Jam on the beach, the origin – Session libre sur la plage, l’origine 

Back in Arambol, I begin to learn hoola hoop with Muriel on the beach. Arambol is the place of Goa where yogis, artists and musiciens more than party people meet every years for the season. On the beach,playing hoop, we fast met street artists, a knife jungler and an acrobat. Every day playing and jungling at the same time and place we soon meet other junglers and also acroyogis. This is the begin of our small acrocommunity and our jams on the beach. Just meeting each other every day on the sunset. The opportunity to play, to exchange, to learn from each other. In Goa, our Indian SIM card are not functioning most of the time and wifi is aleatory, so forget the idea to contac your friend. Old school way: just say « see you at the beach on sunset » or catch each other at home in the neighborhood. It’s nice not to be contactable, so there is no way to cancel your appointment. Either you are here and we meet, or not. If you are alone at the jam, just practice yor hoop, and if you find friends, play some acro. Simple life. No contraints and no expectations. That’s it 🙂

Retour à Arambol, session Hoola Hoop avec Muriel sur la plage. Arambol c’est le coin de Goa ou se retrouvent chaque saison yogis, artistes et musiciens plutôt que les fetards. Le contact est facile, sur la plage nous faisons rapidement connaissance avec des artistes de rue dont un lanceur de couteau, et un lanceur de gens 🙂 a force de se retrouver au coucher du soleil et à jongler ou à faire de l’acroyoga, chaque jour apporte son lot de nouvelles rencontres et nous formons petit à un petit groupe de personnes motivées à travailler ensemble. Début de notre petite acro-communauté et de notre jam sur la plage. Rendez-vous tous les soirs au sunset. L’occasion de s’amuser, d’échanger, d’apprendre les un des autres. A Goa, nos téléphones avec ces cartes SIM indiens marchent une fois sur deux et le wifi étant très aléatoires, nous laissons tomber l’idée de nous appeler ou écrire les un les autres. À l’ancienne, on se retrouve au sunset sur la plage pour la jam ou on passe chercher les un ou les autres à la maison dans le quartier. Cest agréable que de ne pas être joignable. Quand on ne peut pas t’écrire ou t’appeler, pas moyen d’annuler le rendez-vous à la dernière minute. Soit on se retrouve, soit non. Si tu es seule sur la plage tu bosses ton hoop, si tu trouves des copains, tu fais de l’acro. Tout simplement. Pas d’attentes ni de contraintes.

 

Train indien 

Première expérience de train Indien, 15h de route en classe sleeper. En cours de matinée les couchettes se transforment en banquette. Les vendeurs de chaï samosas et autres sucreries passent régulièrement en criant, les portes restent ouvertes quand le train roule pour laisser un peu d’air entrer. Muriel et moi sommes les seules touristes, les locaux nous aident à trouver nos places et à monter nos gros sacs, quelques curieux nous posent quelques questions mais la barrière de la langue mets assez vite fin à ces échanges. Le matin le train est bondés, nous nous entassons avec nos deux sacs de voyage – nos maisons portables – sur une couchette et nous blottissons pour dormir quelques heures. Puis au fur et à mesure le train se vide et nous avons plus de place. La route est longue mais agréable. J’en profite pour lire, réfléchir, dormir, papoter.

Lost and found 

Voyager, le meilleur moyen de se perdre et se trouver » oui oui parce que je fais la maligne avec mes belles photos de la plage et tout; les anecdotes, les rencontres, les découvertes, la liberté, bla-bla-bla, c’est bien joli tout ça!

Mais il faut aussi avouer que parfois, voyager seule, c’est aussi … être seule. Dire bonjour à la solitude et se demander « Mais qu’est ce que je fous la quand tous mes amis et ma famille sont à l’autre bout du monde? ». Voyager seule c’est bien beau, mais pas toujours facile non plus. Mais personne n’a dit que ca serait facile. Sortir de sa zone de confort, apprendre, grandir. Se perdre et se trouver.

Physiothérapie le retour 

Merci aux nombreux cobras pratiqués lors de nos cours – postions avec une forte extension du dos ndrl – de me donner l’occasion de pratiquer ma physiothérapie. Je profite des douleurs lombaires de mes camarades de cours pour revoir mon cours sur les traitements de douleurs lombaires, les PA, la différentiation lombaire hanche, la sacro-iliaque, sans oublier de traiter diaphragme et psoas. Et, ça marche 🙂 j’ai eu peu de patients ambulatoires lors de mes derniers stages et ici j’ai plein de cobayes avec lesquels je peux faire un suivi complet. Et de la prévention, la prévention! Il y a tellement à faire. Expliquer comment faire des extensions lombaires, thoraciques et cervicale en protégeant les articulations. Le manque d’expérience de certains enseignants et les fausses croyances véhiculées « if you have back pain, don’t do forward bend or twist, avoid the asana and don’t go walking » me donnent tout plein d’idées pour notre futur workshop « Yoga et anatomie fonctionelle » que nous préparons avec Reshy pour décembre: comment lier le yoga et la physiothérapie pour une pratique dans le respect du corps.

La tradition 

Retourner aux racines du yoga et retrouver la tradition. Sur le papier, ca semble parfait; la réalité est plus contrastée.

Pour mon esprit d’européenne, habituée à suivre des cours variés, plein d’idées, de variations, de créativité et de réflexions sur la vie et sur plein de choses, entendre répéter chaque jour mot pour mot et sur le meme ton les mêmes consignes sur les mêmes postures, ca me paraît tout d’abord ennuyant mais surtout aberrant.
« Today we are going to perform the straight arm cobra! Put your feet and heel together, put your arm beside your shoulder, raise up and try to see the ceiling » suivi d’un « you are all performing very well » cette voix à la fois monotone et enjouée et chantante parfois m’amuse et parfois me donne envie de secouer ce cher Lokesh et le supplier de changer de disque. Je pense au film « un jour sans fin ». Je travaille mon lâcher prise et ma patience.
Bien sûr, à répéter le cobra jour après jour mon dos d’assouplit; mon esprit peut être aussi? Pas sure. La tradition à du bon, en un sens. Je progresse, j’apprends à focaliser mon attention. Mais, si la tradition consiste à ne pas réfléchir au sens de ce qu’on l’on fait et juste répéter car on a toujours fait comme ça, ca me dérange. Parfois il faut aussi s’adapter et évoluer.
Pratiquer un yoga plus moderne me manque, alors pendant le peu d’heures de libres que jai, Muriel m’initie à l’accroyoga. Et la, j’apprends à voler et à faire voler. Magnifique sensation. Un travail à deux, des ajustements constants, vraiment intéressant. À poursuivre.

L’ashram aux serpents 

« En Inde il y a 4 sortes de serpents qui sont venimeux et potentiellement mortel. Dans chaque région d’Inde il y a l’un ou l’autre. Ici, nous avons les 4. Alors ne marchez pas pieds nus et prenez une torche quand il fait nuit. »
C’est sur cette introduction absolument rassurante qu’a commencé mon sejour dans l’ashram Vidya Gurukul, dans un coin de nature magnifique, un peu coupé du monde. Mais au plus proche des traditions, que ce soit dans l’enseignement des asanas, les repas en silence, les chants de mantra, et le code de conduite type de l’ashram.

Je dois avouer avoir déjà rompu certaines règles, comme « avoid gossiping and socializing; an ashram is not a place to find friends, it’s a place to work on your inner self » et « do not take any kind of intoxicants or stimulant such as alcool, majijuana or tobacco » car primo mes roommates polonaise, taïwanaise et indienne sont bien trop sympa et intéressantes pour éviter de socialiser, et secundo

parce que l’autre jour nous nous sommes fait en cachette du café soluble. Tant de folie, tant pis pour mon karma 🙂 La nourriture, il faut le préciser, est incroyable. Je crois que je conseillerais aux gens de venir juste pour ça: « le yoga, c’est un peu ennuyeux, mais la nourriture, elle est incroyable ». Peut être aussi pour un coin de nature et de quiétude. C’est un peu comme aller au chalet, version indienne.

Suite

Le temps pour nouvelle étape est arrivé. Je quitte Arambol ce soir pour démarrer un teacher training dans un centre qui fait du yoga thérapie, a Nasik. Meditation, chant, yoga, karma yoga, théorie, dans un cadre strict: pas de thé ni de café, nourriture sans ail ni gingembre, végétarienne bien sûr, repas en silence, habits couvrant épaule et genoux, et pas d’Internet. Hum. Transition plus qu’intéressante après 2 semaines plutôt free. Oh, et il va faire « froid ». J’ai reçu un mail de l’ashram qui dit qu’en fin novembre il fait parfois 10 degrés la nuit, et qu’il y a du vent. Comparé à un mois de novembre Suisse, ca devrait aller; mais c’est vrai que ça changera des 20-25 degrés nocturnes ici.



Yogi’s café

Cette semaine, entre mes cours de yoga et autres activités, j’ai établi mon QG chez Yogi. Il retape son café à Arambol pour la saison qui commence, et ouvrira mercredi prochain. J’ai pu lui donner quelques coups de main et ai profité de son hospitalité en partageant le repas du soir avec lui et son staff. J’ai progressé en backgamon, aussi. Et le chien Rittik, qui d’habitude gronde sur tous les inconnus, s’est pris d’affection pour moi. Petit stage également en cuisine, ou j’aurai appris à faire des dattes fourrées à la noix de coco râpée.



Physiothérapie quand tu nous tiens   

Le staff des profs de yoga de mon cours précédent étant maintenant à Arambol, j’ai profité de passer voir un des cours de philosophie de Madhu, qui est toujours aussi passionné et enthousiaste, et de me faire mon réseau 🙂 Madhu a proposé mes services à ses étudiants, comme physio ou masseuse.

J’ai pu faire un premier massage, 800 inr (11.6chf) pour 45 minutes, c’est un peu plus bas que le fameux point pour lequel se sont battus les physios suisses, mais ça couvre mes frais du jour, sachant que ma chambre est à 500 inr et que je peux trouver des repas bons et complet comme un veg thali à 100 inr et qu’un thé masala coûte 20 inr 🙂 financer ma journée en 45′ de travail, ca le fait.

À Dieu 

Après 1 semaine à Goa, viens également le temps des adieux. Ou plutôt un au revoir. Mon colloc rentre en Suisse. Début de l’aventure en solo. Enfin, pas tout à fait. Les profs de Mysore viennent de débarquer à Arambol. Ils vont enseigner ici quelques mois. Je perds Patric mais retrouve Madhu et Shiva et rencontre leurs nouveaux étudiant. Quand tu voyages seul, tu n’es jamais seul très longtemps au final.
Et puis, les adieux, en un sens, c’est une porte ouverte à de nouvelles rencontres. En voyage comme dans la vie, les gens croisent ta route, marchent avec toi un bout de chemin, mais tu ne sais jamais pour combien de temps. Et tant mieux d’ailleurs.