Apprendre une nouvelle langue – learn a new language

En route en terres brésiliennes avec deux compagnons qui maîtrisent le portugais, n’en parlant que quelques mots bien mal prononcés, je découvre que les brésiliens et l’anglais, ça fait 3, et renoue avec délice à une des joie du voyage qui est de ne rien comprendre de la langue, et de n’être pas comprise. Joie ou peine, c’est selon. N’ayant pas à lutter pour ma survie en ayant mes guides bilingues, je prends cet isolement social et ce silence avec joie. Place à la communication non verbale. Changement des rôles. Je ne suis plus la personne qui dialogue ou la professionnelle qui conseille sur le mouvement et la rééducation, je suis pour le moment incapable de communiquer vraiment. J’apprends tout de même, petit à petit, « mais o menos », même si mon vocabulaire ne me permet que des interactions sommaires, fonctionnelles. Pas de place aux grands discours. Il y a des jours où ça me pèse; d’autres ou ca me fait du bien. J’ai beaucoup de temps pour lire, me plonge avec délice dans « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » de Harper Lee et me plonge dans l’univers d’une petite fille en Alabama.  Avec les enfants, c’est parfois plus facile de communiquer. Ils n’ont pas peur de répéter et gesticuler pour se faire comprendre, et si ça ne marche pas, tant pis. Sur le bateau entre Alter do Chao et Manaus, où nous étions les seuls voyageurs non brésiliens, à faire de l’acroyoga sur le pont, nous nous sommes faits repérer, et j’ai eu collé à mes baskets pour la journée deux fillettes qui ont essayé de m’apprivoiser. Elles ont passé en revue différentes techniques, tantôt en me faisant des signes, tantôt en me souriant, puis en me suivant, et finalement en me tendant un biscuit avec curiosité, comme on tendrait un biscuit à un oiseau exotique, avec excitation et grande prudence, en ayant un peu peur de l’effrayer. J’avoue que le coup du biscuit, au chocolat qui plus est, ça a bien marché. Il y a des codes universels.

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On the Brasilian roads with two companions who are fluent in Portuguese, and me, talking just a couple of mispronounced words, I discover that Brazilian people, most of the time, doesn’t speak English at all. I came back to one of the joy of travelling that consist in not understanding any words, and not being understand more than 3-4 words and sentences. Joy or difficulty, it depends. Being accompanied, I don’t really need to fight to survive, so I go through that social isolement and silence with joy. Non verbal communication. Inversion of roles. I am not the professional or teacher who give explanations anymore, but just someone who doesn’t really speak or understand. Slowly and slowly, still, I’m learning, but my poor vocabulary doesn’t allow me deep talks. Some days I enjoy it, some days it’s more difficult. I have a lot of time to read and went with delectation through « Don’t shout on the mocking bird » from Harper Lee. A drop in the universe of a little girl in Alabama. With children, actually, it’s more easy to communicate, they are not afraid so repeat, gesticulate to be understood, and if it doesn’t work, it doesn’t really matter, they still try and enjoy the try. On the boat between Alter do Chao and Manaus, we were the only tourists and doing acroyoga, 2 little girls began to follow me and tried to tame me. They went through different techniques, making signs, smiling, following me, and finally, with curiosity, excited and maybe a little bit afraid, then gave me a biscuit from a correct distance, like they would have down with an exotic bird, afraid to frighten it. I have to say that the attempt with the chocolat biscuit did work. Some codes are universal.

Premieres impressions brésiliennes – first Brazilian impressions

Arriver au Brésil. Marcher dans les rues de Belem. Les odeurs. Tout d’abord, les odeurs qui me viennent. Frappantes. Nouvelles mais connues. Presque rassurantes. Un mélange de soleil , ou plutôt d’asphalte chauffé, de viandes qui grillent, de poussière et de déchets, plein de petites maisons pas vraiment finies, des trottoirs approximatifs, ça me rappelle Madagascar, l’Asie, l’Inde. Odeur des pays chauds et peu développés où la vie est dans la rue. Un parfum de liberté. Liberté pour les uns; cages pour les autres. De ces endroits la où beaucoup ont peu mais où la vie grouille.

Le lendemain, embarquée sur un bateau pour remonter l’amazone, je découvre une grande maison flottante remplie de hamacs, et les hamacs remplis de gens. Des gens qui rentrent chez eux, d’autres qui s’en vont, certains qui ne font que passer. Vieillards comme enfants passeront leurs nuits et une bonne partie de la journée également suspendus dans ces cocons. Nous sommes entassés les un contre les autres mais la proximité n’est pas gênante, chacun à sa bulle. Les moteurs vrombissent, les paysages amazoniens défilent. Couchers et levers de soleil délicieux. En mode économie d’énergie, dormir, lire, s’exercer un peu sur le pont quand la chaleur le permet, admirer la vue, à perte, la vue, plaisirs des pays plats que de voir au loin de tous côtés, manger à peine. Et les étoiles, la nuit, innombrables. Les mêmes qu’à la maison pourtant. Orion et Sirius n’ont rien perdu de leurs alignements.

Arriver à Alter do Chao, camper dans le jardin d’une famille brésilienne qui fait office d’auberge. Journées au rythme de nos envies, plage, slackline, hangars à éléphants abandonné et bien sûr sans éléphants, un tour guidé dans la forêt amazonienne. Un paresseux, ça ne bouge pas beaucoup. Même si carrément vigousse comparé à un koala. Footings sur la plage, des dauphins qui font de tranquilles apparitions au coucher du soleil, des poissons qui sautent hors de l’eau comme des acrobates maladroits, un peu d’acroyoga, et beaucoup, beaucoup de jus de fruits. Telle a été notre vie à Alter do Chao pendant plus de deux semaines. Découverte et abus du jus d’Acaï, presque glacé et mixé avec de la mange, ou de la pastèque ou de la coco fraîche. Des tapiocas aux crudités, de la goyabada. Rencontrer des musiciens et jongleurs au soir sur la place du village. Des messages sur les murs. Jouer avec un chat aux yeux bleus. E foffinho. Tudo bem.


 

Just arrived in Brazil, walking in Belem streets, my first impression was about smells. Smells. Strong. New but known at the same time. Kind of familiar. Like a sun smell, a mix of smells of warm asphalt, grilled meat, dust and waste. There are heaps of tiny and unfinished houses, street dogs. All of that remind me a mix of my souvenir of Madagascar, Asia, India. Smell of warm and few developed countries, where life is in the streets. A smell of freedom. Freedom for some; cages for others. Those kind of places where people have few but where life is everywhere.

The next day I am on a boat to go up the Amazon river, a huge flotting house full of hammocks, and hammocks full of people. Some people who come back home, some who are leaving, and other who are just on the way. Old persons as well as children or even babies will spend a couple of nights and a big part of their day suspended in those cocoons. Loud engines sounds on an Amazonian landscape. Delicious sunrises and sunset. On a lazy and mellow wave, days are made to sleep, read, write, exercice a little bit on the roof when then sun is not to strong, enjoy the view, a view that you can enjoy on 360 degrees – pleasure of flat countries. And the stars at night, far away from cities and villages. Countless. In a way, still the same that at home. Sirius and Orion didn’t lost any of their alignment.

Then my companions and me arrived at Alter do Chao, and found a Brazilian family that offer their garden as a camping. Days are made of bathes in the amazon river, withe sand beaches, acroyoga and slackline, an abandoned elephant house without elephant, walk in the Amazonian forest with a guide. A sloth doesn’t move a lot; even if he was really active compared to the koala I’ve seen in Australia. Joggings on the beach at the sunset, dolphins dancing elegantly in the water, fishes jumping out of it like clumsy acrobats, and most of all, a lot, a lot of fruit juices. Discovery and even abuse of Acaï juice, mixed with mango or watermelon or coconut. Delicious tapioca with vegetables, and goyabada paste. We meet some musician and juggler in the village streets. Read some messages on the walls. Play with a blue eyed cat. E foffinho. Tudo Bem.

 

Tout de bon

Il est temps. Il est temps d’être idiot. Aux revoirs, embrassades, derniers instants, derniers mais en vrai on sait que c’est jamais les derniers. Quelques larmes qui roulent, beaucoup d’amour, bonne route, bon vent papillon, ou plutôt « Tout de bon » comme on dit par ici. Envol.


« The way you earn your money doesn’t interest me. I want to know what make your heart dream and if you are brave enough to go for it. Your age doesn’t interest me as well. I want to know if you are able tu take the risk to look like an idiot for love, for your dreams, for the adventure to be alive. » Well. It’s time. Time to be idiot. Goodbyes, hugs, last moments, last, even if you know it won’t be the last. A couple of tears rolling down my cheeks, lots of love, may your road be safe, have a sweet fly little butterfly.

Cesse de prosupiner – Stop to prosupine

À force de marcher sur mes mains ou de m’y suspendre, un de mes poignets aura demandé une trêve. Trois semaines de plâtre afin de bloquer le mouvement de pro-supination, noble geste que de tourner la paume de la main alternativement de haut en bas et de bas en haut. Un apprentissage de la patience. Frustrant. Terriblement frustrant. Même si pas si très grave, dans le fond. Mais nécessaire. Le temps pour moi de faire le tri dans mes anciennes photos de voyage, dans mes affaires, de passer plus de temps avec mes proches plutôt que de courir, voler et grimper partout, et de préparer le prochain, de voyage, qui s’approche à grand pas et sera juste coordonné avec la sortie de ce plâtre. Direction Amérique latine. Un nouveau continent à explorer , de nouveaux horizons à admirer. Toujours le même Soleil qui se lève et de couche; toujours les mêmes étoiles.

N’empêche que ça ne m’empêche pas de voler. En prudence et conscience, certes. Lentement. Travailler ma confiance envers ma base, bel exercice de lâcher-prise. Et puis le yoga, le vrai yoga, est toujours la. Les séquences et postures s’adaptent à loisir des différents handicaps, la grande force de cet outil. Une main de moins dans le quotidien, je compatis avec mes patients hémi, et m’émerveille de l’énorme contribution de la prosupination dans ma vie de tous les jours. Décidément, le corps humain est une superbe machine.

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Spending time walking on my hands or hanging on them, finally one of my wrist asked for a break. 3 weeks of forced immobilisation to be sure I won’t do that move of pro-supination, this noble movement where the palm of your hand go up and then down. A travel through the learning to be patient. Not my favorite. Frustration. Strong frustration. Even if it’s nothing really bad. But immobilisation is necessary for recovery in that case. Time for me to sort the pictures of my last travel, to spend time with my family and friends, instead of being running, flying and climbing everywhere everytime, and to prepare my next travel that will be coordinated with the end of my immobilisation. I will be soon on the way to Latin America. A new continent to explore, new languages to discover, new horizon to enjoy. Same sun going up and down; same stars in the sky.

Still, I didn’t completely stop to fly. Slowly and ultra consciously. It’s a way to work on the confidence I have and truth for my base. And yoga, real yoga, is there. Everytime. Flow and posture can be adapted to differents injuries and handicaps, what is for me one of the strength and beauty of that discipline, or I even want to say art. With one hand immobilized, I have everyday a thought for my hemiplegics patients, and are surprised and wondered by the huge utility of prosupination in daily life. Definitively, human body is an amazing machine.