Arriver au Brésil. Marcher dans les rues de Belem. Les odeurs. Tout d’abord, les odeurs qui me viennent. Frappantes. Nouvelles mais connues. Presque rassurantes. Un mélange de soleil , ou plutôt d’asphalte chauffé, de viandes qui grillent, de poussière et de déchets, plein de petites maisons pas vraiment finies, des trottoirs approximatifs, ça me rappelle Madagascar, l’Asie, l’Inde. Odeur des pays chauds et peu développés où la vie est dans la rue. Un parfum de liberté. Liberté pour les uns; cages pour les autres. De ces endroits la où beaucoup ont peu mais où la vie grouille.
Le lendemain, embarquée sur un bateau pour remonter l’amazone, je découvre une grande maison flottante remplie de hamacs, et les hamacs remplis de gens. Des gens qui rentrent chez eux, d’autres qui s’en vont, certains qui ne font que passer. Vieillards comme enfants passeront leurs nuits et une bonne partie de la journée également suspendus dans ces cocons. Nous sommes entassés les un contre les autres mais la proximité n’est pas gênante, chacun à sa bulle. Les moteurs vrombissent, les paysages amazoniens défilent. Couchers et levers de soleil délicieux. En mode économie d’énergie, dormir, lire, s’exercer un peu sur le pont quand la chaleur le permet, admirer la vue, à perte, la vue, plaisirs des pays plats que de voir au loin de tous côtés, manger à peine. Et les étoiles, la nuit, innombrables. Les mêmes qu’à la maison pourtant. Orion et Sirius n’ont rien perdu de leurs alignements.
Arriver à Alter do Chao, camper dans le jardin d’une famille brésilienne qui fait office d’auberge. Journées au rythme de nos envies, plage, slackline, hangars à éléphants abandonné et bien sûr sans éléphants, un tour guidé dans la forêt amazonienne. Un paresseux, ça ne bouge pas beaucoup. Même si carrément vigousse comparé à un koala. Footings sur la plage, des dauphins qui font de tranquilles apparitions au coucher du soleil, des poissons qui sautent hors de l’eau comme des acrobates maladroits, un peu d’acroyoga, et beaucoup, beaucoup de jus de fruits. Telle a été notre vie à Alter do Chao pendant plus de deux semaines. Découverte et abus du jus d’Acaï, presque glacé et mixé avec de la mange, ou de la pastèque ou de la coco fraîche. Des tapiocas aux crudités, de la goyabada. Rencontrer des musiciens et jongleurs au soir sur la place du village. Des messages sur les murs. Jouer avec un chat aux yeux bleus. E foffinho. Tudo bem.
Just arrived in Brazil, walking in Belem streets, my first impression was about smells. Smells. Strong. New but known at the same time. Kind of familiar. Like a sun smell, a mix of smells of warm asphalt, grilled meat, dust and waste. There are heaps of tiny and unfinished houses, street dogs. All of that remind me a mix of my souvenir of Madagascar, Asia, India. Smell of warm and few developed countries, where life is in the streets. A smell of freedom. Freedom for some; cages for others. Those kind of places where people have few but where life is everywhere.
The next day I am on a boat to go up the Amazon river, a huge flotting house full of hammocks, and hammocks full of people. Some people who come back home, some who are leaving, and other who are just on the way. Old persons as well as children or even babies will spend a couple of nights and a big part of their day suspended in those cocoons. Loud engines sounds on an Amazonian landscape. Delicious sunrises and sunset. On a lazy and mellow wave, days are made to sleep, read, write, exercice a little bit on the roof when then sun is not to strong, enjoy the view, a view that you can enjoy on 360 degrees – pleasure of flat countries. And the stars at night, far away from cities and villages. Countless. In a way, still the same that at home. Sirius and Orion didn’t lost any of their alignment.
Then my companions and me arrived at Alter do Chao, and found a Brazilian family that offer their garden as a camping. Days are made of bathes in the amazon river, withe sand beaches, acroyoga and slackline, an abandoned elephant house without elephant, walk in the Amazonian forest with a guide. A sloth doesn’t move a lot; even if he was really active compared to the koala I’ve seen in Australia. Joggings on the beach at the sunset, dolphins dancing elegantly in the water, fishes jumping out of it like clumsy acrobats, and most of all, a lot, a lot of fruit juices. Discovery and even abuse of Acaï juice, mixed with mango or watermelon or coconut. Delicious tapioca with vegetables, and goyabada paste. We meet some musician and juggler in the village streets. Read some messages on the walls. Play with a blue eyed cat. E foffinho. Tudo Bem.