Au sujet des leviers, et de notre propre dynamisme. Pertinent à souhait.


Give me the good lever, and I will lift up the world. Or kick myself with it. Actually, the other day, I did both of them.

A big and heavy iron bar, perfect lever to change the wheels of my van as a tiny little lady – thanks my brother for the idea. And me, with my enthousiasm, as usual, I was taming the tool, the tool was taming me, I was delighted about the easiness of using that lever and the streght it gaves me, was too much enthiusiast and not enough present to be fair, it even kind of ended up being enthousiast about my own enthousiasm. Too much. My enthousiasm was my loss. At the moment to change the last wheel, I was confident, singing out softly, thinking about that text I wrote earlier in the morning when the heavy iron bar just brought me back to reality, hard reality of present moment. I simply lost the control of the lever, and as I was pulling on it, pulling in direction of my head – such a poor idea – it just crashed on my forhead. Heavily. Kicked by my own enthousiasm. Such a Learning. Painful but interesting.

A friend tell me that maybe that kick on my head was there to remember me that if I want to lift up the world, no need of my arms, my spirit will be enough. And if the world seems to be heavy, the only lever I have is my heart. Thank Stefano. Another one send me the text on the picture, from Sri Aurobindo. Adventure of conscience: (…) « it’s to make us understand the lever of our own dynamism and make evolution go faster. No doubts, actual position of humanity dont need to take time to look at it. That lever is Agni, the strenght-conscience, and all evolution could be described as a travel of agni in 4 movements – involution, devolution, involution, evolution – from eternal Center and in Him. Actually, the 4 movements are Him. Everything is Him. He is the game, He is the player, He is out of the time, out of space, pure Being, pure consicousness, Big Withe Silence where everything is in involution state, with no shape at the moment. And Him is becoming: Strenght tear appart from conscience, She from Him, and the travelling of Agni begin. – sorry for poor translation of such a nice text, English speaker please just buy that book and read it all –