J’ai eu un jour un professeur, un docteur en neurosciences, qui nous enseignait le système nerveux, moteur et sensoriel, un personnage brillant et passionné, autant sur les neurosciences pures et dures que sur le plan humain. Un jour, il nous parlait du toucher, qui se fait grâce aux récepteurs situés dans la peau, recepteurs qui transmetteront l’information aux nerfs, qui ensuite ira jusqu’au cerveau ou elle sera alors interprétée. Cette interprétation se fera selon le signal reçu, mais également selon notre champ d’expériences et de connaissances, selon notre perception, notre ressenti. Bref, ce jour-là il est parti d’une explication très mécanique pour ensuite passer sur l’impact émotionnel du toucher, et du fait qu’en tant que physiothérapeute, qui touchons nos patients toute la journée, il fallait qu’on garde en tête que les gens viennent chez nous pour déposer leurs souffrances, comme ils déposeraient leurs poubelles. A nous alors de trouver comment accueillir ces souffrances, les accueuillir puis trouver comment les laisser partir, ne pas les emporter avec nous. Ce professeur nous parlait alors du fait de se laver les mains après un traitement. Un acte qui a la base est simplement hygiéniques. Lui y voyait également un geste symbolique. Une sorte de rituel en quelque sorte.
Et puis, chacun peut trouver le sien, que ce soit se laver les mains, ou prendre un moment pour respirer et s’arrêter de courir dans la journée, ces petites choses de tous les jours qui nous recentrent. Parfois également j’aime y prendre plus de temps, savoir prendre une journée pour hiberner, juste ne rien faire, lire, dormir, me reposer, ou alors au contraire me défouler au travers d’un sport, à travers l’art, la musique, la danse, ou encore changer d’air, sortir. Parfois aussi c’est pour moi changer de coupe de cheveux, me faire une cure de thé gingembre et citron, il y a autant de moyens différents que de personnes différentes, à chacun de trouver son astuce. L’esprit humain est passionnant, le corps également. Les deux sont absolument liés, et ce qui est génial, c’est de pouvoir prendre soin de l’un grâce à l’autre, comprendre ses mécanismes, savoir se faire du bien. Et anticiper, prendre soin de soi avant d’être malade, avant d’être trop épuisé. Le début d’hiver, aves ses journées qui raccourcissent et le froid qui arrive, s’y prête bien. Les ours ont tout compris, à hiberner.