Été 2018, pour les 3 premiers jours de vélo entre Gien et Airvau, nous avons choisi, mon compagnon de route et moi, de rouler 3 jours en silence. De silence, ou plutôt, de parole minimale. Limiter les mots inutiles, réduire la communication au maximum, et si nécessaire, vraiment, avec discrétion, douceur, attention. Le silence, pour moi, était un ami bienvenu. Je l’ai découvert, apprivoisé lors de plusieurs retraites de yoga de 10 jours. La première fois, je me rappelle que mon professeur m’avait alors dit « Le silence, lorsqu’on ne le connait pas, on l’appréhende ; puis quand on le connait, on le recherche. ». Je retrouvais alors son processus, avec dans un premier temps la pensée qui s’accélère, s’emballe, repasse 10, 20, 100 x le flux des souvenirs récents, anciens, et se passe 10, 20, 100 x le film des potentiels avenirs possibles imaginés …. et petit à petit n’a rien de très nouveau à se mettre sous la dent, et finit tout simplement par se ralentir, se calmer, s’apaiser.
Lorsque la pensée s’apaise, l’esprit fait de même. Sans parole, en vivant et voyageant à deux, l’attention s’intensifie, avec tant de douceur. Je pense d’ailleurs que ce sont les trois jours où mon compagnon a le plus souvent pédalé à ma vitesse, alors qu’habituellement il était quelques mètres voir quelques centaines de mètres devant moi. Puis après le silence, noble parole également, et la joie de retrouver le timbre de sa propre voix, d’échanger des mots, les savourer, et même dialoguer si l’on veut, ou même, même reprendre le silence à d’autres moments.
Summer 2018, for our first 3 days travelling by bike between Gien and Airvault, France, we decided to drive during 3 days in Silence. Not absolute silence, but minimal speech. The only words we did use were so only necessary ones, for example to ask a merchant about the food we had to buy on the way, or between us to choose a spot to camp. Those exchanges were the simplest possible, discrete, almost half spoken, but with lot of intention and attention, and a smile. Are the words that I use really useful or not? For me silence was a welcome friend. I already experimented silence on some yoga retreats, on 10 days. I remember my teacher telling me « Silence, when you don’t know it, you fear it; once you experimented it, you will look for it.” I did find again that process where in the first time thoughts go faster, like a wild animal, look back 10, 20, 100 times on some memories you had, and then imagine 10, 20, 100 times the next situation you will live but that don’t even exist right now, but slowly and slowly don’t have nothing new to run on it and simply just calm down, go more gentle, and event sometimes just stop for a bit. When thoughts calm down, so does the mind. Without words, living two persons together, attention become more intense, but with lots of gentleness. I remember that during those 3 days my companion was more often biking at my speed than during all the rest of our trip, where he used to be a couple or a hundred of meters in front of me. Noble silence, for 3 days, was already enough for thoughts to calm down. Then, after that silence, come the noble speech and words again, the joy to find back the sound of your own voice, to talks, use words, exchange, have a dialogue, and even if wanted or needed, being back to the silence.
